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Publié par Edouard Boulogne

Carnets d'écriture

Aujourd'hui, je me suis mis à plancher sur le plaisir ( la notion de...) en vue d'une réunion amicale où le sujet sera proposé pour échange ( d'idées, évidemment ! ). Hédonisme, eudémonisme, Epicure, Platon, et tout l'tremblement.

J'ai entrepris, dans cette perspective, de relire un livre de 1996 La tyrannie du plaisir de Jean-Claude Guillebaud (éditions du Seuil ).

Je n'en ferai pas aujourd'hui la recension critique. Mais je consacrerai ma page d'écriture de ce 19 septembre à transcrire quelques passages ( pp . 22 à 25 ) de ce remarquable essai, toujours si actuel.

Guillebaud, après avoir noté les fluctuations de l'opinion publique sur les questions de moeurs, démontre son affirmation de façon implacable.

La modernité se veut libre de toute transcendance. Comme disait un personnage de Sartre dans Les mouches «  chaque homme doit inventer son chemin. Et je suis un homme Jupiter ».

Le progrès des techniques l'incite à se concevoir comme maître et seigneur de l'univers. Au point d'estimer inutiles toutes limites, toute boussole.

Boussole.jpg

 

C'est ainsi que beaucoup d'entre nous se veulent « libérés » oubliant certaines des limites ontologiques de l'animal vertical, comme le rappelait dans l'échange publié il y a quelques jours, par le Scrutateur. ( Cf. Regards croisés de philosophes ).

Mais c'est un autre personnage de Sartre, qui rappelle la difficulté d'être vraiment libre.

Les petites particules élémentaires que nous sommes en définitive, selon la formule de Houellebeck, ont bien du mal à penser par elles-mêmes.

Sans s'en rendre compte, les orgueilleux citoyens s'en remettent à des maîtres penseurs, de curieux maîtres penseurs, sophistes et bonimenteurs, qui sont à la fois maîtres et esclaves, maîtres des ignares - qui se croient originaux quand ils ne sont que médiocres suiveurs -, esclaves de leurs propres passions qu'ils offrent comme étoiles polaires à la tourbe des scotchés de la TV, et des divers moyens de conditionnement et d'entubement « modernes ».

Liberer-l-Information.jpg


Guillebaud dans les pages que vous allez lire, et je l'espère méditer, évoque certaines des conséquences sur le plan des moeurs de la grande dérive de « la pensée 68 » ( pour reprendre le titre d'un autre ouvrage intéressant lui aussi, - de Luc Ferry et Alain Renault - mais de lecture plus difficile ).

Nous nous plaignons tous du développement de la violence, de la détérioration des moeurs. Mais nous n'en recherchons pas les causes. Il arrive même que nous crachions sur ceux qui pourraient nous éclairer.

Charlie-Hebdo-962-copie-1.jpg( caricature traduisant l'extrême subtilité de la "cul-ture" libertaire )

Alors que nous portons aux nues les agents de la dissolution générale. Il est vrai que ce sont ceux-là seuls que nous montrent et proposent comme maîtres à penser, les médias de la décadence, et osons le dire, souvent un certain enseignement dispensé dans « les écoles de la République ». 

En attendant ce sont ces "idées", plutôt, ces fantasmes, qui nous imprègnent, toubillonnent dans nos intelligences, déterminent nos humeurs, nos attirances et nos répulsions. 

Etonnez-vous d'avoir le mal de....vivre!

 

Edouard Boulogne.

 

Pédophilie, inceste. Ceux qui en toute impunité les propagent.

 

( textes extraits de La tyrannie du plaisir, de Jean-Claude Guillebault ).

Au temps de « l'aventure pédophile »

 

« Dans la foulée de la grande libéralisation des mœurs d'avant et après 1968 avait proliféré, comme on le sait, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis, toute une littérature de revendication permis­sive. Littérature de combat, elle participait d'un irréversible mouvement de libéralisation et permit — notamment_de mettre en échec l'ancestrale réprobation de l'homosexualité ou le vieil ostracisme antiféministe. Deux combats exemplaires dont il sera question plus loin et dont la légitimité ne fait, rétrospectivement aucun doute. Il n'en va pas de même de la pédophilie, qui, d'un seul mouvement, se trouva déculpabilisée, célébrée et théorisée. Elle le fut dans des termes qui déclencheraient aujourd'hui, partout, une réprobation stupéfaite. C'est ce décalage-là - à si peu d'années de distance - qui invite à la réflexion.

