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Publié par Edouard Boulogne

Apocalypse.jpg

 

( Trois documents dans cet article. D'abord, le point de vue pessimiste de Thierry Desjardins sur l'éventualité d'une troisième guerre mondiale dont les prodromes sont perceptibles. Puis, une confidence d'André Malraux ( en 1956 ) à Elizabeth de Miribel, ex secrétaire du général de Gaulle en juin 1940 à Londres ( celle-là même qui tapa à la machine le fameux appel du 18 juin ).

Enfin une lettre du père Charles de Foucauld, en 1907, qui montre une lucidité certaine sur la façon dont l'occident, depuis longtemps, par l'abandon progressif de ses principes religieux fondateurs, prépare son anéantissement.

Mais le pire n'est jamais certain, et plus que jamais, l'adage du personnage principal de l'excellent roman de Jean Carrère : La fin d'Atlantis, ou le Grand Soir, demeure d'actualité : « Un grand peuple ne peut mourir que de lui-même. Tu tournes toi-même la roue du destin ».

A nous de jouer.

LS. ).

La-fin-d-Atlantis.jpg

 


( I ). Nouvelle guerre mondiale - l'avis de Thierry Desjardins

Thierry Desjardins

Journaliste et Reporter, né en 1941,
> > Directeur général adjoint du Figaro.
> > Auteur d'un nombre considérable d'ouvrages politiques.
> > Lauréat de l'Académie française.
> > Prix Albert Londres 1975.
> > Prix Louis Pauwels 2000.


>
Il serait grand temps que nous nous apercevions -enfin- qu'une nouvelle guerre de religion a éclaté et, cette fois, à l' échelle planétaire.

Les Islamistes massacrent les chrétiens en Égypte, en Irak, aux  Philippines, en Indonésie, au Pakistan, au Nigeria, un peu partout. Malraux avait dit :

« Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas ».

On a bien l'impression que ce siècle qui commence va voir le déchaînement sans pitié d'un Islam renaissant, voulant dominer le monde et faire payer à la civilisation chrétienne les quelques siècles pendant lesquels elle a régné sur la planète.

Cette haine du chrétien dépasse de beaucoup tous les problèmes de la foi. En s'attaquant aux églises, aux prêtres, aux religieuses, aux fidèles, les islamistes veulent abattre la civilisation occidentale, la démocratie, le capitalisme, ce qu'ils appellent le « néo-colonialisme », la parité hommes femmes, les Droits de l'Homme, le progrès tel que nous le concevons.

Le XXème siècle a été marqué par l'affrontement Est-Ouest, le bloc communiste contre les pays « libres ». Marx, Lénine et Staline se sont  effondrés d'eux-mêmes sous les incohérences, bien souvent monstrueuses, de leur idéologie. Mais ils ont aussitôt été remplacés par Allah et son Prophète.

Le Coran a pris la place du Communisme, le drapeau vert de l'Islam celle du drapeau rouge, les imams prédicateurs des mosquées celle des commissaires politiques.

Le XXIème siècle sera une guerre sans merci car les foules immenses du Tiers-monde islamisé (et des banlieues de nos grandes métropoles) sont autrement plus dangereuses que ne l'ont jamais été les chars du Pacte de Varsovie.

Nous pleurons, avec nos larmes de crocodiles habituelles, les coptes massacrés à Alexandrie et les chrétiens assassinés à Bagdad.

Mais nous restons les bras ballants.

Il faut bien dire qu'on voit mal ce que nous pourrions faire. Ce n'est plus guère le temps des croisades et nos dernières expériences en Afghanistan ou en Irak (où nous commençons à regretter la belle époque de Saddam  Hussein qui savait, lui, au moins, faire respecter la laïcité baasiste) n'ont pas été très concluantes, c'est le moins qu'on puisse dire. Il est bien loin le temps où Napoléon III pouvait envoyer un corps expéditionnaire protéger les maronites du Liban que massacraient les Druzes.

Mais au moins restons lucides et surtout arrêtons de ressortir une fois de plus la fameuse « repentance » qui nous sert désormais pour maquiller toutes nos lâchetés.

Hier, un imbécile de service nous a longuement expliqué à la télévision que si les islamistes égyptiens massacraient les coptes c'était parce que ces chrétiens de la vallée du Nil étaient « les représentants de l'Occident », les ambassadeurs de la culture européenne », les symboles vivants du capitalisme, du néocolonialisme, du dollar et du coca-cola. En un mot, les ultimes survivants de l'époque coloniale. Autant dire, à l' en croire, que les Islamistes avaient parfaitement raison de vouloir éliminer ces survivances d'un passé détesté.

