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Publié par Edouard Boulogne

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Pendant que les élus se congratulent de la nomination de 3 ultra - marins au gouvernement , le chômage progresse, certaines entreprises sont en très grandes difficultés et nos jeunes , qu'ils soient diplômés, bénéficiaires d'une formation ou autodidactes ne trouvent pas d'emplois, et sont obligés de s'expatrier.

Le PIB (produit intérieur brut) de la Guadeloupe qui était d'un peu plus de 11 milliards d'euros en 2009 avait régressé de 6,7 points suite à la crise LKP , soit à peu près 700 millions d'euros. Aujourd'hui, un certain retard a été rattrapé, ce qui nous stabilise...... MAIS NOUS SOMMES TOUJOURS DANS LE FOND DU CLASSEMENT des 26 régions de France.

2009 restera comme la plus mauvaise année depuis 1993 pour l'entreprise .

La rentabilité des entreprises en Guadeloupe au plus bas depuis...2009
Si certains grands groupes qui détiennent entre autres les centres commerciaux de Destreland et Milénis se portent bien, ce n'est pas le cas pour l'ensemble des entreprises installées en Guadeloupe: leur taux de marge (taux de profit brut) est tombé fin 2009 à son niveau le plus bas , selon l'Insee. Pendant ce temps-là, on continue d'assister à une multiplication de gréves ...comprenne qui pourra ?
Les entreprises en Guadeloupe (sociétés non financières, pour être précis) ne se portent pas si bien, leur rentabilité se dégrade. Leur taux de marge (excédent brut d'exploitation/valeur ajoutée, correspondant grosso modo à un taux de profit brut avant intérêts et impôts) est tombé à moins de 20% au dernier trimestre 2011.

L'IEDOM ajoute que "la faiblesse des marges ainsi que la faible taille limitent le recours à l'autofinancement, et contribue à augmenter la charge financière des entreprises, les rendant par là plus sujettes à un retournement conjoncturel de l'offre de crédit".

Pas de quoi investir massivement...Voilà pourquoi François Hollande veut étendre en Guadeloupe les activités de la future banque publique d'investissement, et baisser le taux d'imposition des profits des PME, dont les comptes sont les plus dégradés, en regard de ceux des grandes entreprises. Celles-ci, au contraire, paieraient plus d'impôt sur leurs bénéfices.

Qu'est ce qui détermine la mobilité des facteurs de production, ou pour parler français qu'est-ce qui fait qu'un pays attire les investissements, les entreprises, les salariés très qualifiés ?

N'en déplaise à certains , pas en premier lieu l'environnement géographique mais le coût du travail, et naturellement l'impôt sur le capital, celui sur les sociétés, et le dialogue social !

En Guadeloupe , la crise est très présente et comme si cela ne suffisait pas l'image du pays est déplorable (sur le plan de l'environnement des affaires).

En ce sens l'exemple du groupe LORET est très significatif de la dégradation de la santé financière des entreprises en Guadeloupe :

" En 2007, le groupe Loret était en pleine expansion et diversifiait ses activités tous azimuts, dans la distribution de carburant comme dans les liaisons maritimes. À cette époque, il pesait 600 millions d'euros de chiffre d'affaires et employait quelque 1 500 personnes. Cinq ans plus tard, le groupe s'est recentré sur ses coeurs de métier - l'automobile et les nouvelles technologies - et s'est restructuré. Il réalise 400 millions de chiffre d'affaires et n'emploie plus « que » 979 personnes. Les crises de 2009 - économique, financière, automobile et sociale... - sont passées par là. « En 2009, nos pertes se sont chiffrées à 50 millions d'euros... » Président du directoire du groupe, Denis Lesueur dit avoir dû faire face à une crise majeure. Aussi solide que soit le groupe Loret, il a été très ébranlé par la crise LKP de 2009 et n'a renoué avec l'équilibre qu'en 2011, avec un résultat d'1 million d'euros. Et le prix à payer a été lourd : la restructuration est passée par la cession ou la liquidation d'une kyrielle d'entités du groupe. Cette restructuration, qui a permis de sauver l'essentiel, a été rendue possible grâce à un moratoire signé, en fin 2009, avec les créanciers du groupe. Aujourd'hui, reste à résorber la dette. 175 millions d'euros...le tout en 10 ans ! " (sources France Antilles)

En Guadeloupe, les dirigeants d'entreprises moyennes sont méprisés, déconsidérés, ils supportent les charges sociales les plus élevées de la zone caraïbe, paient plus d'impôt que leurs concurrents, ils sont pressurés par les charges, ils doivent non seulement se mesurer à la concurrence mais aussi se débattre avec le cadre réglementaire (pour une entreprise passer de 49 à 50 salariés revient à se voir imposer 36 nouvelles contraintes !), cerise sur le gâteau les syndicats ont oublié ce que signifiait service public et dialogue social (pas étonnant si les dépôts de bilan se sont multipliés après la crise lkp de 2009...).



