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Publié par Edouard Boulogne

 

CSLR : Chacun à sa place, ou Défense de Brice Hortefeux.



( Ce titre est de la rédaction du Scrutateur).





News-Letter 13

Chacun à sa place.


L’implacable lynchage médiatique dont à été l’objet le Ministre de l’Intérieur ces derniers jours (relativement à des propos  dérobés - enregistrement par un téléphone cellulaire d’une conversation sinon privée, du moins non destinée à être publiée-, tronqués et sortis de leur contexte –en réponse à une question non audible-) montre assez que la politique est un jeu de quille redoutable où chacun cherche à abattre l’autre. Nous sommes là, loin du débat d’idées et ce n’est pas la dernière séance de « questions au Gouvernement » du 25 septembre dernier qui risque de nous faire changer d’avis.
On le voit, la politique politicienne, celle qui consiste à tout mettre en œuvre pour gagner les élections et prendre ou garder le pouvoir n’est assurément pas la voie pour atteindre la cohésion sociale.

Par ailleurs, les syndicats sont faits pour le dialogue social et la défense des intérêts des salariés au sein de l’entreprise. Mais en France, ils ont pris l’habitude, -et les pouvoirs successifs les ont laissés faire- de prendre la défense de revendications politiques, et au besoin, d’utiliser la rue comme moyen de pression sur le pouvoir politique. Là encore on peut dire que ce n’est pas par les voies du syndicalisme que l’on pourra atteindre la cohésion sociale.

Nos populations réagissent d’ailleurs à leur manière en se détournant de ces chemins, ce qui a pour résultat de donner généralement des taux de participation plutôt bas, surtout lorsqu’il s’agit de représentation syndicale.

Pour autant, peut-on se passer des politiques ? Et pouvons nous nous dispenser des syndicats ?  À l’évidence non !  Le rôle des syndicats, cela ne sera jamais trop répété, est, avec les patrons, de conduire le dialogue social et de défendre les intérêts des travailleurs au sein de l’entreprise.

Dans un pays démocratique, les politiques sont là pour  faire tourner la machine de l’Etat. Et c’est un noble travail quand il est fait avec l’objectif de toujours privilégier l’intérêt général.

Les choses se gâtent et dérapent lorsque les uns, veulent prendre la place des autres. Lorsque les politiques par exemple quittant leur rôle qui est de faire marcher les institutions selon les lois de la république, veulent  récupérer l’action des syndicats pour gagner des voix électorales. Ou encore lorsque le gouvernement, oubliant qu’il est là pour faire respecter les lois votées par le parlement, cède au chantage de la rue.

Les choses se gâtent lorsque les syndicats, quittant l’action syndicale, veulent endosser et défendre des options politiques.

Dans ce débat là, c’est, à nos yeux, le politique le grand coupable.

Dans l’action qui a été la sienne en Outre-mer durant le premier trimestre 2009, la responsabilité de l’Etat et donc du gouvernement est très claire. Nous l’avons sans cesse dénoncée et ce ne sont pas les révélations du « Sieur JEGO » à propos de ses complots nocturnes avec les Chefs de l’UGTG-LKP qui nous contrediront.

Alors la question qui se pose à nous domiens mais aussi aux Français de l’hexagone est la suivante :

Avons-nous, au plan national, des grands politiques capables de mesurer leur action au strict plan du droit et des intérêts généraux ?

Ma réponse personnelle est Oui, mais ils ne sont pas légion.

Pourtant nous allons décerner cette semaine une palme à l’un d’entre eux.

C’est un Ministre en exercice. Et ce n’est vraiment pas courant depuis que le CSLR est née en mars dernier. Ce n’est même tout simplement jamais arrivé. C’est notre Ministre de tutelle. C’est le Ministre de l’Intérieur, Ministre de l’Outre-mer et des collectivités territoriales.  J’ai nommé Brice HORTEFEUX, lui-même.

Alors me direz-vous, pourquoi tant d’emphase et d’honneur.

D’abord, vous conviendrez que depuis son avènement à ce poste ministériel les choses ont quelque peu changé dans l’outre-mer du point de vue du respect des libertés républicaines, même si cela n’est pas totalement satisfaisant.

