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Publié par Edouard Boulogne

 

lkp


Pour rappel, 46 organisations syndicales, politiques, associatives, culturelles et de consommateurs s’étaient rassemblées au sein de ce collectif, fin 2008, et avaient conjointement mené une grève générale, qui s’était prolongée du 20 janvier au 4 mars 2009, en Guadeloupe. De cette manière (qui n’a pas fait l’unanimité!), ces militants entendaient mettre à jour et dénoncer des situations de «profitasyon» (d’abus outranciers au détriment de la population et des travailleurs), mais aussi obtenir des instances locales et nationales la mise en place de mesures visant à résorber ces inégalités. Or, plus de 2 ans après la signature d’un protocole de fin de conflit, engageant l’Etat représenté par le préfet Nicolas Desforges, les collectivités régionales et départementales respectivement représentées par les présidents Victorin Lurel et Jacques Gillot, et le LKP, dont le porte-parole est le secrétaire général de l’UGTG Elie Domota, le bilan des revendications LKP-istes est négatif du point de vue des Guadeloupéens.

Le bilan des 44 jours est-il à ce point négatif ? « Beaucoup des 146 points de l’accord du 4 mars n’ont toujours pas de réponses. » Le droit à la santé, à un logement, la protection des terres,la consommation locale privilégiée , une eau de qualité moins chère, des prix bas ,le chômage des jeunes… Autant de dossiers qui, selon nous, ne sont pas résolus.

Le LKP en crise ? Elie Domota, le porte-parole n’aime pas ce mot. A l’entendre encore lors d’un meeting à PARIS, il continue imperturbable, à affirmer que LKP «se porte bien» que «LKP se renforce» que LKP est une autorité dans le pays, etc». Il s’agit là d’un discours à usage externe, destiné comme on dit, à rassurer les «couches populaires désenchantées». Mais, vu de l’intérieur, les choses ne sont pas aussi simples. Après plus de 2 ans d’exercice, de «pouvoir dans la rue» et de contestation sociale, et parfois même politique, il est évident que le «poids du LKP» sur la société guadeloupéenne s’est largement effrité , et que ce dernier est plus que moribond . Quelles en sont les raisons ?

D’abord parce que en dépit des 200 euros arrachés de haute lutte au patronat et aux collectivités, il fallait presque naturellement s’attendre à une sorte de reflux.

Les dernières mobilisations du LKP ont été des flops retentissants. Les dernières élections régionales ont été le symbole de la déconfiture des pro-LKP. Rien ne permet de croire que la mobilisation décrétée en 2009 a eu un quelconque impact sur le niveau de vie des guadeloupéens , ainsi qu'une amélioration substantielle de l'économie de la Guadeloupe.

Si le LKP peut encore faire croire à certains illettrés qu’il n’est pas en partie responsable de nombreuses fermetures d’entreprises, de la hausse des prix et du chômage, de la baisse des investissements, etc, il n’en demeure pas moins que la population se rend bien compte que sa situation ne s’est pas nécessairement améliorée après 44 jours de grève et malgré les 200 €. Je doute donc fort que les guadeloupéens croient encore aux bienfaits de la grève et des déboulés pour régler leurs problèmes.

C’est que, deux ans après les quarante-quatre jours de blocage, la société guadeloupéenne serait, selon le psychologue Errol Nuissier, en pleine désillusion : «Il y a une sorte de désolation morale qui ne dit pas son nom. Les cicatrices de 2009 ne sont pas refermées. Il y avait une attente forte de changement matérialisée dans le collectif du LKP, car, au départ, les revendications étaient légitimes. Puis le mouvement a pris, petit à petit, un tour dictatorial.»D’où une évolution négative, selon lui : «Le LKP a voulu prendre le fouet des mains des Békés [les descendants des premiers colons Martiniquais, ], pas qu’on arrête le fouet. Pour moi, le LKP a sacrifié les plus faibles, les plus modestes d’entre nous. Ceux-là ne s’en sont pas remis : ils ont tout perdu, alors que les cadres du LKP, souvent fonctionnaires, s’en sont tirés. Et ça, la population l’a vu et le sait.»

Pour Nuissier, qui fut proche de Domota avant de s’en éloigner et d’en devenir un adversaire, le pays est également «économiquement mal en point». Willy Angèle, l’un des représentants du patronat local, confirme : l’économie est «complètement à terre». «Il faudra des années pour retrouver une confiance qui a été perdue», assure Angele.

