Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard boulogne

Une semaine à la loupe (17.04.07).

(Des difficultés de transmission sur le réseau font paraître cette chronique avec deux jours de retard. Je m'en excuse auprès des lecteurs du Scrutateur, et d'Henri Pauvert).

1. La multiplication des…

Cette multiplication des candidatures à l’élection révèle le climat d'irresponsabilité dans lequel baigne généralement la politique française. L'important, c'est d'être candidat ou d'avoir son candidat. Même les trotskystes français se démultiplient alors que le bloc de l’Est s’est délité. Nous sommes à la fois le pays du cumul des communes, des communautés de communes, des communautés d'agglomération, des conseils généraux, des conseils régionaux, des députés, des sénateurs, des ministres, des mandats, des candidats, des avantages sectoriels et j’en passe. Nous adorons le mille-feuille et le "toujours plus". Il n’existe pas un autre pays comme le nôtre dans le monde. Peut-être qu’un jour, il faudra mettre les Français dans du chloroforme pour montrer aux générations futures ce qu'a été la France : un pays "grandiose et unique" dans sa démesure.

2. François Bayrou, candidat d’une majorité du centre droit au centre gauche.

Il n'a pas suivi le parcours classique des hommes politiques. Sorti agrégé de l'université de Bordeaux. Dès 1979 il est entré en politique au ministère de l'Agriculture comme chargé de mission dans cabinet de Pierre Méhaignerie. La victoire de François Mitterrand en 1981 l’a écarté temporairement des palais nationaux et il s’est alors recentré sur les Pyrénées-Atlantiques. En 1993, il est nommé ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Balladur, puis obtient un portefeuille à l'Enseignement supérieur dans le gouvernement Juppé. Il prend les rênes de l'UDF en 1998 et se présente pour la première fois aux élections présidentielles en 2002. Rebelote en 2007 ou il se présente comme le candidat des "contres" : contre les médias, l’ENA, les deux partis de gouvernements, contre tout. Il éprouve beaucoup de difficultés à fédérer les députés UDF et certains sont passés à l'UMP. Il veut rassembler "une majorité centrale allant du centre droit au centre gauche". Il veut dépasser le conflit gauche-droite et amener les différentes forces politiques à travailler dans un gouvernement d'union nationale. Pour lui, "le libéralisme intégral n'est pas un modèle". Dans le débat sur la délinquance des jeunes, il a proposé de créer des "établissements d'autorité civique" pour donner des repères aux délinquants et il souhaite que les peines se concrétisent par des travaux d'intérêt général. Il est un ardent défenseur de l'Europe fédérale, considère qu'il n'est aucun sujet de notre avenir national qui puisse trouver de réponse satisfaisante sans la dimension européenne". Il plaide pour le passage à une VIème République et espère jouer le rôle du troisième homme et être en finale !

3. Allez : 1, 2, et 3, partez…

La campagne présidentielle avait commencé depuis des semaines, voire des mois. La campagne officielle a débuté lundi dernier avec la stricte égalité du temps de parole et d'antenne pour chacun des candidats. A une semaine du premier tour, la véritable campagne officielle a débuté alors que les 12 candidats sont dans la dernière ligne droite. Qui dit campagne officielle, dit de nouvelles règles du jeu. Les 12 candidats doivent tous bénéficier d'une stricte égalité de temps de parole et d'antenne dans les médias audiovisuels à des horaires comparables avec l'égalité de temps d'antenne de même que l'ensemble des éléments éditoriaux consacrés à un candidat et à ses soutiens, ce qui implique une discipline de fer. Qui dit ouverture de la campagne officielle dit la diffusion, sur les antennes du service public, des émissions radiophoniques ou télévisées produites par les candidats, de même que le collage de leurs affiches officielles sur les panneaux installés près des 85.000 bureaux de vote. Cette nouvelle étape, il faut l’espérer, aidera les Français à faire leur choix, alors que plus de quatre sur dix, selon plusieurs sondages, n'ont pas encore pris leur décision, maintenant ainsi un fort suspense sur l'issue du scrutin. Plus que jamais les candidats sillonneront la France de meeting en meeting.

