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Publié par Edouard Boulogne

Gerard-Leclerc.jpg  ( Gérard Leclerc. ).

 

Une tribune de Gérard Leclerc sur Radio Notre Dame, reproduite dans La France Catholique.

Je transcris l'article. Et comme il évoque en moi quelques souvenirs ( il est question de Mai 68, de Maurice Clavel, etc ), je le commente, et, peut-être, le complète.

Voici d'abord l'article de G. Leclerc, puis mon commentaire. ( EB ).

 

( I ) Le combat de l'ange.

 

http://www.france-catholique.fr/Le-combat-de-l-ange.html

 

Une fois la loi sur le mariage homosexuel votée, tous les recours légaux ne sont pas fermés. La décision du Conseil constitutionnel est attendue avec la plus grande attention. Par ailleurs, la pression des manifestations de rue, si elle se conclue par un gigantesque rassemblement le 26 mai prochain, peut impressionner le Président de la République, dans la mesure où il lui faudra passer outre, ou non, à une opposition massive, qui correspond à une fracture profonde de la communauté nationale. Tout indique que les semaines à venir vont marquer une montée en puissance de la contestation. Celle-ce ne saurait s’éteindre, un vote du Parlement ne pouvant entamer un désaccord de fond, qui, contrairement aux affirmations péremptoires, subsistera dans les cœurs et dans les consciences.

C’est là que nous pouvons comprendre la nature du mouvement qui est né et n’a cessé de s’amplifier depuis l’automne dernier. Pour ma part, je l’interprèterais volontiers en termes culturels, au sens ou mon ami Maurice Clavel définissait ce terme : « La culture est une option sur l’absolu. » Refuser la transgression du sens du mariage et la désarticulation de la filiation, c’est bien autre chose que s’opposer à une loi circonstancielle. C’est prendre parti pour une certaine conception de l’homme, qui s’enracine dans les traditions philosophiques et spirituelles les plus fortes. C’est pourquoi il faut en revenir à l’analyse clavelienne des événements de 68, qui allaient bien au-delà d’une révolte de jeunesse. C’était les raisons de vivre qui étaient en cause, au sein d’une civilisation qui n’était plus en cohérence avec ses fondamentaux. Clavel-C-que-je-Crois-.jpg

Clavel mettait en évidence une lutte qui se situait au plus profond de l’inconscient de l’Occident. Ce mot « inconscient », il ne fallait pas le prendre au sens freudien, mais bien plutôt en référence avec ce que saint Augustin signifiait en désignant le rapport de l’intériorité humaine avec le maître intérieur. Clavel l’associait aussi au combat perpétuel de l’homme avec l’ange, qui marque l’oscillation des sociétés en fonction des choix décisifs pour la vie ou pour le déclin. Il me semble que pour apprécier l’actuel mouvement, c’est à cet éclairage métaphysico-transcendantal qu’il faut recourir. Une opposition a osé se lever contre une culture dont elle n’accepte plus les diktats. Pour la première fois depuis longtemps, elle défie la puissance installée des médias, de l’argent et de toutes les idoles. C’est une date que l’histoire retiendra.

Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 25 avril 20139782246794042.jpg

 

( II ) Commentaire d'un scrutateur, à...un autre veilleur.

 

A Gérard Leclerc.

 

J'apprécie fort cet édito de Gérard Leclerc, mon contemporain, sur Radio Notre Dame. Les évènements de mai 68 ont été un événement bien plus important que la simple contestation du pouvoir en place ( celui du général de Gaulle ) comme aujourd'hui la contestation de la loi sur le « mariage gay » est bien plus significative que la contestation de François Hollande.

A l'époque, j'entrevoyais l'aspect métaphysique de la contestation dont Daniel Cohn-Bendit fut une des figures, probablement inconsciente, de ce dont il n'était peut-être qu'un instrument. C'était ce que pensait le flamboyant Maurice Clavel. Mais, tout en le lisant, avec attention et admiration, j'étais réservé. Je devais me réjouir, un an plus tard quand Georges Gusdorf publia un ouvrage au titre significatif sur les évènements de mai : «  La pentecôte... sans l'Esprit Saint ».