Charges en hausse, valeur ajoutée en faible progression

Comment expliquer cette nouvelle dégradation des comptes, fin 2011? I Même si l'ensemble des guadeloupéens n'ont pas vu leur pouvoir d'achat augmenter, la revalorisation du smic, et surtout la hausse des cotisations sociales due de l'instauration d'un nouveau régime d'allègements de charges, ont pesé sur la rentabilité des entreprises.
Sur le chômage et sur l’emploi ,il y a dégradation . Au premier trimestre 2012 il y a une augmentation de la courbe du chômage. On a encore perdu 800 emplois en mai ce qui montre que les choses n’ont pas arrêté de se dégrader. Mais il faut aujourd’hui que les investisseurs privés se remettent à investir, c’est la clé du redémarrage.
Peut-on aujourd’hui parler de désenchantement ?
Oui, pour ceux qui ont pensé qu’il était possible de créer d’autres circuits de développement , un nouveau modèle économique et social, un autre mode de consommation . Cette désillusion n’a pas touché que des gens des couches populaires ( qui ont massivement voté pour Hollande ), mais aussi des acteurs économiques. Ceux qui ont été le plus “blousés” sont les petits patrons qui avaient pris fait et cause pour le LKP. En signant les accords BINO , ils n’avaient aucune garantie de paix sociale du côté des syndicats et ils ont été largués au milieu de l’océan . Ils ne disposaient pas de la trésorerie pour faire face à une augmentation des charges . Ils ont été lâchés et beaucoup sont aujourd’hui en difficulté financière.
Selon l'IEDOM , dans sa dernière note expresse de conjoncture ,les premières tendances économiques du 1er trimestre 2012 révèlent certes un contexte favorable. Mais des inquiétudes demeurent sur la conjoncture des mois à venir.

Selon l'Institut d'émission des départements d'Outre-Mer (Iedom), l'indicateur du climat des affaires (ICA) poursuit sa progression au 1er trimestre 2012. En effet, il est même supérieur à sa moyenne de longue période où il évolue depuis début 2011 et retrouve son niveau du 1er trimestre 2008. Cette hausse au 1er trimestre 2012 s'explique, de l'avis de l'Iedom, par la bonne appréciation portée sur le trimestre passé. L'activité, l'évolution des effectifs et les délais de paiement de ce début d'année ont, en particulier, été meilleurs qu'escompté. En revanche, les anticipations des chefs d'entreprises pour le trimestre à venir, dans l'ensemble, pessimistes, ont pesé sur l'indicateur. Dans ce contexte, les prévisions d'investissement à un an des chefs d'entreprise restent en retrait, ce qui traduit la persistance de leurs inquiétudes sur la conjoncture des mois à venir.

DOLTO 

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Claude HOUËL 20/05/2012 23:18





LE TEMPS DE LA DESINTOXICATION :


 


L’article de Dolto est intéressant et bien documenté.


Son analyse est plus discutable :


Depuis plus de trente ans une partie des chefs d’entreprises, ne savent plus gérer leur exploitation sans l’aide de l’Etat, sous forme de subventions et réductions de charges sociales et fiscales
et autres prêts bonifiés.


Ces aides étaient supposées compenser certains obstacles au développement, comme l’étroitesse des marchés et l’éloignement de l’Europe, entre autres.


Elles devaient permettre un rattrapage relativement aux entreprises hexagonales.


Elles devaient surtout  créer de l’emploi pour lutter contre un chômage endémique.


Force est de constater qu’aucun de ces objectifs n’a été atteint.


Faut-il continuer sur la même voie en se persuadant que la Guadeloupe serait le seul endroit dans lequel l’entreprise ne puisse fonctionner sans le recours aux fonds publics ?


Cet état d’esprit n’est pas du seul fait de ces entrepreneurs qui vivent dans une société qui veut un maximum de libertés, y compris celle d’entreprendre, et dans le même temps ne sait plus
acheter une voiture ou faire installer un chauffe –eau solaire ou créer une activité sans être aidé par l’Etat.


Ce faisant nous avons crée une génération d’entrepreneurs qui ne savent plus prendre de vrais risques et sont devenus des drogués à la subvention.


Cela est tellement vrai que même les entreprises qui font du bénéfice continuent de crier haro sur l’état quand leur résultat, positif, diminue, ne se rendant même plus compte que les aides
publiques ne peuvent, en aucun cas, être maintenues en présence de bénéfice car cela reviendrait à dire que ce dernier est en partie assuré par le contribuable.


