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Publié par Edouard Boulogne

Christofer-Stevens.jpg ( L'ambassadeur américain Christofer Stevens, juste après l'attentat anti américain à Benghazi. Il devait mourrir quelques instants plus tard. Les occidentaux payent la naïveté de leur "politique arabe". Et d'abord les Américains. Comprendront-ils avant qu'il ne soit trop tard? ). 

 

( On peut ne pas souscrire à chacune des positions de Bernard Lugan. Mais cet historien réputé, ce spécialiste incontestable de l'Afrique, propose une analyse remarquable des évènements en cours dans le monde arabe, à laquelle je souscris pour ma part. M. Lugan est sévère pour la politique des pays occidentaux. A juste titre me semble-t-il. Que Bernard-Henri Lévy, soit traité durement, rien de plus juste. B-H L est d'abord soucieux de faire parler de lui. Sur ce point il a parfaitement réussi. Mais qu'il ait, sans être démenti, réussi à se faire passer pour l'inspirateur de Nicolas Sarkozy est pour le moins fâcheux. Nos lecteurs se souviennent qu'à l'élection présidentielle j'ai demandé à ceux qui veulent bien me faire confiance de voter pour M. Sarkozy, se souviennent peut-être que je l'ai fait par défaut, pour éviter de prendre parti pour le pire, à savoir la gauche française, dont la politique calamiteuse pour la France s'étale actuellement avec impudeur, sous la présidence de ce grand niais de F. Hollande.

Mais la politique qui avait précédé, notamment en ce qui concerne la politique dite « arabe » était grosse de ce qui aujourd'hui éclate à grand fracas.

Ces naïfs ( parmi lesquels Obama, et les américains ) ont parlé d'un « printemps arabe » là où se préparait le nouveau bon en avant de l'islamisme le plus fanatique, sous l'impulsion du Qatar et de l' Arabie saoudiste.

On a prétendu instaurer dans ces pays du Maghreb et du moyen orient une politique des « droits de l'homme ». C'était faire montre d'une incroyable naïveté, quand on pense, prenons ce seul exemple, au fait que pour tous ces militants du « Ben Ali DEGAGE », la femme ne fait pas partie de l'humanité au même degré que l'homme ( le mâle ). Et le plus étonnant c'est qu'on continue la même politique aveugle en Syrie.

Mais laissons la parole à Bernard Lugan.

E.Boulogne.

 

 

"Acteur plus qu’actif du renversement de Mouammar Kadhafi, Christopher Stevens, en déplacement à Benghazi, a été pris au piège dans les locaux du consulat de son pays. Au-delà de ce meurtre et de son prétexte pseudo religieux, quelle analyse pouvons-nous faire de la situation en Libye?

 

Jusqu’à aujourd’hui, et à en croire les médias, la Libye était sur la voie de la normalisation : l’économie redémarrait avec la reprise des exportations de pétrole et de gaz et des institutions démocratiques se mettaient en place à la suite des élections législatives du 7 juillet 2012. Aveugles et sourds, les observateurs bêlèrent de bonheur quand ces dernières virent la défaite des fondamentalistes et la victoire de l’Alliance des forces nationales (AFN) vite baptisée « libérale ».  

Or, comme il fallait s’y attendre, ce calendrier démocratique très « européocentré » n’a évidemment pas permis de remettre le pays sur ses pieds et cela pour une simple raison qui est que la Libye n’existe plus.

 

Le colonel Kadhafi avait réussi, au prix d’une dictature sévère, à imposer la stabilité intérieure dans un pays aujourd’hui menacé d’une fragmentation régionale (Tripolitaine-Cyrénaïque-Fezzan) doublée de fractures  interrégionales et religieuses.

 

En  Tripolitaine deux grandes coalitions régionales s’opposent :

 

1) A l’Ouest, l’AFN de Mahmoud Jibril a pour cœur la fraction tripolitaine des Warfalla, sa tribu qui, à elle seule, totalise 30% de la population. Ses alliés et partenaires se recrutent à Zenten [1] et parmi les tribus de l’ouest, dont les Berbères du jebel Néfusa et de Gahryan.

 

2) A l’Est, la coalition islamo-Misrata est quant à elle puissamment soutenue par le Qatar. Le port de Misrata est aujourd’hui aux mains de ces milices gangsgtéro-fondamentalistes qui lynchèrent le colonel Kadhafi, tranchèrent les mains de son fils cadet avant de lui crever les yeux et de l’égorger. Ce furent ces « combattants de la liberté », ces « démocrates » chers à BHL, que le président Sarkozy ordonna aux commandos français de sauver quand les forces du colonel Kadhafi étaient sur le point de prendre la ville…Joli coup !

