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Publié par Edouard Boulogne

Encore Israël et la Palestine. 

 

( Comme toujours, quand la Presse, les "politiques", etc, sont unanimes - et surtout dans "l'indignation"- je m'apprêtais à rédiger un article moins aligné sur les commentaires de la presse écrite, et des radios TV, sur l'actuelle tension au moyen-orient. La lecture de l'article d'Usbek dans Nouvelles Persaneries, m'épargne la peine d'écrire, et d'autant que l'article, est excellent, nuancé, et non aligné. Ce sont les conditions, selon moi, d'un exercice correct de la pensée.

 

 Voici Usbek : http://nouvelles-persaneries.blogspot.com/ 

 

 

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mardi 1 juin 2010

Encore Israël et la Palestine...

 
Comme sur tous les sujets dont nous entretiennent nos médias, on ne peut être que frappé par la courte vue de nos analystes.

Le problème majeur de l’Etat d’Israël, comme les événements nautiques récents le montrent, une fois de plus, n’est ni géopolitique, ni économique, ni quoi que ce soit d’autre, il est, d’abord et surtout, constitutionel. Les protestations de la presse d’opposition israëliënne voire les manifestations qui s’y sont produites, prouvent qu’Israël, à la différence de tous ses voisins, est une vraie démocratie, un peu trop peut-être même pourrait-on dire, puisque le système électoral, où règne la proportionnelle totale, met cet Etat entre les mains de micro-partis qui, comme souvent, sont extrémistes. Les Israëliens n’ont pas la chance d’avoir, dans cet emploi, un François Bayrou au lieu d’un Lieberman. Cette comparaison est étrange mais le slogan de Lieberman, lors des dernières élections tenait dans les deux mots de russe (sa langue) que nous connaissons tous « Niet ! Niet ! Da ! » qui marquaient son refus de la Gauche comme de la Droite nationales. Cela ne le situe toutefois pas pour autant « au miyeu » comme notre François dont il se rapproche par la modestie de son score électoral, ce qui , dans le système israëlien en fait le Vice Premier Ministre aux Affaires étrangères, avec les conséquences que l’on peu t constater.

En tout cas, nous voilà repartis pour un tour, suite à l’arraisonnement absurdement violent des cargos dits humanitaires, dans les eaux internationales certes, mais uu moment où ils se préparaient à entrer dans les eaux territoriales de Gaza. Au fait, n’est-ce pas aussi dans les eaux internationales qu’on arraisonne les bateaux somaliens qui menacent nos thoniers dans l’Océan Indien ?

Protestations toujours aussi hypocrites des Etats arabes de la zone, sauf de l’Egypte, dont nul ne parle ni ne rappelle qu’elle co-organise le blocus de Gaza. Ces morts sont certes déplorables ! Toutefois, au hit-parade des massacres des Palestiniens sur le sort desquels on s’apitoye si hypocritement, les Jordaniens gardent la tête avec Septembre noir, en 1970 (10.000 morts), les deux autres voisins, Beyrouth et Damas, sont si loin devant Israël qu’on voit mal comment ce dernier pourrait songer un jour à rattraper son retardet à monter sur le podium.

Il est évident que cette opération navale humanitaire ne relevait en rien du hasard, même s’il est probable que, sur les 700 personnes, de quarante nationalités différentes, présentes sur le navires arraisonnés, il y avait un certain nombre de vrais militants humanitaires. Ce sont sans doute les soixante qui ont d’emblée accepté de s’identifier en vue de leur rapatriement dans leur pays. Cela faisait assurément beaucoup de monde et une drôle de Tour de Babel pour une simple opération de livraison de vivres et de ciment !

