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Publié par Edouard Boulogne

Le défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées était sympathique. Pourtant le président de la république y a paru préoccupé, malgré les paroles et encouragements de circonstance. Ses soucis étaient-ilsd'ordre électorel à 10 mois de l'élection présidentielle? Ou étaient-ilscausés par des préoccupations plus profondes et graves pour la collectivité?

Cette interview de l'économiste Déssertine est inquiétante il est vrai.

Le scrutateur.

 

Philippe-Dessertine.JPG

 

Interview de l'économiste Philippe Dessertine réalisé par Armin Arefi pour Le Point. fr

 

http://www.lepoint.fr/economie/la-france-sera-le-prochain-pays-touche-par-la-crise-de-la-dette-13-07-2011-1352517_28.php

 

L'Europe continue de trembler. Après l'Irlande, le Portugal et la Grèce, c'est au tour de l'Italie, troisième puissance économique de l'Union européenne, d'être touchée de plein fouet par la crise de sa dette publique. Dans une interview au Point.fr, Philippe Dessertine, professeur de finances à l'université Paris X-Nanterre et directeur de l'Institut de haute finance, qui publie en octobre prochain Seul 'espoir d'un monde nouveau (éditions Anne Carrière), nous explique comment un des piliers de la zone euro a pu être si rapidement contaminé et pourquoi la France doit se préparer à subir le même destin.


Le Point.fr : Comment peut-on expliquer la crise qui touche actuellement l'Italie ?


Philippe Dessertine : Nous assistons à une contamination plus rapide que prévu des crises grecque et portugaise. On a tort d'omettre que la Grèce est une pièce non négligeable du puzzle de la zone euro. D'autre part, il ne faut pas oublier que l'Italie possède déjà un taux d'endettement conséquent, avec 120 % de son PIB, ainsi qu'un déficit annuel de 4,5 %. À ce titre, elle est légèrement en avance sur nous.


La France pourrait-elle être également touchée par la crise ?


Nous nous dirigeons vers l'austérité générale en Europe. En ce qui concerne la France, elle est le prochain pays sur la liste. La question n'est donc pas de savoir si nous serons touchés, mais plutôt quand. Il faut savoir que la France possède une dette publique importante, avec 85 % de son PIB, ainsi qu'un déficit annuel de 7 %. En d'autres termes, la situation de la France est meilleure qu'en Italie, mais empire beaucoup plus vite. D'où la simple question : pourrons-nous nous permettre de ne rien décider avant la fin 2011.


Quelles sont les solutions ?


L'Italie a récemment mis en place un plan rapide d'austérité, qui a partiellement enrayé la baisse, et apporté certaines garanties aux investisseurs. Mais il ne faut pas se leurrer. Il ne s'agit en réalité que d'une rustine qui sert uniquement à stopper l'hémorragie pendant trois jours. Pour résorber la dette, il faudrait que les membres de l'Union européenne mettent en place un véritable plan de sauvetage en accordant des prêts massifs à la Banque centrale européenne ou le Fonds de stabilité européen. Or, ces deux organes sont déjà chargés de résorber les lourdes dettes grecque et portugaise, sans compter que cette échéance demeure trop lointaine par rapport à la vitesse de la contagion de la crise.


Comment cette austérité se traduira-t-elle dans notre quotidien ?


Pour absorber cent milliards d'euros, le gouvernement français n'aura d'autre choix que d'augmenter les impôts et la TVA, comme c'est déjà le cas en Grèce, en Irlande, au Royaume-Uni ou en Espagne. Or, le plus difficile à accepter pour le contribuable reste que ces prélèvements ne financeront pas le service public, mais le remboursement de la dette, et qu'il n'en verra donc pas la couleur. Face à ces sommes énormes, la mesure actuelle de ne pas remplacer les fonctionnaires à la retraite ne pèse pas lourd.


L'euro est-il menacé ?


L'euro est clairement menacé si la Banque centrale européenne s'écroule. Cela représente à la fois le risque d'effondrement du commerce international ainsi que d'une profonde crise géopolitique, qui peut aboutir à une guerre mondiale. C'est ce qui arrive lorsque les États sont confrontés à une impossibilité d'échanger leurs marchandises, que seule une monnaie internationale saine permet.


Cette crise de la dette européenne est-elle plus forte que la crise des subprimes ?


Nous sommes toujours dans la même crise. En 2009, il s'agissait aussi d'une crise de la dette, mais privée, qui touchait des banques et provoquait leur faillite. On a espéré s'en sortir avec la croissance, mais celle-ci n'est pas au rendez-vous. Aujourd'hui, ce sont les États qui font faillite. Cette dette folle traduit simplement le fait que l'Occident vit au-dessus de ses moyens.

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Marc-E Decap 16/07/2011 17:51



A l'un de nosamis commun de la réunion qui, à propos de cet article, questionnait :"Et l'outre mer dans tout ça"? Louis Dessout a répondu, et m'a communiqué cette réponse que je transcris
: "Nous comptons pour du beurre,comme en atteste le  dernier rapport de la CRC-Antilles-Guyane sur les budgets de nos collectivites.
A la faveur de ces "performances" tant des collectivites que de nos CCI,leurs gestionnaires anciens ou actuels revendiquent
l'augmemtation de leur pouvoir d'irresponsabilite et de nuisance.....".

L. Dessout



Claude HOUEL 16/07/2011 00:30



Notre Président a raison d'être soucieux:l'heure de vérité approche où il faudra expliquer aux Français les dangers qui les menacent et les solutions ,très douloureuses, pour y faire face.Pas
simple de le faire pendant une campagne présidentielle où seules sont entendues les promesses lénifiantes.


Et pourtant,les français sont capables d'entendre un discours de guerre économique et financiére,à certaines conditions:


Il faut que les problèmes à venir soient clairement exposés y compris dans leurs origines.


Il faut que les solutions et leurs inconvénients,incontournables, soient détaillés,sans tabou.


Il faut que les efforts,douloureux et à long terme soient partagés par tous,sans exclusive et avec un réel souci de justice sociale de façon à ce que chacun se sente concernés sans aucune
dérogation possible.


Nous sommes dans une situation où l'on ne peut promettre que "du sang et des larmes" et que chacun se demande ce qu'il "peut faire pour la nation" et plus le contraire.Churchill et Kennedy
on su motiver leur peuple à des moments cruciaux.Mais il faut dans le même temps démontrer qu'au bout du chemin on peut s'en sortir et retrouver confiance en l'avenir.


Seul le candidat, ou la candidate qui saura tenir à la foi un discours grave et sans détours mais porteur d'espérance aura la confiance des électeurs,plus adultes qu'on ne dit.


Voilà pourquoi notre Président a de bonnes raison d'être soucieux.