Ensuite, le Ministre a tenu une conférence de presse avant hier, 12 novembre 2009. Nous en publions ci-dessous l’introduction. A sa lecture, vous conviendrez avec moi que s’il fait ce qu’il y dit, alors la paix reviendra dans l’Outre-mer et en Guadeloupe en particulier. Or Brice HORTEFEUX passe pour être quelqu’un qui fait ce qu’il dit.  A priori il mérite donc notre considération et s’il réussit (ce dont nous ne doutons pas) notre estime.

Amédée ADELAIDE
Président du CSLR
14 novembre 2009





« Intervention de M. Brice HORTEFEUX, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales à Paris, jeudi 12 novembre 2009.

Mesdames, Messieurs les préfets,
Mesdames, Messieurs les directeurs généraux,
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie d'être venus nombreux, ce matin, place Beauvau. C'est la première fois, depuis ma prise de fonctions il y a plus de quatre mois, que je m'exprime devant vous dans cette configuration.

Au-delà du mythe et parfois même du mystère qui l'entoure, la place Beauvau est une grande et formidable maison.
Elle n'a rien d'une citadelle, d'une forteresse ou d'un bastion. Elle est le fruit de l'action de près de 300 000 hommes et femmes qui ont le service public chevillé au corps, qui sont les garants de nos vies, de nos biens et de nos institutions, et dont le seul et unique souci, jour comme nuit, est de protéger nos concitoyens.

Je veux, ce matin, rendre un hommage appuyé à ces hommes et femmes de mission, où qu'ils soient à cet instant précis, à l'étranger ou sur notre territoire, dans un commissariat, dans une gendarmerie, dans une préfecture ou une sous-préfecture, sur les routes, autour des collèges, des lycées ou dans les transports en commun. A chacun d'eux, j'exprime ma reconnaissance et témoigne toute mon affection.

Ils doivent savoir que je saurai les protéger dès que nécessaire. Je n'accepterai pas qu'ils puissent être agressés, dans l'exercice de leurs missions ou en dehors de leur service.

Je n'hésiterai pas à porter plainte lorsqu'ils sont accusés à tort comme je l'ai fait, le 2 septembre dernier, contre les auteurs de propos leur imputant le décès d'un homme qui avait cherché à échapper à un contrôle et qui avait alors, accidentellement, trouvé la mort. Je viens de le faire, aussi, contre un avocat qui, à l'occasion d'une plaidoirie, se réjouissait publiquement du décès d'un gendarme.

Oui, je n'ai pas peur de le dire : je suis fier du courage de ces hommes et de ces femmes, fier de leur engagement et fier de leur sens de l'honneur.


Si je vous ai conviés ce matin, c'est, certes, pour vous livrer les premiers résultats de mon action au service de la sécurité des Français ; mais c'est aussi pour vous faire partager la vision qui est la mienne de la politique que le Président de la République m'a demandé de conduire.

Je tiens, en effet, à vous exposer
les grands principes qui fondent mon action, puis, au-delà des mesures immédiates
mises en œuvre pour faire baisser à nouveau la délinquance, vous présenter les grands chantiers que j'ai lancés afin de faire baisser durablement la délinquance dans notre pays.

 
I. La politique de sécurité que je mets en œuvre au service de nos concitoyens poursuit un objectif clair et se fonde sur trois principes simples.


-> Je n'ai, depuis près de cinq mois, qu'un seul et unique objectif : la sécurité, partout et pour tous.

L'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, texte fondateur de notre Nation, l'atteste : «
la sûreté » est, avec « la liberté, la propriété et la résistance à l'oppression », un « droit naturel et imprescriptible de l'homme ». La « conservation » de ce droit est même « le but de toute association politique ». La tranquillité nationale est le fondement de notre contrat social. Pour le bien-être de notre Nation, chacun de nous doit pouvoir vivre sereinement.

Mon objectif est, par conséquent, aussi clair que simple :
garantir une vie paisible et tranquille à tous les honnêtes gens, quels qu'ils soient et où qu'ils soient, dans nos villes, dans nos quartiers et dans nos campagnes
.

C'est cela, la « tranquillité nationale »
.

Il ne doit, en effet, y avoir de population négligée, ni de territoire oublié. Il ne doit y avoir de citoyen laissé pour compte ou marginalisé, ni d'espace ignoré.


La sécurité, ce n'est pas un privilège réservé aux beaux quartiers, ce n'est pas l'affaire de quelques-uns ; la sécurité, c'est un droit fondamental pour chacun de nous, pour chacun de vous.