Boutang-O-du-s-.jpg

Je penchais aussi du côté d'un autre philosophe, peu ordinaire lui aussi, Pierre Boutang ( qui est, je crois, un autre maître que nous avons en commun, Gérard Leclerc et moi ) qui, lui, était plus sceptique, sinon sur l'intuition de Clavel, du moins sur ses chances de percer la chape de plomb du « progressisme » installé.

Boutang-P-Ont-du-secret-.jpg

Boutang était un vieil ami de Clavel, non moins flamboyant que lui. Ces deux là se connaissaient depuis 40 ans, depuis l'école normale supérieure de la rue d'Ulm. Ils s'estimaient, et sans doute, ils s'aimaient. Mais si, comme dans la vieille chanson des débuts de Jacques Brel, ils cherchaient le même port, ce n'était pas toujours toujours sur les mêmes voies. Ils s'ensuivaient entre ces deux « tempéraments » des querelles homériques, qui ravissaient les témoins, tant pour le côté « sport » de leurs joutes, que pour la lumière qui en jaillissait et retombait sur chacun, en pluie de grâces, pour son plus grand honneur.

Boutang avait mieux vu, me semble-t-il, les raisons de l'échec probable des espérances de Clavel, ( que G. Leclerc reconnait d'ailleurs ) en une surrection de l'Esprit, dans la foulée du « bordel » soixante-huitard.

Ah! ce texte du n° spécial de la revue Montalembert :Que faisaient-ils en avril?

J'en recopie un passage, non le plus important, mais à cause du petit coup de patte ( griffes à peine sorties ) destinée à l'ami Clavel : ( ) « Voilà que l'honnête pensée marxiste, remise sur ses mille pattes, avec Marcuse en tête, Lefèbvre en queue, Clavel en appendice, et les yeux du Nouvel Observateur à facettes, ne voit plus la misère, n'accuse plus l'injustice, mais gémit sur une aliénation derechef spirituelle, reprend les airs dégoûtés et raffinés du spiritualisme gavé, écœuré de confiture, de gars-de-jet, et d'unique dimension triomphante. Faudrait savoir, réclame Gavroche ! Est-ce que le capitalisme engendre nécessairement, foi de Marx-Engels-Staline, la misère, laquelle engendre la guerre, laquelle engendre la révolution, ainsi de suite... ou s'il y a de l'eau dans le gaz de votre genèse ? Intellectuels, prévenez le peuple, annoncez la couleur, ou gare à vous ! » (….).

Clavel/Boutang, Boutang/Clavel. Nul doute qu'ils seraient à nos côtés aujourd'hui, se chamaillant peut-être un peu, ( pour ne pas rompre avec les vieilles habitudes, et c'est ainsi que vit l'esprit ), nous mettant en garde contre les illusions de l'imminence de l'avènement de nos désirs, quand il ne s'agit que d'être les serviteurs de l'Esprit, tel qu'il taraude encore les entrailles de notre vieille France, qui fut la fille aînée de l'Eglise.

Car, s'il y a, à l'oeuvre, par delà les P. Bergé, les Peillon, les Taubira, et le minuscule François Hollande, celui qui nie tout, ( pas Hollande qui ne mérite ni cet  excès d'honneur, ni cette indignité ) il y a aussi Celui qui est la Vie, par qui demeure l'espoir, mais qui ne nous les donnera pas, tout fait, comme un cadeau concédé à un paresseux d'enfant gâté, sans mérite, mais seulement si nous l'avons voulu, et mérité, par notre ouverture à son Amour.

«  Ce que tu as reçu de tes pères, conquiers-le, afin de le mériter ». ( EB ).

Que-faisaient-ils-en-avril-68-.jpg


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Ch. Etzol 29/04/2013 21:36


A quoi sert de poursuivre le combat ?


