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Publié par Edouard Boulogne

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BMS (Bordel Machiavélique Socialiste)

 






Ça y est, les sociales sont parvenus (sans la moindre difficulté, d'ailleurs, puisque les députés sociales sont de simples machines à acquiescer) à un nouveau coup d'éclat. S'accouplant une nouvelle fois avec les mouches afin de détourner l'attention de la pelle de tous les jours (celle avec laquelle ils sont en train d'enterrer la France), un escadron de glorieux représentants du mensonge public (ce qui est plus conforme à leur fonction que l'étiquette de représentants du peuple) a entrepris de sanctionner pénalement les malheureux esseulés de la misère sexuelle qui ont recours à des prestations tarifées. Officiellement tarifées, pourrions-nous dire de manière à clarifier sur un plan moral cet épineux problème.

Le service sera taxé à 1.500 € l'unité.

Bizarrement l'administration qui, en général, prévoit des barèmes très précis et très étudiés n'a fait, cette fois, dans la dentelle : c'est la facturation de la prestation qui est taxée, quelle que soit la forme que l'acte puisse prendre (ce qui, à terme, pourra être délicat en termes d'appréciation pour les fétichistes et autres amateurs de talc ou de fessées car ces derniers puisent leur émois dans des mises en scène tarifées sans qu'il y ait à proprement parler d'acte sexuel sauf dans leur imagination volcanique). Cependant, aucune loi de la République n'est infaillible lorsqu'elle est prise sous l'effet de l'excitation.

Retenons donc le coût marginal supplémentaire de 1.500 € puisque celui-ci est forfaitaire.

 

Catalogue des prix

( ça...c'était avant ). 

Autrement dit, il sera infiniment moins coûteux (pour ceux qui n'ont pas la possibilité de payer en bons du Trésor ou autres facilités de caisses publiques ou privées) de procéder avec leurs relations sexuelles - les personnes, et non l'acte - en singeant (que personne ne se méprenne sur le terme singer, il s'agit seulement de feindre, ou d'imiter) le temps d'une soirée ou encore d'un ou d'une après-midi la galanterie au lieu de faire dans l'efficacité de l'abattage. Plus question de se comporter comme un brave militaire en opération et de se rendre - avec la bénédiction (et la logistique) - des autorités au BMC, au bordel militaire de campagne si vous préférez. Il sera alors préférable d'emprunter le circuit plus traditionnel de la restauration gastronomique ou non, du cinéma, de la promenade romantique simulée ou du salon de thé, puis de se faire livrer sa prestation chez soi ou dans un grand hôtel plutôt que dans un minable hôtel borgne ou dans la cabine d'un 15 tonnes en rase campagne ou au bord d'une route traversant un bois.

En procédant ainsi, et en considérant seulement l'intérêt pour les Finances publiques, l'État -qui, dans notre régime semi parlementaire dicte ses consignes à la représentation populaire dont on insiste beaucoup sur le rôle législatif - croit faire une bonne affaire. À première vue c'est ce que l'on pourrait penser, en effet, car ces dispositions surgissent alors que les recettes fiscales plongent. Pourquoi plongent-elles ? Parce que les goinfres de Bercy ne savent pas se contenter de la graisse des contribuables : ils s'en prennent maintenant à leur viande. Alors le troupeau est si mal en point que les recettes baissent à vue d'oeil. Quoi de plus naturel ?

Mais cela n'est pas du goût des Bercydivistes, Le contribuable peine-t-il à les satisfaire ? Eh bien ils se vengent : c'est en spécialistes du trouble de jouissance qu'ils ont décidé de porter l'estocade là où, dans sa solitude, le pauvre hère vient chercher sa consolation.

Certes, devant la mauvaise passe budgétaire de notre pays, mais en considérant la tonicité de l'activité sexuelle - objet de tous les encouragements de la part des autorités civiles, médiatiques et intellectuelles qui ne font qu'encourager la sexualité adolescente, la distribution gratuite de préservatifs, la sodomie et toutes les sortes de fantaisies qui ont aujourd'hui statut d'identité de mœurs au nom de l'égalité des différences entre adultes consentants de même sexe ou de sexes différents, etc. -, les stratèges de l'administration ont réussi à convaincre les godillots de l'Assemblée dite nationale que le remplissage des caisses serait désormais assuré, à condition de puiser à cette source de vie qu'est l'acte sexuel, et en tirant parti de l'intarissable ressort qu'est la sexualité. Comment nos ardents députés pourraient-ils être insensibles à des perspectives de rentrées fiscales, sachant qu'ils sont de gros consommateurs d'argent publie et qu'il est très rare qu'ils ne soient pas systématiquement intéressés à la partie, sous forme de retraites, de primes d'éviction, de prêts à taux zéro et autres avantages en nature de toutes sortes ?

