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Publié par Edouard Boulogne

De-Gaulle-en-1968.jpg

( Pourquoi cette photo d'un homme vieilli, et fatigué, plutôt que celle d'un de Gaulle sûr de lui, jeune et dominateur, pour illustrer un article en son honneur? C'est que le Scrutateur n'est pas "Nous deux", ou "ça m'intéresse". Nous préférons le cliché vrai au cliché cosmétique, ou de propagande. Cette image date de la fin 1968. Depuis des semaines, l'esprit soixante-huitard, qui telle une taupe travaillait depuis longtemps la société française, et qui depuis est passé du col Mao, au chic du Rotary, et des allées du pouvoir, aujourd'hui l'Elysée:Matignon, se répandait dans foi ni loi dans Paris ( les loups sont rentrés dans Paris, ouuuh, ouuuh! ), s'attaquait à l'oeuvre de restauration nationale entreprise dès juin 1940 et repris en 1958, et s'épandait dans la capitale, et les grandes villes de province, à grand renfort d'odeurs de pétards, et de marijuana. 

La grande statue du commandeur s'en trouvait ébranlée. Un moment elle vacilla, avant de se reprendre, et de frapper, fort, un certain 30 juin 1968, dans une allocution de quatre minutes, radiofiffusée comme le 18 juin, sèche et éclatante, comme une souple lanière. 

Mais mettons-nous, un instant, à la place d'un homme de 79 ans, frappé au coeur par une contestation dont il voyait clairement qu'elle remettait en question le travail de toute sa vie. Dans la tête d'un homme qui ne dort plus que 3 heurs sur 24, et qui, comme toujours dans les heures difficiles voit le nombre de ses "amis" décroître, son pouvoir s'amoindrir comme une peau de chagrin. 

Le général n'était pas homme a dévoiler en public ses chagrins particuliers. Mais la moindre distraction peut s'avérer mortelle au combattant dans l'arène. 

Les photographes sont impitoyablement là, comme des chiens, à surveiller à guetter l'instant favorable, à épier l'instant de fatigue ou de découragement. 

Ainsi naquit ce cliché. Si je l'ai choisi, c'est qu'à mes yeux, loin d'être cosmétique il révèle soudain la vérité d'un homme, pas n'importe lequel. 

Francois Mauriac, dans ce style, précis, d'une acuité psychlogique incomparable, a bien décrit le type de chef que fut de Gaulle dans un passage de son Bloc Note : " Il y a toujours une heure de la nuit où le maître d'un grand nombre d'hommes se retrouve avec lui-même entre quatre murs, et là, terré au plus secret de son repaire, le loup haletant lèche ses blessures. Il découvre alors que, durant cette interminable journée, tandis que des solliciteurs, des délégués le harcelaient, qu'il présidait des cérémonies et arbitrait des conflits, il n'a pas cessé de perdre du sang, et qu'à son insu, il a déjà accompli plus de la moitié du chemin vers cette rive d'où nos bien aimés nous appellent, et où les flèches des chasseurs ne nous atteignent plus". 

Mais là, de Gaulle n'était pas entre qutre murs. Une fraction de seconde de distraction : flash !  

Sans doute, s'il l'eut pu, aurait-il fait disparaître la photographie du défaut de l'armure. 

Il n'en a rien été. Mais Le général, à mes yeux n'en est que plus grand. ( LS ) 

 







Il y a 43 ans, le général Charles de Gaulle mourait, à Colombey-les deux-Eglises. A la télévision, profondément ému, son successeur à la présidence de la République, Georges Pompidou s'écria : «  La France est veuve ».

L'application à tout autre que de Gaulle d'une telle formule aurait suscité les pires sarcasmes, au pays de la critique, par excellence. Il n'en fut rien.

Le célèbre dessinateur humoristique Faizant, ce jour là se fendit, en Une du Figaro d'un dessin devenu célèbre. On y voyait un chêne abattu, et assise sur son tronc, une Marianne en larmes, disant, ( à peu près, et de mémoire, mais le sens y est ) : «  On t'aimait, mon grand béta ! ».

Le général de Gaulle, si grand qu'il ait été, ne fut qu'un homme, avec des défauts, sans doute à la mesure de ses immenses qualités.

