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Publié par Edouard Boulogne

 

Christiane Eda-Pierre une artiste exceptionnelle.

edapierre3.JPG

 

La Martinique et la Guadeloupe ont des artistes souvent exceptionnels dont on parlera encore longtemps quand les noms de Thierry Henry ou de Lilian Thuram, ces gloires d'un moment seront depuis longtemps tombés dans l'oubli.

Evoquons pour aujourd'hui la grande cantatrice Christiane Eda-Pierre, dont je vous invite à survoler la carrière en cliquant sur le lien ci-dessous.

Lisez l'article jusqu'au bout. Vous aurez des surprises.

 

http://pedagogie.ac-martinique.fr/clgedapierre/accueil/cedapierre.html

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Eugène Tikitak 21/01/2011 13:20



 


Heureusement que vous êtes là, monsieur le scrutateur, pour nous parler des plus belles illustrations de
ce que la Martinique et la Guadeloupe peuvent apporter à la culture. La culture, c'est-à-dire, la richesse universelle. Car, Christiane Eda-Pierre, on n’en parle jamais à la Martinique. Ou si
peu… Les projecteurs sont braqués ailleurs, tout le monde le sait, mais, comme le disait une de vos chroniques récentes à propos du LKP, il est de bon ton, aux Antilles, de faire semblant de ne
s’apercevoir de rien.


Il est vrai que Christiane Eda-Pierre exerce son art sur d'autres scènes que le cratère du nombril lokal, ce qui la rend à la fois inopérante et inintéressante
aux yeux des cerbères de la kultur lokal. Un peu comme si Christiane Eda-Pierre avait trahi ce “nous-mêmes ” (“nous-même”, devrait-on presque écrire) dont faisait récemment état Charles Rano
ici même, c’est-à-dire sur votre blog. De ce fait, elle se serait disqualifiée au regard de l’excellence kulturel dont nos zintélektuels sont les farouches arbitres (et gardiens).


N’oublions pas que, sous le ciel étoilé des Départements français d’Amérique, la priorité revient à la kultur - que les méchantes langues qualifient de vide
infantile et narcissique -, c’est-à-dire un exercice essentiellement rassuré par la gloire de Césaire et principalement centré aujourd’hui sur l'immense talent de quelques zintélektuels dont La
Fontaine donne un aperçu dans Le Lion, le Singe et les deux Ânes. La version lokal de la culture - dite kultur -, hélas ! chercherait
plutôt, ne serait-ce que par sa revendication lokal à tout prix, à imposer à la terre entière le génie lokal et la puissance sémantique du kréyol, là où l’on attendrait d’elle qu’elle serve
l’intelligence, l’esprit et les muses.


L’exemple de Christiane Eda-Pierre, en effet, illustre parfaitement ce qu’est le fruit du (vrai) talent, lorsqu’il est accompagné du (vrai) travail et de tous
les sacrifices découlant du choix de servir un art et de s’y consacrer le plus possible. Cet exemple nous permet également de nous évader de ce piège kulturel (assez peu innocent, du reste) dans
lequel une poignée de zintélektuels - très en cour dans l’éducation nationale et dans l’organigramme médiatique régional le plus officiel - veulent enfermer les populations antillaises (les
fameux peuples martiniquais et guadeloupéens).


La comparaison, évidemment, est tentante, et facile, aussi, entre le rayonnement d’une Christiane Eda-Pierre, un rayonnement marqué du signe de l’universalité
et les prétentions d’une certaine catégorie de zintélektuels loko, fermés à tout ce qui est extérieur à leur nous-même qu’ils voudraient imposer – de force – au monde entier. Les zintélektuels en
question, si marqués narcissiquement et politiquement, semblent même déployer leur énergie dans une activité certes abondante, mais donnant à penser que cette kultur (qu’ils imposent par
l’occupation massive d’un espace médiatique lokal qui leur est réservé) est imprégnée d’un « non serviam » originel qui, d’emblée, met leur kultur à l’écart du bien commun ; un
bien commun dont il faut espérer qu’il est appelé à l’universalité, et non au régionalisme forcené, quand ce n’est pas à l’ethno-nationalisme.


Bref ! quelles que soient les raisons pour lesquelles “la Martinique” (c’est-à-dire ceux qui prétendent parler en son nom), qui se dit si fière du succès
de ses enfants, met si peu en avant Christiane Eda-Pierre, les Martiniquais ont de bonnes raisons d’être fière de cette grande cantatrice, dont la discrétion et le rayonnement empreint de douceur
est un exemple et un encouragement pour tous ceux qui ont l’ambition d’exercer un art au service de cet art, et non en poursuivant la quête d’une petite gloriole de complaisance en pays
conquis.