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Publié par Edouard Boulogne

 

Cinéma : Le discours d'un Roi.

 

( Marie Deval, notre correspondante à Paris, a vu ce film, l'a aimé, et nous donne l'envie de le voir au plus vite).

 

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Quelques années avant la deuxième guerre, le malheureux  Duc d’York,  « B….B…Bernie » le bègue (Colin Firth), est muré dans son  silence et dans ses mots douloureusement éructés. Il est  sensible, fin, intelligent, il a du caractère, c’est un gentleman et il n’est que deuxième à la succession au trône, heureusement. Il n’ose s’exprimer, en achoppant sur chaque mot, en s’étranglant, en contorsionnant son visage, que devant sa très aimante épouse Elisabeth et ses deux petites filles.

Il est bègue et tout son entourage le traite comme tel : son frère aîné (Guy Pearce) avec mépris, son père le roi Georges V (Michael Cambon) avec agacement, la cour avec condescendance. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tout tenté, des doctes professeurs aux pires gourous. La duchesse Elisabeth, (Helena Bonham Carter)  « la cuisinière écossaise » comme la surnomme aimablement Wallis Simpson, maîtresse du Prince de Galles, étant donc écossaise est une bourrique, et veut  mettre fin à la souffrance de son mari. Elle trouve un certain Mr Lionel Logue (Geoffrey Rush), australien et orthophoniste  de son état (comme son nom l’indique) à qui elle confie Bernie.

Les rapports aussi peu protocolaires que tumultueux du prince avec  le  professeur sont construits et filmés de manière précise, les dialogues sont  savoureux et pleins d’humour. On saisit que toute la richesse du tempérament du Prince est ligotée et restreinte du fait qu’il ne puisse parler. Au  fur et à mesure qu’il trouve les mots et les phrases, il trouve pensée et cohérence d’action.

Merleau-Ponty l’a dit : « la parole n’est pas l’expression de la pensée mais le vecteur de la création de la pensée. Ce n’est pas parce qu’on pense qu’on s’exprime, mais c’est en s’exprimant qu’on  crée la pensée »

A la mort de son père, le roi Georges V,  et l’abdication de son frère Edouard VII, évincé du trône par son mariage avec Wallis Simpson, Bernie se trouve propulsé au rang de roi d’Angleterre et de chef de l’Empire Britannique.

En quelques mois, le nouveau roi, Georges VI, devra devenir un souverain au rôle, à l’époque, prépondérant, un leader pour son peuple et pour l’Europe face à la montée inflexible du nazisme, et un orateur convaincant.

Il va prononcer son premier discours à la radio, et infléchir la direction de la politique britannique face à la guerre qui s’annonce.

Toute la finesse et la force du film de Tom Hooper est de montrer, sans un instant de platitude, l’environnement historique, l’intimité de la famille royale, et le parcours, qu’on pourrait qualifier d’initiatique,  d’un jeune roi qui sera appelé à devenir une figure héroïque pendant la guerre.

Colin Firth trouve dans ce destin royal un rôle d’exception qu’il accomplit pleinement. Il est parfait, tant dans la frustration que dans la tendresse et la lutte. Il est secondé par l’aimable Helena Bonhan Carter qui devrait se trouver un prince à épouser, et par Geoffrey Rush dont l’insolence n’a d’égale que l’aisance et le charme.

Du bon cinéma, du très bon cinéma.

                                                                                                                   Marie Deval.

Titre : The King’s Speech

Réalisateur : Tom Hooper

Genre : Drame

Pays UK, USA

Durée ; 1h58

Acteurs : Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter, Guy Pearce, etc

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