Technocratiquement, en taxant directement et à raison de 1.500 € le flagrant délit de privauté tarifée, on s'aperçoit qu'il y aura très vite de quoi rémunérer des légions de braves, loyaux et indispensables fonctionnaires de police dont la population française constate douloureusement le manque d'effectifs, si l'on en juge par l'insécurité croissante sur la voie publique et dans les habitations. Ces serviteurs du bien public auront à cœur de remplir les caisses de l'État, accomplissant ainsi leur devoir de policier et de citoyen. Sans compter ceux qui contribueront d'une autre manière à alimenter le Trésor public car, sur 1.500 € d'amende, la marge de négociation est énorme pour un policier accommodant. Il va de soi que le produit de toutes les négociations à venir reviendra dans les caisses publiques grâce à la TVA issue de tous les achats que pourront faire les policiers affectés au service des privautés du fait de l'augmentation sensible de leur pouvoir d'achat grâce à leur capacité à proposer des solutions à ceux qui auraient du mal à s'acquitter de 1.500 € d'un seul coup. Sans compter l'aspect social pour la profession, si l'on mesure la fin de nombreuses tensions dans les divers commissariat à propos du paiement des primes etc. Et sans compter l'épanouissement affectif et physique résultant de cette plus grande proximité avec les prostituées sur le terrain du fait de leur intervention directe sur les circuits de rémunération de celles-ci. Parler de proxénétisme serait tout à fait déplacé, mais il n'est pas exclu qu'une certaine tendresse puisse surgir d'une plus grande familiarité. Tout le monde sait que la plupart des dérapages conjugaux interviennent sur le lieu de travail.

En termes de recettes, même s'il faut espérer - c'est du reste l'objectif annoncé - une réduction du nombre d'actes conventionnels, il ne faut pas pour autant perdre de vue ce que nous avons déjà évoqué et que le corps de l'inspection des Finances a déjà appelé les effets galants induits : la TVA sur la restauration, le cinéma, l'hôtellerie, et les petits cadeaux devraient connaître un véritable boom pour le plus grand bien de la relance économique tant attendue. À ce titre, le législateur aura certainement eu raison de se croire très avisé.

Évidemment, il y a une flagrante certaine discrimination à poursuivre le consommateur - non anthropophage - de chair, et pas celui de cannabis, de cocaïne ou de crack. L'État, qui a déjà eu à faire face à plus coriace contradiction, saura parer à cette possible critique tant il est vrai que le cannabis, la cocaïne et le crack sont inscrits au Panthéon des valeurs socialistes, de même que la délinquance sous toutes ses formes ou presque. D'une manière fort conventionnelle (de leur part), nos chers sociales prévoient des salles de shoot, mais nul espace de fornication dans l'espace public. Il y a là une forme d'inégalité de traitement qui pourrait étonner ceux qui ne connaissent pas vraiment la logorrhée sociale, mais qui ne devrait perturber ni les média ni les associations qui composent d'autant mieux avec les contradictions de la pensée dominante qu'ils contribuent à son assise, et c'est même leur seul mission.

Là où le bât blesse, c'est qu'une fois de plus on veut changer les pneus parce que les essuie-glace ne fonctionnent pas. C'est très socialiste, ça ! La partie inquiétante, dangereuse, criminelle de la prostitution, c'est-à-dire le proxénétisme aggravé par le gangstérisme et les réseaux mafieux, coulera même des jours de plus en plus paisibles, puisque les forces de l'ordre - de plus en plus forces du désordre, on dirait - seront assignées à des tâches de récolte et n'auront plus de raison de s'intéresser à la répression du proxénétisme dont ils pensent sûrement qu'il disparaîtra, grâce à ces nouvelles mesures fards.

Autrement dit, on a déjà compris que la prostitution va s'endurcir, et se développer dans des ghettos où la police n'aura plus ni la possibilité ni le courage d'intervenir et que la sexualité tarifiée (dont la finalité n'a jamais été de donner la vie) risque d'ôter la vie à de nombreux adeptes, qu'ils soient du métier ou de la clientèle.