Je n'ai pas toujours été d'accord avec sa politique, notamment sur l'affaire ( la tragédie ) algérienne. Mais je n'avais pas 20 ans à cette époque.

Cependant je ne fus jamais de ceux qui se lamentèrent à l'annonce de l'échec des attentats à sa vie. Et je ne fus pas celui, qui se foula la cheville en sautant en l'air à l'annonce de l'échec du referendum de 1969, qui entraîna la démission de Charles de Gaulle.

Le dossier que j'ai composé à l'intention de nos lecteurs m'a été suggéré par l'immonde hypocrisie de ceux qui, aujourd'hui, tentent de récupérer son image. A « droite » mais surtout à gauche ( ce qui est un comble quand on pense à la férocité de ces gens là à l'encontre , et de la politique gaulliste, en ce qu'elle avait de meilleur, et à l'encontre de la personne même du général, et de son style d'action ).

La vue de la bobo parisienne ( pas au sens créole du terme « bobo », tout de même ! ), l'Hidalgo du Delanoé, m'a particulièrement révulsé.

L'impudence de cette femme méritait un coup de cravache.

Le voici!

Dans la partie du dossier consacré à la « question européenne », on prendra connaissance des positions de bon sens du général, mais on verra aussi, ( et c'est capital ) la situation telle qu'elle est aujourd'hui, ( de la bouche même de ses profiteurs, insolents, et impudents, notamment de la Luxembourgeoise ) pour la France, et pas elle seule, et qui explique assurément quelque chose du présent malaise français.

Bonne lecture. Bonne écoute.

 

Le Scrutateur.

 






( I ) De Gaulle, Le colosse aux pieds d'argile?

 

( Remarquable synthèse sur l'histoire et la psychologie personnelle d'un homme hors du commun ).

http://www.youtube.com/watch?v=MJK3aT6vWDc

 

 

( II ) Obsèques du général de Gaulle :http://www.youtube.com/watch?v=ZymAKKM1QMg

 

 

De Gaulle contre l'Europe supra nationale :

 

( 1 ) Où en sommes nous aujourd'hui?http://www.youtube.com/watch?v=yDVo_2voJD4

 

( 2 ) Conférence de presse :http://www.youtube.com/watch?v=jO4Dmj4lGqU

 

( 3 ) L'Europe ne peut être qu'une Europe des nations :http://www.youtube.com/watch?v=0Ldd5mZrelU

 

( III ) La petite méchanceté du Scrutateur, ce 10 novembre 2013 !

 

( 1 ) Et monté sur le faîte, il aspire à descendre !http://www.youtube.com/watch?v=CA0t-E38554

 

( 2 ) Et qui c'est qui commande? Ah, ah !!! : http://www.youtube.com/watch?v=ek9_JuYKh0w

 

( IV ) Retour en altitude.

 

Prenons de l'altitude, c'est-à-dire, revenons au général de Gaulle. Plus exactement à la dernière page du troisième tome des Mémoires de guerre du grand Charles. J'y ai eu recours pour me guérir du flot de bile amère qui m'a submergé, pendant quelques minutes (non sans une certaine, et peu charitable – je l'avoue- complaisance ) en évoquant l'autre ( avec un petit « a ». Vous savez? ( Non! Tu ne le nommeras pas !!!.). Je vous le dédie, lecteur peu commun qui a bien voulu suivre le fil de ma pensée jusqu'ici. Il y a du Chateaubriand, dans le style de cet homme là. Grand mère! Grand père! Parlez nous de lui. Parlez nous de lui! ( LS ). http://www.youtube.com/watch?v=wRI29W7X_lA

 

 

 

« Le silence emplit ma maison. De la pièce d'angle où je passe la plupart des heures du jour, je découvre les lointains dans la direction du couchant. Au long de quinze kilomètres, aucune construction n'apparaît. Par dessus la plaine et les bois, ma vue suit les longues pentes descendant vers la vallée de l'Aube, puis les hauteurs du versant opposé. D'un point élevé du jardin, j'embrasse les fonds sauvages où la forêt enveloppe le site, comme la mer bat le promontoire. Je vois la nuit couvrir le paysage. Ensuite, regardant les étoiles, je me pénètre de l'insignifiance des choses.

