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Publié par Edouard Boulogne

A chacun selon ses mérites.

 

( Je vous encourage à lire dans sa totalité cette remarquable analyse de l'action subversive en Guadeloupepar le CSLR. E.Boulogne).

 

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A chacun selon son mérite

Depuis la nomination par le Conseil des Ministres, fin 2009, d’un nouveau Préfet ayant vocation à rétablir l’ordre républicain, la Guadeloupe respire  un peu mieux. Peu à peu les agitateurs UGTG-LKPistes ont perdu de leur crédibilité. Un peu comme dans l’affaire « Faisant » de 1985, lorsqu’ils avaient soulevé une partie de la population de la Guadeloupe pour obtenir la libération du sieur Faisant ; ce dernier avait été  emprisonné par la justice pour son comportement violent et  subversif, et avait entrepris une « grève de la faim » ; il avait été libéré après cinquante deux jours de prétendues privations,  en pleine forme, et bien campé sur ses deux pieds, posant assez stupidement devant la télévision, en cet équipage, pour remercier le « bon peuple » de l’avoir  si bien sauvé. Ce jour là les Guadeloupéens comprirent qu’on les avait grossièrement trompés et le mouvement indépendantiste perdit pour longtemps son crédit.

A chacun selon son mérite :

Depuis plus de quarante ans, la Guadeloupe subit une situation chronique d’instabilités tour à tour politique, sociale, institutionnelle, voir les trois à la fois. Si l’on veut en sortir, il est nécessaire d’analyser le comportement des forces en présence  qui alimentent cette situation, et d’en comprendre le mécanisme.

Trois facteurs sont à prendre en compte :

Le mouvement indépendantiste d’abord. Constitué de mouvements divers, souvent opposés les uns aux autres dans leur stratégie de conquête du pouvoir, mais toujours d’accord pour faire l’union dès que l’un d’eux est en mesure de créer une vraie situation de déstabilisation. Ayant en vain épuisée toutes les stratégies, y compris celle du terrorisme, le mouvement indépendantiste  a toujours été arrêté par le verdict populaire, dès lors qu’apparaissaient clairement ses objectifs séparatistes.

Mais, bien qu’ultra-minoritaire, (jamais plus de 1 à 2% des votes) il reste omniprésent. Or, depuis son échec de 1985, (ou plus exactement depuis sa dérobade face aux responsabilités, alors même que les gouvernants de la France lui offraient littéralement le pouvoir), une autre composante du mouvement a pris le manche. C’est la composante syndicale : l’UGTG (l’Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens). Son objectif avoué a été des centaines de fois répété, voici quelques extraits de ses discours : « l’U.G.T.G. n’est pas une organisation nationaliste. Elle est une organisation de classe ; … Cela signifie que son objectif ne se limite pas à conquérir l’indépendance nationale. Celle-ci constitue une étape… Beaucoup de secteur et de travailleurs n’ont pas encore gagnés nos rangs. … Nous devons donc continuer notre tâche pour les rassembler et les unir. … Nous devons à la fois détruire et édifier : détruire le système colonial en alliant luttes légales et luttes illégales, luttes pacifiques et luttes violentes, luttes intérieures et luttes extérieures… »  ou encore plus récemment, le XIIème congrès «  exhorte l'ensemble des militants des Unions et Secteurs de l'UGTG à mettre en œuvre, dans tous les secteurs d'activités, des revendications tant stratégiques que quotidiennes, répondant aux exigences des Travailleurs et du Peuple de Guadeloupe pour la libération complète de la classe ouvrière et du Peuple Guadeloupéen, pour l'indépendance nationale…. ».

C’est donc par le truchement de  l’UGTG que s’organise  la déstabilisation systématique de la Guadeloupe. Une déstabilisation dans les domaines économiques, sociaux, mais dont les objectifs sont clairement politique.

De quoi mettre tout le monde en porte à faux.

Tout le monde c’est :

1)      Un patronat qui, confronté à des mouvements de « grève » et de blocage d’entreprises, fondés parfois sur des motifs réels (il en existe toujours dans les entreprises), mais le plus souvent sur des prétextes les plus farfelus, n’a pas toujours su faire face, ni individuellement, ni collectivement. Voici un exemple de ces motifs inventés : le 15 octobre 2004, démarre sur le port de Jarry une grève des dockers, prévue pour une journée, en soutien à une demande de libération visant un indépendantiste emprisonné pour ses actions subversives. Au bout de cette journée, il y en eu une deuxième, puis une troisième etc.., et ce n’est qu’après trois semaines de blocage qu’apparaitra un cahier de revendications. Dès lors la grève s’embourbera dans des « négociations » sans queux ni têtes  et le travail reprendra finalement  spontanément … cent jours plus tard, soit fin janvier 2005. Mais la stabilité sociale sera pour longtemps assurée sur le port de Jarry. Ce résultat n’a été possible que parce que l’ensemble des Chefs d’entreprise, de la manutention comme du reste de la Guadeloupe et au-delà  tous les Guadeloupéens  auront bien  compris l’intérêt de ne pas céder à ce qui n’était qu’une opération de déstabilisation.

