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Publié par Edouard Boulogne

Hier, 26 juin, il était impossible de ne pas rendre un hommage plus ou moins sincère ( + ou – ,  dis-je , car l'unanimité dans l'accord parfait avec le célèbre Martiniquais, était quand même assez suspecte. Jésus-Christ lui-même ne rallia pas, et il s'en faut, l'unanimité des suffrages ), au micro des radio-TV qui radiotaient, retransmettaient, interviewaient partout, - et surtout dans les stations-service, où cohabitaient, en grand désarroi, le ban et l'arrière ban de nos « communautés », fort déconfites, mais d'accord, au moins sur ce point : " Aimé est Grand, il est unique, il a eu toujours raison" ( « Il duce è sempre diritto » ).

Nul hostilité a priori de ma part envers l'auteur du Cahier d'un retour au pays natal. Juste une retenue sur cette unanimité, qui suscite toujours ma suspicion.

Comme le dit un célèbre proverbe Xhosa : « Nous devons toujours prendre garde à l'unanimité. Car elle est la cousine germaine du conformisme qui est la mort de l'esprit » ( traduit du Xhosa en anglais par Sri Aurobindo, et de l'anglais au français par le Scrutateur. Une traduction en créole mawtiniqué est en cours ).

Ou plus simplement, selon Fanfan la Tulipe : « L'mari de notre mère doit toujours s'app'ler papa ».

Cela dit, Aimé Césaire fut une personnalité hors pair, pour le meilleur et pour le ( censuré ).

A sa mort, j'ai voulu lui rendre hommage sur ce blog, dans un article, à la fois admiratif, et réservé, comme il convient, je le crois, à l'honnêteté et à la mémoire d'un homme qui, lorsqu'il est l'objet d'une flagornerie universelle et sans mesure, finit toujours par recevoir, des retours de bâton, toujours désagréables, même quand ils sont justifiés.

On trouvera ci-dessous, le lien avec cet article «  Aimé Césaire, poète et politique ».

Notons, d'ores et déjà que le grand Aimé n'aura pas eu trop de scoumoune, tout au long de son existence, et jusqu'à hier.

Imaginons un instant, que son ami Nelson Mandela soit mort, le 26 juin. Cette étoile effaçait l'autre à l'affiche de la mémoire et de la déploration.

Que Mandela ait été un ami attentif, et généreux se confirme, évidemment, avec éclat.

"Nunc dimmitis", semble-t-il penser en ce matin du 27 juin, où l'annonce de son départ se fait de minute en minute plus probable.

Oui! Aimé Césaire, avec de tels amis, a eu bien de la chance.

 

Le Scrutateur.

 






( I ) Aimé Césaire, poète et politique .

 

http://www.lescrutateur.com/article-18816232.html

 

cesaire_lecture.jpg

 

( II ) Césaire! quel consensus! Par Eric Nogard.

 

 

http://www.lescrutateur.com/article-30703608.html 

 

 


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Louis Dutertre 27/06/2013 17:25


Quelle valeur accorder à tous ces chants, lorsque je me souviens de ce politique martiniquais me disant - en confidence - sa défiance envers Césaire qu'il voyait comme de la graine de dictateur,
et de me citer les mille et une pratiques du PPM et de la municipalité foyalaise (on ne disait pas encore "la ville-capitale") ? Car je me souviens aussi de ce même politique martiniquais
chantant devant les caméras de télévision les vertus et mérites de cet humaniste humble de coeur et doux - Césaire était aussitôt devenu son modèle, son père spirituel - lorsque le même Césaire
ferma les yeux, quelques mois plus tard. Césaire, dont on dirait qu'il n'a pas voulu comparaître devant Dieu - en tout cas pas en passant par l'Église pour aller à sa rencontre. Et la
Martinique, si croyante, si religieuse, ne se demande même pas comment il se fait que le chantre de la dignité de l'homme noir n'ait pas voulu s'abaisser devant Dieu, ni donner à sa propre vie
cette touche de sacré que des obsèques religieuses lui auraient conféré. Non ! les obsèques de Césaire ressemblèrent plutôt à une mise en scène à caractère politique dont il fut le dieu devant
lequel il fallut que chacun s'inclinât, non en pensant au salut d'une âme (quelle qu'elle soit), mais aux sautations et prosternations d'usage que doivent les païens à leurs idoles. Et puisqu'il
est question de témoignages, ceux qui furent ses élèves - les bons élèves, surtout - gardent de ses cours de français le souvenir qu'il fut un professeur à la fois inoubliable, charismatique, et
dont l'enseignement fut magistral au poibnt que c'est probablement parmi ses anciens élèves que se recrutent ses plus authentiques et ses plus sincères admirateurs. Il les a étonné tous les jours
et transporté dans la magie d'une langue et de sa littérature, lui qui parlait si bien la langue des dieux (c'est-à-dire la poésie, comme on dit dans la littérature).