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Publié par Edouard Boulogne

A la réunion, Volcan la, pété!




( Un ami de la Réunion vient de nous adresser ce papier sur la nouvelle éruption du volcan de la Fournaise). http://www.linfo.re/Le-Volcan-vient-d-entrer-en-eruption 



L’expression créole "Volcan la pété" est de rigueur ce soir. Le Piton de la Fournaise est entrée en éruption à 20h50. La coulée est visible depuis plusieurs villes de la région Est. Des dizaines de curieux se dirigent vers le rempart du Tremblet. de cet endroit est visible le bras de lave qui part d’une magnifique fontaine. depuis ’ semaines, le massif entretenait un suspense sur la date de l’arrivé de la lave à la surface. une fois de plus le Piton de la Fournaise joue la carte de la surprise. Depuis le début de l’histoire de notre île, le volcan n’a jamais cessé d’étonner et d’émerveiller les habitants...
Le piton de la Fournaise, qui culmine à 2 631 mètres, est le volcan actif de l'île de La Réunion. Il correspond au sommet et au flanc oriental du massif du Piton de la Fournaise, un volcan bouclier qui constitue 40 % de l'île dans sa partie sud-est.
Le piton de la Fournaise compte, avec le Kilauea, l'Etna ou le Stromboli, parmi les volcans les plus actifs de la planète. Depuis 1998, une ou plusieurs éruptions surviennent chaque année. Il est parfois possible d'aller observer sur place les projections et les coulées de lave.
Le piton de la Fournaise est constitué d'un large dôme situé au milieu d'une grande zone d'affaissement appelée l'Enclos
L'Enclos forme un grand U, d'environ 13 km de long sur 9 km de large, ouvert à l'est sur l'océan Indien. À terre, il est entièrement ceinturé de falaises, appelées remparts, qui le surplombent d'une hauteur de 100 à 400 mètres. Le profil en long de l'Enclos est celui d'un toboggan. La partie haute, dite « l'enclos Fouqué » (au sens strict), est une zone assez plate comprise entre 2 200 et 2 000 mètres d'altitude. La partie médiane, qui présente une très forte déclivité jusque vers 450 mètres au-dessus du niveau de la mer, porte bien son nom de Grandes Pentes. Quant à la partie basse, dénommée Grand Brûlé, elle s'étale plus doucement jusqu'au rivage.
Le cône du piton de la Fournaise, d'un diamètre d'environ 3 km, surmonte l'enclos Fouqué jusqu'à l'altitude actuelle de 2 631 mètres. Le bord oriental du cône se situe à la limite des Grandes Pentes. La partie sommitale présente deux cratères :
  • le cratère Bory, situé à l’ouest, est le plus petit avec 350 mètres de longueur et 200 mètres de largeur. Déjà présent au début de la colonisation de l’île, il est nommé lors même de l'expédition menée en 1801 par Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, naturaliste et géographe français qui fut le premier à décrire scientifiquement le piton de la Fournaise et à réaliser la première carte des coulées de ce volcan en 1802.
  • le cratère Dolomieu, situé à l’est, est le plus grand cratère avec 1 000 mètres de longueur et 700 mètres de largeur. Il ne serait apparu qu'en 1791 suite à l’effondrement d’une chambre magmatique sommitale. Il est ainsi nommé par Bory en hommage à Déodat Gratet de Dolomieu (1750-1801), géologue et minéralogiste français spécialiste du basalte. Suite à la vidange de la chambre magmatique à la fin de l'éruption de début avril 2007, la quasi totalité du fond du cratère s'est effondré le 7 avril pour atteindre une profondeur de 300 mètres par rapport aux bords du cratère[2].
Deux singularités notables se distinguent dans la partie nord de l'Enclos :
  • une zone de suraffaissement d'environ 2,5 km de diamètre, la Plaine des Osmondes ;
  • un pointement rocheux isolé s'élevant à 1 368 m, le piton de Crac, vestige d'un relief antérieur à la formation de l'Enclos.
La partie active du piton de la Fournaise s'étend cependant au-delà des limites de l'Enclos. En effet la zone préférentielle d'écartement (ou rift-zone) où se produisent les fractures éruptives, forme un croissant plus évasé que le U de l'Enclos. Cette bande de fragilité qui passe par le sommet rejoint l'océan dans les régions de Saint-Philippe au sud et de Sainte-Rose au nord, où peuvent se produire occasionnellement des éruptions dites « hors-Enclos ».
La fréquence des éruptions et l'abondance des coulées renouvellent sans cesse la configuration du piton de la Fournaise et de ses pentes et maintiennent les paysages dans une dominante minérale. Cependant dès que les laves sont complètement refroidies, des processus de colonisation végétale peuvent se mettre en œuvre.
Les lichens sont généralement les premiers à s'installer, suivis par des fougères puis par une végétation arbustive ou arborée. Le phénomène est peu sensible en altitude où les conditions climatiques sont rudes et où les buissons restent très clairsemés, mais en partie basse la forêt reprend en quelques dizaines d'années possession du terrain. Dans cette dynamique d'installation, les espèces pionnières indigènes comme les bois de rempart se font aujourd'hui le plus souvent supplanter par des espèces exotiques envahissantes comme les filaos, les goyaviers ou les bois chapelet.