Mais ce mouvement social d’une ampleur inégalée en Guadeloupe , a laissé des traces dans l’économie du pays.
Pour la éme fois , il est bon de rappeler le bilan désastreux du LKP et faire taire les manipulations des thuriféraires qui nient le rôle majeur du LKP dans l’effondrement de l’économie et la forte augmentation du chômage

 

:RAPPEL………….:


L’Insee a publié le bilan économique de la Guadeloupe pour l’année 2009. Avec une baisse du PIB de 6,7%, 2009 restera comme la plus mauvaise année depuis 1993.
L’année 2009 marque la 5ème réalisation d’un compte économique rapide à La GUADELOUPE . Construit dans le cadre du projet tripartite Cerom entre l’Insee, l’AFD, et l’Iedom, il repose sur une modélisation macroéconomique alimentée par les premières données disponibles de l’année écoulée.

Bilan économique 2009

Dans un contexte de crise économique internationale et surtout de crise LKP, La Guadeloupe n’est pas épargnée. En 2009, le Produit intérieur brut a diminué de 6,7 %. Les signes avant-coureurs de la crise étaient déjà perceptibles fin 2008, avec la baisse du travail intérimaire. L’activité du BTP a été la plus touchée, entraînant d’autres secteurs dans sa chute. L’emploi a diminué, et le nombre de demandeurs d’emploi a passé la barre des 55 000. C’est , dans ce cadre morose,que la consommation des ménages a fléchi, en dépit notamment de la hausse des prestations sociales. Comme chaque année, le bilan économique publié par l’Insee offre également des analyses d’auteurs extérieurs .

Le PIB de la Guadeloupe chute de 6,7 % (en monnaie constante). Il s’établit à 11,4 milliards d’euros. C’est le plus mauvais résultat depuis 1993. La croissance 2009 est inférieure de près de six points à celle de 2008. Elle est proche de celle de la France qui s’établit à - 2,6 %. L’évolution du PIB en valeur (- 2,5 %) est à peine supérieure. Sous l’effet combiné de la récession et de la croissance démographique, le PIB moyen par habitant chute de 5,6 % en valeur et de 6,9 % à prix constants.

En 2009, l’investissement s’écroule (-7,8 %)

Les trois principaux piliers de l’investissement rencontrent de grosses difficultés. Les travaux publics connaissent un trou d’air important après la fin des grands chantier et le retard ou l’annulation des projets devant prendre le relais. Le logement enregistre une baisse importante de l’ordre de 24 % des livraisons. Enfin, les achats de biens d’équipement sont en retrait . les importations de biens d’équipement chutent de 19,3 % en volume.

La consommation s’effondre !

Les difficultés économiques ont provoqué une baisse de l’emploi salarié marchand et une hausse du chômage. La masse salariale distribuée dans les secteurs marchands est en retrait de 3,5 %. Après la prise en compte du secteur public, l’évolution de la masse salariale demeure négative (-0,4 %). Cette baisse est en partie compensée par l’explosion des prestations sociales de 9,0 %, en particulier des allocations chômage (+ 32,2 %).
Au total, le revenu disponible des ménages diminue de 1,8 % en valeur (1,0 % en volume), ce qui a affaibli leur consommation.
La consommation finale des administrations est restée dynamique (+ 3,6 %) et a permis de limiter la baisse d’activité. Son impact sur le PIB est de + 0,9 point.

Chute des importations

Les importations ont diminué de 7,5 %, ce qui n’était pas arrivé depuis 1993. Les entreprises, anticipant la baisse de la demande, ont fortement déstocké.

Les exportations sont également en retrait de 30,5 %, principalement du fait des conditions climatiques ( cendres et sécheresse ) de la baisse des produits des industries agroalimentaires, qui représentent près des deux tiers des exportations .

2 ans aprés 2009 , selon L’IEDOM Quelles sont les premières tendances à se dessiner pour 2011 ?

Pour le premier trimestre 2011, le premier élément c’est que l’indice du climat des affaires a ENCORE chuté de 5 points. Ce chiffre est supérieur à ceux des autres départements d’outre-mer. C’est décourageant. C’est le signe que les chefs d’entreprises voient les choses de manière encore négative au cours de ce premier trimestre 2011.
Sur le plan de la consommation on voit que la grande distribution retrouve les niveaux d’avant-crise au grand dam de ceux qui vilipendaient le système de consommation à outrance au détriment de la consommation locale , même si sur le mois de mai 2011 on a un léger ralentissement probablement lié à une attente. L’alimentaire se porte bien, en revanche l’automobile reste dans une période difficile : -30% de ventes de véhicules neufs par rapport à 2008.
La consommation des ménages reste bien orientée
renouant avec ses niveaux observés début 2008 malgré

l’accélération de la hausse des prix sur le trimestre. Les

échanges extérieurs progressent avec vigueur.