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Parmi les militants homosexuels, on s'interroge aujourd'hui sur les complaisances ambiguës du passé pour les professions de foi pédophiles. Complaisances entretenues pendant une quinzaine 'années et qui se retournèrent fâcheusement contre la libération homosexuelle elle-même, en la « compromettant ». « Si les homosexuels défendaient la liberté du désir, écrit Frédéric Martel, les pédophiles ont voulu jouer sur les limites de l'âge des mineurs et refuser toute norme. L'impasse était proche ; bientôt ils tenteront de légitimer le viol en se plaçant cette fois en totale contradiction |avec le mouvement féministe, qui s'attachait justement à le criminaliser. Dès lors, les peurs légitimes à l'égard de la pédophilie ont nourri les critiques irrationnelles à l'égard de l'homosexualité. [...] A partir du milieu des années 80, les pédophiles et les homosexuels cesseront effectivement de faire "pétition commune". » A bien réfléchir, cette prétendue maladresse du mouvement homosexuel des origines n'en était pas une. Elle aussi était en phase avec la sensibilité de ces années-là; une sensibilité portée à l'indulgence panoramique. Pédophilie incluse. On ne s'effarait guère dansl'opinion, qu'un écrivain reconnu (Gabriel Matzneff) se trouvât convié à une émission littéraire de télévision pourprésenter l'un de ses livres vantant l'amour physique avec les «moins de quinze ans». Nul n'aurait osé braver l'admiration générale pour objecter, au sujet de Nabokov, que l'héroïne de son célèbre roman Lolita, appétissante fillette cédant aux feux d'un quinquagénaire, n'avait pas encore douze ans. Plus troublant encore personne ne s'offusquait durablement que s'exprimât, dans la grande presse, un militantisme pédophile sentencieux.

En témoignent (parmi beaucoup d'autres) ces plaidoyers pédophiles du philosophe René Schérer publiés en 1978 : « On s'interroge sur la possibilité d'un amour partagé entre un homme et un enfant. C'est que l'on voudrait, au couple insolite,imposer la grille d'une érotique d'adultes, entre personnes cloisonnées. Mensonge, énigme, impossibilité, ou crime, l'amour pédophilique devient au contraire toute lumière dès qu'on l'introduit au champ de l'érotique puérile »

Dans le même texte se trouve développé l'inévitable critique de la « répression » bourgeoise qui signe, à elle seule, une époque. « L'aventure pédophilique, écrit Schérer, vient révéler quelle insupportable confiscation d'être et de sens pratiquent, à l'égard de l'enfant, les rôles contraints et les pouvoirs conjurés. » Si ce pathos nous hérisse aujourd'hui, souvenons-nous que ce n'était pas le cas hier.

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C'est peu de dire qu'entre 1970 et le milieu des années 80, pendant quinze ans, l'opinion fut indulgente à l'endroit des adultes pédophiles ; ces adultes dont on dénonce aujourd'hui les méfaits dans la grande presse en se félicitant de leur arrestation lors de valeureux « coups de filet ». Quinze ans plus tôt, il convenait de se montrer compréhensif à l'endroit des mêmes, sauf à se positionner irrémédiablement comme « réactionnaire ». Un sexologue qui, dans les années 70, milita pour la libération des mœurs en fit l'ex­périence. Il a raconté la haine agissante que lui valut de la part de certains militants du FHAR (Front homosexuel d'action révolu­tionnaire) son hostilité personnelle mais alors « décalée » à l'égard de la pédophilie ».

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( Intellectuelle de très haut niveau, recrutée par François Hollande, pour "faire passer" sans trop de douleurs les "idées" socialistes en matière de moeurs. Il est vrai que Sarkozy, qui a commis, tout de même certaines erreurs avaient fait de Frédéric Mitterrand un ministre de la cul-ture. Aujourd'hui c'est Filipetti. Fatalitas! ). 