Ce combat est de toutes les époques parce que le Christ lui-même ,en acceptant notre  condition humaine a dû affronter "l'ange" jusque sur sa croix et qu'il nous a donné
mission pour que le règne de Dieu arrive sur toute la terre. Catholique ne signifie-t-il pas universel?


Ce combat doit être poursuivi parce que le baptème de Clovis,roi des Francs,a fait de notre nation la "fille ainée" de l'Eglise. Parce que si le message du Christ nous est parvenu,c'est que
nos ancêtres se sont efforcés de nous le transmettre à travers leurs vies,leurs institutions,leurs traditions et leurs livres. Parce qu'un recueil comme celui de René de la Tour Du Pin
intitulé :"Vers un ordre social chrétien" montre la réflexion et le combat menés déjà, en France,entre le XIXe et le début du XXe contre les mêmes errements: "L'individu se
considérant comme sa propre fin et maître absolu de ses actions".   Parce que nous devons continuer l'action entreprise par notre Pape de la
résistance: Jean-Paul II, avec les JMJ  (Rappelons-nous son '"n'ayez pas peur").


Le combat des idées doit être poursuivi parce qu'à travers le mouvement de la manifestation pour tous et des "veilleurs", c'est le sentiment d'isolement face à la"machine étatique" qui a été
rompu.C'est la fédération de 116 associations en collectif Audace 2012, devenu FRANCE 2012. (voir lien du scrutateur avec le site de liberté politique). Tous ont besoin de notre
participation ou de notre soutien financier,dans la mesure de nos moyens, pour conduire la réflexion et l'action.


Le combat doit être poursuivi parce que nous n'acceptons pas le rétablissement de l'esclavage,de la commercialisation et de l'expérimentation sur le plus faible et le
plus innocent d'entre nous.


Le combat doit être poursuivi pour que les hommes politiques veillent à ce que leurs engagements respectent les valeurs de la nation.


Le combat doit être poursuivi pour que nos enfants, notre jeunesse soient préparés à y faire face, dans les familles,dans les paroisses, dans les associations Familiales, dans
 l'Enseignement Catholique et dans la vie publique,plus tard,avec tous ceux qui voudraient s'y joindre.


Le combat doit être poursuivi en chacun d'entre nous, lorsque l"ange" nous attaque par nos faiblesses.(L'un des veilleurs sur facebook,demandait le courage de dépasser nos fautes).


Le plus difficile sera de maintenir,d'organiser pour tenir dans la durée.C'est le combat pour l'Esprit et la Vie par la Résurrection du Christ

Edouard Delatable 29/04/2013 14:19


Je suis rempli d'admiration pour la qualité du propos et pour la tenue morale de la pensée qui soutient le discours de monisuer Leclerc. Cependant, à linverse de lui, je ne coirs pas que le
Président de la République, pas plus que la majorité de la classe politique - en y comprenant ceux de la "drotie" que le chant des Sirènes enivre - ne se  laissera impressionner par le refus
de la "rue" et par le sursaut de conscience de la majorité des Français. Ces messieurs ont choisi leur camp depuis longtemps, et la monstruosité de ce qu'ils sont en train de commettre s'inscrit
- en parfaite connaissance de cause - dans leur stratégie et est même l'une es principales clauses de leur allégeance. Cette inversion n'est donc évidemment pas le fruit du hasard. "Non serviam",
n'est-ce pas la profession de foi de ces messieurs ? À quoi sert la poursuite du combat ? À montrer le caractère diabolique de l'obstination de ceux qui veulent brûler la France pour en faire
leur petit barbecue personnel et à exercer sa propre liberté face à une oppression de plus en plus menaçante, et de plus en plus sournoise qui détourne les institutions au su et au vu de tous, et
sans ciller. Le prince du mensonge a tant de courtisans, que la lutte contre l'inqualifiable permet d'actualiser un inventaire que n'aurait pas désavoué Prévert tant on y trouve effectivement de
tout.