L'Enclos est une zone complètement inhabitée et non cultivée (hormis quelques plantations de vanille en sous-bois dans la partie basse). La route nationale 2, qui traverse la partie basse du Grand Brulé constitue le seul équipement présent ; elle est surnommée à cet endroit la « Route des Laves ». Le site de pèlerinage de la « Vierge au parasol » qui se trouvait également dans l'Enclos a été recouvert par une coulée en 2005 et la statue a été déplacée jusqu'au village de Piton-Sainte-Rose.
En revanche les zones actives adjacentes sont occupées par les villages de Bois-Blanc et de Piton Sainte-Rose sur la commune de Sainte-Rose, du Tremblet et de Takamaka sur la commune de Saint-Philippe. Le paysage y est très forestier mais s'ouvre aussi sur des champs de canne à sucre et des plantations de palmistes.
Le piton de la Fournaise forme la par La plupart des éruptions se produisent dans l'Enclos ou dans les cratères sommitaux de manière effusive. Elles débutent par l'apparition d'une ligne de fissures longue de quelques centaines de mètres (parfois de plusieurs kilomètres) d'où les laves jaillissent en rideau. Puis au bout de quelques minutes à plusieurs heures, l'éruption se concentre en un seul ou en quelques points. À ces points de sortie, les laves sont propulsées de manière plus ou moins saccadée au rythme des coups de pression. Une partie de la lave libérée peut rester fluide et se répandre ; elle dévale les pentes sous forme de coulées de surface ou à l'intérieur de tunnels de lave. Une autre partie des laves libérées peut être projetée violemment à plusieurs dizaines de mètres en hauteur. Au cours de la projection, la lave se fige au contact de l'air et en retombant s'accumule au sol. Cela provoque l'édification de cônes de projections appelés localement pitons. Une même éruption peut connaître plusieurs phases successives avec apparition de nouvelles fissures et de nouveaux points de sortie.
Ce type d'éruption effusive survient en moyenne plus d'une fois par an (bien que parfois le piton de Fournaise soit demeuré assoupi pendant plusieurs années consécutives) et ne présente pas de danger pour les populations. Les seuls risques à distance sont liés à l'émission éventuelle de cheveux de Pélé ou à une pollution atmosphérique par accumulation de gaz soufrés. Chaque éruption dure de quelques heures à plusieurs mois.
Il arrive cependant que certaines éruptions de ce type se produisent en dehors de l'Enclos. Elles peuvent alors affecter des zones habitées, comme en 1977 où les coulées ont détruit une partie du village de Piton Sainte-Rose. Les éruptions hors Enclos surviennent en moyenne tous les cinquante ans mais à un rythme irrégulier ; au cours des trois derniers siècles certaines se sont succédé à simplement quelques mois ou quelques années d'intervalle.
De temps à autre il se déclenche par ailleurs des effondrements dus au poids des roches sur le toit d'une chambre magmatique qui s'est vidée latéralement. Ces phénomènes se manifestent en surface par la formation d'un cratère d'effondrement : les cratères Bory et Dolomieu en sont les exemples. Le cratère Dolomieu s'est ainsi effondré puis comblé à plusieurs reprises.
Si l'effondrement entraîne du magma ou des roches encore brûlantes au contact brutal de gisements d'eau contenus dans la structure du volcan, il peut se produire une explosion dite phréato-magmatique. Il apparaît alors un panache explosif qui projette des roches aux alentours et disperse des cendres sur l'île et au-delà. Une explosion importante serait survenue en 1860, car le pont du navire Marie-Elisa qui naviguait à trente kilomètres au nord-est de l'île fut couvert de cendres.
Plus récemment, une explosion en 1961a formé un panache de cendres jusqu'à 6 000 mètres d'altitude et une autre en mars 1986 a créé dans le Dolomieu un cratère de plus de cent cinquante mètres de profondeur.
Le 6 avril 2007 a débuté une succession rapprochée d'effondrements dans le cratère Dolomieu, engloutissant en moins d'un mois environ 150 millions de m3 de roches dont l'essentiel dans les premières 24h et formant un puits estimé à plus 350 m de profondeur. Aucune explosion n'a cependant été constatée, les panaches observés n'étant constitués que de l'importante quantité de poussières soulevée par les éboulements.
Les coulées qui descendent les pentes du volcan peuvent prendre deux formes différentes, typiques du volcanisme basaltique : elles peuvent être lisses, dites de type pahoehoe, ou en grattons, dites de type aa. Au départ, il s'agit de laves de même composition : ce sont généralement des basaltes aphyriques ou à olivine. Si l'écoulement se produit sans heurts, la lave reste lisse en surface et en se refroidissant forme des figures de draperies (on parle de laves cordées). Si l'écoulement est plus brutal, la libération des gaz forme en surface une sorte de "mousse" de blocs irréguliers : les gratons. À tout moment une lave de type pahoehoe peut se transformer en lave de type aa, alors que l'inverse est impossible.