Mais à ce jeu là, un nombre incalculable d’entreprises licencierons ou baisserons le rideau.  

Ce que l’UGTG a couté à l’économie de la Guadeloupe n’est pas chiffrable. Dans le seul secteur de l’hôtellerie, en dix ans, c’est plusieurs dizaines d’hôtels qui fermeront leurs portes entraînant la disparition de dix mille chambres d’hôtel. Souvent, ces sites hôteliers seront vendus à des promoteurs qui en feront des opérations immobilières et ces sites généralement situés en bord de mer, seront à tous jamais perdus pour le développement touristique de l’ile.

2)      Ce sont les pouvoirs publics qui ne sauront presque jamais prendre la vraie mesure de ces pseudo-mouvements sociaux, et qui apporteront presque toujours des réponses sociales à des opérations qui, de manières avouées publiquement, ont en réalité des objectifs politiques.

3)      Une fraction de l’opinion publique, qui mal informée des vraies raisons et objectifs de ces grèves à répétitions, commencera toujours par se mobiliser en faveur des grévistes, avant de s’apercevoir qu’elle a été trompée, comme ce fut le cas en 1985, comme c’est le cas aujourd’hui après le mouvement de 2009.

4)      Les élus locaux enfin. Ils ont à nos yeux une double responsabilité.

-          Tant que l’UGTG ne s’en prenait qu’au secteur privé, leur évaluation des faits se résumait à quelque chose du genre : « s’il y avait un dialogue social dans les entreprises cela n’arriverait pas ». il faudra que, finalement,  l’UGTG s’en prenne au secteur public, et  plus spécifiquement aux collectivités locales, pour qu’ils ouvrent enfin les yeux.

-          Leur revendication incessante d’une évolution institutionnelle et de plus de pouvoir local, comme gage d’une meilleure administration de leurs collectivités, a été qu’il le veuille ou nom, une caution à la thèse indépendantiste d’une « mauvaise administration de l’Outre-mer par la France » en même temps qu’elle contribuait aussi à inquiéter les investisseurs extérieurs et intérieurs.

Dans ce contexte, la crise de début 2009 ne pouvait être que ce qu’elle a été.

Une UGTG qui par un tour de force réussit à fédérer tous les mouvements revendicatifs,

Dès élus locaux qui, jusqu’à l’envahissement du Palais du Conseil Général par de l’UGTG-LKP, ne voulurent pas prendre conscience de la vraie nature et des objectifs réels de ces mouvements de rues,

Un Etat dont on est en droit de se demander, vu l’attitude du Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer, s’il n’avait  pas décidé de se séparer, à moindre frais, de la Guadeloupe,

Des milieux populaires bernés par la propagande, qui comprennent maintenant seulement qu’ils ont été trompés, et qui jurent aujourd’hui qu’on ne les y prendrait plus.

Alors, que nous réserve l’avenir ?  Je crains le pire !

Nous avons tellement gaspillé, tellement épuisé notre crédit, que je sens une France exaspérée de nos comportements d’enfants gâtés. Je sens un pouvoir politique tellement préoccupé, à juste titre, par la remise en ordre des équilibres économiques et financiers du pays, qu’un largage par la France ne me paraît pas aujourd’hui impossible.

Aimé Césaire ne nous avaient-il pas prévenu en ces termes : « Un jour, on nous laissera tomber, vous devinez bien, on va finir par s’apercevoir que nous coûtons cher et que nous sommes des emmerdeurs professionnels. Oui, c’est clair. »

 

Et que nous réserve le Président de la République dont la venue en Guadeloupe nous est annoncée pour le 9 janvier prochain ?

Saura-t-il encore faire la part des choses, entendre le cri des Guadeloupéens, qui ne cessent de dire qu’ils sont français et qu’ils veulent le rester dans le cadre du droit commun institutionnel, tout le droit commun institutionnel et rien que le droit commun institutionnel ?

Amédée ADELAIDE
Président de CSLR
20 décembre 2010

 

PS : on lira avec intérêt 
Les fondements de l'UGTG : Utiliser l'action syndicale à des fins politiques

à l’adresse :       
http://forums.o
pinpub.fr/node/210

ou  encore en pièce jointe : INSEE Indicateurs climats des affaires

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Antoine de Panou 23/12/2010 14:21



Tiens ! un souffle d'intelligence sur le vaste plateau de la c... ambiante. Qu'il est bon de s'y rafraîchir !