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Publié par Edouard Boulogne

Pour sauver nos rameaux.

 

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Course contre la montre pour sauver les Rameaux.

La cochenille thaïlandaise Aulacaspis yasumatsui est devenue en peu d’années une plaie qui se répand à toute vitesse dans les zones tropicales et subtropicales de la planète, en ravageant tous les Cycas - nos Rameaux - sur son passage. On la retrouve même en Europe, puisqu’elle fut découverte en 2006 dans une serre de plantes ornementales en Croatie.  A Taiwan par exemple, elle ravage les Cycas décoratifs mais aussi  - et surtout !-  la Reserve de Cycas Endémiques (Cycas taitugensis) de Taitung d’une superficie de 290 hectares.  En Floride elle a mit à mal l’industrie de la plante décorative, les parcs, les jardins, bref l’environnement. Partout, dans le monde, cette plante peu exigeante, d’un entretient facile, résistante aux cyclones, était utilisée dans l’industrie touristique, pour la décoration et l’agrément, et partout dans le monde elle est menacée de disparition.

L’ACS – Aulacaspis Cycad Scale – est devenu un fléau mondial dorénavant, elle fait des ravages définitifs partout dans la zone tropicale et subtropicale; dans les Antilles françaises elle tuera tous nos Rameaux, si nous ne nous mettons pas très vite au diapason de la lutte biologique internationale, cette lutte qui est lancée à l’échelle mondiale contre ce ravageur particulièrement dur à cuire.

Oui, les Universités, les laboratoires, les chercheurs du monde entier, les entomologistes constitués en réseaux internationaux, tout ce beau-monde savant s'est penché sur la question et n’apporte à l’unisson qu’une seule réponse élégante : La lutte biologique, par introduction des ennemis naturels de cette cochenille thaïlandaise tueuse. 

Alors il est inutile de continuer à s’enfouir la tête dans le sable en se bouchant les oreilles, il faudra y venir ; donc, comme on y viendra obligatoirement, autant y aller tout de suite en s’entourant des précautions nécessaires comme de bien entendu, car le temps nous est dorénavant compté : La course contre la montre avec la Tueuse est lancée et nous avons raté le départ. Bien, à présent, à l’international, quels sont ces moyens de lutte biologique utilisés contre l’ACS ? Retour à l’article de M Jean Etienne de 2007 dans « L’Entomologiste » : Que faut-il donc introduire pour sauver nos Rameaux d’une mort certaine, je cite :  

Ø  « Coccobius fulvus : Ce parasitoïde est un endoparasite des Cochenilles de la famille des Diaspididae. Il est connu pour parasiter les Diaspines suivantes : Aonidiella orientalis, Aulacaspis crawii, Lepidosaphes beckii, Pinnaspis strachani et Unaspis citri. Toutes ces Cochenilles sont des ravageurs à des titres divers. À part Aulacaspis crawii, toutes les autres espèces sont présentes en Guadeloupe où elles ont été introduites accidentellement avec leur plante hôte »

Ø  « Cybocephalus nipponicus : Ce Coléoptère, à l’état larvaire et adulte, est un prédateur de nombreuses Diaspines. En Guadeloupe, près d’une cinquantaine d’espèces de cette famille ont été répertoriées récemment [Matile-Ferreo & Etienne, 2006] et toutes ont été introduites de l’extérieur avec les végétaux et sont nuisibles à des degrés divers »

Ø  « Rhyzobius lophanthae : Cette Coccinelle d’origine australienne est un prédateur largement utilisé en lutte biologique contre les Diaspines. À Hawaii, R. lophanthae s’est montré particulièrement efficace dans la lutte contre la Cochenille des Cycas et a été introduite à l’île de Guam dans le même but »

Conclusion on peut encore sauver nos Rameaux survivants, mais il faut à présent le décider enfin, en suivant l’exemple que nous donne le monde entier, tout en prenant les précautions qui s’imposent, c’est tout : Nous voulons continuer à voir le petit rameau tout sec accroché derrière le Crucifix, comme nos pères et nos grand pères avant nous, c’est comme ca et ainsi soit-il.