Sans doute, les lettres, la radio, les journaux, font-ils entrer dans l'ermitage les nouvelles de notre monde. Au cours de brefs passages à Paris, je reçois des visiteurs dont les propos me révèlent quel est le cheminement des âmes. Aux vacances, nos enfants, nos petits-enfants, nous entourent de leur jeu­nesse, à l'exception de notre fille Anne qui a quitté ce monde avant nous. Mais que d'heures s'écoulent, où, lisant, écrivant, rêvant, aucune illusion n'adoucit mon amère séré­nité !

Pourtant, dans le petit parc, — j'en ai fait quinze mille fois le tour ! — les arbres que le froid dépouille manquent rarement de reverdir et les fleurs plantées par ma femme renaissent après s'être fanées. Les maisons du bourg sont vétustés ; mais il en sort, tout a coup, nombre de filles et de garçons rieurs. Quand je dirige ma promenade vers l'une des forêts voisines : Les Dhuits, Clairvaux, Le Heu, Blinfeix, La Chapelle, leur sombre profondeur me submerge de nostalgie ; mais, soudain, le chant d'un oiseau, le soleil sur le feuillage ou les bourgeons d'un taillis me rappellent que la vie, depuis qu'elle parut sur la terre, livre un combat qu'elle n'a jamais perdu. Alors, je me sens traversé par un réconfort secret. Puisque tout recom­mence toujours, ce que j'ai fait sera, tôt ou tard, une source d'ardeurs nouvelles après que j'aurai disparu.

A mesure que l'âge m'envahit, la nature me devient plus proche. Chaque année, en quatre saisons qui sont autant de leçons, sa sagesse vient me consoler. Elle chante, au prin­temps : « Quoi qu'il ait pu, jadis, arriver, je suis au commence­ment ! Tout est clair, malgré les giboulées ; jeune, y compris les arbres rabougris ; beau, même ces champs caillouteux. L'amour fait monter en moi des sèves et des certitudes si radieuses et si puissantes qu'elles ne finiront jamais ! »

Elle proclame, en été : « Quelle gloire est ma fécondité 1 A grand effort, sort de moi tout ce qui nourrit les êtres. Chaque vie dépend de ma chaleur. Ces grains, ces fruits, ces troupeaux, qu'inondé à présent le soleil, ils sont une réussite que rien ne saurjiil détruire. Désormais, l'avenir m'appartient! »

En automne, elle soupire : « Ma tâche est près de son terme.» J'ai donné mes fleurs, mes moissons, mes fruits. Maintenant, je me recueille. Voyez comme je suis belle encore, dans ma robe de pourpre et d'or, sous la déchirante lumière. Hélas ! les vents et les frimas viendront bientôt m'arracher ma parure. Mais, un jour, sur mon corps dépouillé, refleurira ma jeu­nesse ! »

En hiver, elle gémit : « Me voici, stérile et glacée. Combien de plantes, de bêtes, d'oiseaux, que je fis naître et que j'aimais, meurent sur mon sein qui ne peut plus les nourrir ni les ré­chauffer ! Le destin est-il donc scellé? Est-ce, pour toujours, la victoire de la mort? Non ! Déjà, sous mon sol inerte, un sourd travail s'accomplit. Immobile au fond des ténèbres, je pressens le merveilleux retour de la lumière et de la vie. »

Vieille Terre, rongée par les âges, rabotée de pluies et de tempêtes, épuisée de végétation, mais prête, indéfiniment, à produire ce qu'il faut pour que se succèdent les vivants !

Vieille France, accablée d'Histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche de la grandeur au déclin, mais redressée, de siècle en siècle, par le génie du renouveau !

Vieil homme, recru d'épreuves, détaché des entreprises, sentant venir le froid éternel, mais jamais las de guetter dans l'ombre la lueur de l'espérance ».

 

 

Charles de Gaulle. 