Si on n'est pas protégé quand on va travailler, quand on fait ses courses ou lorsqu'on promène ses enfants, alors à quoi sert l'Etat ?

La sécurité partout et pour tous : pour moi, c'est l'objectif, c'est notre exigence, c'est ma mission.


->
Pour mettre en œuvre cet objectif de sécurité partout et pour tous, j'avance avec trois principes fondamentaux.

(1) Premier principe : pour obtenir des résultats concrets et durables, la détermination doit être permanente, totale et absolue.

Qu'est-ce que veut dire « être ministre de l'intérieur »? Avoir en charge de la sécurité des Français, c'est être mobilisé 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Le ministre de l'intérieur travaille du 1er janvier au 31 décembre, de 0 heure à minuit. Que les choses soient claires : la place Beauvau ne dort jamais. Car elle est au cœur de la permanence de l'Etat.

Ma détermination n'est pas seulement continue, elle est aussi sans faille. Parce qu'à la tête, il faut qu'il y ait une détermination sans faille. C'est humain : si à la tête, il y a une détermination sans faille, en bas il y a une détermination forte. Si à la tête, il y a une détermination faible, en bas il n'y a pas de détermination du tout. Arrêtons donc de nous poser des questions : sans détermination politique absolue, sur le terrain il n'y a pas de résultats.

La détermination pour principe, cela signifie la fermeté sur le terrain.


Etre ferme, c'est combattre toutes les formes de délinquance. C'est garantir ou rétablir l'autorité de l'Etat partout sur le territoire de la République. Dans une démocratie, ce n'est pas à une minorité d'imposer ses diktats, surtout lorsque ceux-ci sont l'appropriation illégale, le mépris de nos valeurs républicaines, la violence, l'extrémisme ou la haine.

Mais être ferme, cela veut dire être juste.
La protection de nos concitoyens vaut mieux que toutes les caricatures : oui, on peut être à la fois ferme et humain, intransigeant et respectueux. Respectueux des valeurs, des libertés, individuelles ou collectives, et des règles, celles de la déontologie. On peut réprimer, mais aussi prévenir et dissuader. Nos concitoyens l'ont bien compris : une nation démocratique n'a pas à choisir entre l'ordre et la liberté.

La fermeté, c'est précisément le respect. Respect des victimes et de toutes celles et ceux susceptibles de le devenir. Ma priorité, comme ministre de l'intérieur, va au respect du droit des victimes, et je le dis sans ambigüité : pour moi, le droit des victimes passera toujours avant le droit des délinquants et des criminels.


(2) Le deuxième principe qui fonde mon action est celui d'une approche globale. Il faut avoir une vision aussi large que possible des questions de sécurité.

D'abord, parce que les acteurs de la sécurité sont nombreux et divers : la sécurité concerne, bien sûr, au premier chef la police et la gendarmerie mais elle concerne aussi les personnels de l'éducation nationale, les acteurs sociaux, les élus locaux, les associations de terrain et enfin chacun de nous.

La sécurité, c'est aussi toute une chaîne
, qui va de la prévention de la délinquance à l'exécution effective d'une peine, mais également jusqu'à la réinsertion du délinquant une fois sa peine exécutée. C'est du bon fonctionnement de l'ensemble de cette chaîne que dépend le niveau de sécurité. C'est précisément parce qu'il s'agit d'une seule et même chaîne que je ne m'interdis pas aujourd'hui, et ne m'interdirai pas à l'avenir, d'émettre des propositions visant à assurer la totale efficacité de l'ensemble de notre système de sécurité. Le Garde des Sceaux le sait bien, il n'y a, de ma part, aucune volonté d'ingérence, mais tout simplement un souci de cohérence.

Si notre approche doit être large et ouverte, c'est aussi parce que les dimensions que recouvre la politique de sécurité sont de différentes natures
: je pense à la dimension géographique selon qu'elle est internationale, notamment européenne, ou locale ; je pense aussi aux différents publics et aux différentes générations auxquels notre politique s'adresse ; je pense, enfin, aux
diverses technologies auxquelles elle recourt.

(3) Troisième et dernier principe de mon action : face aux évolutions de la délinquance, notre choix est celui de la mobilité et de la réactivité.