Sur le plan social on a déjà compris que seuls ceux qui bénéficient d'un certain pouvoir d'achat pourront s'offrir des actes sexuels marchands par le biais de l'enveloppement galant que nous avons évoqué plus haut. De cette manière, et compte tenu du temps que prendra le camouflage des choses, le coït hâtif prendra de plus en plus la tournure de véritables « sorties », ce qui devrait avoir une répercussion sur le prix des prestations en question, et de ce point de vue il peut effectivement s'agir d'une véritable avancée pour la condition des prostituées quoique l'on puisse craindre que ce soit surtout pour les réseaux de proxénètes dont - mais il faudrait peut-être s'en assurer auprès d'anciens ministres - il arrive qu'ils soient très bien introduits, voire très protégés par des tissus relationnels très proches de ceux qui par ailleurs déclenchent la foudre. 

 

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Et c'est là que le bât blesse pour la deuxième fois - et dire que ce gouvernement prétend faire de la hausse du pouvoir d'achat une de ses priorités ! Car si en plus de l'augmentation des tarifs, il faut prendre en compte les dépenses périphériques, les dépenses d'enfumage, donc, on s'aperçoit que l'achat d'actes sexuels sera de moins en moins accessible à toutes les bourses. Ainsi les prestations sexuelles deviendront-elles peu à peu un produit de haut de gamme et la misère sexuelle s'accroîtra, avec tous les risques de transgressions qui pourront en découler. Certes, le parlement requalifiera très vite le crime de viol en délit de sans-gêne sexuel, ou de soulagement unilatéral et celui-ci deviendra très vite plus badin dès lors qu'il aura perdu son caractère criminel. Il n'empêche que la cause des femmes n'aura guère progressé tandis que le cortège des victimes collatérales aura, lui, progressé comme chaque fois que les sociales ont une idée géniale.

Enfin, et c'est peut-être sur ce dernier point que les mesures adoptées par l'Assemblée nationale présentent quelque danger : les dispositions de galanterie qui accompagneront désormais le recours à la prostitution rendront celui-ci de plus en plus semblable à l'amour courtois tel qu'il se pratique au XXIesiècle où, comme chacun sait, les hommes et les femmes ne sont pas très farouches et collectionnent volontiers les aventures et les sorties, les deux allant souvent de pair. Quelle menace ne pèsera-t-elle pas alors sur la vie privée des hommes et des femmes un peu volages, un peu collectionneurs, voire seulement un peu ardents à la chose ? Car l'intrusion de l'administration dans la vie privée - pour des raisons de lutte contre la fraude fiscale, soi-disant - autorisera la police des relations sexuelles à faire irruption chez les uns et les autres afin de s'assurer qu'il n'y a pas de fraude sexuelle, à n'importe quel moment. Et gare à celui qui traitera sa copine de pute, pour rire ou parce qu'il est fâché : cela risque de lui coûter une petite fortune, mais également d'en rapporter de grosses à l'État pour peu que la police des relations sexuelles commence à mettre le nez - et les oreilles - dans les affaires des uns et des autres.

Mais surtout, quelle injustice, quand on pense à tous ceux qui peuvent rétribuer des actes sexuels par des emplois, des missions ou des occupations au sein d'entreprises ou d'administrations, se soustrayant d'une part à la taxation de rigueur et d'autre part commettant un abus de bien sociaux voire de bien public ! Car ce n'est pas le cas du premier venu.

Comment ne pas se demander si dans ce cas de figure Louis XV n'aurait pas dû acquitter, plusieurs fois par jour la taxe en question, ou Napoléon III ou Louis XIV quand on pense, par exemple au château dont celui-ci fit don à Mademoiselle de La Vallière en Touraine ? Évidemment, on pourrait toujours s'interroger sur la manière dont certains députés recrutent leurs attachées parlementaires ou sur celle dont d'autres personnages de l'État pourraient - il s'agit d'une simple hypothèse - acheter des actes sexuels en mettant à la disposition de la vendeuse les moyens de l'État ?

Pour conclure, nous attirerons l'attention sur la seule note positive de ces nouvelles dispositions de la loi pénale envers ceux qui préfèrent avoir recours aux services d'une prostituée, plutôt que de suborner la femme de leur meilleur ami ou violer une inconnue dans une rue déserte : les amis du politiquement correct peuvent se réjouir qu'il n'y ait pas la moindre considération morale dans cette résolution législative. La pornographie n'est nulle-part concernée, et la sexualité juvénile continuera à faire l'objet d'une promotion permanente : sans doute pour promouvoir le désintéressement auprès des jeunes générations.

 

 

Aimable de Pourceaugnac

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