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Ch Etzol 11/11/2013 13:23


Valls ou la "sélection historique"et l'amalgame: aujourd'hui sur i-télé, M valls commémore... le défilé du 11 Novembre 1943, sans doute à
Oyonnax  et la grandeur de georges Clémenceau, mais pas l'Armistice signée en forêt de Compiègne, à Rethondes. Pour lui raffraichir la mémoire un court
extrait évoquant une date de la fin de la grande guerre:


Dans l'immédiat après-guerre, quatre dates marquent l'existence de Philippe Pétain : 11 novembre 1918, 8 décembre 1918, 28 juin 1919 et 14 juillet 1919. L'armistice
mettant fin à la première guerre mondiale est signé en forêt de Compiègne, à Rethondes, le 11 novembre 1918 : le général Pétain (promu Maréchal par décret du 19 novembre) manifeste sa déception
et son amertume à la pensée que la cessation des hostilités empêche les armées alliées de pénétrer en territoire allemand pour obtenir une victoire complète.
Le 8 décembre 1918, à Metz, en terre lorraine, Philippe Pétain reçoit le bâton de Maréchal de France que lui remet le président de la République Raymond Poincaré, en présence du président
du Conseil, Georges Clemenceau, et des chefs militaires alliés ; cette dignité honore le chef qui a conduit les armées françaises
à la victoire.


C'est cela la vérité historique d'un Valls dont des soi-disants sondages nous disent que 75% des français seraient satisfaits.Même la mémoire des morts doit servir la propagande et
à la manipulation des vivants!  Il y a quelquechose de POURRI dans le royaume de Hollandie ... A vomir!!! 

Ch.Etzol 11/11/2013 06:23

Prière pour la cité


Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût pour une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d’une mort solennelle.


Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu
Parmi tout l’appareil des grandes funérailles.


Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles
Car elles sont le corps de la cité de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu,
Et les pauvres honneurs des maisons paternelles.


Car elles sont l’image et le commencement
Et le corps et l’essai de la maison de Dieu.


Heureux ceux qui sont morts car ils sont revenus
Dans la demeure antique et la vieille maison.
Ils sont redescendus dans la jeune saison
D’où Dieu les suscita misérables et nus.


Heureux ceux qui sont morts car ils sont retournés
Dans ce premier terreau nourri de leur dépouille
Dans ce premier caveau, dans la tourbe et la houille.
Heureux les grands vaincus, les rois désabusés.  


Charles PEGUY



 


 


 


     
                     


 

Claude HOUËL 11/11/2013 00:22


"Gémir, pleurer prier est également lâche.


Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

Alfred de VIGNY (1797-1863)
extrait de : Les Destinées (1864)


Jeune étudiant en droit à Vizioz dans les années 60, j'aurais volontiers,en toute modestie, ajouté ma référence "la mort du loup" à celle, empruntée à Mauriac par
LS.


A cette époque De gaulle était pour moi un Héro, contrairement à mes petits camarades plutôt gauchiste.


Ce n'est que bien plus tard que j'ai su son rôle dans ce que LS décrit comme "la tragédie algérienne" et ce qui est à mes yeux un crime.


On pourrait pu, comme beaucoup, ne résumer son rôle qu'à la trahison du peuple pied-noir uni aux algériens pro-français , il n'aurait probablement pas pu garder
l'Algérie française car  l'indépendance allait "dans le sens de l'histoire",selon les "biens pesants".


Cela seul n'aurait pas constitué un crime car la raison d'Etat peut justifier de renier ses promesses.


Le crime c'est d'avoir,aprés la signature des accords d'Evian et du cessez le feu, laissé massacrer des centaines d'Européens et des milliers de harkis,à Oran et
ailleurs, devant des soldats français qui avaient les moyens d'empêcher cela mais dont les ordres étaient de garder le fusil au pied!


Le crime c'est d'avoir puni des officiers qui ont tenté d'intervenir en dépit des ordres.


Le crime c'est d'avoir parqué, de longues années, les harkis survivants, dans des camps .


Celui qui avait lavé l'honneur de la France dans la résistance a perdu le sien comme officier et comme chef d'Etat.Il a fait perdre également le sien à l'armée
française qui mettra du temps à s'en remettre.


De mon humble point de vue, il ne faut pas oublier ce côté sombre et qui dérange et, passer par pertes et profits une vérité qui replace le héros à sa place
d'homme.


Mais peut-être songeait-il, le jour de la photo, à la longue cohorte de ses victimes françaises et éprouvait-il quelques remords et repentance ? Dommage qu'il ne
l'ai jamais exprimé...