 

En Cyrénaïque, où le 6 mars 2012, Ahmed Zubaïr al-Senoussi a été élu émir par les chefs des tribus, deux grandes forces s’opposent, les fédéralistes et les islamistes.

L’irrédentisme de la Cyrénaïque est une donnée historique. Dans les années 1945-1950, quand l’ONU força la Grande-Bretagne, l’Italie et la France à accélérer le processus d’indépendance de la Libye,  les tribus de Cyrénaïque, réticentes à l’idée de la création d’un Etat libyen, n’acceptèrent l’union qu’à deux conditions :

1) Que le chef de la confrérie sénoussiste, Idriss en devienne le chef. Il régna sous le nom d’Idriss I° de 1951 à 1969.

2) Qu’une large autonomie soit reconnue à la Cyrénaïque.

 

En 1969, dès sa prise de pouvoir, Mouammar Kadhafi abolit la monarchie et imposa la domination de la Tripolitaine, ce que la Cyrénaïque n’accepta jamais. C’est pourquoi la guerre civile qui allait le renverser y commença.

 

Les islamistes qui ont soutenu la rébellion de la Cyrénaïque veulent maintenant « coiffer » les fédéralistes, mais ils ont en face d’eux d’autres musulmans. Un féroce combat oppose en effet les fondamentalistes qui n’ont pas de tradition locale aux membres des confréries soufies dont le poids régional est important. Le fief des islamistes radicaux est Derna où ils ont constitué un Emirat. Depuis plusieurs semaines, ils tentent de prendre le contrôle de Benghazi. L’attaque contre le consulat américain fait partie de leur stratégie.

Qui va l’emporter ? Il est impossible de le dire. Actuellement les fondamentalistes de Cyrénaïque cherchent à s’appuyer sur les milices de Misrata lesquelles recherchent leur soutien contre celles de l’Ouest. Furieux de la défaite de ses protégés à Tripoli, le Qatar semble particulièrement actif dans cette opération.

 

La question qui se pose désormais est de savoir si la Libye peut survivre comme Etat. Peu à peu y apparaît en effet une situation de guerres régionales, tribales, claniques, religieuses ; comme en Somalie. Elles pourraient être suivies d’un éclatement territorial, le pays étant alors découpé en « touches de piano » avec un port dans le prolongement des gisements d’hydrocarbures de l’intérieur.

Désormais, l’alternative est simple : soit les nouvelles autorités mettent un terme au chaos - mais comment ? - et reconstruisent l’Etat sous une forme ou sous une autre, soit la Libye demeure ingouvernable. Dans ce cas,  les islamistes pourraient alors jouer une carte maîtresse, celle du modèle religieux transcendant les divisions afin de les coaguler dans un tout commun, l’Oumma.

 

Ceux qui ont permis ce désastre avec ses prolongements dans toute la bande sahélienne (voir les numéros de l’Afrique Réelle consacrés à cette question), sont ceux qui ont décidé de s’immiscer dans la guerre civile libyenne, au premier rang desquels l’ancien président de la République française. Quant au malheureux ambassadeur américain, le moins que l’on puisse dire est que ses anciens protégés se sont montrés bien ingrats envers lui…"

 

Bernard Lugan

12/09/12


[1] Les miliciens de Zenten détiennent Seif al Islam, le fils du colonel Kadhafi.

 

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Zadig 17/09/2012 01:38



Un scénario plus
proche de la réalité que de la fiction ! L’Iran et la Syrie seraient impliqués dans l’attaque du consulat américain de Benghazi




L’analyse de Dario S. (Rome)


 


Un scénario plus proche de la réalité que de la fiction ! L’Iran et la Syrie seraient impliqués dans l’attaque du consulat américain de Benghazi


http://mediarabe.info/spip.php?article2222


La flambée de violence qui parcourt les pays du "printemps arabe" profite à Bachar Al-Assad


vendredi 14 septembre 2012 - 22h50, par Dario S. (Rome)





Dans une dépêche de l’agence de presse turque "Anatolie", datée du jeudi 13 septembre, le conseiller politique de l’Armée Syrienne Libre, Bassam Al-Dada, accuse
les services iraniens et syriens d’être impliqués dans la vague de violence qui secouent les pays arabes, et plus particulièrement dans l’attaque du consulat américain à Benghazi et dans
l’assassinat de l’ambassadeur Chris Stevens et de trois autres américains. Dans sa dépêche, l’agence « Anatolie » cite Bassam Al-Dada qui affirme détenir des informations crédibles selon lesquelles « des officiers des
services iraniens, menés par Sadek Sleimani, ont multiplié les réunions, récemment, avec leurs homologues syriens à Damas, pour mettre en place une stratégie de déstabilisation des pays arabes,
avec l’objectif de donner l’impression que les peuples arabes libérés des dictatures vouent de plus en plus de haine à l’égard des Etats-Unis. L’ultime but de ce plan est de terroriser
l’Occident et de le pousser à abandonner tout soutien aux insurgés syriens, ce qui permettrait à Assad de les éradiquer en toute quiétude, sans craindre la moindre réaction
internationale ».