J'entends, ici et là, l'idée selon laquelle la commission de crimes et délits serait la preuve de l'échec de la politique conduite par Nicolas SARKOZY depuis 2002. Si cette remarque ne concernait pas la sécurité de nos concitoyens, elle prêterait à sourire, a fortiori au regard du bilan de ceux qui formulent une telle critique. Malheureusement, outre les arrière-pensées électorales qu'elle sous-tend, elle reflète une grave méconnaissance de la réalité de notre société : nous vivons dans un monde où les formes de délinquance évoluent en permanence.

Face à ces évolutions, notre devoir est d'être à la fois mobile, réactif et imaginatif. Ne nous y trompons pas : la lutte contre la délinquance est un combat permanent.

Savoir réagir et s'adapter, c'est se rendre sur le terrain et ne pas avoir peur de se doter de nouveaux outils.

Depuis ma prise de fonctions, je n'ai de cesse d'aller sur le terrain, à la rencontre des acteurs de la sécurité. De Marseille à Melun, de Gap à Sevran en passant par Sartrouville, Saint-Ouen ou encore Poitiers, j'ai déjà effectué plus de 40 déplacements et ai entamé, il y a quelques semaines, un « tour de France de la sécurité ». A chaque fois, j'échange avec les responsables départementaux pour comprendre ce qui fonctionne bien, ce qui fonctionne moins bien ou, tout simplement, ce qui n'a jamais fonctionné. Lorsqu'il faut rectifier le tir, je n'hésite pas à le faire. Parallèlement, lorsque des expériences produisent des résultats, je les valorise et les diffuse.

De ces expériences de terrain, je tire, à chaque fois, des enseignements. Un seul exemple : en me rendant, le 14 octobre, à Auxerre, à la suite du décès d'un gendarme fauché par un chauffard, j'ai demandé que soit étudiée la mise en place d'une confiscation obligatoire des véhicules des conducteurs qui menacent la vie de nos concitoyens par leur attitude irresponsable et dangereuse. Je pense aux conducteurs sans permis ou sans assurance, mais aussi aux récidivistes des excès de vitesse, ou à ceux qui prennent le volant après avoir bu ou consommé de la drogue.

De la même manière, je n'hésite pas à proposer des textes nouveaux lorsque les circonstances l'exigent.
Ainsi, début 2010, je présenterai au Parlement de nouvelles dispositions. J'ai décidé de muscler la LOPPSI, qui doit devenir une loi « pour la protection des citoyens et la tranquillité nationale ». Elle sera l'occasion d'adapter, toujours et encore, notre dispositif en mettant en place de nouveaux moyens juridiques pour combattre la criminalité. Les lois sont faites certes pour être appliquées, mais aussi pour être enrichies, modifiées, améliorées. J'entends les leaders socialistes qui, pour masquer le vide de leur pensée en la matière, fustigent
un prétendu trop-plein législatif.

A ceux-là, je réponds très simplement : oui, il y aura autant de lois que de problèmes à régler ;
oui, il y aura autant de lois que de combats à mener ; oui, il y aura autant de lois que de catégories de citoyens à protéger. »

Et de conclure :

« Mesdames et Messieurs,

Voici ce que je voulais partager avec vous, ce matin.

Mobilisation générale, approche globale, capacité d'adaptation : voici trois principes d'action qui nous donnent les moyens de poursuivre la tendance, amorcée en 2002, de réduction générale de la délinquance. Je suis là pour cela, et nous allons réussir.

Vous l'avez compris, comme ministre de l'intérieur, je veux incarner l'autorité, l'ordre et le respect. Autorité, ordre et respect : ce ne sont pas des mots qui me font peur.

Comme ministre en charge de la tranquillité nationale, je n'ai qu'une seule obsession : protéger, au quotidien, nos concitoyens.

Pour y parvenir, sous l'autorité du Président de la République, nous avons une vision, des principes, des chantiers et, à nouveau, des résultats. Ces premiers résultats sont bons : croyez-moi, cela ne fait que commencer. A nous de confirmer ces résultats, de les amplifier, de les pérenniser.

Nous le savons, l'équilibre de la société dans laquelle nous vivons est fragile. Mais le combat pour la sécurité de nos concitoyens, que nous menons au quotidien, est un combat éminemment républicain.

Il est républicain, parce qu'il juste.

Il est juste, parce qu'il est au cœur de la cohésion de notre société. »

La conférence intégrale à l’adresse suivante : http://forums.opinpub.fr/node/190



« Intervention de M. Brice HORTEFEUX, ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales à Paris, jeudi 12 novembre 2009.