En fait et de toute évidence, un très joli plan de com’, dans lequel les Israëliens ont marché au-delà même du prévisible. Large échantillonnage pour une couverture médiatique « mondiale » maximale, choix soigneux de la date (saboter la visite de Netanyahu aux USA et forcer la main à Obama), une organisation militaire qui faisait qu’un seul navire avait pour ordre de franchir le blocus avec à son bord des militants bien décidés à en découdre et armés à cette fin. L’aveuglement d’Israël a mis sur le gâteau de la provocation une cerise inespérée. Il aurait pourtant été bien simple d’envoyer des équipes de commandos de marine ,non pour se faire larguer sur les navires mais pour les immobiliser au large, en bloquant leurs hélices par la simple immersion de cables et de treillis métalliques, à quelques milles de côtes de Gaza :

Encore peut-on penser, quand on connaît quelques-unes des solutions « politiques » préconisées, dans le passé, par Avigdor Lieberman (elles vont, le plus souvent, dans le sens de la purification ethnique et s’accompagnent parfois, comme en 2002, de la propositon de bombarder els stations services palestiniennes), on peut penser que le traitement de l’affaire du convoi naval réputé « humanitaire » a été, de sa part, le résultat d’un compromis ! Il propossait sans doute de torpiller et de couler les cargos!

Un détail piquant parmi d’autres, car il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet. De l’avis général, confirmé par les députés européens en mission d’observation à Gaza (dont la désormais inévitable et incompréhensible Eva Joly!), il n’ y a pas de réel problème alimentaire à Gaza, les Nations-Unies pourvoyant au ravitaillement du territoire.

En revanche, nous a-t-on dit, on manque de ciment pour les constructions ; aussi ce produit figurait-il dans les soutes des cargos interceptés. Ce détail m’a rappelé la situation qui régnait au Liban, il y a quelques années encore (comme je n’y suis par retourné depuis, je suis prudent car je ne sais pas ce qu’il en est actuellement). Toujours est-il qu’à cette époque, si le ciment et tous les matériaux de construction ou de quincaillerie ne manquaient pas à Beyrouth, il était strictement interdit aux Palestiniens de faire l’achat non seulement de ciment mais même de planches ou de clous, de peur, bien entendu, de les voir pérenniser les abris de fortune où ils étaient strictement cantonnés!

1 commentaires:

Expat a dit…

Cher Usbek,
vous faites une bonne analyse de la situation loin de l'hystérie ambiante qui règne dans les médias et sur les blogs.
Nous pourrions, faute d'autres choses à exporter, proposer notre constitution à Israël.
Néanmoins, je ne sais pas si ça changerait fondamentalement les choses dans la mesure où la sécurité du pays est un domaine ou gauche et droite israélienne se montrent intraitables, et à juste titre car c'est sans doute le seul Etat du monde qui ne peut se permettre de perdre une guerre.
L'option torpillage aurait pu être envisagée dans la mesure où l'indignation de l'opinion internationale n'aurait sans doute pas pu être plus forte.
Quant au calendrier, il n'a peut-être pas été aussi bien choisi que àa par nos humanitaires mais aussi activistes pro-palestiniens qui effectivement ont atteint et au-delà de leurs espérances les plus folles, leur objectif. Car la coupe du monde effacera très vite tout ceci de nos mémoires.
Concernant la réalité du blocus de Gaza, j'ai fait un billet là-dessus avec quelques photos pour rappeler quelques vérités et montrer en même temps ce qu'est un vrai blocus. Car l'abondance de victuailles qu'on peut trouver à Gaza est mystérieusement tue par nos médias, pourtant, si on en croit la rumeur, entre les mains des juifs.
J'essaie par contre de trouver la raison du blocus sur le ciment. Si vous avez une réponse, je vous céderai volontiers un tringle à rideaux que vous pourrez remettre en jeu ultérieurement.  

 
 
 
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Oupédisa 03/06/2010 18:44



Bonjour,


Au vu de la situation mondiale j'ai envie de prononcer sur ce sujet une formule très utilisée par les cons, mais je serai aujourd'hui l'exception : Nous sommes tous des Israéliens.