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Publié par Edouard Boulogne

  1. Dieudonné et la liberté d'expression. :

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L'article annoncé sur l'affaire Dieudonné, était en train de prendre des proportions gigantesques. J'ai décidé de le scinder et de le faire paraître en plusieurs fois.

En voici le premier volet.

LS.

 






La video qui suit porte sur la liberté d'expression. Elle met en scène, et oppose, plusieurs personnages ( Non pas des personnes. Les « personnages, jouent un rôle » en général. Ils jouent ce que l'on attend d'eux qu'ils jouent. C'est un noir, un arabe, un juif, etc Dès lors, ils tendent à ne plus penser personnelllement mais à penser en tant que Noir, ou Blanc, ou Beur, etc ), principalement, M. Ardisson, le meneur de jeu ( engagé, tenu par son rôle ), Dieudonné, et un jeune arabe, ce que nous appelons un « beur ».

Pour Ardisson, nous sommes en France, le pays de LA « liberté ». Cependant l'animateur reproche à Dieudonné, comme à Alain Soral ( dans une autre émission ) de s'être laissé aller à dire des choses inacceptables sur les juifs.

Réponse ( imparable ) de Dieudonné : mais pourquoi peut-on caricaturer, insulter, des musulmans, des chrétiens, et pas les juifs?

Il réclame de pouvoir le faire pour tous au nom de LA liberté.

Le jeune musulman est sur la même ligne de défense. Sa flèche du Parthe est la suivante : «  Si la judéophobie est un délit, je réclame une loi qui en fera de même pour l'islamophobie ».

La video s'arrête et la remarque ne lui sera pas faite que l'Islam est particulièrement liberticide.

Notons au passage ces expressions qui comportent, en suffixe, le mot phobie ( phobe ) qui relève de la psychiatrie et tend à faire passer toute critique d'une association juive, ou musulmane comme symptôme d'une sorte de maladie. Alors que telle ou telle critique, même vive, sur tel ou tel sujet, peut éventuellement se justifier.

Cette nouvelle et détestable habitude polémique a été d'abord créée par les mouvements du « politiquement correct », venus d'abord de la gauche et de l'extrême gauche des années Mitterrand. Elle s'est peu à peu généralisée, interdisant tout débat loyal et rigoureux, jusqu'à se retourner contre ses promoteurs initiaux. ( Comme le montre ce document où l'on voit, il y a quelques années, l'idéologue Alain Soral s'en prendre à Dieudonné, en des termes extrêmes alors qu'ils se trouvent réunis aujourd'hui contre le bouc émissaires juif, sioniste, disent-ils pour tromper les naïfs, et ceux que représentent actuellement Manuel Valls, et le gouvernement, et...SOS Racisme : ( http://www.youtube.com/watch?v=u75y5VLtcIA).

Tel quel le document video ci-dessous ) montre clairement où le bât blesse. Les questions de fond ne sont pas posées.

D'abord celle de la nature de la liberté en question.

Il est assez généralement admis ( à tort ou à raison ) que l'homme est le seul être libre dans la nature. Les animaux, même « en liberté » dans la jungle, sont soumis à leur patrimoine génétique, qui les détermine étroitement à se comporter, dans leurs techniques de chasse, leurs modes d'édification de leur habitat, leurs parades « amoureuses », etc. Nulle liberté dans tout cela.

Jean-Jacques Rousseau, de l'homme dit que « il est né libre, et que partout il est dans les fers ».

Mais en quel sens faut-il comprendre l'affirmation «  l'homme nait libre ».

Le petit être vagissant qui vient de surgir du ventre de sa mère, mourrait en quelques heures, voire quelques minutes, s'il n'était pris en charge par sa mère, un milieu protecteur, voire même par des animaux, comme on l'a vu dans les cas des enfants sauvages qui ont été décrits dans les cas, rares, où il en a été ainsi ( cf Lucien Malson : Les enfants sauvages collection 10/18 ).

Mais justement ces « enfants sauvages » ne parviennent jamais à l'humanité, donc à la liberté, parce que n'accédant pas au langage parlé, qui, seul, permet la prise de conscience de soi et du monde comme distinct de soi. Ils ne font que suivre les moeurs du milieu animal, quand leur configuration morphologique le leur permet.

L'inverse n'est pas possible. Et les perroquets ne parlent pas, contrairement à ce que croient un certain nombre de personnes.

Par la possibilité du langage, de la parole, l'être humain aidé par son milieu, sa famille, etc, accède à la connaissance. Mais il le fait en intériorisant les idées, croyances et agissements de leur entourage.

Le bien, le mal, le vrai, le faux, le permis, le défendu, sont chez lui, d'abord, ce qu'ils sont dans le groupe.

Quand ce groupe est une civilisation évoluée, ayant accédé à la notion d'individualité, ou mieux de la « personne », distincte du groupe, il commence à « philosopher », c'est à dire, à chercher par une méthode rationnelle d'analyse, et par l'esprit critique à tenter d'agir librement, c'est-à-dire en dehors des valeurs collectives qui lui apparaissent alors, pour certaines du moins, comme des préjugés.

