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Publié par Edouard Boulogne

 

Explosion des prix de l'essence : un scénario plausible !

 

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Plus 8%. A la bourse de New York, le prix du baril de pétrole flambe littéralement ce mardi 22 février 2011. A Londres aussi où le baril de Brent de la mer du Nord a atteint les 108,57 dollars, du jamais vu depuis le 4 septembre 2008.
Le prix du panier des pétroles bruts de l'Opep, qui sert de référence au cartel du pétrole, a même franchi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis deux ans et demi.

D'où vient une telle hausse des prix de l'or noir ? Des révoltes en Libye, important pays producteur de pétrole. Selon les données de l'Agence internationale de l'Energie, le pays a produit 1,55 million de barils par jour en 2010. 80% des exportations de pétrole sont à destination de l'Europe .
Aujourd'hui, la principale inquiétude est plutôt de voir les troubles au Moyen-Orient entraîner une flambée des prix et plomber la timide reprise des poids-lourds de l'OCDE.


Le baril de brut à 200 dollars c'est un scénario plausible ?


Le baril de Brent de la mer du Nord a donc dépassé 108 dollars ce mardi matin pour la première fois depuis octobre 2008, sur des anticipations de réduction de l’offre de pétrole après des arrêts de production en Norvège et en Alaska et surtout des tensions au Moyen - Orient ( Lybie et Egypte ) . Le franchissement du seuil des 100 dollars va-t-il changer la donne ?
Le côté symbolique est important mais il n’y a là rien de nouveau qui viendrait modifier la situation actuelle. Car les fondamentaux restent les mêmes. La consommation mondiale ne cesse de croître sous l’impulsion de ces deux pays émergents que sont la Chine et l’Inde. Il faut bien avoir en tête que la population de chacun de ces pays est équivalente à celle de la totalité des pays industrialisés. C’est une incroyable poussée de développement qui tire le marché pétrolier. Par ailleurs, on n’a pas fait de découverte pétrolière majeure depuis trente ans. Les nouveaux gisements sont souvent dans des conditions d’accès et de transport difficiles. Et la situation au Moyen-Orient ne s’améliorant pas, les investissements ne risquent pas de repartir. Ajoutez à cela le fait que la vente d’hydrocarbures constitue pour la Russie et les pays de l’ex-URSS la sortie de la décadence, d’où une renationalisation de fait du secteur de l’énergie. Ce sont là des tendances lourdes qui font que le prix du baril va rester élevé.
Il y a deux grandes différences avec les chocs des années 70. D’abord ceux-ci ont été causés par des guerres : Kippour et Iran-Irak. Ensuite, ce n’était pas alors un problème d’approvisionnement, juste une négociation politique, les pays producteurs faisant de la rétention pour faire pression sur l’Occident. A partir du moment où l’on est parvenu à diversifier l’offre, avec notamment l’ouverture des champs de la mer du Nord, le piège politique est retombé. Là, on est dans une situation qui va durer. Et le problème, c’est que l’on n’a plus beaucoup de marges de manoeuvre ; partout où l’on a su comment substituer le pétrole par autre chose, on l’a fait. Dans l’Union européenne, par exemple, on ne produit plus d’électricité à partir du pétrole. En France, il sert en grande majorité aux transports et un peu comme matière première pour la pétrochimie. Les capacités de réponse de nos sociétés sont donc plus faibles que dans les années 70.
Quant aux pays les plus pauvres, ils sont carrément en train de boire le bouillon. Certains ne peuvent plus payer leur facture pétrolière. C’est pour eux un recul économique gravissime. Par ailleurs, dans les années 70, les Etats occidentaux avaient réagi très vite à la crise pétrolière. Depuis que le pétrole a recommencé à grimper, en 2003, ils sont complètement passifs. Les constructeurs automobiles, par exemple, n’ont rien fait pour réduire la consommation des véhicules ou pas grand chose . Les premières décisions positives datent du Grenelle de l’environnement, en octobre, avec notamment le bonus-malus sur les voitures polluantes. C’est bien, mais trop tardif.

Un baril à 200 dollars dans quelques années est-il envisageable ?

Un expert EN TRADING énergie croit que le niveau actuel est le maximum supportable. Car si le baril continue à grimper, la demande mondiale va s’étrangler et du coup se tasser, et un équilibre va être retrouvé.
Un pétrole cher peut aussi forcer les gens à changer de comportement.
Les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs prennent de plein fouet la hausse du carburant. Ils risquent de déposer le bilan. Ce qu’il faut, c’est que les politiques publiques, en Europe et en France, mettent en place un système de taxation à contre-cycle : quand le prix du pétrole baisse - ce qui arrive régulièrement -, l’Etat maintient les prix élevés et empoche la différence pour faciliter tous les projets d’économie d’énergie - avec l’aide des banques - ou pour aider les secteurs les plus touchés. Il ne faut surtout pas se démobiliser quand les prix redescendent, comme dans les années 90. Il faut soutenir les politiques d’économie d’énergie sur la durée par un signal que seul l’Etat peut donner.
Mais une dépêche , fait de nouveau trembler les marchés new-yorkais et londonien. Dans une note publiée par la banque d’affaires américaine, l’analyste MURTI juge possible que les prix de l’or noir atteignent 150, voire 200 dollars, dans les six à vingt-quatre prochains mois. Cette prévision menaçante a poussé des investisseurs à acheter encore plus de “barils papier” et a alimenté la flambée des cours.
La demande chinoise, reste très soutenue, comme celle des nations émergentes et des pays pétroliers eux-mêmes en plein boom économique. Aux yeux des observateurs, le problème crucial reste celui de la consommation, trop soutenue par rapport à une production freinée par le manque d’investissements, le coût de développement de nouveaux projets et un “nationalisme pétrolier” exacerbé.
Le coussin de sécurité en cas de défaillance d’un pays producteur n’excède pas 2 millions de barils par jour (2,3 % de la consommation). Pour compenser le déclin des champs pétrolifères exploités, il faudrait mettre tous les deux ans en production l’équivalent de ce qui sort des puits saoudiens. Faute de nouveaux gisements géants exploitables à des coûts raisonnables, l’or noir ne cessera de s’apprécier. La prévision d’Arjun N. Murti se réalisera, mais à quelle échéance ?
Prévision d’oiseau de mauvais augure ? On accuse volontiers Goldman Sachs, un intervenant de poids sur les marchés pétroliers, de lancer des prévisions pessimistes pour faire flamber les cours et accroître ses gains. La banque n’est pas la seule à faire ces prévisions. Sans hausse des capacités de production et de raffinage ni redressement du dollar par rapport aux autres devises, les prix s’envoleront, jugent nombre d’experts, d’investisseurs et de dirigeants des pays producteurs. Un scénario noir pour une économie mondiale en phase de redressement .
Sources LA TRIBUNE / INSTITUT FRANCAIS DU PETROLE

DOLTO

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Dissident 27/02/2011 12:24



27/02/11


« Sachant qu'un
baril de brut contient 159 litres, une augmentation de son cours à 150 dollars ferait grimper le litre de sans plomb à 1,68 euro. S'il grimpe à 200 dollars, le litre passe à 1,96 euro. A 210
dollars, la barre symbolique des 2 euros le litre est franchie. Evidemment, dans la mesure où les achats de pétrole sont libellés en dollars, un recul de l'euro face au billet vert augmente les
chances de voir ces scénarios se réaliser. »

La tribune


http://minuit-1.blogspot.com/2011/02/vers-un-7eme-choc-petrolier-et-un-litre.html