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Publié par Edouard Boulogne

espoir.JPG

 

J'aimerais que cet article soit lu. J'aimerais que les liens que j'y insère soient écoutés attentivement. Je le dis sans ambages, à vous qui honorez le Scrutateur de vos visites, peut-être parce qu'il vous intéresse, peut-être aussi simplement par amitié. J'aimerais que mon effort soit récompensé par votre lecture, car ce blog n'est pas qu'un recueil d'articles plus ou moins valables sur l'actualité. Il est animé d'un esprit qu'il voudrait faire partager. Cet esprit est posé dès l'origine du blog, en page d'accueil.

Avez-vous noté en marge d'un texte d'Antoine de Saint-Exupéry qu'il voudrait illustrer ce petit rectangle sombre, percé en son milieu par une frêle lumière, celle d'une fenêtre de veilleur dans la nuit.

Un peu plus bas, posté face à un paysage où le soleil d'aurore commence à poindre : un veilleur de nuit, qui scrute. « Veilleur où en est la nuit »?

C'est une citation du même esprit que j'ai placée en exergue de mon livre Libres Paroles, paru en 2004. Elle est d'Antoine de Saint-Exupéry, dans son maître ouvrage : Citadelle : « Sentinelle, sentinelle, c'est en marchant le long des remparts dans l'ennui du doute qui vient des nuits chaudes, c'est en écoutant les bruits de la ville quand la ville ne te parle pas, c'est en surveillant les demeures des hommes quand elles ne sont que morne assemblage, c'est en respirant le désert autour quand il n'est que vide, c'est en t'efforçant d'aimer sans aimer, de croire sans croire, et d'être fidèle quand il n'est plus à qui être fidèle, que tu prépares en toi l'illumination de la sentinelle, qui te viendra parfois comme récompense et don de l'amour.

Fidèle à toi-même n'est point difficile quand se montre à qui être fidèle, mais je veux que ton souvenir forme un appel de chaque instant et que tu te dises : "Que ma maison soit visitée. Je l'ai construite et la tiens pure... ". Et ma contrainte est là pour t'aider. Et j'oblige mes prêtres au sacrifice même si les voilà, ces sacrifices, qui n'ont plus de sens. J'oblige mes sculpteurs à sculpter même si voilà qu'ils doutent d'eux-mêmes. J'oblige mes sentinelles à faire les cent pas sous peine de mort, sinon les voilà mortes d'elles-mêmes, tranchées déjà par elles-mêmes d'avec l'empire. Je les sauve par ma rigueur ».

C'est l'esprit dans lequel je travaille. Que n'inspire-t-il davantage les dirigeants de nos pays et régions!

Hier, 22 septembre, un ami conversait avec moi au téléphone. Nous parlions de l'actualité, tellement sombre, en France, mais aussi, partout dans le monde.

Un instant il inclina au pessimisme. J'objectai. «  Edouard, me dit-il, en riant, vous êtes un indécrottable optimiste ».

J'objectai encore, évidemment. Car ma pente naturelle irait plutôt en sens contraire. Mais j'ai adopté, il y a longtemps, le mot de Georges Bernanos : « L'optimiste est un imbécile heureux; le pessimiste, un imbécile triste ». Et à mes yeux il ne s'agit pas d'un mot d'auteur, mais plutôt d'un programme, celui du courage, de la vertu ( force, énergie ) qui soulève les montagnes.

Quoiqu'il arrive, refuser la niaiserie des optimistes qui chantaient en 1939 «  Dans la vie fut pas s'en faire ». Mais refuser aussi la passivité morne ou aigrie des désespérés.

Surtout si l'on est chrétien, ou judeo-chrétien. Car au coeur du camp d'extermination d'Auschwitz, au coeur du Goulag communiste, des hommes et des femmes chantaient les psaumes bibliques. Et cette lamentation continue était une marque de leur supériorité, en définitive, contre leurs brutes d'oppresseurs.

La tentation du désespoir ne se rencontre pas que dans les situations que je viens d'évoquer. Elle est présente dans la vie quotidienne de tant et tant d'entre nous, dans les situations de misères matérielles ou psychique, individuelle ou non.

La lutte pour le renouveau, le nôtre, celui, aussi, de nos sociétés modernes, passe par la redécouverte de l'espoir, ce fait d'espérer, d'attendre avec confiance.

Or qu'attendons nous, dans nos sociétés matérialistes, hormis la fortune, par un jeu de hasard, ou l'abaissement d'un fortuné ( au nom de la justice, évidemment! ), par quelque action dite révolutionnaire. Ce qui n'est pas très exaltant.

Car, l'espérance révolutionnaire des gens du début du XXème siècle ( socialiste et marxiste ) est morte noyée dans les flots de sang qu'elle a répandus.

