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Publié par Edouard Boulogne

Essai sur la question statutaire par DOLTO.

 

 

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Pourquoi la question de l'assimilation des Antilles à la métropole française  est-elle posée alors même que partout, dans la Caraïbe comme à l'échelle internationale, la tendance s'affirme irréversiblement à l'indépendance nationale et étatique des anciennes colonies ? Comment l'ancienne autorité coloniale d'avant 1946 est-elle parvenue à se parer, en Guadeloupe , des attraits d'une puissance publique légitime aux yeux de la majorité du peuple ? Comment y expliquer les difficultés d'éclosion du "sentiment national" la piètre audience des nationalistes ? L'intégration française des Antilles par la décentralisation voire l'autonomie de l'article 74 peut-elle être une décolonisation selon les thuriféraires de l'autodermination ? C' est  à ces interrogations pour le moins capitales que ces tenants de l'autodétermination doivent s'efforcer de répondre. De l'Etat colonisateur à l'Etat civilisateur, de la conquête à l'assimilation, c'est tout un processus historique dont il importe de saisir la logique et ne pas copier sur des modéles de types communistes et socialistes qui ont échoué partout dans le monde.

La question nationale se posera à l'anarchisme du LKP tôt ou tard . Les luttes de libération nationales, d'indépendance et d'auto-détermination améneront les anarchistes du LKP à prendre des positions favorables ou défavorables vis à vis de ces questions. Les anarchistes du LKP estiment que, pour parvenir à l'indépendance et l'autodétermination complète de tous les peuples du monde, il faut commencer par lutter pour la libération sociale du peuple, contre les tendances consuméristes , assimilationistes ou gardiennes du statu quo du peuple, puis, en même temps que la révolution sociale se réalise, organiser sans le dire ouvertement un système politique anarchiste reposant sur l'autogestion, le socialisme , l'internationalisme et l'entraide. Les anarchistes du LKP défendent la sécession avec l'ensemble francais , comme une possibilité et une nécessité pour tout individu, groupe, commune ou région vivant dans GWADA , ce lieu géographique identifié comme une nation fantasmée, et habité par un peuple, et, soi disant ne désirant pas être inféodé au "colonialisme francais". La représentativité de ces gens est nulle en Guadeloupe car ils n'ont quasiment plus d'élus ni  de soutien populaire alors dans ce contexte s'ériger en donneur de lecons est pitoyable !
Dire qu'en Guadeloupe, les problèmes sont causés par  le "colonialisme " et "les dérives de l'ultralibéralisme, appliqué par une minorité de la population", est faux et même grotesque. Le libéralisme c'est l'ouverture des marchés et la libre concurrence. Ce n'est pas le cas aux Antilles : L'économie y est contrôlée par des oligopôles, avec la bénédiction de l'Etat. Vous me faites trop rire, les anti-capitalistes , à dire que tous les malheurs du monde sont dûs au libéralisme. Il est vrai que Cuba est un paradis et la Corée du Nord un hâvre de liberté et de prospérité.(Un peu partout sur le web, pendant et après la Coupe du monde, quelques plaisantins s’étaient amusé à imaginer le sort des footballeurs nord-coréens à leur retour au pays, après de piètres performances. Selon des médias sud-coréens, cités notamment par The Daily Télégraph, un grand « débat » a été organisé le 2 juillet dernier au « Palais de la culture de peuple ». Plus qu’un débat, une humiliation publique en présence du sélectionneur et 22 des 23 joueurs. Devant les spectateurs (400 fidèles du régime), le ministre des Sports a accusé les joueurs d’avoir perdu le « combat idéologique ». Il les a ensuite invité à dire tout le mal qu’ils pensaient du sélectionneur. ( Souligné par Le Scrutateur ).
Ce dernier aurait, selon les médias sud-coréens, été condamné à travailler douze à quatorze heures par jour sur un chantier de construction. Sa carte du Parti des travailleurs lui a également été retirée.
Pour rappel, les Coréens ont perdu leurs trois matchs de poule malgré une belle entrée en matière et une défaite honorable face au Brésil (2-1). Triste sort quand on sait qu’on ne parle que de football...)
Le problème aux Antilles c'est que personne ne veut prendre ses responsabilités. On laisse des monopôles se constituer et on croit anesthésier les gens, à coups de revenus de transfert (RMI, etc). La solution est simple mais douloureuse : Il faut lutter contre ce qui fausse la concurrence, dans chaque domaine économique. Et ensuite, il faut mettre à plat toutes les subventions et allocations . Un peu de courage, voyons !

