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Publié par Edouard Boulogne

photolycee.gif ( Le lycée de Baimbrige à Pointe-à-Pitre/ Abymes ). 

 





Il y a trois jours, les élèves des classes terminales, en Guadeloupe, comme dans le reste de la France, ont planché sur la première épreuve du baccalauréat, celle de philosophie.

Le même soir, sur Guadeloupe 1 ère, et le lendemain sur France-Antilles, il a été rendu compte de ce qui demeure ,encore, un petit événement pour les intéressés et leurs familles.

Pour le journaliste de Guadeloupe 1 ère, les sujets étaient particulièrement en prise avec l'actualité.

Je ne partage pas cet avis et vais dire pourquoi plus loin.

France-Antilles parle de « choix cornéliens pour les candidats », ( les pauvres ! ), et nous livre les impressions de quelques-uns d'entre eux.

Voici l'essentiel de la bafouille du quotidien régional :

 




Le compte rendu de France-Antilles :

 

« La philo marque le début des épreuves écrites principales et en général, les élèves l'attendent impatiemment pour passer à autre chose ».

« La philo est loin d'être ma matière favorite. J'ai procédé par élimination et pour limiter les dégâts, j'ai choisi le sujet sur l'art. Nous avions vu cette notion en cours. » Les scientifiques, à part quelques exceptions, voudraient éliminer cette épreuve.

 

UN CHOIX CORNÉLIEN

 

À travers tes sujets proposés, on retrouvait les notions de liberté, de loi, de justice, de culture et la raison. Youri, Jennifer et Nidjl sont ressortis un peu avant le délai imparti, 3 heures pour les séries technologiques. Inscrits en STTSD (sciences et technologies de la santé et du social), ils avaient le choix entre « être juste par intérêt, l'art et un texte de Kant •» . Youri a opté pour le premier sujet. Il s'est senti « plus à l'aise, plus Inspiré que pour les autres. Au feeling et par élimination. C'est la dernière notion lue et le genre était plus abordable. » Ses camarades ont préféré commenter le texte, une base pour disserter, facilitée par des questions pour orienter le commentaire. Cyril, en ES, partage cet avis. « 3e suis soulagé, c'est fait! Maintenant, tout dépend du correcteur. »

« ÉVITER LE PIRE »

Souvent, les élèves considèrent que la philosophie « ça passe ou ça casse » , sous prétexte que si leur dissertation ou commentaire ne va pas dans le sens du correcteur, ils seront saqués. « C'est subjectif. Si on n'est pas dans le même état d'esprit, c'est raté, explique Marjorie, en série S. À mon avis, dans ce cas, le commentaire est plus adapté si on veut éviter le pire. » Ses copines* Chloé et Cécile, ont disserté sur la culture et la raison, deux notions qui leur permettaient de noircir quatre à cinq pages sans prendre trop de risques. « Plus simple, moins technique. On ne voulait pas s'aventurer, le texte on n'a pas vu ça! »

WILLIAM AIME LA PHILOSOPHIE

En série L, les élèves n'ont pas d'autre choix que de plancher très sérieusement. Comme l'a rappelé Mathilde, c'est une des matières à fort coefficient de cette série. « Coeff 7, c'est du sérieux. On peut perdre beaucoup de points si on rate l'épreuve. » William, élève en classe littéraire s'est éclaté sur « Obéir à l'État, est-ce renoncer à sa liberté ? » . William aime la philosophie et a même, sans prétention, trouvé le sujet facile. « J'ai préparé le concours de Sciences Pô et ce sujet faisait partie du programme. J'avais quelques clefs en main. »

 





Cet article appelle quelques remarques. D'abord, que Fr Ant semble reprendre à son compte l'idée reçue selon laquelle « la philo ça ne sert à rien ». Ne nous dit-on pas que les élèves attendent impatiemment cette épreuve, pour passer à autre chose ». A quoi? Aux choses sérieuses? …..Passons ! Nul commentaire sur les propos tenus par des candidats des sections scientifiques qui ne verraient aucun inconvénient à ce que la philosophie disparaissent du baccalauréat. Alors qu'ils sont, parmi les plus concernés par une réflexion de nature philosophique ( et non littéraire, la philosophie ressortant d'un autre genre que la littérature ) sur le genre d'études auxquels ils semblent vouloir se vouer.

