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Publié par Edouard Boulogne

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L'article d'hier sur « Détruire la basilique de Montmartre", suscite sur facebook des avis, et parfois contradictoires. L'un d'eux émane d'Ulysse Garnier. J'ai connu Ulysse en 1980 ( en avion, où il se montra très serviable en une occasion que je ne saurais oublier, alors que je ne le connaissais nullement jusqu'alors ). Je le perdis de vue avant de le retrouver deux ans plus tard, alors qu'il faisait des études de droit. Il était l'ami de plusieurs des jeunes d'un mouvement que patronnait mon journal Guadeloupe 2000 : le MJAF ( mouvement de la jeunesse pour les Antilles Françaises ).

Ulysse ( ce n'est qu'un pseudo. Le vrai nom est autre ) était alors un jeune romantique, sympathique, qui quitta la Guadeloupe vers la fin des années 1980.

Nous nous sommes retrouvés sur facebook, et j'ai compris très vite que Maître Ulysse ( il est avocat sur une grande île qui fit partie de feu l'Empire Français ) est toujours romantique, ce qui peut être très bien, sauf...quand on parle de politique, et qu'on invoque l'histoire à l'appui de ses dires.

A propos de l'article d'hier donc, Voici ce qu'écrit mon ami :

 

Ulysse Garnier : « En tant que Parisien, je dois dire que je n’ai jamais apprécié le Sacré-Cœur puisqu’il est exact qu’il a été édifié à dessein au lieu même où les derniers Communards du 18ème arrondissement furent exterminés par Adolphe Hitler, gloups je voulais écrire Adolphe Thiers… Hormis le mur des fédérés au Père Lachaise où l'on fusilla à tour de bras, que reste t-il de leurs combats? Ce n’est pas contre l’église catholique, mais le fait est que c’est insultant d’ériger un monument visant à critiquer des Parisiens anti-calotins qui, reconnaissons-le, sont morts courageusement pour leur idéal, fût-il pour vous critiquable. Ce n'est pas très élégant ... Encore que le socialisme n’aurait certainement pas connu le parcours chaotique qui fut le sien s’il avait pu se développer sur la terre de France de 1871 plutôt que sur les terres de Russie sortant du servage en 1917 en pleine première guerre mondiale pour sombrer dans le bolchévisme et les meurtres politiques. La Commune de Paris a accompli de grandes choses et on connaît l’aversion de Marx pour les Communards, ce qui en dit long... » ( Souligné en rouge. Evidemment! PSC. 

 

«  Je n'ai jamais aimé le sacré-coeur » dis-tu. Le sacré-coeur? Pour un « mécréant » cela m'eut étonné. Tu voulais dire, Ulysse : « la basilique du Sacré-Coeur ». C'est ton droit. Question d'architecture? Plutôt il me semble pour d'autres raisons que tu énonces.

Mais ce monument fut édifié, par souscription nationale, pour réconcilier les Français après ce qui fut une guerre civile ( quoique limitée à Paris ).

Il y eut des fusillés, à tour de bras. Oui, mais les violences furent très partagées, et les communards, qui voulaient instaurer un nouveau régime socialiste, n'y allèrent pas non plus de main morte. Sauf pour la légende, qu'affectionnent les jeunes romantiques, ( même à cinquante ans bien sonnés! Psc ). La défaite des communards ( mais pas communistes ) fit les affaires pas seulement de ton bien aimé Adolphe...Thiers, mais de Marx et des marxistes. Les ouvriers parisiens de la Commune de Paris, qui furent vaincus, étaient membres de la première internationale qui réunissait les mouvements révolutionnaires de l'époque, très nombreux, et en désaccord parfois profond sur la sorte de régime qu'il faudrait installer à la chute souhaitée du « capitalisme ». Tu parles DU socialisme comme si ce mot avait un sens univoque. Mais Wernert Sombart dans son livre sur Le socialisme allemand, évoque 261 acceptions du mot.

Les ouvriers parisiens qui firent la commune de Paris en 1871, et qui furent écrasés par l'armée régulière de Thiers étaient de l'obédience du célèbre théoricien français Proudhon.

Cet écrasement fit la joie des marxistes et de Marx lui-même. Pour de sordides raisons de pouvoir et de lutte d'influences à l'intérieur de l'internationale.

Il faut en finir avec ces clichés ( romantiques en ce qui te concerne, mais qui ne sont que de la saloperie quand ils sont interminablement répétés jusqu'à ces jours de 2013, par les totalitaires abusifs d'un prolétariat qui n'existe d'ailleurs plus, résorbé par l'évolution du capitalisme ).