 

*L'imbécile était, en plus, un inculte*. Les coptes sont les descendants du peuple des pharaons. « Copte » veut dire « égyptien ». Ils étaient sur les bords du Nil bien avant la conquête arabe et musulmane. S'ils sont plus nombreux au sud, entre Assiout et Assouan, c'est précisément parce qu'ils ont fui les cavaliers conquérants venus d'Arabie.. Ils avaient leurs églises bien avant que nous ne construisions nos cathédrales.

On peut d'ailleurs dire exactement la même chose de tous les chrétiens d'Orient qu'ils soient catholiques (de rite d'Antioche, de rite syriaque comme les maronites libanais, de rite byzantin, de rite arménien, de rite d'Alexandrie) ou « non chalcédoniens » comme les coptes, ou orthodoxes (ayant leur patriarcat soit à Istanbul, soit à Alexandrie, soit à Jérusalem, soit à Damas). Tous sont « chez eux » dans ces pays-là depuis des millénaires, certains parlant encore l'araméen, la langue du Christ. En faire des ambassadeurs de l'Occident, des représentants du capitalisme colonial est évidemment une absurdité.

Même si, en effet, ils sont « de culture chrétienne ». Mais ils l'étaient avant nous. Nous ne pouvons rien faire pour les protéger, mais au moins ne les trahissons pas en reprenant à notre compte les accusations odieuses de leurs assassins. Nous pouvons les accueillir, comme nous nous devons d'accueillir tous ceux qui sont persécutés. Beaucoup ont déjà fui leur pays.

Mais, en tous les cas, ne continuons pas à nous boucher les yeux, à parler de «l'amitié islamo-chrétienne », d'un « Islam à l'occidentale», de « la cohabitation harmonieuse des trois monothéismes ».

Soyons intransigeants avec les règles de notre laïcité, mais ne nous laissons entraîner ni vers la stigmatisation ni vers la discrimination (surtout si elle devait être « positive », comme le souhaitent certains), car ce serait, évidemment, faire le jeu des fanatiques.

Aujourd'hui, la grande mode est d'évoquer, d'invoquer à tout bout de champ "les années les plus sobres de notre histoire". C'est souvent absurde et parfois odieux. Mais s'il y a une leçon qu'il ne faut jamais oublier c'est bien celle de Munich, Churchill avait dit : « Ils ont préféré le déshonneur à la guerre et ils auront les deux. »

Il ne faut jamais tenter de pactiser avec ceux qui vous ont déclaré la guerre.

 

 

 

 

 

 

 

( II ) Point de vue d'André Malraux sur l'islam. malraux.jpg

 

Un texte visionnaire d’André Malraux sur l’islamisme.

( Peut-être n’y a-t-il rien de pire que le relativisme, débouchant sur le nihilisme, qui se développe actuellement dans la civilisation occidentale, assimilant la civilisation à une simple, mais effrénée consommation de tout et de n’importe quoi. Bien qu’il ne s’agisse, peut-être,  dans la bouche d’un politicien, que d’un propos sans conséquences, auquel il ne donne pas de contenu véritablement consistant, peut-être donc, est-ce ce que Nicolas Sarkozy a voulu dire, récemment en lançant le thème de la nécessité d’une réflexion sur la refondation d’une « civilisation » en Europe, et en France particulièrement. Le président de la République, quelle que soit la sincérité de ses propos, dans un discours récent au Vatican n’en incitait pas moins les catholiques de France à sortir de leur actuelle apathie, et à réinvestir l’espace public. Cette invite, [peu importe qu’elle émane d’une personnalité discutable] mérite d’être entendue, car quand le nihilisme triomphe, les âmes assoiffées risquent pour s’abreuver de boire à n’importe quelle source. Le grand dramaturge IONESCO l’avait bien vu quand il écrivait que « lorsque l’homme ne se préoccupe pas des fins dernières, (que) lorsque seuls l’intéresse le destin d’une nation politique, de l’économie, lorsque les grands problèmes métaphysiques ne font plus souffrir, laissent indifférents, l’humanité est dégradée, elle devient bestiale ».
Or, depuis quelques décennies l’Islam est entrée dans une période, de dynamisme nouveau, voire d’effervescence. Et, il se trouve que les aléas de l’histoire font que résident en France (et ailleurs en Europe) d’importantes communautés, sinon musulmanes (le nihilisme, le matérialisme pratique, sinon doctrinal, travaille aussi ces personnes là, particulièrement dans les zones dites de « banlieues ») du moins réceptives à ce message du « Prophète », dans sa version la plus éruptive : l’islamisme.
Des analystes lucides et courageux s’inquiètent de ce militantisme pour l’avenir de l’Europe qui fut chrétienne.
Il est tout à fait urgent de réfléchir sur l’Islam, sur sa vraie nature, honnêtement, sans caricature ; de tenter de répondre à la question fréquemment posée : Faut-il confondre l’Islam et l’islamisme ? L’Islam est-il compatible avec les valeurs d’origine chrétiennes qui ont façonnés la France et l’occident : la liberté, la distinction du spirituel et du temporel, l’égalité en droit et en dignité de la femme et de l’homme dans la cité, etc.
Questions d’une importance capitale que je me promet d’aborder, au fil du temps, sur ce blogue.
Je ne méprise absolument pas l’Islam. Il vaut mieux que le relativisme généralisé qui est aujourd’hui proposé à la jeunesse par les marchands d’illusions, se réclamant parfois, d'ailleurs, à tort ou à raison de la philosophie dite des lumières . [Thème d’étude très prochain ici même].
Mais il serait absurde, au nom d’une prétendue ouverture d’esprit de fermer les yeux sur des réalités aussi aveuglantes qu’inquiétantes. C’est à quoi invitait à réfléchir  André Malraux, avec une prescience d’autant plus remarquable que son propos date de 1956, dans le texte que je propose à la réflexion des lecteurs du Scrutateur.