Mesdames, Messieurs les préfets,
Mesdames, Messieurs les directeurs généraux,
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie d'être venus nombreux, ce matin, place Beauvau. C'est la première fois, depuis ma prise de fonctions il y a plus de quatre mois, que je m'exprime devant vous dans cette configuration.

Au-delà du mythe et parfois même du mystère qui l'entoure, la place Beauvau est une grande et formidable maison.
Elle n'a rien d'une citadelle, d'une forteresse ou d'un bastion. Elle est le fruit de l'action de près de 300 000 hommes et femmes qui ont le service public chevillé au corps, qui sont les garants de nos vies, de nos biens et de nos institutions, et dont le seul et unique souci, jour comme nuit, est de protéger nos concitoyens.

Je veux, ce matin, rendre un hommage appuyé à ces hommes et femmes de mission, où qu'ils soient à cet instant précis, à l'étranger ou sur notre territoire, dans un commissariat, dans une gendarmerie, dans une préfecture ou une sous-préfecture, sur les routes, autour des collèges, des lycées ou dans les transports en commun. A chacun d'eux, j'exprime ma reconnaissance et témoigne toute mon affection.

Ils doivent savoir que je saurai les protéger dès que nécessaire. Je n'accepterai pas qu'ils puissent être agressés, dans l'exercice de leurs missions ou en dehors de leur service.

Je n'hésiterai pas à porter plainte lorsqu'ils sont accusés à tort comme je l'ai fait, le 2 septembre dernier, contre les auteurs de propos leur imputant le décès d'un homme qui avait cherché à échapper à un contrôle et qui avait alors, accidentellement, trouvé la mort. Je viens de le faire, aussi, contre un avocat qui, à l'occasion d'une plaidoirie, se réjouissait publiquement du décès d'un gendarme.

Oui, je n'ai pas peur de le dire : je suis fier du courage de ces hommes et de ces femmes, fier de leur engagement et fier de leur sens de l'honneur.


Si je vous ai conviés ce matin, c'est, certes, pour vous livrer les premiers résultats de mon action au service de la sécurité des Français ; mais c'est aussi pour vous faire partager la vision qui est la mienne de la politique que le Président de la République m'a demandé de conduire.

Je tiens, en effet, à vous exposer
les grands principes qui fondent mon action, puis, au-delà des mesures immédiates
mises en œuvre pour faire baisser à nouveau la délinquance, vous présenter les grands chantiers que j'ai lancés afin de faire baisser durablement la délinquance dans notre pays.

 
I. La politique de sécurité que je mets en œuvre au service de nos concitoyens poursuit un objectif clair et se fonde sur trois principes simples.


-> Je n'ai, depuis près de cinq mois, qu'un seul et unique objectif : la sécurité, partout et pour tous.

L'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, texte fondateur de notre Nation, l'atteste : «
la sûreté » est, avec « la liberté, la propriété et la résistance à l'oppression », un « droit naturel et imprescriptible de l'homme ». La « conservation » de ce droit est même « le but de toute association politique ». La tranquillité nationale est le fondement de notre contrat social. Pour le bien-être de notre Nation, chacun de nous doit pouvoir vivre sereinement.

Mon objectif est, par conséquent, aussi clair que simple :
garantir une vie paisible et tranquille à tous les honnêtes gens, quels qu'ils soient et où qu'ils soient, dans nos villes, dans nos quartiers et dans nos campagnes
.

C'est cela, la « tranquillité nationale »
.

Il ne doit, en effet, y avoir de population négligée, ni de territoire oublié. Il ne doit y avoir de citoyen laissé pour compte ou marginalisé, ni d'espace ignoré.


La sécurité, ce n'est pas un privilège réservé aux beaux quartiers, ce n'est pas l'affaire de quelques-uns ; la sécurité, c'est un droit fondamental pour chacun de nous, pour chacun de vous.

Si on n'est pas protégé quand on va travailler, quand on fait ses courses ou lorsqu'on promène ses enfants, alors à quoi sert l'Etat ?

La sécurité partout et pour tous : pour moi, c'est l'objectif, c'est notre exigence, c'est ma mission.


->
Pour mettre en œuvre cet objectif de sécurité partout et pour tous, j'avance avec trois principes fondamentaux.

(1) Premier principe : pour obtenir des résultats concrets et durables, la détermination doit être permanente, totale et absolue.

