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Publié par Edouard Boulogne

De Condorcet au métro de Lyon.

 

( Notre ami André Derviche est en forme. Le fait divers de ce 17 mai 2010 lui rappelle le cher Condorcet, et suscite sa verve, pour notre plaisir, peut-être pas celui de tous!).

 

L_condorcet.jpg ( Condorcet).

 

 

Lyon: une jeune femme blessée après avoir sauté sur le toit d'un métro  

AFP - ‎Il y a 3 heures ‎
LYON — Une jeune femme de 19 ans a été blessée après avoir sauté "par erreur" sur le toit d'une rame de métro à Lyon alors qu'elle en état d'ébriété, at-on appris lundi auprès du parquet. Interrogé sur cette information du quotidien régional Le Progrès ...

 
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Il faut se procurer d'urgence le chef d'oeuvre du crétin des Lumières (ci-devant Marquis de Condorcet) intitulé : "Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain*".

 
* Ce chef d'oeuvre de clairvoyance a été écrit dans la clandestinité entre 1973 et 1794. Le zèbre se cachait alors pour fuir la Terreur, bien qu'il n'eût cessé de chanter les louanges des temps nouveaux. En parfaite cohérence avec sa foi en l'homme, cet authentique savant ne survécut pas à la rédaction de son ouvrage : préférant  la grande faucheuse à la compagnie de ses semblables - le mot "semblables" étant le plus approprié en l'espèce -, il se faucha lui-même. Il faut dire, tant à sa charge qu'à sa décharge, qu'en plus de sa foi en l'homme, il avait une parfaite connaissance des idéaux auxquels il avait cherché à convertir ses contemporains par la ruse et par la force, dans le grand élan qu'avait donné Jean-Jacques Rousseau de forcer l'homme à être libre.

 
Ah ! si Condorcet s'était contenté des sciences exactes dans lesquelles il excellait !

 
Mais non ! il fit partie de ces parjures de l'Assemblé législative ci-devant constituante qui, ayant scellé dans le droit constitutionnel l'inviolabilité de la personne du Roi, livrèrent Louis XVI et toute sa famille à la Commune de Paris quand ceux-ci vinrent se mettre sous la protection de cette misérable assemblée qui en profita pour se dissoudre d'elle-même, ce qui montre bien ce que valent les constitutions. La mascarade conventionnelle à laquelle prit part notre savant (avec le même enthousiasme qu'il avait prit part à la phase préliminaire) instaura la République pour qu'enfin la séparation des pouvoirs vulgarisée par Montesquieu devienne une réalité, raison pour laquelle, sans doute, la Convention concentra entre ses mains les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Et, pour se faire la main, un peu comme ces juges qui avaient auparavant prêté serment de fidélité au maréchal Pétain, les présumés représentants du peuple prirent le parti d'assassiner le Roi le plus légalement du monde, la notion de légalité là-dedans consignant l'attachement au droit qu'ont parfois les cours de Justice, et les assemblées légifératoires, et les gouvernements.

 
Notre cher Condorcet fut de la partie. Et, puisqu'il était en déplacement, il eut l'occasion de laisser une trace écrite de sa hauteur de vues. C'est en effet l'un des avantages de Condorcet, il ne s'est jamais caché - à part entre 1793 et 1794) : il a fait devant tout le monde (l'étalage de sa vanité). Il a donc expliqué par écrit pourquoi il s'opposait à la mort du Roi (la peine de mort étant contraire à ses convictions), mais dans la même veine il a aussi proposé qu'on condamnât le malheureux roi aux galères et à perpétuité, puisque c'était le châtiment le plus élevé après la mort. 

 
Toutefois, thuriféraire de la République, Condorcet n'en fut l'un des thaumaturges que très peu de temps. Son opposition à Héraut de Séchelles lui valut la désapprobation de ses chers collègues de la Convention, et connaissant parfaitement toutes les finesses de l'esprit de progrès, de tolérance et de liberté dont il était l'un des chantres les plus enthousiastes, non seulement il ne proposa pas à la République ses services de rameur émérite, mais il prit courageusement le large en s'enfouissant dans la clandestinité. Après s'être caché à Paris, et alors qu'il fuyait la ville lumière où il ne se sentait plus en sécurité, il n'eût pas le temps d'aller jusqu'à Varennes. Sa course s'arrêta tout bêtement à Clamart, où il prit sans doute la décision d'attenter à ses jours. Ainsi, confiant dans ces progrès de l'esprit humain dont il avait établi le constat historique quelques mois plus tôt, et parfaitement averti des qualités du régime qu'il avait (avec quelques autres parjures) mis en place dans des circonstances qui n'eurent rien de démocratique et rien de républicain non plus, il préféra se donner la mort en s'empoisonnant plutôt que de faire face aux raisonneurs de son espèce ; ce fut l'affaire de quarante-huit heures. 

 
Condorcet est-il mort de honte ? Ce serait à verser à son crédit si c'était le cas, mais les probabilités sont minces. Quoi qu'il en fût, la République est très fière de son cher Condorcet : ce qu'il en reste repose au Panthéon, en excellente compagnie. Il y fut admis avec tous les honneurs dus à un certain nombre de malentendus soigneusement entretenus, mais cela n'a rien d'unique et, avec le temps, la jusrisprudence de 1792 semble s'enraciner dans la poésie et dans l'amour du prochain, un peu comme le "flower power" des années 68 et suivantes.

 
S'agissant de Condorcet déguerpissant comme un lapin dans un premier temps, puis se soustrayant à la vie quand les choses se gâtent pour lui après qu'il eût jeté toute sa notoriété de savant dans la balance pour pourrir la vie de ses victimes, et s'agissant d'autres, comme Fouquier-Tinville disant pour échapper à ses accusateurs : "Je n'étais qu'une hache, est-ce qu'on punit une hache ?", tous ces grands idéologues actifs n'avaient, somme toute, du service après-vente qu'une notion assez approximative.

 
Comment, en certaines circonstances, ne pas penser aux progrès de l'esprit humain et à ses sponsors ?

 
Quand on sommera la jeune métronaute lyonnaise de s'expliquer sur son geste,peut-être répondra-t-elle : "Je n'étais qu'un récipient, comment voulez-vous demander des comptes à un récipient ?". À partir de là, on peut conclure sagement qu'une cruche  qui va à l'eau à plus de chance d'aller sano qu'une gourde qui tant va à l'alcool qu'elle est complètement bourrée et qu'à la fin elle se casse quelque chose.
 
André Derviche.
 

 

 

 

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chantal etzol 20/05/2010 03:55



Je suis tombée par terre, C'est la faute à quoi ?


Le nez dans le ruisseau, C'est la faute à qui?


A la mare au diable... plus ou moins 50 ans!  La datation "ABSOLUE" par radiochronologie n'a pu que confirmer les évaluations empiriques de vieux paléontologues expérimentés. Les
"lois" de Cuvier étaient-elles plus fiables que celles de Condorcet ?