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Publié par Edouard Boulogne

 

La-cigale-et-la-fourmie.png ( J'ai choisi de placer cet article sous le patronage de M.Jean de La Fontaine, et plus particulièrement de la fable de la cigale et de la fourmi que l'on trouvera, en complément, après l'article de DOLTO. EB  ).

 

 

L'article de notre ami DOLTO me parait très rigoureux, lucide, incitant moins au pessimime larmoyant qu'à l'effort, au courage, à l'esprit de décision, des chefs d'entreprises, mais aussi de chacun d'entre nous. J'estime qu'il mérite d'être largement diffusé, par delà le Scrutateur. N'hésitez pas à le communiquer à vos amis. Utilisez votre carnet d'adresse internet. Ce sera en même temps l'occasion pour ceux qui ne le connaîtrait pas encore de prendre contact avec notre blog.

Edouard Boulogne.

 

 

 

 

Hausse du chômage en Guadeloupe en juillet : Nous payons encore avec effet de retard la crise LKP , avec toutefois un bémol .
Aujourd'hui, nous avons juste les premiers effets de la crise internationale, les DOM ont toujours perçu avec retard les soubresauts de la métropole, a fortiori ceux de la mondialisation de l'économie (voir le rapport CEROM "la Guadeloupe, une économie sous serre").

Fin juillet, les demandeurs d'emplois de catégorie A étaient 56 110 en Guadeloupe et dans les Iles du Nord. Soit + 150 inscrits par rapport au mois de juin.
Aussi, sur une année, leur nombre a connu une évolution de + 7,4% en Guadeloupe et dans les Iles du Nord. Et sur un mois de + 0,3%.


La conjoncture économique plombe la lutte contre le chômage


"Mauvais" depuis la crise LKP de 2009 , les chiffres des demandeurs d'emploi en juillet, reflètent une conjoncture économique bien morose et ne promettent pas de s'améliorer à court terme, selon des experts. la nouvelle hausse annoncée, n'est pas vraiment une surprise, la remontée du chômage étant "sans ambiguïté" liée à la conjoncture dégradée de l'économie depuis l'émergence du mouvement social de 2009.
Le cycle économique ralentit en Guadeloupe comme un peu partout en France et ça a une incidence sur le comportement des chefs d'entreprise par rapport au marché du travail . La remontée des indicateurs du chômage est cohérente avec le ralentissement constaté dans les enquêtes auprès des chefs d'entreprise ces 3 dernières années .
Depuis la crise en 2009, la situation du marché de l'emploi en Guadeloupe est particulièrement déprimante.
Hausse du chômage : Le pire de la crise est sûrement à venir
On peut effectivement craindre une dégradation dans les mois qui viennent. D'une part, la croissance semble fléchir (la croissance au deuxième trimestre 2011 a été nulle en France, selon les chiffres que vient de publier l'Insee), et, de toute façon, il est à craindre que les entreprises en Guadeloupe privilégient encore la reconstitution de leurs marges avant de se remettre à embaucher , étant donné les restrictions budgétaires qui vont peser sur la trésorerie notamment, et freiner les anticipations d'investissement .
Le marché du travail est devenu flexible mais dans un seul sens: la sortie.
Rien n’est prévu pour recréer des emplois dans notre île et relancer l'investissement , ce qui signifie que l’austérité va encore s’accentuer. Manifestement, 2011 n’est que le début d’une série d’années de restriction sans précédent.
L'angoisse du chômage, cette épée de Damoclès qui campe au dessus de la tête du salarié français depuis la fin des trente glorieuses, n'est pas prête à disparaître. Notre croissance est bien trop faible sur le long terme pour être créatrice en emplois. Finalement, le problème ne vient peut-être pas du marché de l'emploi mais davantage du manque de dynamisme et de réactivité des entreprises , invariablement à la traîne dans leurs capacités d'innover, d'exporter, de créer, de croître. Rappelons que le moteur de la croissance en Guadeloupe est la consommation : les salariés joue le jeu. En revanche, l'investissement des entreprises végète depuis des années, et l'Etat cherche toujours des solutions....sauf que le plan d'austérité risque de freiner encore plus la croissance !
Cela dit, le pire est effectivement sûrement à venir. Les prix semblent repartir à la hausse, les politiques budgétaires restrictives des collectivités locales vont contribuer à ralentir la croissance, et la montée du chômage de longue durée va accroître la pauvreté. Et ce d'autant plus que l'on peut s'attendre à une coupe dans les budgets sociaux (elles sont déjà en cours).
Disons-le tout de suite , la crise financière et économique qui sévit depuis 2008 ne fait que s'amplifier avec le problème de la dette , en ce mois d’Août 2011.