Voici deux pages, d'un livre passionnant de l'historien Robert Aron Le socialisme français face au marxisme, qui remettent les pendules à l'heure.

 

Marx et la commune de Paris.

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( pp 198 à 200 ).

« II est une question primordiale qui domine toutes les autres, qu'on devrait placer au-dessus de la question poli­tique, si de celle-ci ne découlaient justement toutes les autres, mais qui, dans tous les cas, domine toutes les ques­tions sociales : c'est la question morale, la question de l'édu­cation, de la refonte des mœurs des esprits et des caractères. Là est le secret de l'avenir. Refaire une honnêteté à la foule, une conscience au plus grand nombre, une moralité à tous, voilà le but... Rendons à l'homme qui a vaillamment et patiemment tenu entre ses mains les destinées de la Patrie, l'hommage qui lui est dû... M. Thiers s'est révélé un poli­tique aux idées agrandies et son patriotisme lui a inspiré une conduite très nette et très résolue dont l'Histoire le félici­tera. »

De telles déviations dans l'interprétation de la Commune par des bourgeois libéraux n'ont certes rien pour surprendre. On sait qu'il existe toujours un fossé d'incompréhension et de malentendus entre le libéralisme bourgeois et l'esprit révolutionnaire. Ce qui, en revanche, est plus surprenant, c'est de trouver, chez Karl Marx, des dissonances analogues.

On a pu écrire un livre sur Karl Marx pangermaniste, groupant des textes assez étonnants pour un des « leaders » de la 1 ère Internationale. En 1866, il juge ainsi les ouvriers parisiens, futurs combattants de la Commune : « Ouvriers de luxe » qui « se trouvent sans s'en douter appartenir très fort à la vieille ordure. Ignorants, vaniteux, prétentieux, /bavards, gonflés d'emphase ». En 1867, il se félicite que les Militants ouvriers aient été incarcérés par la police de l'Empire : « Heureusement que nos vieilles connaissances à Paris sont sous les verrous, Le_ Comité parisien n'enverra qu'un seul ouvrier à Bruxelles.

Le 20 juillet, à la veille des combats franco-allemands, il écrit : « Les Français ont besoin d'être rossés. Si les Prussiens sont victorieux, la centralisation du pouvoir de l'Etat sera utile à la centralisa­tion de la classe ouvrière allemande. »Détour surprenant pour passer de l'internationalisme apparent à un chauvi­nisme de fait. Au moment de la proclamation de la Répu­blique en France, Engels fait chorus dans l'insulte contre les Français : « Ces individus qui ont supporté Badinguet pendant vingt ans, qui, il y a six mois, n'ont pas pu empêcherqu'il reçût six millions de voix contre un million et demi, et qu'il les excitât sans raison ni prétexte contre l'Allemagne, ces gens prétendent à présent, parce que les victoires allemandes leur ont fait cadeau d'une république (et laquelle!) que les Allemands doivent quitter immédiatement lu sol sacré de la France. Sans quoi, guerre à outrance! C'est tout à fait la vieille infatuation : la supériorité de la France, l'inviola­bilité du sol sanctifié par 1793 et auquel toutes les cochonneries françaises commises depuis n'ont pu enlever caractère, la sainteté du mot République... »

De tels textes, que l'on pourrait multiplier, sont scanda­leux : francophobie, nationalisme s'y expriment en des termes que contesterait à peine un pangermaniste ordi­naire; et Bismarck, s'il les a connus, n'a pas dû les déplorer. Pourtant, si Marx et Engels faussent en 1870 les positions de l'Internationale comme le chancelier allemand avait falsifié le texte de la dépêche d'Ems, si eux aussi font assaut, contre les Français, de malveillance et de ruse, les raisons qui les font agir sont fort différentes. Une phrase, dont Marx s' irritera qu'elle ait été reproduite publiquement, sans son accord, va nous donner la clé d'une attitude aussi étrange : « La prépondérance allemande [...] transportera le centre de gravité du mouvement ouvrier européen de France en Alle­magne. » Et ailleurs, ce commentaire qui perce à fond les intentions de Karl Marx : « La prépondérance, sur le théâtre du monde, du prolétariat allemand sur le prolétariat fran­çais serait en même temps la prépondérance de notre théorie sur celle de Proudhon. »