Edouard Boulogne.

PS : Je viens de parler d’une indispensable information sur l’Islam. Mais que dire alors du christianisme, absurdement méconnu, et caricaturé par les marchands d’illusion de la société de pléthore ?
Il va de soi, que tous les chrétiens un tant soi peu informés doivent se mobiliser pour combler le vide spirituel de l’époque. Car la nature a horreur du vide. ).


La poussée islamique, selon André Malraux.


“La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau… Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera.”

"C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. A l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam. En théorie, la solution paraît d’ailleurs extrêmement difficile. Peut-être serait-elle possible en pratique si, pour nous borner à l’aspect français de la question, celle-ci était pensée et appliquée par un véritable homme d’Etat. Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis “musulmane”, je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet. Dès maintenant, le sultan du Maroc est dépassé et Bourguiba ne conservera le pouvoir qu’en devenant une sorte de dictateur. Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l’islam, si elles avaient été appliquées à temps… Actuellement, il est trop tard ! Les “misérables” ont d’ailleurs peu à perdre. Ils préféreront conserver leur misère à l’intérieur d’une communauté musulmane. Leur sort sans doute restera inchangé. Nous avons d’eux une conception trop occidentale. Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l’avenir de leur race. L’Afrique noire ne restera pas longtemps insensible à ce processus. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution".

André Malraux, le 3 juin 1956

 

( III ) . La lettre ci-dessous a été écrite par le Père de Foucauld en

1907 ! 

charlesdefoucauld24rw.jpg

 

Vraiment troublant et ahurissant : plus de 100 ans avant, une

telle clairvoyance !

Lettre du Père Charles de Foucauld adressée à René Bazin, de

l'Académie française, président de la Corporation des publicistes

chrétiens, parue dans le Bulletin du Bureau catholique de

presse, n° 5, octobre 1917 :

 

"Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre

empire colonial du nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un

mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle

se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l'esprit ni

le coeur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera

l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d'autre part, la masse

des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous,

fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa

religion, par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français

(représentants de l'autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent

ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle.

Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand

elle en trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France au

dedans ou au dehors, elle se servira de l'islam comme d'un levier pour

soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman

indépendant.

L'empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique

occidentale française, etc., a 30 millions d'habitants ; il en aura, grâce à la paix,

le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche,

sillonné de chemins de fer, peuplé d'habitants rompus au maniement de nos

armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos écoles. Si nous n'avons pas

su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils

deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens.

Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement,

discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction,

grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, oeuvre surtout de laïcs

français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un

contact plus intime.

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ?

Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non.

Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a

des accommodements ; avec l'un, celui du « Medhi », il n'y en a pas : tout

musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu'à

l'approche du jugement dernier le Medhi surviendra, déclarera la guerre sainte,

et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les

non musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie

patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard

subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation

non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et

triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse

l' engage à subir avec calme son épreuve; " l'oiseau pris au piège qui se débat

perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact

le jour de la libération ", disent-ils.

ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux

Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils

peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami

étranger; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par

sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole,

comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles.

Mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils

ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du

Medhi, en lequel ils soumettront la France.

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander

la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger

qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel

on appartient soi-même ?

Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un

renoncement à la foi du Medhi..."

 

Charles de FOUCAULD

 

( Medhi = Le Bien-aimé = le Sauveur de l’Islam ). 

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