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Publié par Edouard Boulogne

Seul-au-bords-du-gouffre_small.jpg

 

 

Aujourd'hui, nous payons 35 ans de mensonges, par François de Closets

( La démocratie est peut-être, comme le disait Winston Churchill, « le pire des régimes, à l'exclusion de tous les autres ». Mais elle comporte, ceux qui réfléchissent le savent, ses failles et ses tares. L'une de celles-ci est le démon de la facilité : travailler toujours moins, par exemple, en voulant gagner toujours plus. Et les dirigeants, tombent alors, pour se faire bien voir, et se faire réélire à « bon compte », dans cet autre vice qui est la démagogie.

Les partis de gauche sont les champions en la matière, mais, reconnaissons-le, ceux de droite, poussés par l'aiguillon de la nécessité  ( électorale ) cèdent souvent à la flatterie, et à la surenchère. Jusqu'au jour où, devant le gouffre, l'on se trouve acculé à des mesures drastiques.

C'est ce qu'ont vu, depuis quelque temps, quelques hommes politiques, notamment à droite, et qu'ils tentent de faire comprendre au public, contredits par leurs opposants trop englués dans leurs mauvaises habitudes, leurs idéologie, et leur démagogie.

C'est ce qu'expose, dans l'ensemble avec lucidité, François de Closets.

Les électeurs français sauront-ils, voudront-ils les entendre, par delà les chiffons dérisoires qu'on agite sous leurs yeux, tel cet anti-sarkozisme primaire et grossier, qui est le fond ( si l'on peut dire ) de la propagande socialiste.

Le Scrutateur.

François de Closets, francois-de-closetsle célèbre journaliste qui dénonce les abus, est furieux…« d’avoir eu raison trente ans trop tôt » : « En 1992, j’ai commencé à dénoncer le dérèglement des finances publiques. Aujourd’hui, nous sommes arrivés à l’échéance fatale », dit-il, accusant les hommes politiques de totale irresponsabilité. Pour lui, notre pays est en grand danger, et il s’offusque :« Qu’un pays comme la France, avec autant d’atouts, soit au bord de la

faillite, ce n’est pas concevable ! »

FRANCE-SOIR La France est réellement au bord de la faillite ?

François de Closets Oui, et je suis fou de rage d’avoir eu raison dans mes prédictions. Je me suis toujours dit « Pourvu que j’aie tort ! » On me traitait de pessimiste… Mais cette fois, nous sommes bien au pied du mur.

F.-S. Que faire ?

F. C. Il faut arrêter de mentir aux Français ! Nous payons l’addition de

trente-cinq ans de mensonges politiques et de laxisme budgétaire. Résultat : c’est 70 milliards d’euros qu’il faut aujourd’hui trouver pour éviter la faillite. Et cela, on le sait depuis 2005. On n’a rien fait. Maintenant, on y est.

F.-S. Nos hommes politiques savaient réellement que la France allait

dans le mur ?

F. C Evidemment ! C’était écrit dans les rapports officiels, oui, et dès 2005.

Maintenant, la France ne doit pas trouver 10 ou 20 milliards d’euros, comme on nous le dit, mais 70 milliards pour retrouver l’équilibre budgétaire et combler son déficit chronique. L’échéance fatale était prévue pour 2014. Elle est venueplus vite que prévu parce que la crise financière est arrivée là-dessus.

F.-S. Comment en est-on arrivé là ?

F. C. C’est une responsabilité partagée de la droite et de la gauche. Chirac et Jospin ont renoncé au sauvetage de nos finances dès 1999, par pure, démagogie, alors qu’ils en avaient les moyens financiers… En 1997, avec 4 % de croissance, avec le pétrole bradé à moins de 20 dollars et les taux d’intérêt les plus bas, la France avait les moyens de rembourser sa dette. Elle avait des rentrées fiscales providentielles, avec environ 40 milliards de francs d’excédents. DSK, ministre des finances de Jospin, voulait affecter ces excédents au remboursement de la dette, mais il n’osait pas le dire. Il avait la « rigueur honteuse ». Là-dessus, le président Chirac repère ça et, le 14 juillet, patatras, il révèle aux Français qu’il y a une « cagnotte » ! Il décide alors de distribuer cet argent aux Français, avec la complicité de Jospin, qui ne demande pas mieux.

F.-S. On a donc raté le coche du désendettement ?

F. C. Exactement ! Au moment où la France pouvait enfin rembourser ses dettes, l’Etat a tout flambé ! Et ce n’est pas la seule occasion manquée. Avant cet épisode, sur les 100 milliards d’euros recueillis lors des privatisations des grandes entreprises, 20 milliards seulement ont été affectés au désendettement. Le reste a servi à mettre du beurre dans les épinards…

Même chose quand l’Etat brade son patrimoine immobilier. Pour parler clair, les gouvernements ont vendu les bijoux de famille pour boucler les fins de mois.

Dette : "Aujourd’hui, nous payons trente-cinq ans de mensonges…"

C’est le cri d’alarme de François de Closets pour qui les hommes politiques nous conduisent à la catastrophe, faute de courage.

François de Closets accuse les hommes politiques de totale irresponsabilité SIPA C'est sur France Soir !

F.-S. Pourquoi, subitement, c’est la panique générale ?

