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Publié par Edouard Boulogne

De ceci, de cela.

 

 

 

cerveza 

 

 

 ( Deux de nos lecteurs nous envoient des éléments pour nourrir la rubrique De ceci, de cela. Je les en remercie. Je rappelle que chacun d'entre vous peut en faire autant, à la condition d'avoir vérifié les informations transmises, quand il s'agit d'informations, mais aussi de se faire connaître de moi, de façon claire et précise.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

( I ) Cuba : La quadrature du cercle.‏

De : Dixit Dixit (dixit972@yahoo.fr)
  Risque moyenVous ne connaissez peut-être pas l'expéditeur.Autoriser|Marquer comme courrier indésirable
Envoyé : dim. 16/05/10 04:16
À : scrutateur1@hotmail.fr
Dans les restaurants et hotels, les bieres Cristal, Bucanero et les autres boissons en boite valent jusqu'à 1,5 $, si bien qu'un salaire mensuel à Cuba represente environ 13 bières ou soft drink dans le secteur touristique et quelque chose comme une vingtaine ailleurs. Alors comment s'en sortir quand on n'est pas payé mais qu'on doit survivre ?
 
Explication de la fameuse bloggeuse cubaine Yoani Sanchez, qui nous avait déjà prevenu precedemment que bien des Mojitos, dégustés dans les restaurants et hotels d'Etat, étaient souvent "privés". Malins ces cubains !
 
La quadrature du cercle, par Yoani Sanchez.
 

Un ami m’a fait remarquer les étranges points de couleur qui sont sur le fond des boîtes de boissons et de bières, vendues dans les cafeterias et les restaurants. J’ai regardé de plus près pour vérifier et c’était vrai. Dessinée à la plume la marque était visible en rouge sur certaines, bleu ou vert sur d’autres. J’ai enquêté de tous côtés y compris sur les boîtes déjà vides ou à moitié aplaties que l’on apporte dans un centre de recyclage et on retrouve cette marque étrange sur une bonne part d’entre elles. Ses contours n’ont pas la précision d’une machine à dessiner mais le tracé vacillant d’une main qui ferait quelque chose d’interdit.

  

Car oui, il y a derrière l’apparente naïveté de ce point de couleur tout un réseau lucratif qui utilise les espaces du domaine public pour vendre une marchandise à caractère privé. Les employés de l’alimentation achètent dans les boutiques en pesos convertibles les boissons en boîtes, pour les revendre ensuite dans l’entité où ils travaillent avec 10 à 50% de marge par rapport au prix initial. Ils donnent la priorité pendant leur journée de travail à la commercialisation de leurs « propres » produits, pendant que ceux d’origine étatique sont mis de côté ou vendus plus tard. A la fin de la journée la somme des centimes réalisés sur chaque vente constitue un revenu plus stimulant que le salaire symbolique reçu en monnaie nationale.

  

Les points de couleur indiquent à qui appartiennent les boissons vendues. Celles du gérant du local peuvent être signalées en rouge, la serveuse marque les siennes en bleu, et le cuisiner a probablement décidé de choisir un point orangé. Tous encaissent une partie, sinon à quoi à quoi servirait-il de se lever tôt, d’emprunter un autobus bondé et de travailler huit heures par jour pour seulement recevoir l’équivalent de 20 dollars à la fin du mois ? De la même façon les ateliers clandestins élaborent des bières Bucanero et Cristal qui ont la même apparence que les originales, et c’est à peine si les vieux buveurs se rendent compte de la différence. On trouve cette industrie de l’imitation dans les appartements privés, dans les chambres desquelles on entend claquer un dispositif de sertissage à chaque fermeture de boîte. Ce sont des produits qui finiront par remplacer ceux fabriqués par l’Etat, feront la plus grande concurrence déloyale à ce Grand Patron et escroqueront même une grande partie des clients. Un labyrinthe compliqué de falsifications et de reventes qui creuse les dysfonctionnements du centralisme, et détourne les revenus vers des milliers de bourses privées.

  

 
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