La vitesse d'avancement d'une coulée dépend du débit et de la pente. Cependant le front de coulée se solidifiant au contact du sol froid ne peut progresser qu'assez lentement (au plus quelques km/h). En revanche, dès lors qu'une coulée a tracé son emprise, la lave peut y circuler à grande vitesse (plusieurs dizaines de km/h).
Certaines coulées qui sont alimentées abondamment ou qui proviennent d'éruptions à basse altitude atteignent le rivage et se jettent dans l'océan. Le contact avec l'eau salée provoque un panache de vapeur d'eau condensée et la formation de gaz irritants, notamment d'acide chlorhydrique. Les laves qui continuent à s'écouler et à s'ébouler sous l'eau se refroidissent en formant des pillow lavas, tandis qu'une plate-forme rocheuse se construit peu à peu agrandissant le contour terrestre de l'île.
Au total, depuis 1650, date des premières observations dont il subsiste des traces écrites, près de 300 éruptions ont été enregistrées. Elles ne le sont systématiquement que depuis le milieu du XX siècle.
Depuis que le volcan est observé, les éruptions ont le plus souvent été recensées dans les troiscratères sommitaux du cône central ou à l’intérieur de l’Enclos.
Cependant, des éruptions fissurales hors de l’Enclos se sont déjà produites, dont les plus marquantes survenues récemment :
  • en 1977, à proximité du village de Piton-Sainte-Rose (Sainte-Rose) qui fut en partie détruit ;
  • en 1986, près du village du Tremblet (Saint-Philippe) où huit habitationsfurent détruites par les coulées de la ravine Takamaka et de la Pointe de la Table.
Après une période d’inactivité de plus de cinq ans entre 1992 et 1998, le piton de la Fournaise est redevenu très actif. À la suite de l’éruption grandiose de mars 1998 qui dura 196 jours, deux ou trois épisodes éruptifs sont survenus chaque année.
La grande éruption de 2007, débutée le 2 avril 2007 a connu une rare intensité. La fissure apparue à basse altitude a émis des hautes fontaines de lave qui ont déversé dans l’océan avec un débit impressionnant des millions de m3 de roches en fusion. Les habitants du village du Tremblet situé à proximité, vivant dans l’angoisse d’une sortie de lave hors Enclos qui ne s’est finalement pas produite, ont néanmoins subi des retombées de cendres et de lapillis, diffusion de gaz soufrés et de vapeurs acides, et des incendies de forêt. Le soutirage de la lave contenue dans les chambres magmatiques présentes à l’intérieur du volcan a par ailleurs provoqué un effondrement colossal du cratère Dolomieu.
Les dernières éruptions se sont déroulées assez discrètement à l'intérieur du cratère Dolomieu effondré, l'une du 21 septembre au 2 octobre 2008, la suivante du 27 au 28 novembre 2008 et la plus récente du 15 décembre 2008 au 4 février 2009.
Le 7 octobre 2009, le préfet de La Réunion déclenche l’alerte de niveau 1 : « éruption imminente » du plan de secours spécialisé volcan.
tie actuellement active d'un volcan bouclier plus large : le massif du Piton de la Fournaise dont les roches les plus anciennes connues ont été formées il y a environ 530 000 ans. Ce massif constitue avec le massif du Piton des Neiges, d'âge plus ancien, l'île de La Réunion telle qu'on la voit de nos jours.
Le piton de la Fournaise, comme on le connaît aujourd'hui, date d'environ 4 700 ans. Cet âge correspond à l'effondrement majeur qui a donné naissance à l'enclos Fouqué en s'accompagnant d'explosions cataclysmiques.
On trouve des traces de ces explosions sous la forme de dépôts dits des « cendres de Bellecombe » visibles dans un rayon de dix kilomètres. Le contour de l'effondrement reste très clairement visible dans le paysage, formant une falaise continue de 150 à 200 mètres de dénivelé. Les éruptions qui ont ensuite suivi régulièrement ont reconstitué au centre de la zone d'affaissement le cône central du piton de la Fournaise.
 

 

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André Laleu 06/11/2009 12:13


Les éruptions de la Fournaise, c'est un peu comme la liquéfaction du sang de Saint-Janvier. Si elles n'avaient pas lieu, on s'inquiéterait...
Chez nous, à la Martinique, la Pelé reprend son souffle en attendant, peut-être, un jour. Mais l'éruption qui nous menace est autre : elle est institutionnelle. Et à l'inverse de la Fournaise
observée avec talent et rigueur pas les scientifiques, beaucoup des observateurs ce l'activité sismo-politique chez nous débitent des flots de sottise, ce qui nous donne une idée de l'étendue des
dégâts si jamais la Martinique devait entrer en éruption institutionnelle comme le souhaitent ses grands "cratères"...