Il s'aperçoit que ce qu'il prenait pour sa liberté, n'était souvent que conformité aux idées toutes faites du groupe, de son groupe. Que maints de ses comportements passés, n'avaient été que soumission au conformisme social, ou à des pulsions venues, en lui, de toute autre chose que du souci de la vérité et du bien.

Le philosophe antique, retenu en prison par un tyran et lui disant : «  je suis plus libre dans ma prison que toi dans ton palais » a bien vu le problème sur lequel nous réfléchissons. Le tyran qui dispose du droit de vie et de mort, de la possibilité d'aller et de venir, est esclave de ses passions, de ses pulsions qu'il prend pour des volontés quand elles ne sont que des manifestations d'un moi conditionné par des expériences, influences, etc, jamais discernées comme telles.

Mais notre philosophe emprisonné, est libre lui, parce que sa réflexion l'a conduit aux sources d'un moi réel, source d'actes autonomes.

Il peut vouloir encore, comme tout un chacun, voler, nuire à autrui par jalousie, ou parce que cet autrui qui est devant lui est simplement né de l'autre côté de la rivière.

Mais il comprend désormais que la liberté n'est pas l'abandon aux caprices, appétits et pulsions, mais qu'elle est obéissance à une loi.

Disons, pour simplifier, et n'être pas trop long ( le lectorat du Scrutateur n'est pas composé que de philosophes de formation ) qu'il commence à comprendre le mot de Bergson pour qui «  obéir à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »

Beaucoup de gens disent que la liberté "c'est faire ce qu'on veut". Mais la volonté n'est qu'une faculté, plus ou moins forte, plus ou moins exercée de passer de l'inaction à l'action? Mais quelle action? Il en est d'excellentes, et aussi de détestables. Nous nous trouvons ici confrontés au problème des valeurs. 

Dans un milieu de voleurs, l'enfant imite ses parents. La devise est "pas vu, pas pris". Le pique-assiette peut s'estimer le plus intelligent en vivant au détriment des autres. Ou bien s'apercevoir que ce comportement est méprisable et vil. C'est alors qu'il aura accédé, par une révélation à sa conscience, qui peut se présenter sous de multiples formes, d'une vie plus digne et plus noble. Le bien et le mal seront désormais pour sa conscience éclairée, des valeurs qu'il faudra réaliser ou rejeter. 

Nous voyons l'importance de l'éducation, dans une famille, un milieu, un monde, où des éducateurs dignes de ce nom, des repères, serviront de points fixes, et de modèles. 

Dans tous les cas, la réalisation du bien n'ira jamais de soi. La facilité du moindre effort et du conformisme restera une tentation, mais qui peut être vaincue. 

La liberté, reste soumise à l'obéissance. 

Paradoxe qui n'est qu'apparent, la liberté, bien comprise passe par l'obéissance à la loi. Mais une loi, fondée en raison. 

Une obéissance parfois pénible, mais que l'on peut être fier de cultiver en soi. Si je n'aime pas tel ou tel, s'il « me sort par les yeux » comme on dit parfois, je peux cependant tenter de rester fidèle à la loi que je me suis prescrite, après longue réflexion : être aimable à mon prochain ( une notion d'ailleurs pas si simple à comprendre, et qu'il faut élaborer rationnellement ), lui venir en aide, être patient à son égard.

Ainsi, seulement peut-on échapper aux querelles de poissonniers qui se donnent libre cours en ces jours-ci où s'affrontent dieudonistes, et non dieudonistes.

Ainsi, juifs, « humoristes » qui s'amusent à se faire passer pour philosophes héroïques, ministre de la police enfoncé dans ses petits calculs politiciens, pourraient comprendre leur erreur.

Force est de reconnaître qu'il y a du pain sur la planche pour arriver à sortir de l'ornière où nous avons versé.

Sans peut-être l'avoir voulu, Dieudonné, par ses provocations indigestes, aura du moins contribué à lancer un débat.

 

E.Boulogne.

 

http://www.youtube.com/watch?v=jUV4Bnq4lwU

 

 

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Claude Houël 08/01/2014 17:15


Les poids et les mesures:


 Si le ministre de l'intérieur prend des dispositions "préventives" pour éviter des troubles à l'ordre public, il faudrait les appliquer dans tous les cas, il aurait fallu, par exemple
interdir à l'Assemblée Nationale de débattre et voter le mariage homo,les troubles étant prévisibles et...avérés.Les actions des femen ne sont-elles pas, par ailleurs, porteuses, en germe,de
troubles ?


Il a pris le risque de voir retoquer ces interdictions en justice. Il vaudrait mieux enregistrer le pseudo comique, trouver ce qui contrevient, réellement, à la Loi, et le condamner avec la plus
grande fermeté et surtout faire appliquer les décisions de justice ce qui n'a pas été le cas jusqu'ici.


Il faut, enfin passer à autre chose et ne pas laisser s'installer ce qui devient de la paranoïa furieuse qui fait voir des quenelles partout, y compris dans les vitrines cf
 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/08/97001-20140108FILWWW00274-une-quenelle-dans-une-vitrine-diesel.php


Une société incapable de faire face à ses responsabilités parcequ'elle a peur de son ombre, finit toujours par contourner ses propres Lois et on sait comment cela finit.