Que les Français des régions ultramarines doivent avoir les mêmes droits et devoir que ceux de métropole, cela me semble être une évidence ; proposer l'autonomie contre la vie chère me semble être une ânerie. Ceux qui choisissent l'autonomie ont leurs raisons : soit il ne s'estiment pas vraiment français, soit cela leur apporte un surcroit de pouvoirs comme les communistes qui arrangent leurs ideaux bidons, soit les deux ...

Si la Guadeloupe n'est pas concernée par cette autonomie , c'est juste parce que les Guadeloupéens n'en sont pas demandeurs. En gros, les élus et surtout la population disent que la question de l'autonomie n'a rien de prioritaire, la population avait voté massivement contre un changement de statut en 2003, et même les indépendantistes révolutionnaires du LKP sont contre (l'art subtil de leurs paradoxes, on pourrait en faire tout un bouquin) parce qu'ils ont besoin de l'État pour opposer leurs revendications ANARCHO- syndicales . Certains diront enfin : « Ainsi donc, les Antilles et la Guyane deviendraient indépendantes avec le risque d’être la proie de petits dictateurs communistes ou nationalistes plus ou moins illuminés jouant la carte du bourrage de crâne et du lavage de cerveau sur fond de répression sanglante et d’intrigues états-uniennes, chinoises, voire, plus simplement, françaises ? »  ( La France, dans cette hypothèse étant devenue une puissance étrangère).

Et pourquoi pas ? Il y a cinquante ans, les territoires africains devenus indépendants s’engagèrent, pour beaucoup, dans des voies similaires, entre dictature, corruption et nationalisme avec la bénédiction de la Ve République sans que qui que ce soit y trouve grand-chose à redire. Depuis, nul ne songe à rappeler que ces pseudo-indépendances désastreuses pour les populations furent voulues par l’ancien colonisateur avec la complicité de ses grands rivaux internationaux, officiellement pour le plus grand bien de l’Afrique, dans les faits afin de prolonger l’exploitation de populations désormais sans défense.  ( Souligné par Le Scrutateur).

Mais foin de ces jérémiades ! Après tout, pourquoi s’opposer à ce nouveau bond en avant de l’histoire inscrit dans le droit fil de l’idéologie de la Ve République blanciste ? — le blancisme ayant pour principe une définition de Charles de Gaulle qui définit confidentiellement la France comme « avant tout de race blanche, de culture grecque et latine, de religion chrétienne ». Pourquoi s’opposer à l’idéologie mondiale issue de la guerre froide dont on observe depuis cinquante ans les splendeurs et les conquêtes sociales ? La Ve République blanciste, incapable de s’opposer à l’immigration dans l’Hexagone d’anciens indigènes accablés de misère, trouverait là le moyen de se débarrasser d’un seul coup, d’un seul moyen de quelques millions de citoyens nègres de plus en plus excités, de moins en moins dociles, de plus en plus coûteux .
De leur côté, les gentils nationalistes locaux a l'image du sieur DOMOTA verraient leur grand soir s’accomplir. Leurs populations seraient invitées, sous les confettis et les serpentins, à payer l’addition en monnaie de misère, de narcissisme débilitant ou de coups de bâton sur la tête — cette fois, évidemment, pour la bonne cause. Car aujourd’hui, comme au beau temps de la décolonisation, de nombreux camps voient leurs intérêts immédiats converger.
En Guadeloupe, les luttes sociales très denses depuis 1902 (la première grève a lieu en Martinique en 1900 et la première réunion syndicale vers 1893 en Guadeloupe, par des ouvriers japonais - oui j'ai bien dit japonais), dont la dernière de 44 jours, entravent fortement l'image de la Guadeloupe , mais aussi des politiciens locaux. De fait, les guadeloupéens se méfient fortement d'une évolution statutaire qui donnerait plus de pouvoir aux élus locaux ! D'autre part, on pourrait penser qu'avec l'influence du LKP dont on connait la forte présence de nationalistes (pas uniquement) dans ses rangs, les Guadeloupéens qui se laissent mobiliser par ce réseau militant, seraient ouverts à l'évolution statutaire. Certainement pas, si les Guadeloupéens reconnaissent au LKP une compétence, une expertise pour résoudre les problèmes sociaux, ils n'imaginent pas lui laisser la direction politique de l'île. Le LKP est incontestablement uniquement un contrepouvoir social. E chaudés par l'histoire, les Guadeloupéens ont développé une forte méfiance vis-à-vis de leaders, même quand ils les soutiennent ! De fait, la crainte est que le LKP se laisse aller à l'indépendance quand eux, Guadeloupéens, ne pensent ni à l'autonomie ni a fortiori indépendance . Dans ce climat de suspicion généralisée le statu quo reste un réflexe . Le gouvernement le sait, dans un contexte de tensions sociales toujours exacerbée en Guadeloupe, inutile de provoquer un échec assuré !,

 

DOLTO

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