Selon Al-Dada, « les responsables iraniens et syriens ont ainsi cherché à exploiter le film hostile à l’islam afin d’enflammer la rue arabe et musulmane et
de permettre à leurs cellules de frapper les intérêts américains ».


Si l’agence « Anatolie » souligne, en conclusion, qu’elle n’est pas en mesure de confirmer ou d’infirmer les propos de Bassam Al-Dada, d’autres
observateurs n’excluent pas le scénario qu’il a présenté. D’ailleurs, le crime profite en premier lieu au régime syrien, qui s’efforce de se présenter comme « l’unique facteur de stabilité
et d’unité de la Syrie, et comme le protecteur des minorités ». Ces observateurs rappellent en effet que le Hezbollah et l’Iran disposent de cellules actives et dormantes en Egypte. Ils rappellent également que l’ancien
régime avait démantelé le réseau de Sami Chehab, et avait emprisonné plusieurs membres du Hezbollah. Pendant la révolution du 25 janvier 2011, ils ont été libérés par un commando qui se serait
introduit depuis le Soudan, autre allié de l’Iran et de la Syrie.


Plus récemment, le quotidien koweïtien « Al-Seyassah » du 23 août 2012 avait révélé que « le
Hezbollah était impliqué dans les événements du Sinaï du mois dernier. La cellule libanaise dirigée par l’un des cadres du Hezbollah, Ziad Al-Kachache, a été infiltrée dans le Sinaï à la
demande de Talal Hamieh, responsable des opérations extérieures du Hezbollah, pour déstabiliser l’Egypte ». Ces réseaux seraient à l’origine de la mobilisation des Egyptiens contre les
intérêts américains, alors que les Frères musulmans appellent à la retenue et décident de boycotter les manifestations.


La Syrie fut aussi le principal allié de la Libye de Kadhafi. Dès le déclenchement de la révolte libyenne, le 17 février 2011, Assad avait dépêché en Libye
desunités, des pilotes et des instructeurs, pour
aider Kadhafi à réprimer le soulèvement. Un pilote y
avait trouvé la mort. De ce qui précède, les observateurs affirment que les services syriens disposent toujours de cellules dormantes en Libye, qui collaborent étroitement avec les
partisans de l’ancien régime de Tripoli, ainsi qu’avec les djihadistes affiliés à Al-Qaïda dont certains avaient séjourné en Syrie pendant leur engagement dans le jihad en Irak. C’est à travers
cette alliance que l’attaque du consulat américain de Benghazi aurait été exécutée, profitant de la colère suscitée par les extraits trafiqués du film « Innocence de l’Islam ».


Ce scénario qui, pour certains, relève de la fiction, est en fait beaucoup plus proche de la réalité, bien qu’aucun élément ne permet, pour l’heure, de le
certifier. Mais les Etats-Unis et les autorités libyennes reconnaissent désormais que l’attaque de Benghazi n’était pas spontanée, mais planifiée et exécutée par un groupe puissant. D’autres
sources n’écartent pas l’implication de services étatiques. Les tenants de cette hypothèse rappellent que « Bachar Al-Assad avait menacé de répandre le chaos dans toute la région si son
régime était attaqué ». Ils concluent que « le tueur en Syrie vient de mettre ses menaces à exécution ».


Dario S.


Pablo Rostopochinovitch 14/09/2012 17:10


Pour aller dans le sens de cet article, je crains fort, cher Scrutateur, que ce ne soit pas tant de l'innocence des musulmans dont il est question que de l'innoncence des Américains, et de M.
Obama et Mme Clinton en particulier... Il y a aussi l'innocence de M. Camron, de M. Sarkozy et de BHS (Bien Heureux Simplet), je veux dire SAS - Son Altesse Suffisatissime - Bernard-Henri Lévi.
Ces esprits supérieurs ont allumé un pétard qui se révèle être un bâton de dynamite relié à un dépôt de poudre. Mais l'orgueil est le père de tous les péchés, et aucun d'entre eux ne demandera
pardon. Et comme il n'y a pas encore de tribunal de Nuremberg (ou de TPI) pour les chauffards en politique, san compter que l'on ne décapite que les rois, il nous faudra encore entendre longtemps
braire ces stratèges le soir au fond des journaux de TF1, de France 2 et des autres. Tout ça parce que ces messeirus avaient un plan. Eh bien pansez, maintenant.