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Publié par Edouard Boulogne

Je souscris personnellement, à peu près à chaque ligne de ce qu'écrit Gérard Leclerc sur l'écrivain Dominique Venner.

LS.

 




http://www.france-catholique.fr/Sur-Dominique-Venner.html

 

Le drame, qui s’est déroulé mardi après-midi à Notre-Dame de Paris, a provoqué une émotion légitime et souvent digne, même de la part de ceux qui récusaient l’idéologie de Dominique Venner. Cet homme engagé a, sciemment, mis en scène sa mort, conformément à un code esthétique qu’il tenait d’une certaine culture, se référant notamment à l’écrivain japonais Mishima. Un livre posthume doit d’ailleurs paraître, où il se réclame de l’éthique du Samouraï. Je ne le connaissais pas personnellement, je ne l’avais jamais rencontré. Certains, qui l’appréciaient, m’ont dit que c’était un homme estimable. J’ai lu l’historien, qui n’était pas sans talent. Mais je dois à la vérité de dire que, pour moi, Dominique Venner était un adversaire intellectuel de toujours et que je me fais un devoir de le rappeler, en dépit des circonstances tragiques de sa mort et de la peine des siens. D’ailleurs, ne serait-il pas le premier à reconnaître un droit de contestation à ceux qui ne partageaient pas ses opinions ? N’était-ce pas conforme au principe chevaleresque qu’il revendiquait ?

Adversaire intellectuel ? Oui, Dominique Venner s’est toujours réclamé d’un paganisme contraire au christianisme et il n’a jamais renoncé à polémiquer contre la vision biblique du monde à laquelle il reprochait son universalisme, solidaire de son monothéisme. Je veux croire qu’au fil des années il avait renoncé à certaines outrances, n’hésitant pas à manifester, me dit-on, son estime au pape Benoît XVI. Il n’empêche que sur son refus de la foi chrétienne, il ne transigea jamais, cultivant un différentialisme qui exaltait l’hétérogénéité des cultures, tout en professant un véritable culte de la force. Il rejoignait ainsi toute une thématique nietzschéenne

C’est pourquoi je mets instamment en garde contre la tentation de la fascination à l’égard de l’acte transgressif qu’il a posé dans le lieu le plus symbolique qui soit. Il serait dangereux de ne pas avertir les jeunes gens, notamment, du caractère foncièrement ambigu du message qu’il a voulu adresser de la façon la plus spectaculaire. Il faudra peut-être prendre le temps d’analyser avec soin tous les motifs de son idéologie. Mais dans l’émotion du moment, il faut s’opposer à tout possible emballement qui pourrait conduire la protestation actuelle à l’excès et même à la dénaturation. Cela ne nous empêche pas de confier Dominique Venner à la douce pitié de Dieu, comme aurait dit Bernanos, et de prier intensément pour tous les siens.

Chronique lue sur radio Notre-Dame le 23 mai 2013.

 

 




 

Ce document est une photographie de la lettre qu'a déposée sur l'autel, à Notre Dame de Paris, l'écivain, juste avant son suicide : 

Dominique-Venner.jpg

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castets 24/05/2013 07:38


Bonjour Mr Boulogne,


S'il est encore possible d'évoquer un quelconque sentiment, sauf la tristesse et la compassion pour ses proches après ce suicide assumé clairement, moi je vois  plutôt un symbole dans le
choix de ND, haut lieu national de la Chrétienté, Religion actuellement bafouée dans ce grand système de remplacement programmé, sans compter l'abandon de  valeurs profondes et humanistes
éprouvées !


Sur le parvis de ND, point zéro des voies de communication, on peut y voir aussi  le  point de départ d'un faisceau divergent pour diffuser à la France entière le  constat d'alerte
à l'origine du suicide de Dominique Venner.


En attendant, paix à son âme, réflexion accentuée et action pour nous à titre de prière !


Bonne journée


Cjj

Léon Dupan 23/05/2013 21:00


Comme vous dites : rien à retrancher, rien à ajouter. Sauf peut-être, une terrible erreur de casting, en tout cas de repérage, dans le choix de Notre-Dame de Paris, c'est-à-dire dans le mépris du
caractère sacré de cet édifice religieux. À moins que, christique, malgré lui, il n'ait voulu, à l'égal du CHrist dont il niait visiblement la divinté, il n'ait voulu offrir sa vie pour la gloire
de Dieu et le salut du monde, et que la seule façon qu'il ait trouvée de restaurer Dieu dans la primauté de sa conscience, ce fût précisément dans ce choix, et qu'il ait cru dans son délire de
samouraï faire don de sa personne à l'Église, corps mystique du Christ. Ah ! romantisme ! que d'excès on commet en ton nom !