Tel autre candidat affirme avoir choisi de commenter un texte sur l'art, parce que la notion avait été vue en classe ( faut-il entendre que les autres notions n'avaient pas été « vues »? ). Il a bien travaillé, mais « tout dépend du correcteur ».

Ici apparaît un préjugé bien ancré chez beaucoup d'élèves, et leurs parents, celui que la correction serait purement « subjective » et qu'il faut « être d'accord avec le prof (ou « la prof » pour parler l'infâme jargon qui tend à s'installer dans la pratique quotidienne de la langue ), pour avoir une bonne note.

Or cette idée ne correspond pas à la réalité.

Certes toute évaluation comporte une part d'incertitude, plus ou moins grande. La docimologie ( science et pratique de l'évaluation ) montre que même en mathématique ( où pourtant, pour parler en raccourci 2 + 2 = 4 ) le coefficient individuel du correcteur intervient. Mais je peux en témoigner personnellement, ayant tant d'années participé aux jurys du bac : les candidats ne sont pas livrés à l'arbitraire des professeurs de philosophie.

Evidemment, ceux-ci étant des êtres humains, il y a parmi eux, quelques exaltés idéologues, ou quelques personnes fatiguées, parce que traversant une mauvaise passe dans leur vie personnelle, qui peuvent s'oublier et prendre dans leur collimateur de malheureux candidats qui contrarient leurs « délires » petits ou grands.

Mais cela est très rare et reste l'exception.

Presque toujours la volonté du correcteur est droite, quel que soit son bord politique, philosophique, religieux. Nous n'oublions pas que nous avons entre nos mains le travail de très jeunes gens, des adolescents, pour qui les questions qu'on leur demande d'étudier sont complexes, et qui sont aussi dépourvus d'expérience approfondie de la vie. Nous avons à faire fi de nos humeurs éventuelles et à ne prendre en considération que la compréhension de la question posée, la mise en évidence d'un minimum de méthode dans l'exposé, ( méthode enseignée constamment durant l'année scolaire ), la mise en évidence d'un minimum de savoir sur la question posée. Quand ces réquisits sont présents, la moyenne est acquise. Et quand s'y ajoute, les débuts d'une vraie culture générale et philosophique, une orthographe honorable, « le style », alors la note s'envole. Celles au-dessus de 15 sont rares dans cette discipline, mais elles existent.

Et puis il y a les réunions d'harmonisation.

Le lendemain de l'épreuve, les professeurs chargés de la correction d'un ensemble de copies, sont convoqués dans un lycée, par groupes généralement de 6 ou 7. Ils étudient ensemble les sujets proposés, s'accordent sur le sens des sujets, et des textes, sur les compréhensions par les candidats, qui pourraient être en marge de celle qui vient d'être reconnue, et sur le degré d'acceptation, par les correcteurs, de ces problématiques un peu marginales.

L'on se sépare pour commencer le travail, en convenant de se revoir 5 jours après ( dix jours en moyenne sont requis pour corriger les 100 ou 120 copies de chacun ). La correction est alors assez avancée pour que, chacun lisant à haute voix, 3 ou 4 des copies déjà corrigées, de la comparaison, et du jugement des autres, sorte un sentiment : « j'ai été trop sévère » ou « trop généreux ». L'on teindra compte des résultats de cette confrontation pour la suite du travail d'évaluation , et pour la révision du travail effectué auparavant.

Ces réunions sont faites généralement avec sérieux. Et d'autre part, la plupart des collègues peu concernés par le travail harassant et assez ennuyeux de la correction ( peu nombreux, à vrai dire ) tombent malades, par le plus grand des hasards durant la période ( avec certificat médical ).

Si rien n'est parfait, on voit que les élèves ne sont pas livrés à l'arbitraire qu'ils ( et surtout leurs parents ) imaginent.

Je voudrais pour conclure et comme promis, en commençant, revenir sur la question des sujets de cette année qui auraient été « particulièrement en prise avec l'actualité » ( dixit Guadeloupe 1 ère ).

Plus bas, vous trouverez la liste desdits sujets, et je ne leur trouve rien de particulièrement originaux où inspirés par la proche actualité. Notre journaliste a-t-il pensé aux récents débats sur le « maraige pour tous », débat si l'on peut dire, quand un gouvernement, et le parti dont il est issu, refuse tout dialogue avec l'opposition, même quand celle-ci s'appuie sur des démonstrations populaires extrêmement imposantes, et d'autant plus significatives qu'elles étaient pacifiques et bon enfant. Le sujet d'actualité aurait alors été dans son esprit, celui sur l'Etat : « - Obéir à l'État, est-ce renoncer à sa liberté ? ». Peut-être. Mais je n'y crois guère. Ce serait trop beau.