Ainsi le nationalisme antifrançais de Karl Marx n'est pas un vulgaire chauvinisme. Karl Marx, obsédé par sa doctrine, sacrifie au triomphe de sa conception du socialisme les sentiments de fraternité humaine que tout socialisme, en principe, a pour but de réaliser. Première contradiction entre les moyens et la fin, dont le développement du marxisme nous donnera bien des exemples. Désaccord qui, devenu habituel et n'éveillant plus de trouble chez les dirigeants actuels, s'accompagnait encore de scrupules ou de nuances chez l'inventeur de la doctrine. Voici un manifeste du Conseil général de l'Internationale publié le 23 juillet 1870, où Marx s'exprime de façon moins partiale sur le conflit franco-allemand : « Du côté allemand, cette guerre est une guerre défensive; mais si la classe ouvrière allemande souffre que la guerre actuelle perde son caractère défensif et dégénère en une guerre contre le peuple français, la victoire et la défaite seront pour elle également désastreuses. »

Ainsi, ni pour Engels ni pour Marx le problème posé par la Commune de Paris ne semble être un problème simple. Il y a opposition entre leur sens de la solidarité révolutionnaire et leur intérêt personnel de doctrinaires et de militants. Il y a contradiction entre leur internationalisme avoué et la conviction que l'Allemagne est prédestinée, grâce à eux, à le réaliser, au besoin manu militari. Surtout entre les Français et eux, entre le socialisme proudhonien ou blanquiste et le socialisme marxiste, il y a un désaccord plus profond et plus grave qu'une querelle politique ou qu'une rivalité d'école; ce sont deux tempéraments qui s'affrontent, deux conceptions de la vie qui s'opposent. Et le drame qui en résulte atteint à la gravité, mais aussi à la dignité des grands conflits spirituels où se joue et se détermine le destin de l'humanité.

C'est ce qu'il nous appartient de montrer dans le chapitre suivant, qui nous mène au cœur de ce livre. Nous y verrons pour quelles raisons profondes le marxisme a stérilisé ce qu'il y avait d'aspiration spirituelle dans la Révolution de 1848 et de patriotisme spontané et libertaire dans la Com­mune de Paris. ». ( In Le Socialisme français face au marxisme,par Robert Aron. Editions Grasset. Pages 198 à 200 ).

 

Texte un peu long mais capital pour déniaiser les visions idylliques DU (prétendument ) socialisme, et des patriarches « fraternels » qui présidaient, selon la vulgate politiquement correcte, à la révolution en cours au XIX ème siècle. Laissons ces clichés à Mélenchon, à Besancenot, et autres Domota.

 

 

( II ) Deuxièmement, mon cher Ulysse, tu regrettes que la commune n'ait pas réussi, ce qui aurait permis de réaliser la révolution en France, en 1871, plutôt qu'en Russie, en 1917, où elle dégénéra en bolchevisme avec les crimes que l'on sait.

Là, mon cher Ulysse, il me faut doucher ton ultra patriotisme français, qui a du bon, mais à condition de ne pas te tromper, car la France a aussi ses « petits » défauts.

En 1917, à Léningrad, et bientôt dans toute la Russie, les communistes massacrent à tour de bras. Et ceci au nom du modèle de révolution qu'il révèrent....la Révolution française. Et à Paris, L'Humanité, le journal fondé par Jaurès, qui n'est pas encore communiste, parfaitement renseigné par leur correspondant là-bas, décide de se taire, et de vanter « la grande Révolution ouvrière de nos camarades soviétiques ». Déjà pour ne pas désespérer Billancourt.  (lire à se sujet l'ouvrage remarquable de Christian Jelen : L'aveuglement. ). 

Ah! Fi de romantisme! Wouvè ziés, wouvè zoreils ! (voire sur tout cela l'ouvrage, entre autres de Christian Jelen : L'aveuglement. ( Flammarion ). 

Permets moi, cher Ulysse, pour compléter, et pour déniaiser tant et tant de citoyens qui ne connaissent l'histoire que par les livres d'écoles fabriqués sur commande par Peillon et ses ancêtres pour mieux escagasser les masses populaires et les asservir à leur dogme totalitaire, de citer quelques passages de l'ouvrage Histoire et dictionnaire de la révolution Française ( références plus bas ).


 img287.jpg ( Cet ouvrage n'est pas "réactionnaire", mais tout ce qu'il y a de plus universitaire. La plupart d'entre nous ne connaissent de leur histoire que le récit qu'en donnent les vainqueurs de la Révolution. Et l'on connait le mot célèbre sur "la justice, cette éternelle fuyarde" du camp des vainqueurs". ). 

 

La Révolution française( l'extrait suivant rappelle très brièvement, l'atrocité des méthodes de nos révolutionnaires français ).

