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Publié par Edouard boulogne

Une semaine à la loupe.


1. Ségolène Royal, candidate d’une majorité de socialistes.


Née le 22 septembre 1953 à Dakar, elle aura une scolarité dans diverses régions, dont la Martinique, au gré des affectations de son père militaire. Licenciée en sciences économiques, elle sort diplômée de l'IEP de Paris puis de l'ENA en 1980. Remarquée par Jacques Attali, elle prépare avec lui la campagne de 1981 et deviendra sa collaboratrice à l'Élysée. Elle nourrit son argumentation par une analyse du terrain et par une observation de la société. Elle veut s'adresser à tous de façon compréhensible, prône le développement de la démocratie participative et l'accélération de la décentralisation. Elle se positionne contre le cumul des mandats, pour une VIème République et pour un partage du pouvoir, trop concentré, (à ses yeux), entre les mains du Président. Sa vision de l'armée, son programme sur la sécurité, et la mise sous tutelle des allocations familiales sont jugées conservatrices. Sur les questions économiques, elle s'avance peu et prudemment. Elle souhaite une nouvelle donne économique alliant performance et justice sociale. Elle veut réduire les déficits publics en stimulant la croissance et en réduisant le train de vie de l'État. Elle souhaite instaurer un statut fiscal incitatif pour les investissements dans la recherche, l'innovation et l'environnement. Elle réclame un rôle plus important des partenaires sociaux et se dit favorable à un syndicalisme de masse. En matière d'emploi, elle n'est pas opposée à un assouplissement concerté du code du travail et reconnaît la nécessité d'augmenter le Smic tout en allégeant le coût du travail. Sur l’Europe, elle exclut la ratification d'un traité constitutionnel que les Français ont rejeté. Quant aux questions internationales, elle reste floue sur ses positions. Mais elle ne fait pas l’unanimité dans son propre camp et nombreux sont les arguments qui divisent les socialistes.

2. L’incapacité de la gauche à moderniser.

Sur le plan électoral, la mise en ordre de bataille du parti socialiste derrière Ségolène Royal a permis d'enrayer l'hémorragie des électeurs dont a bénéficié le centre. Par contre, le retour des éléphants ne semble pas lui être très bénéfique. Il témoigne de l'incapacité du PS à réaliser son aggiornamento idéologique comme l’ont fait tous les autres partis socialistes européens. C’est la raison pour laquelle le PS n’arrive pas à faire émerger une nouvelle génération de dirigeants. Alors se pose la question de la capacité de la gauche à moderniser le pays alors qu'elle semble incapable de conduire sa propre modernisation.

3. Les femmes en politique.

A droite, il y a presque trente ans Simone Veil fut la première à exprimer, comme ministre de Valéry Giscard d’Estaing, des idées féminines d’une grande importance. Son aura reste intacte et fait d’elle une icône inégalable attestée par sa popularité au sommet des sondages. A gauche, nous avons des  femmes qui ont émergé mais dont le parcours n’est pas des plus glorieux ou reste à confirmer : Edith Cresson a été presque un éphémère Premier ministre ; Martine Aubry n’a pas laissé un souvenir impérissable dans les mémoires des chefs d’entreprises et des salariés avec ses 35 heures ; Elisabeth Guigou n’a pas beaucoup marqué les foules de ses passages successifs dans des gouvernements. La politique ne s’improvise pas et l’expérience reste le nerf de la guerre, ce qui manque ou a manqué à toutes ces dames. Ségolène Royal a-t-elle l’expérience nécessaire et indispensable pour la fonction qu’elle brigue ?

4. Ni veaux ni sots…

Les Français ne sont pas des sots. Ils se montrent intransigeants sur la cohérence des programmes et la responsabilité des dirigeants, parce qu'elles sont la clé de la capacité du prochain Président à agir. Ils comprennent que pour relever la France et effectuer la réforme de l'État, il faut infléchir la politique économique et sociale vers plus de rigueur. La priorité des Français consiste à obtenir la garantie que leur président n'occupera pas seulement le pouvoir pour lui mais l'exercera pour sortir le pays de la situation calamiteuse dans laquelle il se trouve. La priorité des candidats consiste à être élu. Il est donc nécessaire qu’une certaine alchimie se créée entre les souhaits des uns et les nécessités du pays.

