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Publié par Edouard Boulogne

et-dieu-crea-la-femme-1956-5576-1982642155.jpg ( Tout le monde aura reconnu BB dans le film "Et Dieu créa la femme". Non, l'homme qui applaudit et rit joyeusement, ce n'est pas cédric Cornet qui n'était pas né à l'époque ! ). 


Deux lecteurs m'envoient, séparément, des images intéressantes pour compléter l'article de ce jour.

Le premier, pourrait être dangereux s'il parvenait, par exemple au groupe « féministe » connu sous le nom, auto attribué de « Les chiennes de garde ». ( Comme c'est élégant, et de bon bon goût. Comme c'est lucide aussi, pour une fois. Mais de garde de quoi? ). En tout cas je publie. Il ne sera pas dit que Le Scrutateur se sera laissé intimider.

Voici l'objet du délit : Il s'agit de la réception, par un cadre d'entreprise, du premier tome d'un ouvrage intitulé Comprendre les femmes.Comprendre-les-demmes-jpg

 

Pour aggraver mon cas, je publie, aussi, cette pochade de Sacha Guitry sur la moitié du genre humain dont il se disait « contre. Mais tout contre »

 

Voici :

 

« Je me suis livré pendant trois semaines à un travail véritablement gigantesque : j'ai voulu retrouver les origines de la femme.

Je dois d'ailleurs vous avouer tout de suite que je n'y suis point parvenu.

Des personnes mal renseignées prétendant que la femme est d'une invention relativement récente — je n'insisterai pas sur la stupidité d'une semblable assertion.

Dans mon enfance — je vous parle de quelques dizaines d'années — il y avait déjà beaucoup de femmes.

Ce qui serait intéressant de savoir, ce serait le temps qui s'est écoulé entre la création du premier homme et la création de la première femme !

Oui, je voudrais savoir à quel âge l'homme s'est dit : - Je voudrais avoir une femme !

Il y a une vieille légende bretonne — je ne sais pas si vous la connaissez — qui dit que la première femme a été faite avec une côte empruntée au premier homme.

A-t-on voulu se moquer de moi en me racontant ça ?

C'est possible.

En tout cas, ce n'est pas très drôle comme plaisanterie.

Remy de Gourmont a imaginé des choses bien plus curieuses et bien plus amusantes au sujet de la création de la femme. Je vous les recommande.

Au point de vue physiologique, l'utilité de la femme est flagrante - elle l'est à tel point qu'il est impossible d'imaginer le second homme sans la présence de la femme, sans son concours effectif.

Ce point étant établi, son utilité étant reconnue, posons-nous brutalement la question suivante :

En dehors de cela, en dehors de sa fonction naturelle, à quoi peut bien servir une femme, qu'est-ce qu'une femme peut faire ?

Eh ! bien, ma réponse sera précise et très nette — une femme peut tout faire !

Elle peut gouverner, elle peut peindre — elle peut être médecin, avocat, sculpteur, chimiste, architecte, compositeur de musique, concierge ou balayeuse — elle peut faire la cuisine, jouer la comédie, labourer le sol, fabriquer du papier, des boutons, des bouchons, des bouteilles, des épingles, des lacets, des bottines et des portemanteaux — elle peut coudre, broder, écrire, photographier — elle peut penser, parler, chanter — se taire aussi — quelquefois !

Elle peut tout faire enfin !

Seulement — il y a un seulement — est-elle faite pour travailler ?

Il y en a qui disent « oui » — il y en a qui disent « non » — il y en a qui disent « oui et non » — moi, je me dis : « je ne crois pas ».

Il faut plaindre les femmes qui travaillent, il faut les secourir — mais il ne faut pas encourager les autres à en faire autant.

Je vous jure que la femme n'est pas faite pour travailler.

A côté de ça, il n'y a pas un très gros effort à faire pour l'obliger à danser, à jouer au baccara, à patiner ou à essayer des robes. Je ne le dis pas ironiquement — du tout !

Les femmes semblent même supérieurement douées pour les fonc­tions qui coûtent de l'argent au lieu d'en rapporter.

J'ai une opinion étrange : je trouve que les femmes doivent être jolies — et j'ai remarqué une chose très curieuse : c'est que toutes les femmes sont jolies — quand elles sont aimées.

Et c'est pourquoi, je ne serais pas éloigné de croire que les femmes sont faites pour être aimées.

Et, étant donné qu'il y a sur terre autant de femmes que d'hommes, il y aurait très bien moyen de s'arranger.

Je dis qu'elles sont faites pour être aimées, les femmes — j'ajouterai même qu'elles le sont plus peut-être encore que pour aimer.

Prenons un exemple...

J'estime qu'un homme adroit peut dire à n'importe quelle femme qu'il est amoureux d'elle sans la fâcher. Si elle est amoureuse d'un autre homme ou si elle est honnête, elle lui dira qu'il perd son temps et qu'il doit renoncer à elle — mais elle ne sera pas étonnée.

Mais amener une femme dans un coin... lui dire des saletés, tout bas... lui presser les mains en lui jurant qu'on aime la musique... quand on sait que ça n'ira pas plus loin... que ça ne peut pas aller plus loin... ça, ça me dégoûte !... Ça me dégoûte de la part de la femme parce qu'elle risque de tomber sur un brave homme sincère et naïf et de lui faire énormément de peine... Et ça me dégoûte de la part de l'homme parce que c'est un signe d'impuissance ! D'ailleurs, le manque de pudeur est signe d'impuissance !... Il y a toute une catégorie d'hommes qui ne font la cour qu'aux femmes fidèles... et qui seraient bien embarrassés si les femmes disaient : — allons-y !