 

Le cas de Tony Duvert.

 

(…..) « Un autre exemple, véritable cas d'école littéraire, permet de mieux mesurer encore la radicalité de cette volte-face de l'opinion - et même d'en retracer approximativement la chronologie. Cet exemple, c'est celui de Tony Duvert. Excellent écrivain des années 70, il fit de la pratique pédophile non seulement l'enjeu d'un prosélytisme acharné, mais la matière même de sa littérature.

Avec le recul on peut reconstituer l'évolution de la critique littéraire à son endroit. Une évolution qui « modélise » les glissements de l'opinion courante.

C'est en 1973 que Tony Duvert se fait connaître avec la publication aux éditions de Minuit d'un roman, Paysage de fantaisie, qui est en réalité son cinquième ouvrage - les quatre premiers ayant été publiés de façon quasi confidentielle. Jeux sexuels entre un adulte et des enfants, représentation fantasmatique du rapport entre bourreau et victimes (« comme les enfants jouent aux Indiens, je joue à être bourreau », annonce l'auteur), ce texte transparent! assez largement applaudi et considéré, malgré quelques réticences, comme une subversion tonique, « un livre essentiellement voluptueux ». Il obtient le prix Médicis !

L'année suivante, Tony Duvert rédige un pamphlet libertin, Le Bon Sexe illustré, dénonçant directement « l'idéologie familialiste », fustigeant, sans le détour de la fiction, les endoctrinements « mielleux à l'occidentale ou militaires à la chinoise », tout en revendiquant - contre « la vieille morale répressive » - une pleine liberté sexuelle pour les enfants. On salue, ici et là, ce « pamphlet généreux » qui anéantit « les notions répressives du vice et de la vertu 17 ». Dans une interview consacrée à deux nouveaux romans, L'Ile atlantique et Journal d'un innocent, publiés par la suite, l'auteur précisera sa position en assurant que [pour lui | « la pédophilieest une culture ». Il confessera surtout sa haine des femmes en général et des mères en particulier, coupables d'exercer sur les enfants un matriarcat autoritaire et castrateur. « S'il existait un tribunal de Nuremberg pour les crimes de paix, il faudrait y faire passer neuf mères sur dix. » Duvert ajoutera d'ailleurs sans ambages que les mères gardiennes constituent aux yeux du pédophile un obstacle gênant. Il dit souhaiter, idéalement, que les enfants leur soient un jour retirés.

En 1978, un nouveau roman, campagnard celui-là, signé Tony Duvert, Quand mourut Jonathan, raconte l'amour - consommé -entre un peintre d'âge mur et un petit garçon de huit ans. Roman moins provocateur dans la forme mais perpétuant le même prosélytisme. Nouveaux hommages de la presse littéraire, non seule­ment sur la forme littéraire mais quant à la signification même du texte. «On apprend.[dans ce roman] que l'amour meurt de se vouloir social et vit de se plonger dans l'animalité1»; « Les grandes passions, ce sont les passions interdîtes », « Tony Duvert va vers le plus pur», etc.

En 1979, année de parution de L'île atlantique, la personnalité sulfureuse mais héroïque de « l'écrivain clandestin » est encore saluée par la critique. En témoigne cette exclamation de Madeleine Chapsal : « C'est un fantastique archipel qu'en dix livres Tony Duvert, écrivain acharné et solitaire, a rapidement fait émerger des eaux les plus vives de notre littérature : celles qui touchent au corps et au cœur de l'enfance.» En témoigne aussi ce jugement enthousiaste d'Annick Geille : « Éloge de la désertion, dénonciation de toutes nos prisons intérieures, L'île atlantique viole un tabou : celui de la maternité, vache sacrée des exploiteurs . » En 1980, dans L'Enfant au masculin, Duvert s'en prend encore à une « fausse permissivité » ambiante qui, à ses yeux, s'arrête hypocritement en deçà des limites du Code pénal. « II n'existe qu'un moyen de découvrir la sexualité de quelqu'un, petit ou grand, écrit-il, c'est de faire l'amour avec lui. » Voilà qui est clair ! ».

 

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