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Publié par Edouard Boulogne

 

Cinéma : Les femmes du sixième étage.

 

( Le dernier film dont nous a parlé Marie Deval : Le discours d'un roi, vient de recueillir à Hollywood une pluie de récompenses : celui du meilleur film, du meilleur acteur, et du meilleur réalisateur, enfin celui du meilleur scénario. Une fois de plus Marie s'est montrée une grande prophétesse, et son goût très sûr s'est confirmé.

Aujourd'hui, notre correspondante à Paris nous présente un nouveau film : Les femmes du 6ème étage. Bonne lecture. Le scrutateur).

 

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Dans les années 60, Jean Louis Joubert (Fabrice Luchini), gestionnaire de fortune, et sa femme Suzanne (Sandrine Kiberlain) sont figés dans leur train-train sans originalité et sans relief,  bien conscients de leur importance et de leur qualité de bourgeois. Sur un coup de tête, leur vieille bonne bretonne  les quitte après 30 ans «d’esclavage». Suzanne engage une jeune espagnole, puisque c’est la bonne qu’il «faut avoir», comme le sac Hermes et les escarpins Jourdan. Maria (Natalia Verbeke) arrive donc chez les Joubert et, miracle, réussit à la perfection les œufs à la coque du petit déjeuner de «Monsieur».  Elle plait aussi à «Madame», car elle excelle à faire tout le travail que «Madame» ne peut évidemment pas faire : étant trop prise par ses essayages, son coiffeur, ses bridges, ses amies bienveillantes. Par hasard, Monsieur, se rend compte que les bonnes espagnoles de son immeuble vivent toutes au 6eme étage, «au dessus de sa tête», dans de minuscules chambres, non chauffées, sans eau et avec les toilettes à la turc immondes. Brave homme,  il fait réparer les lieux d’aisance et devient ainsi la coqueluche des dames du 6ème. Une multitude de  rencontres, d’attentions, de marques d’intérêt, de regards croisés, entre le groupe des bonnes et «Monsieur Jean Louis»  créent des liens aussi drôles et charmants qu’inattendus. Jean Louis, est accepté dans le microcosme de ces femmes qui ont  dû quitter pays et famille pour travailler sous la férule de gens nantis et indifférents. Il les voit, jour après jour, s’entraider, se chamailler, prier ensemble, se retrouver à leurs rares moments de liberté, enfin s’échiner à être heureuses malgré tout.  Il découvre ce qu’est  le rire tout simple, la liberté d’esprit, l’amitié, la gratuité, la danse, la musique, le partage  quand on n’a pas grand-chose à partager. Sa porte de service  ouvrant sur l’escalier sordide qui monte au 6ème étage devient pour lui espace de liberté, de joie et de plaisir. En fait ce petit bonhomme a du cœur, du non conformisme et le goût de l'authenticité. Il aime ces femmes, toutes différentes et chaleureuses : Conception ( Carmen Maura) si intense, Carmen la communiste (Lola Duenas), Dolores, Teresa, Pilar, et il s'attache à  la si ravissante et discrète Maria.

Sur un quiproquo, qu’il laisse  volontairement s’installer entre Suzanne et lui, il se retrouve à habiter sa chambre de service. Il y est accueilli avec étonnement puis avec bienveillance. Jean Louis est enfin heureux, il n’a jamais pu se laisser aller à une telle simplicité de cœur, une telle sincérité de pensée et une telle  liberté d’action de toute sa vie. Il n’est ni jugé, ni évalué, ni contraint, «sa surface financière» ne représente rien au 6eme étage, où on ignore tout du patrimoine.

Je vous laisse à tous au plaisir de rencontrer ces personnages et  cette histoire  simple et  savoureuse.

Ce film est un conte, un moment irrésistible de pur bonheur, de rire naïf, fin et succulent !

Fabrice Luccini qui se bonifie comme le bon vin, joue un Jean Louis-Candide épatant, les yeux écarquillés et le regard gourmand, la lèvre frémissante. Sandrine Kiberlain est tout simplement  géniale en jeune bourgeoise inodore incolore et sans saveur, sous l’influence de ses amies vénéneuses.

Quand  au bouquet de nos dames du 6eme elles sont bien des fleurs épanouies aux parfums variés et généreux et aux coloris chatoyants. Leur vitalité, leur humour, leur pétulance, toutes leurs qualités  de femmes et d’actrices sont tellement mises en valeur qu’on se régale de bout en bout  grâce à elles et à la complémentarité parfaite que l’histoire instaure entre elles et Luccini.

Ce film est un vrai bijou de finesse d’humour, de charme et d’amour…

Pas si léger que ça…. à bien y repenser……

Pourtant, une maladresse  s’est glissée dans le scénario, et elle est bien symptomatique de nos années 2000 :  il y a 50 ans, on ne disait pas encore «Bonjour Madame X» ou Bonsoir Monsieur Y»… les tout simples   «Madame» et «Monsieur» convenaient parfaitement. Nous n’avions pas encore troqué nos usages français  élégants contre les coutumes anglo-saxonnes. Autre chose : Le metteur en scène aurait bien fait de se renseigner quant aux bons usages des présentations et du baise-main, car la scène de la réception  des Joubert est vraiment ridicule….ou bien est-ce propos délibéré pour montrer l’absurdité des prétentions bourgeoises?

 

Marie Deval.

 

Titre : « Les Femmes du 6eme étage »

Film:  Français

Réalisateur : Philippe Le Guay

Sortie : 16 février 2011

Genre : Comédie

Durée :1h46

Acteurs: Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Vatalia Verbeke, Carmen Maura, Lola Duenas, Berta Ojea, Nuria Sole, Concha Galan, etc....

 

 


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Commenter cet article

JP OLLIVIER 13/03/2011 21:53



bonjour,


 


vous ne dites rien de spécial de l'actrice principale, et pourtant elle illumine tout le film...caractère et sensibilité...en plus d'être ravissante.