4. Position d’Olivier Besancenot, candidat investi par la LCR...

Il est un porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il est né à Levallois-Perret et son engagement n'est pas récent. Vers 16 ans, il a lancé une grève contre la première guerre du Golfe puis est entré en politique via les Jeunesses Communistes Révolutionnaires et a basculé très vite dans la LCR. Il est titulaire d'une licence d'histoire de l'université de Paris X et depuis 1997 il est facteur à Neuilly-sur-Seine. Il a déjà l'expérience d'une élection présidentielle puisqu’en 2002, il était déjà candidat de la LCR et avait obtenu 5% des suffrages. A 32 ans, il est, de nouveau, le plus jeune candidat de cette élection. Il se définit comme "communiste libertaire altermondialiste". Il se revendique du marxisme révolutionnaire et défend l'idée de lutte des classes. Il estime qu'il est temps de parler de "la violence sociale, des licenciements, de la fermeture des écoles, de la protection sociale au rabais". Ses priorités vont d'une autre répartition des richesses à une augmentation générale des salaires et des minima sociaux en passant par une interdiction des licenciements et une taxation des profits et des capitaux spéculatifs. Il prône l'abrogation du contrat nouvelles embauches, l'élection d'une Assemblée constituante pour une nouvelle République et se bat pour l'écologie et le développement durable. Il veut rompre avec les institutions de la Vème République, élire une assemblée constituante pour la mise en place d’une nouvelle démocratie sociale et politique, supprimer le Sénat et la "fonction monarchique" du Président de la République. Il exige une dose de proportionnelle pour les élections municipales, régionales et législatives et veut interdire le cumul des mandats.

5. "Ayez confiance" !

La confiance ne se décrète pas, elle se construit. L'actualité se lit chaque jour au détour de la confiance que les Français portent aux acteurs de l'économie que sont l'entreprise et l'État. La confiance hoquette au gré des nouvelles bonnes ou mauvaises que nous distille la presse ou en fonction de notre bon vouloir ou de notre capacité à nous lever du pied droit plutôt que du pied gauche. Pour inspirer confiance à l'ensemble des individus, l'entreprise et l'État doivent d'abord avoir confiance en elles. La confiance se perd ou se gagne mais ne se décrète pas. Une étude d’Ipsos constate que les trois quarts des jeunes de 15 à 30 ans déclarent aujourd'hui qu'ils "aimeraient travailler dans la fonction publique s'ils en avaient l'opportunité" car la garantie de l'emploi est leur principale motivation. Il est urgent de rétablir la confiance qui permettra à nos concitoyens de croire dans l’avenir et le développement de notre pays. C’est le challenge de notre futur président de la République.

6. Position de Frédéric Nihous : le président des chasseurs.

Natif de Valenciennes, d’origine polonaise, il est venu s’installer dans les Pyrénées-Atlantiques à l’appel de Jean Saint-Josse pour prendre sa succession à la direction politique du parti. Titulaire d'une maîtrise de droit public et européen et diplômé en droit économique, il est investi depuis de nombreuses années dans le domaine de la chasse. Il a des responsabilités dans plusieurs associations comme la Fédération des Chasseurs du Nord et l'Association des Chasseurs de Pigeons et d'Oiseaux de passage du Nord. Il a été désigné par les délégués de CNPT candidat à l'élection présidentielle le 2 septembre 2006. Il veut sauver le monde rural de l’oubli dans lequel les "technocrates l’ont plongé". Il fait une campagne de proximité, à l’écoute de la population rurale qui sont les "forces vives de la France". "CPNT va chasser en meute d’ici avril. Nous allons rencontrer les gens pour leur expliquer que le seul vote utile, quand on est rural ou chasseur, c’est nous". Il veut faire "la campagne des campagnes" et défend la ruralité, oubliée, selon lui, du débat politique. "Je n'accepte pas d'avoir 20 kilomètres à faire pour trouver un bureau de poste", répète-t-il et réclame un "moratoire" sur les fermetures de services publics en zone rurale, une "fiscalité attrayante" pour les entreprises s'installant dans ces zones, la "défense des marchés traditionnels". Il "refuse l'Europe fédérale et libérale" et dénonce "l'intégrisme écologiste", au profit d'une écologie "incitative et d'équilibre". Il prône le retour aux dates de chasse traditionnelles pour les oiseaux migrateurs, la réduction du prix de permis de chasser et un moratoire sur l'interdiction du plomb dans les cartouches.

Henri Pauvert.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article