Qu'est-ce que veut dire « être ministre de l'intérieur »? Avoir en charge de la sécurité des Français, c'est être mobilisé 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Le ministre de l'intérieur travaille du 1er janvier au 31 décembre, de 0 heure à minuit. Que les choses soient claires : la place Beauvau ne dort jamais. Car elle est au cœur de la permanence de l'Etat.

Ma détermination n'est pas seulement continue, elle est aussi sans faille. Parce qu'à la tête, il faut qu'il y ait une détermination sans faille. C'est humain : si à la tête, il y a une détermination sans faille, en bas il y a une détermination forte. Si à la tête, il y a une détermination faible, en bas il n'y a pas de détermination du tout. Arrêtons donc de nous poser des questions : sans détermination politique absolue, sur le terrain il n'y a pas de résultats.

La détermination pour principe, cela signifie la fermeté sur le terrain.


Etre ferme, c'est combattre toutes les formes de délinquance. C'est garantir ou rétablir l'autorité de l'Etat partout sur le territoire de la République. Dans une démocratie, ce n'est pas à une minorité d'imposer ses diktats, surtout lorsque ceux-ci sont l'appropriation illégale, le mépris de nos valeurs républicaines, la violence, l'extrémisme ou la haine.

Mais être ferme, cela veut dire être juste.
La protection de nos concitoyens vaut mieux que toutes les caricatures : oui, on peut être à la fois ferme et humain, intransigeant et respectueux. Respectueux des valeurs, des libertés, individuelles ou collectives, et des règles, celles de la déontologie. On peut réprimer, mais aussi prévenir et dissuader. Nos concitoyens l'ont bien compris : une nation démocratique n'a pas à choisir entre l'ordre et la liberté.

La fermeté, c'est précisément le respect. Respect des victimes et de toutes celles et ceux susceptibles de le devenir. Ma priorité, comme ministre de l'intérieur, va au respect du droit des victimes, et je le dis sans ambigüité : pour moi, le droit des victimes passera toujours avant le droit des délinquants et des criminels.


(2) Le deuxième principe qui fonde mon action est celui d'une approche globale. Il faut avoir une vision aussi large que possible des questions de sécurité.

D'abord, parce que les acteurs de la sécurité sont nombreux et divers : la sécurité concerne, bien sûr, au premier chef la police et la gendarmerie mais elle concerne aussi les personnels de l'éducation nationale, les acteurs sociaux, les élus locaux, les associations de terrain et enfin chacun de nous.

La sécurité, c'est aussi toute une chaîne
, qui va de la prévention de la délinquance à l'exécution effective d'une peine, mais également jusqu'à la réinsertion du délinquant une fois sa peine exécutée. C'est du bon fonctionnement de l'ensemble de cette chaîne que dépend le niveau de sécurité. C'est précisément parce qu'il s'agit d'une seule et même chaîne que je ne m'interdis pas aujourd'hui, et ne m'interdirai pas à l'avenir, d'émettre des propositions visant à assurer la totale efficacité de l'ensemble de notre système de sécurité. Le Garde des Sceaux le sait bien, il n'y a, de ma part, aucune volonté d'ingérence, mais tout simplement un souci de cohérence.

Si notre approche doit être large et ouverte, c'est aussi parce que les dimensions que recouvre la politique de sécurité sont de différentes natures
: je pense à la dimension géographique selon qu'elle est internationale, notamment européenne, ou locale ; je pense aussi aux différents publics et aux différentes générations auxquels notre politique s'adresse ; je pense, enfin, aux
diverses technologies auxquelles elle recourt.

(3) Troisième et dernier principe de mon action : face aux évolutions de la délinquance, notre choix est celui de la mobilité et de la réactivité.


J'entends, ici et là, l'idée selon laquelle la commission de crimes et délits serait la preuve de l'échec de la politique conduite par Nicolas SARKOZY depuis 2002. Si cette remarque ne concernait pas la sécurité de nos concitoyens, elle prêterait à sourire, a fortiori au regard du bilan de ceux qui formulent une telle critique. Malheureusement, outre les arrière-pensées électorales qu'elle sous-tend, elle reflète une grave méconnaissance de la réalité de notre société : nous vivons dans un monde où les formes de délinquance évoluent en permanence.

Face à ces évolutions, notre devoir est d'être à la fois mobile, réactif et imaginatif. Ne nous y trompons pas : la lutte contre la délinquance est un combat permanent.