 

« Le sort des derniers Girondins en liberté fut tragique : Guadet, Grangeneuve et Salles furent exécutés à Bordeaux le 19 juin 1794, Barbaroux le 25. Buzot et Pétion se suicidèrent le 26.

Tandis que le représentant en mission Bassal calmait la Franche-Comté, Carteaux empêchait la jonction de Nîmes et de Marseille.

A Lyon le siège débuta le 9 août, sous les ordres de Dubois-Crancé puis de Couthon. A la suite d'une sortie désespérée, le royaliste Précy, qui avait pris la tête de l'insurrection, réussit à s'enfuir le 8 octobre. Les forces républicaines entraient dans la ville le 9. Le 30 octobre, Collot d'Herbois et Fouché furent chargés de mener la répression dans la cité et de venger Chalier. Le décret du 12 octobre avait annoncé à l'article 3 : « La ville de Lyon sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli. » Et l'article 4 proclamait : « Le nom de Lyon sera effacé du tableau des villes de la République. La réunion des maisons conservées portera le nom de Ville affranchie... Il sera élevé sur les ruines de Lyon une colonne qui attestera à la postérité les crimes et la punition des royalistes de cette ville avec cette mention : Lyon fit la guerre à la Liberté. Lyon n'est plus. » Deux mille Lyonnais furent condamnés à mort par une justice sommaire et expéditive et les mitraillades de Lyon entrèrent dans les annales de l'horreur. Seul Carrier fit mieux à Nantes.

La ville de Marseille avait été reprise aux fédéralistes le 25 août 1793. Barras y fit instituer un tribunal révolutionnaire chargé de châtier les coupables et de confisquer les biens des aristocrates en vue d'indemniser les partisans de la Convention. Parmi les victimes, l'important négociant Hugues qui, bien que sourd et aveugle, fut guillotiné.

Toulon résistait en dépit des opérations menées par Carteaux puis Doppet et enfin Dugommier. Un jeune officier d'artillerie, Bonaparte, avait inspiré le plan d'attaque qui fut mis en application le 15 décembre ; le 16, la principale redoute ennemie tombait. Le 19, les républicains conduits par les représentants Barras, Robespierre jeune, Fréron et Salicetti, entraient dans la place. La répression fut sévère. Toulon, devenu Port-de-la-Montagne, tomba de 30 000 à 7 000 habitants. Le 22 décembre Bonaparte était proposé au grade de général de brigade »

 

En Vendée :

 

De leur côté les Vendéens avaient poussé jusqu'à Nantes mais leur assaut contre la ville échoua le 29 juin 1793 et Cathelineau fut mortellement blessé. Son armée se dispersa. Il fallut élire un nouveau généralissime : Elbée l'emporta et eut Stofflet comme major général.

Chez les républicains, sur rapport de Barère, un décret précisa, le 1er août, les conditions dans lesquelles seraient menées les opérations : « Les forêts seront abattues, les repaires des bandits seront détruits, les récoltes seront coupées pour être portées sur les derrières de l'armée et les bestiaux seront saisis. Les femmes, les enfants et les vieillards seront conduits dans l'intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté avec tous les égards dus à l'humanité n. »

Les républicains disposaient des 15 000 Mayençais de Kléber qui furent dirigés vers Nantes. Kléber pénétra en basse Vendée, repoussant Charette, mais celui-ci reçut l'appui de l'armée d'Elbée et Kléber fut battu à Torfou le 19 septembre. On ironisa, en Vendée, sur l'armée de « fayence » au lieu de Mayence.

Le 1eroctobre, Barère présentait un nouveau rapport : « La Vendée et encore la Vendée ! Voilà le chancre politique qui dévore le cœur de la République. C'est là qu'il faut frapper ! C'est là qu'il faut frapper d'ici au 20 octobre, avant l'hiver, avant l'impraticabilité des routes, avant que les brigands trouvent l'impunité dans le climat et dans la saison. D'un coup d'œil vaste et rapide, le Comité a vu dans ce peu de mots tous les vices de la Vendée : trop de représentants, trop de généraux, trop de division morale, trop de divisions militaires, trop d'indiscipline dans les succès, trop de faux rapports dans le récit des événements, trop d?avidité, trop d'amour de l'argent et de la durée de la guerre dans une grande partie des chefs et des administrateurs. Voilà les maux. Voici les remèdes u. » Le décret qui suivit sépara la Loire-Inférieure de l'armée des côtes de Brest et la réunit à l'armée des côtes de La Rochelle. Quatre colonnes pénétrèrent en Vendée par Saumur,. Fontenay, Nantes et Les Sables. Pris en tenaille, les principaux chef de la Vendée furent battus à Cholet le 17 octobre et durent repasser la Loire à Florent-le-Vieil.