5. Nicolas Sarkozy, candidat de la droite gouvernementale.

Né le 28 janvier 1955 à Paris, Nicolas Sarkozy obtient une maîtrise de droit privé en 1978, soutient en 1981 un mémoire de DEA de Sciences politiques sur le référendum du 21 avril 1969 et passe la même année son CAPA d'avocat. Le président de l’UMP n’a pas fait l’ENA. Il se plaît à dire "j'ouvre des débats","il faut briser le carcan de la pensée unique" et faire de la politique autrement. Il cherche à rassembler des libéraux, des gaullistes, des centristes, des européens et des souverainistes. Il se veut le défenseur d'un "libéralisme régulé" et prône une remise à plat du système fiscal qui consisterait à l’alléger pour les entreprises, à réduire le coût du travail, à regrouper la fiscalité directe des ménages dans un seul impôt, est partisan de la baisse de l'impôt sur le revenu et de la TVA, veut transformer l'impôt sur la fortune en une tranche additionnelle de l'impôt sur le revenu ou supprimer la quasi-totalité des droits de succession. De plus, il souhaite encourager la réussite. Il revendique haut et fort que "la première mission d'un homme politique est de redonner espoir en démontrant qu'il est possible de peser sur le cours des événements", comme il l’a fait avec succès pour sauver Alstom. Sur le plan social, il parle d'un modèle à bout de souffle et souhaite revoir le contrat de travail. Il est un des rares candidats à avoir une expérience professionnelle. Il a une bonne connaissance de l’entreprise, la maîtrise de l’appareil d’État et des négociations internationales. Il fait de la relance du pouvoir d'achat sa grande priorité. Il est contre les prélèvements obligatoires qui sont une des causes du chômage. Il veut réhabiliter le travail, accroître l’autonomie des Universités, et réformer l’État. Il dispose des qualités, de la légitimité et du projet politique qui lui donnent une meilleure chance de parvenir à conduire les réformes nécessaires pour sauver la France.

6. En temps… longtemps ? Non, nous devons vivre au présent !

Dans la peau de François Mitterrand, Jean-François Balmer s’est glissé jusqu’au 30 mai prochain, au Théâtre de la Madeleine à Paris. Il joue les débats télévisés des élections présidentielles de 1974 et 1981 avec Jacques Weber en Valérie Giscard d’Estaing. Au célèbre "vous n’avez pas le monopole du cœur" lancé par ce dernier en 1974, répondait sept ans plus tard "vous êtes devenu l’homme du passif" d’un Mitterrand princier ! La politique était alors d’une autre dimension, mêlant verbe autant que littérature. Elle faisait appel à des répliques cultes, des sourires carnassiers et des réparties assassines. Plus de 20 ans après ou sont les débats entre les candidats. Aujourd’hui, nous sommes dans le participatif et dans des "shows" médiatiques très "people". Les candidats doivent répondre à des questions posées par des Français égocentriques sélectionnés par les instituts de sondages et qui ne font pas avancer le débat. A l’ère de la personnalisation, entre la multitude des candidats et les réponses individualisées, il n’est pas évident de choisir. Il faudra cependant voter pour le candidat qui fera entrer la France dans le XXIème siècle et non pas rester dans les 30 glorieuses du XXème siècle. Le monde a changé, la France doit s’adapter à ce monde d’aujourd’hui et non pas se recroqueviller sur les acquis du passé.

7. Votons utile…

L’élection présidentielle de 2007 n’est pas une partie de billard à 12 bandes, elle est cruciale pour de nombreuses raisons : 1. Nous changerons de génération de dirigeants. 2. Nous allons clore la période des représentants de l’après-guerre. 3. Elle constitue l’une des dernières chances d’adapter la France à la nouvelle donne du XXIème siècle. Huit candidats sont là pour témoigner. Ils ont eu la campagne pour exprimer leurs idées. Quatre candidats font la course en tête et deux se qualifieront pour le second tour. Personne ne veut revivre un nouveau mai 2002 et voir la gauche, par des querelles internes, s’exclure de la finale. Alors si vous êtes socialistes, vous devez voter pour votre candidate. Parmi les 3 autres candidats il faut faire un choix. Jean-Marie Le Pen ne représente pas la nouvelle génération qui nous permettra de faire entrer la France dans le XXIème siècle. François Bayrou est le candidat du "ni-ni" et nous amènerait à une crise institutionnelle car il n’a pas de majorité pour gouverner. Nicolas Sarkozy a conquis sa légitimité sur sa compétence et sa capacité d’action. Il est le seul à avoir agi pour moderniser notre pays. Alors le vote utile s’impose plus que jamais, dès le premier tour, et un candidat me semble le mieux placé pour répondre aux défis de notre France au milieu de cette jungle mondialisée. A vous de faire le bon choix : votez utile...

Henri Pauvert..

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