Offrir un sujet d'actualité cela aurait été par exemple de donner à réfléchir, pendant les quatre heures imparties, sur ce sujet que je propose ( pour l'année prochaine, pourquoi pas ,! ) : «  Le mot « amour » peut-il être légitiment considéré comme le fondement légitime du mariage, homosexuel ou pas? ».

Cela, ça aurait eu de la gueule. Je suis sûr que les gamines et gamins auraient composé jusqu'à midi, et que les correcteurs, pour une fois, ne se seraient pas endormis sur les feuilles d'examen.

Autres textes qui « auraient été » d'actualité et que j'ai cherché avec ferveur pour les lecteurs du scrutateurs ( qui veulent bien philosopher encore ). Il y en quatre. Deux, ayant traits à mon sujet sur l'amour, les deux autres sur l'Etat.

Ils sont d'Alain.

Alain, je le précise, pour les niais qui croiraient qu'il s'agit d'un vieux catho-scrognongnon, confit en bondieuserie, fut un célèbre professeur de philosophie, agnostique, de gauche ( nul n'est parfait !!! ), anticlérical constant. Radical-socialiste ( ce parti était alors important et bien plus à gauche que ses débris actuels ). Il parla avec profondeur de la famille et du mariage ( entre beaucoup d'autres sujets, dans une oeuvre considérable – quatre volumes épais dans la Bibliothèque de la Pléïade, - que je n'ai jamais cessé de lire depuis 50 ans, malgré nos divergences certaines sur des sujets importants. Il aimait les femmes, et en fut recherché, mais resta célibataire. Il pensait sans doute que ce n'était pas sa vocation, et que dans les choses importantes il ne faut pas s'aventurer si l'on n'a pas de dispositions enracinées. Il a fait autre chose, et « enfanté », comme Socrate, de nombreux esprits, et pas des moindres.

Ce sont deux de ces textes que j'aurais proposés à nos jeunes « penseurs » de 18 ans.

Pour éclairer la lanterne des mêmes, je produis deux textes complémentaires; l'un de John Stuart-Mill, l'autre d'Alexis de Tocqueville.

Je ne sais si j'avais, en commençant, et comme d'habitude, annoncé la brièveté de mon propos.

Mais je connais votre indulgence.

Merci.

 

Edouard Boulogne.

 






Commentaires de texte.

 

( I ) « La société que forment la mère et l'enfant est premièreen importance, et modèle de toutes, comme on l'expliquera. De toute façon, le couple est premier dans le temps. Je choisis de traiter d'abord du couple humain, étant bien entendu que le couple, comme société, n'arrive à sa perfection que par l'exemple et la réaction du sentiment maternel. L'amour, par sa nature, est plutôt anarchique et perturbateur. Chacun voit bien qu'il rompt une famille et en détache un rameau. Il suffit de remarquer que l'amour, en sa gloire première et en son admirable suffisance, repousse l'idée même d'un devoir comme indigne de lui, cherchant au contraire le libre consentement, toujours défait, toujours renouvelé par les jeux immé­moriaux de la coquetterie. Être choisi à chaque instant, et librement choisi, refuser pouvoir et pouvoir tout, telle est l'idée enivrante qui est la source des plus grand» bonheurs et des plus grands malheurs en cette vie difficile. Il est vrai que le serment est naturel aux premières heures de l'amour; mais il est naturel aussi qu'on méprise le serment, qu'on en délie l'autre, et qu'enfin on essaie témérairement ce pouvoir qu'on ne veut pas exiger. Un tel sentiment, laissé à lui-même, vieillit mal ».

 

Alain.

 

( In Les sentiments familiaux. Cet ouvrage se trouve dans Les oeuvres complètes d'Alain, au tome intitulé Les passions et la sagesse, page 326 ).