Savoir réagir et s'adapter, c'est se rendre sur le terrain et ne pas avoir peur de se doter de nouveaux outils.

Depuis ma prise de fonctions, je n'ai de cesse d'aller sur le terrain, à la rencontre des acteurs de la sécurité. De Marseille à Melun, de Gap à Sevran en passant par Sartrouville, Saint-Ouen ou encore Poitiers, j'ai déjà effectué plus de 40 déplacements et ai entamé, il y a quelques semaines, un « tour de France de la sécurité ». A chaque fois, j'échange avec les responsables départementaux pour comprendre ce qui fonctionne bien, ce qui fonctionne moins bien ou, tout simplement, ce qui n'a jamais fonctionné. Lorsqu'il faut rectifier le tir, je n'hésite pas à le faire. Parallèlement, lorsque des expériences produisent des résultats, je les valorise et les diffuse.

De ces expériences de terrain, je tire, à chaque fois, des enseignements. Un seul exemple : en me rendant, le 14 octobre, à Auxerre, à la suite du décès d'un gendarme fauché par un chauffard, j'ai demandé que soit étudiée la mise en place d'une confiscation obligatoire des véhicules des conducteurs qui menacent la vie de nos concitoyens par leur attitude irresponsable et dangereuse. Je pense aux conducteurs sans permis ou sans assurance, mais aussi aux récidivistes des excès de vitesse, ou à ceux qui prennent le volant après avoir bu ou consommé de la drogue.

De la même manière, je n'hésite pas à proposer des textes nouveaux lorsque les circonstances l'exigent.
Ainsi, début 2010, je présenterai au Parlement de nouvelles dispositions. J'ai décidé de muscler la LOPPSI, qui doit devenir une loi « pour la protection des citoyens et la tranquillité nationale ». Elle sera l'occasion d'adapter, toujours et encore, notre dispositif en mettant en place de nouveaux moyens juridiques pour combattre la criminalité. Les lois sont faites certes pour être appliquées, mais aussi pour être enrichies, modifiées, améliorées. J'entends les leaders socialistes qui, pour masquer le vide de leur pensée en la matière, fustigent
un prétendu trop-plein législatif.

A ceux-là, je réponds très simplement : oui, il y aura autant de lois que de problèmes à régler ;
oui, il y aura autant de lois que de combats à mener ; oui, il y aura autant de lois que de catégories de citoyens à protéger. »

Et de conclure :

« Mesdames et Messieurs,

Voici ce que je voulais partager avec vous, ce matin.

Mobilisation générale, approche globale, capacité d'adaptation : voici trois principes d'action qui nous donnent les moyens de poursuivre la tendance, amorcée en 2002, de réduction générale de la délinquance. Je suis là pour cela, et nous allons réussir.

Vous l'avez compris, comme ministre de l'intérieur, je veux incarner l'autorité, l'ordre et le respect. Autorité, ordre et respect : ce ne sont pas des mots qui me font peur.

Comme ministre en charge de la tranquillité nationale, je n'ai qu'une seule obsession : protéger, au quotidien, nos concitoyens.

Pour y parvenir, sous l'autorité du Président de la République, nous avons une vision, des principes, des chantiers et, à nouveau, des résultats. Ces premiers résultats sont bons : croyez-moi, cela ne fait que commencer. A nous de confirmer ces résultats, de les amplifier, de les pérenniser.

Nous le savons, l'équilibre de la société dans laquelle nous vivons est fragile. Mais le combat pour la sécurité de nos concitoyens, que nous menons au quotidien, est un combat éminemment républicain.

Il est républicain, parce qu'il juste.

Il est juste, parce qu'il est au cœur de la cohésion de notre société. »

La conférence intégrale à l’adresse suivante : http://forums.opinpub.fr/node/190

 

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l'archipelien 19/11/2009 18:44


Le poster de Martin luther King n'a rien a faire dans la capture d'image de Monsieur Adélaide!


l'archiélien 19/11/2009 18:33



Un sage chinois lao su (suis pas tout à  fait  sur)aurait dit un jour "regarde couler la riviere et  tu verras flotter le cadavre de ton ennemie".

Je ne me connais pas d'ennemie mais je puis dire que monsieur Adelaide est devenu un cadavre  a mon sens ,apres ses déclarations pro ex ministre de l'integration et de
l'identité nationale