Et l'espérance religieuse, même la plus pure, est l'objet de l'acharnement constant, et imbécile, des brutes en col blanc décrites par Huxley dans son Meilleur des mondes, et qui, chez nous s'appellent : Berger, Peillon, les pseudos frères de la FM, etc.

Quand je parle, ici, de la défense et promotion de notre civilisation, c'est de la redécouverte, actualisée, des principes fondamentaux qui en sont la base : le meilleur de la pensée grecque, et surtout le christianisme.

Ceux qui pensent comme moi, savent que la meilleure méthode est la prédication par l'exemple.

On ne peut prêcher, impunément, la charité ( amour ), et pratiquer l'égoïsme.

Il faut à nouveau enseigner les fondements de la foi, qui fut celle, entre autres de l'immense majorité des plus grands esprits du monde, et qui sont en voie d'oubli.

Il faut redécouvrir les chefs d'oeuvre en tout genre que notre civilisation a créé du temps qu'elle était chrétienne ( quels qu'aient pu être ses défauts inhérents à la condition humaine ).

Les chefs d'oeuvre, notamment artistiques.

C'est ce que j'ai voulu faire, très modestement, dans le cadre de cet article ( mais tout le Scrutateur en a la vocation, et nous y reviendrons ).


 

 

 

 

J'évoquais tout-à-l'heure les situations limites, où des hommes, à la tentation du désespoir opposèrent l'indéfectible confiance en un salut et une délivrance. Dans les camps de la mort ( dans telle chambre, aussi, telle âme solitaire ne désespère pas pour les mêmes raisons, si elle a la foi ), on chanta les psaumes, notamment ce De profundis, dont je vous propose à la fois les paroles, et l'interprétation musicale dans l'une de ses incarnations artistiques.

 

Paroles du De profundis :

 

Des profondeurs je crie vers toi, Yahvé :

Seigneur, écoute mon appel.
Que ton oreille se fasse attentive
à l'appel de ma prière!
Si tu retiens les fautes, Yahvé,
Seigneur, qui subsistera?
Mais le pardon est près de toi,
pour que demeure ta crainte.
J'espère, Yahvé, j'espère de toute mon âme,
et j'attends sa parole;
mon âme attend le Seigneur
plus que les veilleurs l'aurore,
qu'Israël attende Yahvé!
Car près de Yahvé est la grâce,
près de lui, l'abondance du rachat;
c'est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

(Traduction de la Bible de Jérusalem ).

 

De profundis parisien : http://www.youtube.com/watch?v=ZoYxYfMto_0

 


Un grand musicien, Benjamin Britten.

Britten, est un des très grands musiciens du XXème siècle. Ce britannique a, notamment composé un War requiem, qui est un chef d'oeuvre, en mémoire de tous les soldats qui moururent durant la première guerre mondiale. Cette oeuvre n'est pas chrétienne, au sens strict. L'auteur, ni athée, ni croyant, était un agnostique. Mais elle est d'inspiration chrétienne, à mon avis, par les sentiments qu'elle exprime, et qu'elle nous inspire.

Oeuvre très forte et dramatique, elle est dans le lien que j'ai choisi pour vous, admirablement illustrée par des images de la guerre de 14/18. Avant le lien, une traduction française des paroles qui sont en anglais.

Traduction du Libera me dans le Requiem de Britten.

 

Libera me du Requiem de Britten :

 

http://www.youtube.com/watch?v=O06a7sspY3c

 

Choeur

Délivre-moi, Seigneur, de la mort éternelle

en ce jour redoutable

quand le ciel et la terre seront ébranlés.

Quand tu viendras juger le monde par le feu.

 

Soprano et Choeur

F Je tremble et redoute

I la venue de la colère et du bouleversement.

Délivre-moi, Seigneur, de la mort éternelle. Quand le ciel et la terre seront ébranlés. Ce jour de colère, de calamité et de misère, jour grand et amer. Délivre-moi, Seigneur.

Ténor

II semblait que de la bataille j'échappai

en quelque profond tunnel morne, depuis longtemps

creusé

dans les granits voûtés par des guerres titanesques. Là aussi, pourtant, gémissaient les dormeurs accablés, trop plongés dans la pensée ou la mort pour remuer.

Alors que je les sondai, l'un se dressa et regarda, une pitoyable reconnaissance dans ses yeux fixes, levant de lamentables mains comme pour bénir. Et aucun canon ne cognait, ni ne geignait en

descendant les boyaux. "Etrange ami, dis-je, il n'est pas cause ici de pleurer."

Baryton

"Pas d'autre", dit l'autre, "sinon les années défaites, le désespoir. Quelque espérance est tienne, ma vie la fut aussi; j'allais à la folle chasse de la plus folle beauté du monde.

 

Garçons, puis choeur et sopranos .

