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Publié par Edouard Boulogne

Ne pas voir, ne pas entendre, pour ne pas remettre en question une politique irresponsable, inspirée par une « bien pensance » faussement humaniste, ouverte à « l'autre » etc, etc. LS.

 

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MALI. «On paie les gars qui nous tirent dessus», constate Christophe Guilloteau, député UMP, en révélant que l'armée française a mis la main sur des documents de Pôle Emploi dans les caches des islamistes au nord du Mali.

 

PATRICK VALÊLLIAN. PARIS

 

«  Vous savez ce que nos soldats ont découvert dans les caches des islamistes, au beau milieu du massif des Ifoghas, dans le nord du Mali?» demande Christophe Guillo­teau, député UMP et surtout membre de la Commission de défense de l'Assemblée natio­nale, sourire en coin. «Peut-être les fusils, les mis­siles sol-air ou encore les mor­tiers que la France avait géné­reusement distribués en 2011 aux insurgés libyens pour détrôner Mouammar Kadhafi», lui répondons-nous. «C'est le cas, sourit Christophe Guilloteau. Mais ce n'est pas tout. En fait, ils sont tombés sur des circulaires vierges de Pôle Emploi dans les caches des islamistes. Vous vous ima­ginez. Il y avait des chômeurs français, des gens qui rece­vaient de l'argent de l'Etat français en face de nos propres hommes. On paie des gars qui nous tirent dessus.» Un comble qui ne fait sourire personne à Paris. Qui inquiète plutôt. En gros, cela veut dire qu'il n'y a pas que des Touaregs dans les rangs islamistes. Il y a également des ressortissants français ou du moins des hommes résidant en France. «Nos services en ont arrêté deux ou trois au Mali et les ont ramenés en France, poursuit Christophe Guilloteau. Ils ont également mis la main sur denombreux téléphones por­tables avec des numéros en France. Ils remontent actuel­lement des pistes.»

 

Filière. La preuve qu'une filière d'apprentis islamistes est active dans l'Hexagone. Le risque aussi de voir un jour ces combattants, ou du moins ceux qui ont échappé à la traque de l'armée française, revenir en France et, pourquoi pas, mettre en danger la sécu­rité nationale. «C'est une ques­tion prise très au sérieux», soutient Christophe Guillo­teau.

Quant à l'opération Serval, lan­cée il y a trois mois contre les islamistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali et qui menaçaient alors Bamako, la capitale, elle touche à sa fin. L'armée française vient en effet d'annoncer son désengagement progressif. Elle passe petit à petit le relais aux forces africaines, même si la France devrait maintenir environ un millier d'hommes dans le pays pour la lutte antiterroriste.

 

Problèmes de logistique.

 

Une réussite? Oui, répond Chris­tophe Guilloteau, qui se trouve actuellement dans la région pour mission d'évaluation par­lementaire. Reste que tout ne s'est pas déroulé aussi bien que le laisse entendre l'état-major de l'armée, estime le député UMP et des militaires interro­gés à ce sujet. Les coupes dras­tiques dans le budget de la défense - coupes qui auraient coûté la tête du ministre du Budget Jérôme Cahuzac (lire LHebdo du 11 avril) - ont mis à mal l'institution. «C'est vrai que nos hommes ont connu de gros et de petits soucis. Entre autres à cause de la logistique», reconnaît Chris­tophe Guilloteau, qui plaide pour un statu quo sur le budget de la défense, alors que le gou­vernement cherchait, jusqu'à la démission de Cahuzac, à le couper sec. «Des gars avaient des problèmes de chaussures qui se déchiraient à cause de la chaleur et des roches abrasives. On n'arrivait pas à les rempla­cer.» Du coup, ils devaient les recoller avec du scotch pour continuer à avancer... Autre problème: l'eau. Il faut plus de 10 litres par jour et par homme pour tenir dans ces régions hostiles. Le ravitaille­ment avait du mal à suivre à cause du manque d'hélicop­tères. Et ce qui vaut pour l'eau vaut aussi pour le pétrole.

A sec. Pourquoi? En grande partie parce que l'armée manque d'avions de transport ou que ceux dont elle dispose datent d'une bonne quaran­taine d'années. Ils volent encore par miracle, confie un militaire qui se demande ce qui se serait passé si les Belges, les Allemands ou les Améri­cains n'avaient pas mis à dis­position leurs appareils.«L'armée est à sec financièrement. Nous manquons parfois de pièces détachées pour nos véhicules, et même de muni­tions. Il est temps de s'en rendre compte», plaide ainsi un homme des forces spé­ciales.

 

 

LHEBDO18AVRIL2013

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