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Publié par Edouard Boulogne




Cohésion Sociale et Libertés Républicaines
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Transport et concurrence sont les ingrédients de la baisse des prix

 

Le tremblement de terre en Haïti, l’explosion de la Soufrière de Montserrat (avec sa pluie de cendres volcaniques sur l’archipel de Guadeloupe entraînant la fermeture de l’aéroport et des écoles), autant d’événements qui ont rappelés à nos populations la fragilité des équilibres et relayés au énième plan les activités de nos chers indépendantistes. Pourtant le malaise créé par leur activisme insurrectionnel est d’autant moins dissipé que nos populations en payent le lourd tribut et que plane sur elles une réforme institutionnelle offerte comme un os aux indépendantistes, mais dont le peuple ne veut pas.

 

Lutter contre « la vie chère » ! C’est ce slogan facile qui avait été choisi par les mouvements indépendantistes UGTG et autres, pour justifier le blocage de la Guadeloupe puis de la Martinique respectivement pendant 44 et 38 jours, sous l’œil indifférent, sinon complice, de l’Etat.

 

La grande excuse ânonnée chaque matin sur les médias par le Préfet de la Guadeloupe pour justifier cette passivité, était qu’il ne voulait pas être le « préfet de 1967 », (références aux émeutes de mai 1967 qui selon les indépendantistes firent 87 morts. Yves BONNET a fait table rase de ces allégations mensongères sur lesquelles on ne sait pourquoi les gouvernements ferment les yeux, quand ils ne les confortent pas, comme cela fut le cas avec Messieurs QUEYRANNE et JEGO chacun en son temps Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer). Ainsi, le Préfet de Guadeloupe, tombait-il de plain-pied dans le piège tendu par les dits indépendantistes qui l’accusaient de faire rentrer des renforts de gendarmes mobi les en Guadeloupe pour « tuer des Guadeloupéens ». Notons d’ailleurs que cette accusation ne sera démentie par aucune autorité de l’Etat, ni gouvernementale, ni judiciaire, ni administrative. Et les auteurs de tels propos aussi séditieux que diffamatoires envers l’Etat, ne seront nullement ni inquiétés ni poursuivis.

 

Quoiqu’il en soit, l’accusation de « vie chère » fut reportée intégralement et exclusivement, par les leaders des mouvements comme par le Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer, sur les gros importateurs, accusés de faire des marges exagérées et donc de super bénéfices sur le dos des consommateurs.

 

Or donc, c’est en toute logique que fut annoncé, -à l’issue du « Conseil interministériel de l’Outre-mer » le 6 novembre 2009, au Palais de l’Elysée, par le Président de la République soi-même -, la création dans chaque département d’Outre-mer d’un GIRC.

Et c’est non moins logiquement que les Préfets, de Guadeloupe puis de Martinique, installeront en ce début d’année, à grand renfort de média, leur GIRC.

Le sigle GIRC, ne rappelle-t-il pas celui de GIGN ?

Nos importateurs n’ont plus qu’à bien se tenir !

 

Mais me direz-vous qu’est-ce qu’un GIRC ?

  

GIRC : Groupement d’Intervention Régional Concurrence

 

Un machin, dirait le Général, qui pourra tout au plus constater et sûrement  pas agir sur les prix.

Et voici pourquoi :

Tant que nous serons des départements français, nous sommes dans la France et dans l’Europe. Et en Europe, il n’y a que deux moyens d’agir sur les prix : la concurrence et la baisse des coûts de revient.

 

 La concurrence d’abord : il n’y a pas d’exemple qu’elle se soit développée dans une situation d’instabilité institutionnelle et sociale. Au contraire. Nous le vivons d’ailleurs en ce moment même, où le Groupe Louis DELHAIZE a décidé d’arrêter ses activités aux Antilles et de vendre intégralement ses actifs gérés par sa filiale holding SSIB. C’était pourtant, dans nos départements, le premier des deux grands groupes du secteur de la grande distribution. Il est donc vital pour l’avenir économique et social de nos départements que nous tournions la page de la quête d’un quelconque statut spécifique qui, par nature, sera périodiquement l’objet de remis e en cause, et que nous options définitivement pour un statut de droit commun, seul capable de nous assurer la stabilité institutionnelle. Il est non moins vital que l’ordre public, - mais plus largement les libertés républicaines- soit garantis en toutes circonstances pour que chacun puisse librement jouer son rôle dans la société. Rien n’empêche cependant les évolutions institutionnelles, à conditions qu’elles s’inscrivent dans le droit commun national.

 

Le coût de revient ensuite. Dans nos iles, il est la résultante essentiellement de deux composantes : le transport maritime et le coût de passage portuaire.

Le transport maritime : en situation de monopole de fait, il est aux mains d’une seule compagnie et les prix pratiqués sont les plus chers de la planète. Pour y remédier, il est impératif de créer une multiplicité des offres tout comme cela  a été le cas dans le transport aérien. Mais l’Etat en a-t-il vraiment l’ envie ?

 

Le coût de passage portuaire. Il englobe : les droits de ports (dans lesquels sont inclus une sur rémunération des douaniers), le coût de la manutention, du transit, et de l’Octroi de mer. Même si, en Guadeloupe, la réforme de la manutention a permis de maitriser en partie les coûts, - ce qui n’est pas le cas en Martinique ou en Guyane – ils restent prohibitifs dans ces trois départements. L’Etat est-il prêt à soulever ces problèmes ?

 

Alors Monsieur Mancini, le Préfet de la Martinique, peut revêtir son tee-shirt rouge pour signer autant d’accords qu’il voudra, il peut se gargariser de déclarations du style c’est « un mouvement d’une ampleur sociétale sans précédent qui fait que rien ne sera plus comme avant », cela prouve seulement qu’il n’a rien compris à l’Outre-mer. Ses réponses au « rien ne sera plus comme avant », il les aura sur le port de For t-de-France. Il les a eu le 5 février dernier dans le fiasco de la manifestation commémorative lancée par le K5f et qui a à péniblement réuni quelque 500 participants.

 

Amédée ADELAIDE
12 février 210

 

 
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