Les arguments mis en avant, pour réclamer le maintien, sont surprenants, comment par exemple dire que les charges sociales « plombent » le résultat des entreprises quant on sait que les
charges sociales patronales sur les petits salaires, soit 95% de la masse salariale de privé, sont en très grande partie, exonérées !


Le seul vrai problème est le manque de fonds propres et la difficulté à se financer mais hollande a promis d’y remédier, oubliant qu’il existe déjà des dispositifs comme Oséo.


La grave erreur des interventions publiques a été d’avoir oublié l’emploi, on a choisi, arbitrairement et sous la pression de lobbies actifs, des secteurs d’activité alors que le seul critère
aurait dû être la création pérenne d’emplois.


Bref l’argent public a été utilisé, en masse, pour un résultat globalement négatif.


Peut-on en sortir ?


A mon humble avis oui, car il existe, heureusement, des entrepreneurs Guadeloupéens, qui réussissent sans être pour autant des chasseurs de primes et subventions. Il n’y a pas de malédiction qui
empêcherait le succès.


D’ailleurs les plus belles réussites sont dans le secteur du commerce et des services, activités beaucoup moins aidées que le secteur dit « productif » qui lui connaît beaucoup plus de
problèmes.


Il faut simplement que certains entrepreneurs se désintoxiquent et apprennent à faire sans les aides ou avec des aides réduites.


Pour le reste la Guadeloupe et son économie ont connu bien des mauvaises situations, comme les chocs pétroliers, les conflits sociaux graves de 1967 ,1982 et 2009,sans oublier le cyclone Hugo.


La majorité des entreprises s’en sont sorties, ce qui prouve bien que c’est possible.


Les entrepreneurs de PME ont tort de réclamer plus d’intervention de l’Etat dans l’économie car ça ne marche pas et il n’y a plus d’argent.


Il va falloir s’y habituer.


Ils doivent par contre exiger que l’Etat joue son rôle dans le maintien de la paix sociale en ne donnant pas à certains syndicats un pouvoir sans commune mesure avec celui qui leur est conféré
par le code du travail et en punissant les patrons, rares, qui ne respectent pas le même code: C’est une démarche qui ne couterait rien et permettrait aux entreprises bien gérées de s’épanouir.


 


NB En ce qui concerne le commentaire de Carene, je tiens à préciser que je suis du côté des entrepreneurs courageux qui méritent leur bénéfice par eux même et qui se sortent de situations
compliquées : être entrepreneur en Guadeloupe n’est pas facile mais on est très fier quand on y arrive.


Je le sais pour avoir été de ceux-là pendant 30 ans et d’avoir bâti une belle entreprise, dans un secteur très concurrentiel, sans gros moyens au départ, sans aides publiques spécifiques et avec
deux délégués du personnel UGTG, comme quoi…

Carène 20/05/2012 15:07


Je gère moi-même une petit entreprise et pour des raisons internes mais aussi par rapport aux mesure annoncées, j'admets avoir envie de jeter l'éponge. Comment ne pas perdre sa motivation quand
on a deja du mal à atteindre le seuil de rentabilité, par rapport au coût du travail trop élevé ???


Quand on parle a la population d'allègement de charges sociales et des impots, une majorité considère cela comme des cadeaux au patronnat... et bien moi je leur dis qu'en général ces allègements
ne vont pas dans les poches des patrons ni celle des actionnaires s'il y en a. Personnellement, qq "cadeaux" me permettraient une nouvelle embauche nécessaire et souhaitée... Il s'agit donc
plutot indirectement d'un cadeau à un chômeur. Allez faire comprendre cela a des gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez...


A défaut de l'allègement du cout du travail, les entrepreneurs se lancent a juste titre dans des activités qui nécessitent peu de main d'oeuvre... ou jetent l'éponge tout simplement. Pas de quoi
aller dans le sens de la baisse du chomage...


En résumé, ce n'est pas en contraignant les entrepreneurs, en voulant tout régenter que l'on favorisera l'emploi... Car les entrepreneur ne sont pas des pantins que l'on manie pour aller dans le
sens que l'on veut. Ce sont des êtres qui ont leur liberté de choix et si le jeu n'en vaut pas la chandelle alors la décision sera sans appel...


Une précision : le jeu en vaut la chandelle non pas parce qu'on se remplit les poches mais parce que notre entreprise est viable économiquement et que cette activité nous permette de vivre
décemment, à la mesure de l'investissement de temps et d'argent que réclame l'entreprenariat... STOP aux clichés du méchant patron qui se gave sur le dos de ses pauvres employés...