Ça ne peut pas étonner une femme qu'un homme soit amoureux d'elle — même si elle est laide et fanée et que, lui, il est jeune et beau — elle peut toujours s'expliquer à elle-même pourquoi il est amoureux d'elle.

Les femmes ne se rendent pas compte de ce que c'est pour l'homme qui les aime que de connaître ce penchant qu'elles ont presque toutes à se faire faire la cour !...

N'avez-vous pas observé comme moi, messieurs, l'intelligence, l'ingéniosité, la finesse, la perspicacité infinie d'une femme à qui on va dire : Je vous aime !

A quel point elle vous devine — comme elle vous étudie — et quelle adresse elle a pour vous faire parler — quand elle le veut ! Là, elle est vraiment supérieure, elle est sublime et, à ce moment-là, l'homme le plus malin du monde est un collégien devant elle.

En somme, bien des femmes se plaignent de la vie et pensent que, pour elles, tout cela est très mal organisé. Eh ! bien, je voudrais savoir de quoi se plaignent les jolies femmes — de quoi se plaignent les femmes qui sont aimées.

N'est-ce pas, ça peut aussi avoir de l'intérêt.

Je veux bien reconnaître que les jolies femmes ne sont pas seules intéressantes — mais alors, vous, ayez la gentillesse de reconnaître qu'elles le sont également.

Il y a assez de gens qui s'occupent des malheureux, des disgraciés, des déshérités, pour que je défende un peu le bonheur, la grâce et la beauté.

Il n'y a pas que des malheureux.

Il n'y a pas que des gens laids.

Or, sous le prétexte magnifique de favoriser les gens malheureux, vous risquez de faire du mal à ceux qui ne le sont pas. C'est très grave.

Il est communément admis que l'on doit respecter la douleur et qu'il convient d'avoir pitié des êtres qui sont malheureux. Mais je verrais d'un fort bon œil qu'on eût également tous les égards possibles envers les gens heureux. On ne saurait avoir trop de considération pour eux, car les heureux font des heureux par égoïsme — tandis que, hélas ! les malheureux ne font le bonheur de personne ». ( …......).

 

Etc, etc! Je ne sais pas pour vous, chers amis, mais moi, j'aime bien l'humour de Sacha. Mon père, qui avait de commun avec lui, de n'avoir pas le baccalauréat ( faute rédhibitoire pour tant de cuistres d'aujourd'hui ), aimait Sacha, beaucoup, beaucoup; et il aimait les femmes ( et d'abord la sienne ! ), ce qui explique qu'il les chinait beaucoup. Ce texte lui aurait beaucoup plu.

Surtout que nous l'aurions imaginé, lu par Sacha, avec cet accent, ce phrasé qui n'appartenait qu'à lui, et que j'ai taché, sans succès, de trouver sur Youtube ou Dailymotion.

Mon espoir était d'avance condamné à l'échec en ce temps de recul de l'humour vrai. Les Chiennes de gardeveillent, et elles veillent bien, si j'ose accoler cet adverbe à ce titre engeanciel.

Mais on peut lire encore notre Guitry, grâce à la publication de ses écrits majeurs recueillis sous le titre très guitryen de Cinquante ans d'occupations( collection Omnibus ).

Sacha-Gitry.-.jpg

 

Encore faut-il le trouver dans les rayonnages d'une librairie. Et bien que l'édition soit relativement récente, la partie n'est pas joué d'avance. Et il faut faire montre d'un peu d'ingéniosité, et...d'expérience.

Si, selon l'ordre alphabétique, vous allez à la lettre M et cherchez Guitry, et ne l'y trouvez pas, votre faim n'est pas condamnée nécessairement. Soulevez, un peu, les titres bien visibles et bien exposés, tirez-les vers vous, dé-li-cat-e-ment, comme vous feriez d'un chat faisant sa sieste.

Il n'est pas rare d'y trouver Sacha, plongé dans les ténèbres d'un enfer durable, par les pattes de quelque « chienne de garde »tout à fait enfiévrée.

Croyez moi, il faut s'exercer à ces petites choses, à ces petites manoeuvres, que connaissaient très bien et pratiquaient nos ancêtres scrutatoriens de la Résistance. Car l'occupation est de retour. Elle en est encore à son stade premier, celui de la séduction. «  Soyez irréprochables », ordonnaient les grands chefs au soldat allemands, dans le Paris de juin-juillet 1940.

Exagéré-je? ( mmmh, comme cela est bien dit, isn't ? ). Un petit peu? Peut-être. Mais pas tant que cela.

 

EB.

 

Le deuxième délit quotidien ( « mon Dieu, offrez-moi mon délit de chaque jour », car la santé de l'esprit ne se maintient pas dans le conformisme et la lâcheté ), m'est offert par « un ange » qui porte le prénom qu'avait choisi, pendant la résistance, le célèbre Jean Moulin.

Il m'écrit : Edouard

Pour compléter ton article d'aujourd'hui sur le Mariage"gay". Salut.

Apercu-Document.png

 ( Je me trompe peut-être, mais l'homme à l'écharpe rouge me rappelle quelqu'un, dont la réputation était pourtant tout autre. De qui s'agit-il, les paris sont ouverts ). 

Comme disait, il y a 60 ans la regrettée Fabienne, cheftaine de la Meute I des louveteaux de Pointe-à-Pitre : «  regardez bien, regardez bien, Ô loups! ».

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ch.FFRENCH 19/12/2012 12:23


Non ce n'est pas lui! Il aimait tant les femmes que la sienne (légitime) ne passait qu'en rampant sous la Tour Eiffel...


Et le texte de Guitry (je possède le livre) est fabuleux!


Il disait aussi :"je suis contre les femmes! Tout contre!".


Génial Sacha!