Elbée hors de combat, un nouveau généralissime fut désigné : La Rochejaquelein. Il hésitait entre plusieurs partis et choisit finalement de prendre la direction de Granville où il espérait joindre les Anglais. Des insurgés bretons et normands, autour de Cadoudal ou de Jean Chouan, se rallièrent aux Vendéens. Mais les insurgés perdirent du temps et le représentant en mission Lecarpentier eut le temps de fortifier Granville et d'y résister, le 14 novembre, aux furieuses attaques des Vendéens. Il fallut revenir sur les Ponts-de-Cé et la Loire. Pendant ce temps un nouveau chef, Marceau, avait réorganisé l'armée républicaine. Il surprit les Vendéens au Mans, le 12 décembre. La lutte fut atroce. « On ne voit partout que des cadavres, écrit un témoin républicain, des fusils, des caissons renversés ou démontés ; parmi les cadavres, Beaucoup de femmes nues, que les soldats ont dépouillées et qu'ils ont tuées après les avoir violées ". »

La retraite se transforma en débandade après Laval. Les Vendéens survivants, cernés à Savenay, près de Saint-Nazaire, furent massacrés ou fusillés après leur reddition, le 23 décembre.

La répression qui suivit fut épouvantable. Dès le 17 janvier 1794, |. le- général Grignori avait donné comme mot d'ordre à ses troupes : « Je vous ordonne de livrer aux flammes tout ce qui sera susceptible d'être brûléet de passer au fil de la baïonnette tout ce que vous rencontrerezd'habitants sur votre passage. » Un autre général Turreau s'exclamait :« La Vendée doit être un cimetière national. » Le capitaine Dupuis écrivait à sa sœur, en janvier 1794 : « Partout où nous passons, nous! portons la flamme et la mort. L'âge, le sexe, rien n'est respecté. C'est! Atroce,mais le salut de la République l'exige...Quelle guerre! Nous n'avons pas vu un seul individu sans le fusiller. Partout la terre est jonchée de cadavres. » II y aurait eu 117 000 disparus pour l'ensemble des quatre départements : Vendée, Maine-et-Loire, Loire-Inférieure et Deux-Sèvres. Un habitant sur huit aurait péri. Le pourcentage des biens immobiliers détruits s'élèverait à 20 % 15. Dans le cas précis de la Chapelle-Basse-Mer ce sont 25 % de la population qui ont été massacrés et 35 % du nombre d'habitats qui ont été détruits 16.

De nombreuses commissions militaires sévirent. Près d'Angers, une commission de recensement fit fusiller 1 896 prisonniers entre le 12 janvier et le 10 février, puis 292 à la Haie-des-Bonhomrnes. A Nantes, Carrier, conseillé par Lambertye, un ouvrier carrossier promu adjudant général, décida de noyer les prisonniers puisque le commandant militaire de la place, Boivin, refusait de fournir des pelotons d'exécution. dans la nuit du 9 au 10 décembre, des prêtres, puis des suspects et des « brigands » furent ainsi exécutés. Le total monterait à 2 800-4 600 ". Mariages républicains et femmes fondues vives pour en obtenir une graisse particulière, ces atrocités relèvent-elles de la légende ou de la réalité ? L'utilisation de « la baignoire nationale » est en tout cas prouvé et Carrier, désavoué, fut rappelé le 8 février 1794.

Le général Turreau fut pire. Ses colonnes infernales pillèrent et incendièrent la Vendée. Loin de la pacifier, Turreau contribua à exaspérer la Vendée. Charette et Stofflet reprirent les armes et connurent des succès en avril. Une nouvelle guerre de Vendée commençait. » (…) ( In Histoire et dictionnaire de la Révolution Française, par J. Tulard, J-F Fayard, et A. Fierro. Editions Robert Lafont. Collection Bouquins ).

 

Voici, mon cher Ulysse, quelques observations que m'ont suggérées tes lignes de sympathique romantisme, sur des questions politiques, alors que les instruments de la poésie, et de la sensibilité, ne sont pas toujours les plus adéquats pour comprendre et « juger » de la complexité tragique de l'histoire.

 

Le vieux Scrutateur,

 

Edouard Boulogne.

 

 

 

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Ch Etzol 23/10/2013 09:43


La considération comme insultante de l'édification d'un lieu de prière et de recueillement là où des hommes ont souffert et sont morts,rappelle la diplomatie dont a dû faire preuve Jean-Paul II,
à propos des religieuses du Carmel d'Auschwitz,en terre polonaise.      Ch.Etzol