 

Les évènements auxquels nous avons assisté jusqu’à présent n’étaient que des signes annonciateurs. Voici pourquoi:
La crise économique à laquelle nous sommes confrontés est essentiellement provoquée par un excès de dettes des Etats . Jusque dans les années 80 les Etats avaient des budgets équilibrés, comme le bon sens l’impose. Ensuite ils se sont mis à dépenser plus d’argent qu’ils n’étaient capables de faire rentrer dans les caisses. Les gouvernements ont commencé à vouloir prendre en charge de plus en plus de domaines d’activités et à intervenir tout azimut, s’enflant au fil des ans jusqu’à éclater comme la grenouille de la fable. Les citoyens se sont installés dans un confort douillet et se sont habitués aux largesses de l’Etat .
Dans le même temps, les technocrates et les politiciens, inconscients des conséquences de ce qu’ils faisaient, ont mis en œuvre la mondialisation, c’est-à-dire l’ouverture totale des frontières pour les biens et les capitaux. La France s’est trouvée soudain en compétition avec des entreprises qui payaient leurs salariés l’équivalent d’un dollar par jour.Naturellement ce fut la ruée vers les produits « made in China » qui envahissent désormais nos magasins jusqu’à saturation. Bien évidemment, nos entreprises ont licencié en masse pour aller faire fabriquer meilleur marché en Asie et Europe de l'est. Ainsi s’est installé un chômage de masse chez nous. Nous assistons à une expérience grandeur nature de ce que sont les vases communicants : au fur et à mesure que le niveau de vie des Chinois , des Brésiliens , des Indiens , monte, le nôtre baisse en proportion. Et ceci se prolongera jusqu’à ce que nous ayons tous le même niveau de vie. Cela prendra une génération au moins.
Telle est donc la situation en ce mois d’Août 2011. Dans ces conditions les gouvernements dont les caisses sont vides sont obligés enfin de réduire les dépenses et augmenter les recettes . C’est pourquoi je dis que nous sommes au début de la crise économique. Cette réduction des dépenses qui était indispensable depuis de nombreuses années intervient très tardivement et va nécessairement provoquer un ralentissement économique sans précédent. Le chômage va augmenter, les salaires vont stagner, les rentrées fiscales vont diminuer avec une croissance trop molle et l’Etat sera asphyxié. Nous allons tout droit vers une récession et une diminution de notre niveau de vie. Tout ceci est mécanique.
Ces réformes qui seront imposées par les gouvernements seront partout mal acceptées. Cela peut conduire le peuple dans la rue. Nous pouvons nous attendre à des révoltes et nous pouvons même craindre des révolutions ou guerres , comme l'a écrit l'économiste Philippe Dessertines . La seule solution pour éviter ces débordements autodestructeurs consisterait à adopter des mesures fortes et non démagogiques .
Dans de telles conditions, le peuple devra être mis devant ses responsabilités. C’est la condition sine qua non pour réformer sans heurts : nous n'avons plus le choix. Il est grand temps que les citoyens prennent conscience qu'il faut réduire notre train de vie
. C’est notre avenir et celui de nos enfants qui est en jeu.

DOLTO

 

 

fable1.jpg

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Val 29/08/2011 18:14



"Dans le même temps, les technocrates et les politiciens, inconscients des conséquences de ce qu’ils faisaient, ont mis en œuvre la mondialisation, c’est-à-dire l’ouverture totale des frontières pour
les biens et les capitaux"


voir la vidéo "la stratégie du choc"de Naomi Klein


http://www.youtube.com/watch?v=MKeiChMRWTU&feature=player_embedded



Claude HOUEL 27/08/2011 16:25



Il est un moyen de lutter contre le chômage qui ne couterait rien à l'état:Que ce dernier assure aux entreprises un environnement sécurisé dans le temps et n'intervienne plus dans la gestion de
ces dernières en distribuant des aides dont l'inefficacité n'est plus à démontrer.


Il ne sert à rien d'inciter les investisseurs à risquer leurs capitaux si l'application tropicale du droit de gréve détruit systématiquement le tissu économique.


Le tourisme,qui reste effectivement la seule planche de salut,en est l'exemple emblématique.A quoi a servi la manne énorme d'aides en tous genres déversée sur le secteur hôtellier quand on voit
l'état de délabrement,au propre comme au figuré,du secteur.Quels signes positifs donnons nous aux opérateurs de tours en dehors de blocages et autre accueil perfectible?


Que l'état se cantonne a ses fonctions régaliennes,y compris le maintien de l'ordre, et laisse le secteur privé assurer son exploitation et réaliser ses objectifs de production de biens et
services à destination des consommateurs.Le retour de l'embauche se fera quad les entreprises auront constaté une reprise soutenue .C'est une loi fondamentale de l'économie qui a été dévoyée par
le recours aux aides publiques qui auraient dû rester ponctuelles et proportionnée aux embauches.Il faudra bien se désintoxiquer de ce qui est devenu une drogue,le sevrage sera difficile mais pas
impossible.


L'autre facteur de blocage est l'incertitude politique.Une entreprise doit avoir confiance dans l'avenir et tant que nous serons dans une période d'incertitude statutaire et que les règles du jeu
ne seront pas clairement définies,aucun chef d'entreprise ne prendra de risque et les choses n'évolueront pas.



sylvain 27/08/2011 14:29



L'article commencait bien mais n'apporte rien de nouveau. Analyse un peu simpliste de la mondialisation (vases communicants...?!)


Quant à l'emploi...embaucher du personnel dans les petites entreprises (85%) revient à être maso !...encore plus depuis 2009 !


Sinon, pour la création de richesses il y a le tourisme, seule vraie filière créatrice de valeur dans nos îles.