 

 

( II ) « Voici à présent le vrai couple, et le modèle de toute société. D'abord par ceci que l'enfant est véritablement, sans aucune métaphore, l'union des époux qui est descendue des régions de l'idée, et qui est arrivée à l'existence. L'existence se passe de raisons ; ainsi, quelques divisés que soient le père et la mère, et toujours par des raisons, puisque toute querelle a des raisons, il n'en est pas moins vrai que les deux natures s'accordent en cet enfant, et par cette union retrouvent provision de vie, Cette forte harmonie de l'enfant, où chacun des deux reconnaît l'autre mêlé à soi, les deux inséparables, ne conseille point seulement l'accord, elle le montre fait et en développement, en sorte que la délibération, s'il faut continuer ou non, est rompue par la nécessité, qui développe de jour en jour au lieu de délibérer. L'attention du couple initial se trouve ainsi déplacée, et leur commune volonté est à l'œuvre; d'où une urgence de la suivre et en quelque sorte de la piloter, embarquée qu'elle est sans retour possible, ce que la croissance de l'enfant repré­sente, recouvrant chaque jour d'oubli et de pardon les expériences de la veille ».

 

Alain.

 

( Idem : page 336 ).

 

 

( III )

: « La première est quand une chose peut être mieux faite par des particuliers que par le gouvernement. La deuxième est que dans beaucoup de cas, bien que des particuliers ne puissent faire aussi bien en moyenne que des fonctionnaires, il est néanmoins désirable qu’ils agissent plutôt que le gouvernement : c’est un moyen d’éducation. La troisième et principale raison de restreindre l’intervention étatique, c’est qu’ajouter à son pouvoir sans nécessité  est un grand mal. Toute fonction ajoutée à celle qu’il exerce déjà, accroît  et répand son influence sur les espoirs et les craintes, et transforme de plus en plus les membres actifs et ambitieux du corps social en dépendants du pouvoir ou d’un parti qui vise au pouvoir. Si toutes les routes, les chemins de fer, les banques, les assurances, les grandes sociétés, les universités et les institutions charitables appartenaient à l’Etat ; si de plus, les municipalités et les institutions locales, avec toutes les tâches qui leur sont dévolues, étaient des départements de l’administration centrale ; si les employés de ces différentes entreprises étaient nommés et payés par l’Etat et attendaient de l’Etat leur élévation sociale, ni la liberté de la presse, ni le fondement démocratique de la législature ne pourraient faire que notre pays ni aucun autre fut libre autrement que de nom ».

 

John Stuart-Mill.

 

 

 

( IV ) "Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le

 monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.

Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?"

Alexis de Tocqueville.

 

De la démocratie en Amérique (1840), Éd. Gallimard, 1968, pp. 347-348.

 

 

 

Baccalauréat général : Série L

- Obéir à l'État, est-ce renoncer à sa liberté ?

- Raisonne-t-on bien lorsqu'on veut avoir raison à tout prix ?

- Un extrait du texte de Sénèque, De la brièveté de la vie, 49 ap. J.-C. Séries

- La raison nous permet-elle de dépasser nos conflits ?

- La culture nous rend-elle plus libres ?

- Un commentaire du texte de Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, 1819. Série ES

- La culture est-elle un simple ajout à la nature ?

- La raison peut-elle comprendre le réel ?

- Un extrait du texte de Michel Fou- cault, Les mots et /es choses (1966). Baccalauréat technologique :

Toutes séries (sauf technique de la musique et de la danse)

- N'est-on juste que par intérêt ?

- L'oeuvre d'art doit-elle d'abord plaire ?

  • Un extrait du texte de Kant, Prolégomènes à toute métaphysique future, 1783.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Claude HOUËL 17/06/2013 15:21


Il ne faut pas trop en vouloir à nos jeunes lycéens:La matiére est tellement vaste et le temps imposé pour l'enseigner si court que l'on ne peut attendre d'eux l'ingurgitation massive d'un tel
savoir millénaire en quelques heures.


Il faudrait introduire la philo depuis la troisiéme, au moins.


Il faudrait surtout présenter autrement la philo et dire aux jeunes quel instrument de liberté on leur donne avec la possibilité de mettre en cause, arguments à l'appui et propositions concréte
en remplacement, le savoir établi.


Le côté rebelle de la démarche leur paraitrait alors  bien plus interessant que toutes le autres matiéres dans lesquelles qui leur sont imposées.


Ce n'est qu'aprés qu'ils auront d'eux même envie d'aller voir les autres rebelles, de Platon à Michel Serres.


Il comprendront alors que loin d'être une matiére barbante et obligatoire, la philo est un mode de pensée et de comportement qui peut trés convenir à la jeunesse puis tout au long de la vie de
chacun.