En dépit de ces éléments positifs, l’investissement des entreprises demeure en retrait et la dégradation du marché du travail se

poursuit. Si certains chefs d’entreprise estiment que la conjoncture économique reste difficile, ils sont plus nombreux à anticiper une

hausse de l’activité au prochain trimestre notamment dans l’industrie agroalimentaire, le commerce et les services.

Hausse des prix alimentée par l’énergie

L’indice des prix à la consommation des ménages en Guadeloupe enregistre

une hausse de 1 % sur le trimestre après une relative stabilité au trimestre

précédent (+0,2 %). Seuls les prix des services affichent une baisse

trimestrielle (-0,2 %) sous l’effet de la variation des tarifs aériens, les autres

postes ayant faiblement contribué à l’inflation.

En glissement annuel, les prix progressent de 3,2 %.

Ce sont les hausses des prix de l’énergie, en particulier de ceux des produits

pétroliers, qui contribuent principalement à l’inflation annuelle et trimestrielle.

Hors énergie, l’indice des prix aurait progressé de 0,2 % sur le trimestre et de

1,2 % sur un an.

Tensions persistantes sur le marché du travail

L’amélioration du climat économique n’a pas permis d’inverser la tendance sur

le marché du travail. Le nombre de demandeurs d’emploi (DEFM A) en

Guadeloupe et dans les îles du Nord augmente de 1,9 % par rapport au

trimestre précédent pour s’établir à 55 270 inscrits. Le rythme de croissance

des DEFM A sur un an a doublé et s’établit à +6,3 % fin mars contre +3,2 %

à fin décembre.

Les offres d’emplois collectées diminuent de 9,2 % par rapport au trimestre

précédent. Cette baisse concerne en particulier les offres d’emplois

occasionnels de moins de 6 mois (-18,3 %), les offres d’emplois durables

n’ayant diminué que légèrement (-3,1 %). Ce repli met fin à plusieurs

trimestres d’amélioration qui ont permis aux offres d’emplois d’augmenter de

6,5 % sur un an.

Concernant l’investissement, on ne ressent pas de frémissement. Quelques grandes entreprises ont lancé des projets d’investissement qui étaient dans les cartons mais cela reste insuffisant. Les perspectives ne sont pas suffisamment établies pour que l’ensemble des entreprises puissent lancer des programmes. On constate que les véhicules utilitaires ne se vendent toujours pas.
Sur le chômage et sur l’emploi ,il y a dégradation . Au premier semestre 2011 il y a une augmentation de la courbe du chômage. On a encore perdu 800 emplois en mai ce qui montre que les choses n’ont pas arrêté de se dégrader. Mais il faut aujourd’hui que les investisseurs privés se remettent à investir, c’est la clé du redémarrage.


Peut-on aujourd’hui parler de désenchantement ?


Oui, pour ceux qui ont pensé qu’il était possible de créer d’autres circuits économiques, un autre mode de consommation. Cette désillusion n’a pas touché que des gens des couches populaires, mais aussi des acteurs économiques. Ceux qui ont été le plus “blousés” sont les petits patrons qui avaient pris fait et cause pour le LKP. En signant les accords, ils n’avaient aucune garantie de paix sociale du côté des syndicats et ils ont été largués au milieu de l’océan. Ils ne disposaient pas de la trésorerie des grandes surfaces. Ils ont été lâchés et beaucoup sont aujourd’hui en difficulté financière et ce contrairement aux grands patrons qui ont quasiment retrouvés le niveau d’activité d’avant crise .
En raison des prix toujours très élevés notamment de l’essence , certains étaient prêts à réactiver en vain le mouvement pour montrer leur mécontentement par rapport au non respect des accords de fin de conflit signés en mars 2009, d’autres affirmaient que ce ne serait qu’une perte de temps, “une nouvelle prise d’otage des guadeloupéens” et que ce serait même synonyme de “mascarade” .
Pourquoi? Une des raisons avancées est que le comportement des guadeloupéens reste le même quant aux habitudes de consommation. Le retour aux marchés de produits locaux observé durant le mouvement social n’a pas perduré, ces derniers n’ayant pas résisté à la dynamique des centres commerciaux.

L’Iedom a analysé les effets de la crise sociale. « Impact négatif notable » , conclut sa Note expresse.

DOLTO

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