Car de ma joie bien des hommes eussent pu rire;

et de mes larmes quelque chose avait été laissé

qui doit maintenant mourir. J'entends: la vérité celée,

la pitié de la guerre, celle que distilla la guerre. Désormais les hommes iront, satisfaits de notre gâchis

ou sinon, bouillir jusqu'au sang et le verser. Ils auront la promptitude de la tigresse,

nul ne sortira du rang, les nations reculeraient-elles.

Que nous manquions la marche de ce monde en retraite

vers de vaines citadelles ouvertes.

Alors, quand beaucoup de sang aura embourbé les

roues de char, je monterai et les laverai de l'eau douce de puits,

ces puits mêmes que nous enfouîmes loin de la guerre,

cette eau la plus douce qui jamais coula.

Je suis, ami, l'ennemi que tu tuas.

Je te connus en cette nuit, car ainsi tu plongeas en moi

hier ton regard courroucé quand tu frappas et tuas. Je parai, mais les mains adverses et froides. Dormons maintenant...

 

 

In paradisum, du Requiem de Fauré :

 

Gabriel Fauré fut un musicien français du XIX ème siècle. Il était agnostique, mais encore pénétré du sentiment chrétien, ce qui ressort de ce final de tout Requiem : In paradisum, exprimant la paix de l'espérance dans le Dieu d'amour.

http://www.youtube.com/watch?v=6-i1ESIRKdA

 

 

L'Alleluia est un cri de louange et d'allégresse fréquent dans les psaumes, adopté par l'Église dans sa liturgie, surtout au temps pascal. J'ai choisi, dans le patrimoine musical européen le célèbre Alléluia de Haendel.

 

Alleluia de Haendel : http://www.youtube.com/watch?v=IUdPbsxFdrI

 

 

Voici, lecteur, la fin de cette courte anthologie en l'honneur de l'espoir, qui n'est pas un vague sentiment de l'ordre de l'avoir, mais une vertu source d'être et de vie.

En m'excusant de ce que mon propos avait peut-être d'un peu « prédicant ».

 

Edouard Boulogne. 

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CH.FFRENCH 25/09/2012 21:03


Mon cher Edouard


Ta bouteille à la mer est très belle, et j'ai été très émue des images de fond du Requiem de Britten que je ne connaissais pas. Nous nous sommes sortis de ces eux guerres, car il y avait des
hommes et aussi des femmes, pleins de noblesse et d'espoir, ils ont reconstruits les villes et soignés la nature bléssée, mais aujourd'hui... Qui ? Il faudra serrer les dents et nous battre, j'en
suis certaine pour sauver ce qui peut encore l'être. Mais c'est très bien qu'il y ai déjà des veilleurs comme toi pour reveiller ceux qui se laissent aller...


A bientôt et merci pour ce magnifique et Grand Espoir!

Carène 25/09/2012 18:44


Bonjour Mr Boulogne,


Ma préférence va au requiem de Gabriel Fauré qui m'inspire tant douceur et de faicheur... celles dont nous manquons dans notre société... Mais gardons confiance, chaque graine d'espérance dans un
Dieu d'amour semée trouvera un petit coin de terre pour germer... Pour moi, semer ces graines est le meilleur moyen de surpasser toutes les haines et ce qui en découle, allons y donc gaiement !!!


merci pour ce partage... et pour toute votre action !

castetsjj 25/09/2012 07:28


Bonjour Mr Boulogne,


Merci pour ce délicieux moment de méditation et de communion. Un peu d'art pur dans ce monde troublé !


Bonne journée Cjj

Dissident 24/09/2012 15:39


Idiote.


...


Le Front National peut en cacher un autre


Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris, a déclaré ce matin que le Front National



"est un parti qui a lutté contre la République. C’est un parti qui a soutenu pendant la guerre la collaboration avec les nazis".



Le parti de Marine Le Pen ayant été créé en 1972, elle devait parler du Front National créé par le
Parti communiste, pendant la 2e guerre mondiale, PCF qui a collaboré avec les Allemands dans le cadre du pacte germano-soviétique. Ces communistes sabotaient les usines françaises afin d'aider les Allemands. Une fois les Allemands installés, des dirigeants communistes on entamé des négociations ayant pour objectif la
reparution officielle du journal l'Humanité. On pouvait lire dans L'Humanité du 4 juillet 1940 :



"Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheur de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir avec les soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistro du coin. Bravo
camarades, continuez même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants ! La fraternité des peuples ne sera pas toujours une espérance, elle deviendra une réalité
vivante."



Addendum : Le Front national a
annoncé des poursuites judiciaires contre la première adjointe du maire de Paris.

Petit le Brun Jean 24/09/2012 06:43


Merci Edouard pour ta générosité, ton courage, ta pugnacité et ton savoir que tu nous fais partager en toute occasion.


Bien cordialement,


Jean