F. C. Parce qu’il y a deux crises qui s’additionnent, et cela ce n’était pas prévu.

Il y a la crise des finances publiques, dont nous venons de parler, et maintenant la crise financière, qui se préparait dans l’ombre, et qu’on n’avait pas prévue.

Les responsabilités des politiques et des banquiers se sont ajoutées l’une à l’autre. Les uns ont nourri les autres. Depuis trente ans, les politiques ont fait du clientélisme, en laissant la France vivre très au-dessus de ses moyens. Et les banques ont tiré profit de la dette pour spéculer et aggraver les choses. Le laisser-aller de la finance publique et la perversion de la finance privée nous ont amenés là où nous en sommes. Et comme les politiques sortent des mêmes écoles que les banquiers, tout ce petit monde s’est très bien entendu.

F.-S. Comment se sortir de ce bourbier ?

F. C. On a trop longtemps fait croire aux Français que le déficit assurait la croissance et l’emploi. En réalité, il faut savoir dire non, entre « toujours plus » de dépenses ou de revendications et des recettes forcément limitées.

F.-S. Il est déjà trop tard pour agir ?

F. C. Non ! Mais il faut mobiliser tout le pays, tout de suite. Cela exigera « du sang, de la sueur et des larmes ». Nous sommes dans une économie de guerre. Ce doit être l’occasion de redresser la France, comme en 1945. Les Français en ont assez d’être trompés. Ils veulent un langage de vérité, même s’il est très dur. La crise financière de cet été a obligé le gouvernement à faire un pas, mais un tout petit pas seulement. Les Français sont assez mûrs pour comprendre et accepter les choses. Ils veulent qu’on les sorte de là.

F.-S. Les candidats à la présidentielle de 2012, vous convainquent-ils ?

F. C. Pris de court, ils promettent aujourd’hui le retour à l’équilibre, mais c’est un pur mensonge. Ils n’osent même pas utiliser le mot « rigueur » et encore moins « austérité ». Ils se moquent de nous ! Rien dans leurs programmes ne permet vraiment d’agir. Il faut prendre des décisions radicales, qu’il faut emprunter à la gauche comme à la droite : interdire les déficits, surtaxer les hauts revenus, beaucoup plus qu’actuellement, briser l’économie de spéculation et encadrer strictement l’activité bancaire. Mais de l’autre côté, nous devons contrôler les prestations sociales et lutter contre la fraude qui coûte des milliards à la France, encadrer le droit de grève, remplacer seulement un fonctionnaire sur trois dans la fonction publique territoriale (dans les mairies, les embauches et les dépenses ont explosé !) et supprimer totalement – et sans reculer – les niches fiscales qui représentent des dizaines

de milliards d’euros… Halte au clientélisme et aux bons sentiments.

F.-S. Les Français sont-ils prêts à accepter de telles mesures ?

F. C. Aujourd’hui tous les Français ont peur, tous les Français savent qu’on est face à l’échéance. Ils voient aussi ce qu’on fait à l’étranger. Ils voient ce qui arrive à l’Espagne, à l’Italie et à la Grèce. Quel Français croit encore qu’on va y échapper ? Certains pays, comme l’Allemagne, l’Angleterre ou le Canada, ont pris en temps et en heure les mesures nécessaires, et ça a payé. En France, on est à des années-lumière de ce qu’exige la situation. Il faut s’attaquer simultanément au système financier et au système étatique.

F.-S. Peut-on réellement s’attaquer aux dérives financières ?

F. C. Avec de la volonté, oui. Il faut séparer clairement la banque commerciale(celle des particuliers) et la banque de marché (spéculatif). Car aujourd’hui, vos petites économies subventionnent la banque de marché. Les Anglais sont en train de le faire. On peut réformer aussi le système bancaire en taxant les opérations financières et en cassant la spéculation. Savez-vous que la moitié des ordres de Bourses sont envoyés automatiquement par des ordinateurs en continu, au millième de seconde. C’est le Casino ! Il n’y a aucune raison pour que la valeur d’une entreprise change plusieurs fois au cours de la journée.

Problème : en France, les banquiers sont tellement puissants qu’aucun politique n’ose les contrarier !

F.-S. En conclusion ?

F. C. Cette fois, la France est  face à son échéance fatale. Sans courage

politique, on va à la catastrophe. Ce ne sont plus des mots ni des prévisions.

C’est vraiment la dernière échéance.

Par Jacques Hennen et Patrick Meney

 

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Claude HOUËL 01/02/2012 23:12


"On" ne peut pas dire que l'on nous a menti depuis 35 ans.


Les gouvernements successifs nous ont dit ce que l'on voulait entendre et ce qui nous faisait plaisir.


Même sans internet ceux qui voulait savoir savaient,chaque année les médias révélaient le rapport de la cour des comptes ou les analyses d'une poignée de "De Closet" et autres messagers de
mauvaises augures.


Sans être expert en économie ou en finance "on" savait bien que dépenser plus qu'on ne gagne ne peut durer toute la vie,ni pour un état ni pour un particulier,mais chacun ne vivait que dans le
temps présent pensant que quand la dette deviendrait trop lourde il suffirait d'arrêter de rembourser,de changer de banque ou de demander un désendettement utopique.


Aujourd'hui il n'y a plus qu'à retrousser les manches et faire les sacrifices inéluctables.Cela est possible à condition que chacun participe "à hauteur de sa faculté contributive",ce qui ne se
fera pas sans douleur ni remise en cause,de l'Etat comme de chacun d'entre nous.