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Publié par Edouard Boulogne

Soeur Hélène est morte.

 

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Des milliers de Guadeloupéens ont été profondément affligés en apprenant ce matin la mort de soeur Hélène Céleste, tout simplement "soeur Hélène", pour la plupart.

Notre amie était agée de 84 ans, et depuis plusieurs années était très fatiguée.

Ses obsèques auront lieu demain 10 août à Basse Terre, et elle sera enterrée au cimetière des soeurs de Saint Hoseph de Cluny, dans le site du pensionnat de Versailles, l'une des meilleurs écoles de la Guadeloupe, tenu e par les religieuses de la congrégation fondée par la bienheureuse mère Anne-Marie Javouhey.

 

Je connaissais, pour ma part, très bien Soeur Hélène, puisque j'ai collaboré, en tant que professeur de philosophie, à l'oeuvre éducative, dont elle était une ouvrière ardente au Lycée privé de Massabielle à Pointe-à-Pitre, pendant plus de 25 ans.

 

Hélène Céleste avait été professeur d'anglais, mais c'est comme responsable de la discipline, préfet de disipline en quelque sorte, que je l'ai vu procéder.

Son problème était : comment concilier un tempéramment généreux, chaleureux, conciliant, avec les nécessités de la sévérité, et de la rigueur, indispensables à ceux dont elle avait la responsabilité, des jeunes entre 16 et 19 ans pour la plupart.

 

Elle y parvenait fort bien, à en juger par le souvenir qu'elle a laissé à d'innombrables anciens, dont beaucoup aujourd'hui sont mères et pères de famille, ( soeur Hélène a travaillé dans cette école jusqu'en 1993, si mes souvenirs sont exacts ) qui, revenant quelquefois sur le théâtre de leurs exploits ( dans tous les sens du terme ) scolaires ne manquaient  jamais de demander de ses nouvelles.

 

Redoutée? Elle l'était. Mais d'une certaine façon que reflète bien l'un des sobriquets dont l'avaient affublé cet âge impitoyable.

 

Le Préfet ( de discipline) n'aimait pas du tout rencontrer dans les couloirs, ou sous les frais ombrages, pendant la durée des cours, des élèves qui n'avaient pas à s'y trouver, requis qu'ils auraient dû être alors par les mathématiques, ou la philosophie.

Aussi, procédait-elle, à des explorations du labyrinthe des escaliers et des couloirs nombreux en cette école, construite, comme le Potala (toutes choses égales), en espaliers, au flanc du morne de Massabielle.

 

Malgré l'âge qui montait, lui aussi, et une santé toujours fragile, elle montrait dans ses ascensions, voltes et virevoltes, une surprenante vélocité, et dans un silence félin. Les "rafles" de suspects étaient souvent couronnées de succès.

Les "victimes" protestaient de leur innocence. Pour se venger ils avaient, un temps, surnommé leur maîtresse de discipline " la tornade blanche", à cause sans doute de la couleur de son habit.

 

Espièglerie sans conséquence et je  n'ai jamais entendu, alors, et plus tard, évoquer ladite "tornade" sans une certaine tendresse amusée.

 

Soeur Hélène pratiquait, avec une réussite certaine la devise des jésuites : " fortiter in re, suaviter in modo" ou fermeté sur les principes, et souplesse dans l'application.

 

Aujourd'hui, cette femme de foi, cultivée, aimable, très distante à l'égard des idéologies, nous quitte. Mais pas tout à fait.

Sa mémoire restera vivante, et féconde.

 

A sa famille, à ses soeurs de Saint Joseph de Cluny, à ses amis, j'adresse mes condoléances.

 

Edouard Boulogne.

 

 

 

 

 

 

 

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Serge DUFFES 10/08/2010 05:52



Que de souvenirs nous reviennent à la mémoire, cette chère Soeur Hélène est un des piliers de Massabielle, crainte par ses fonctions (surtout par les élèves indisciplinés), mais dans son
regard la bonté était toujours présente, et c'était celà que nous respections.


Qu'elle répose en Paix, aprés une vie dévouée à  notre éducation.


Serge DUFFES