Agr.Bio.

 

 

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Agr.Bio 06/04/2010 12:17



Un ravageur ignore les frontières, il peut s'introduire clandestinement poussé par le vent ou simplement sur les vetements d'un voyageur, et, bien sur, sur du matériel vegetal, d'où la necessité
des controles des vegetaux aux frontières. Il y a un peu plus de 15 ans arrivait dans les antilles le vecteur d'un virus. Il avait mis 70 ans pour sortir du bresil. Il est apparu presque
simultanément du nord au sud de l'arc antillais, il s'en est suivit des ravages sur certaines cultures. Une maladie terrible de la banane est maintenant à ste lucie, elle arrivera
ineluctablement à la martinique puis à la guadeloupe, c'est une question de temps. Il est presque impossible de bloquer l'entrée d'un ravageur quelque fois, on ne peut guere que tenter de
retarder son arrivée, mais une fois sur place il faut agir immediatement par des contres-mesures biologiques. Certains pays anticipent meme l'arrivée des ravageurs en introduisant leurs
ennemis naturels bien avant qu'ils ne se déclarent. C'est le principe de la vaccination.    



manoucha 05/04/2010 01:03



A quand un véritable contrôle sanitaire à nos frontières?


En regardant une émission que je vous conseille sur Planète,"Douane sous haute surveillance" dont les scènes se déroulent en Australie, je n'ai pu m'empêcher de constater que les frontières
françaises et donc les nôtres sont de vraies passoires.


Les Australiens savent protéger leur pays. Chez eux,  tout est sous contrôle.Il serait ardu d'introduire des insectes mettant en péril leur flore.



Agr.Bio 01/04/2010 20:00



Lutter par des moyens biologiques contre la cochenille diaspine des Cycas, revient à lutter contre les autres cochenilles diaspines - citées plus haut dans l'article de l'Entomologiste - qui
ravagent nos cultures commerciales. Ce ne sont pas uniquement les Rameaux qui sont concernés par conséquent, le résultat de cette lutte bio sera donc un meilleur environnement moins pollués par
les pesticides, et aussi plus de sécurité alimentaire et de "PIB endogène". Alors qu'est-ce qu'on attend ? La Saint Glin Glin ?



Chantal Etzol 01/04/2010 02:34



Nombreux sont les végétaux qui ont été introduits par l'Homme dans nos régions,il y a fort longtemps et nul ne sait les conséquences qu'ont eu ces apports nouveaux, réitérés, sur
la flore autochtone. Toutes les interactions et dépendances,actuellement connues ne l'étaient évidemment pas à l'époque! Mais un voeu qui pourrait être associé à l'espoir d'une
guérison ou d'une "résurrection"des Cycas en Guadeloupe, c'est bien celui d'une plus grande responsabilité de chacun à l'égard d'un patrimoine naturel,comme historique, commun.
Introduire des plantes sans certificat phytosanitaire (ou des animaux) fait courrir des risques à l'ensemble de la biocénose. Comment la fourmi manioc est-elle arrivée chez nous vers les années
50 pour envahir progressivement la quasi-totalité de l'île?


Chacun pense dans son coin qu'il peut faire ce qu'il veut etque ce n'est pas "un pied-bois" qui va entrainer tant de dégats. C'est mal connaître les modes de dissémination dans le monde
vivant; et la rapidité de propagation des parasites. Alors, de grâce, développons notre sens civique; celui d'un BIEN COMMUN à protéger et sauvegarder pour nos descendants.
Ne transplantons pas non plus des végétaux arrachées dans des endroits visités. Car les conditions physico-chimiques de leur milieu naturel sont souvent trop différentes de celles
qu'ils trouveront dans nos "jardins" pour qu'ils y survivent. Au cours de promenades,ne dégradons pas ces milieux dans lesquels ils s'épanouissent et s'offrent à notre
contemplation.


Certains ministres de Louis XIV étaient déjà?) plus "écolo" que nous, puisque Colbert plantait des forêts pour donner à la France, d'un avenir où
il ne serait plus, les moyens d'une construction navale; donc d'une Marine puissante... La France té ta y...  C. ETZOL