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Publié par Edouard boulogne

Une semaine à la loupe.



1. Europe ou es-tu, existes-tu encore ?


Le cinquantième anniversaire du traité de Rome, signé le 25 mars 1957, n'a guère d'influence sur la campagne présidentielle française. Les candidats semblent considérer l'Europe comme un sujet secondaire, ingrat et négligeable. Ils ne savent pas comment sortir de l'impasse où nous a placés le "non" au référendum constitutionnel ? L'Europe représente une exigence de rigueur face à laquelle les candidats ne peuvent réagir que par des récriminations dans leur volonté à rassurer les électeurs. L'Europe reste donc la grande absente de l'élection présidentielle. Aucun des candidats ne défend une ligne résolument pro-européenne. Les seules références à l’Europe sont des critiques de la monnaie, de la Banque Centrale et de son président dont on oublie qu’il est français.

2. La charrue avant les bœufs !

Certes il fallait que les pays de l’ex-bloc de l’Est rejoignent l’Europe. Mais pourquoi n’avons-nous pas modifié les règles avant qu’ils ne nous rejoignent ? Nos dirigeants européens ont été très simplistes dans l’intégration des 12 pays de l’Est. Nous voilà avec des institutions totalement obsolètes et il est presque impossible de les rénover car chaque pays a la "volonté" de défendre ses intérêts propres sans tenir compte des intérêts de l’ensemble des autres pays européens. La célébration du cinquantième anniversaire de l'Union européenne s’est faite dans une atmosphère d'optimisme renouvelé qui a permis d'afficher une certaine détermination à se doter d'institutions rénovées d'ici à 2009 : Bravo à Angela Merkel pour avoir imposé la "Déclaration de Berlin". Mais à part se faire plaisir est-il pensable de croire que des dirigeants si différents et qui, pour un grand nombre, ne seront plus en fonction d’ici à cette date pourront arriver à se mettre d’accord sur "un plus petit commun dénominateur" ! L'Europe a besoin de nouvelles règles pour aller de l’avant. Mais derrière de beaux discours et une unanimité de façade, on sent poindre un certain scepticisme des eurosceptiques. Les présidents de deux ex-pays de l’Est, la Pologne et la Tchéquie, ont "rué dans les brancards", ne se sentent pas liés par la Déclaration de Berlin et pensent qu'il est illusoire de croire que la ratification sera terminée en 2009. Alors que faire ? Tout d’abord, il est urgent de faire une pause dans l’intégration de nouveaux membres. Mais il est encore plus urgent de trouver une solution pour sauver l’Europe sauf à la détricoter avec tous les risques qui en découleraient. L’Europe peut-elle se doter d’un "patron" charismatique qui pourrait mettre "les bœufs avant la charrue" ! Chasseurs de têtes, à vos marques pour rechercher et trouver dans vos bases de données l’oiseau hyper rare qui pourrait rallier 27 états à son panache blanc !

3. La position du candidat alter mondialiste José Bové.

José Bové, moustache en bataille et pipe en biais, tape du poing sur la table pour se faire entendre mais a réussi in extremis à réunir les cinq cents parrainages nécessaires à sa candidature. Le médiatique paysan du Larzac, pourfendeur de la "mal bouffe", célèbre faucheur de maïs transgénique, "démonteur" du McDonald's en chantier à Millau pour dénoncer les sanctions douanières imposées par les Etats-Unis contre les produits européens, a bien cru qu’il n’y arriverait pas. Bien que parti très tard dans la course, car il a alimenté les chroniques judiciaires pour son combat contre les OGM, avec 503 parrainages il aura quand même réussi à doubler au poteau des personnalités installées dans le monde politique depuis des décennies. Il est l'un des leaders d'une campagne de désobéissance civile, mais il apparaît soucieux de ne pas être un candidat comme les autres. Son principal slogan est "un autre avenir est possible". Il veut décliner des de propositions de transformations sociales, démocratiques et écologiques. Après le combat pour les OGM, il parle désormais de quartiers défavorisés et veut établir un trait d'union entre tous ceux qui se reconnaissent dans la lutte contre le libéralisme et pour l'alter mondialisme. A coté de son insistance contre le développement du nucléaire il veut généraliser la représentation proportionnelle dans les élections comme fondement d'une nouvelle République. Il reste une figure de l'union ratée des collectifs antilibéraux et pense qu’il doit tacher d’unir la gauche de la gauche au premier tour derrière lui afin de rabattre ces électeurs vers la candidate socialiste au second. Mais à part cela, que veut et ou va vraiment José Bové ?

4. La quadrature du cercle !

Depuis le 20 mars, date de la publication au Journal Officiel de la liste des candidats, les radios et télévisions sont tenues de maintenir une égalité scrupuleuse entre les temps de paroles qu'elles accordent à chaque candidat. La surveillance de cette règle incombe au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, le CSA. C’est un tel casse-tête pour les radios et télévisions et de très nombreux médias ont pris la décision officieuse de ne pas organiser des débats entre les candidats. Ces règles, si contraignantes, ne sont–elles pas contraires au bon déroulement de la campagne en empêchant implicitement une confrontation des idées. Les seniors regretteront les débats du passé qui permettaient de mieux comparer les programmes et de choisir en connaissance de cause, avec ses petites phrases non dénuées d’humour. L’égalité démocratique n’est pas toujours la panacée !

5. La valse à 4 temps !

Le 1er temps fut celui de Ségolène Royal qui a battu les éléphants et s’est fait adouber par le Parti socialiste lors des primaires du mois de décembre. Le 2ème temps fut celui de Nicolas Sarkozy avec un lancement très réussi de sa candidature en janvier. Le 3ème temps fut celui de François Bayrou qui a fait une percée fulgurante sous le signe du protestataire : contre les médias, contre les candidats, contre tout ! Nous sommes désormais entrés dans le 4ème temps de la campagne officielle avec 4 candidats, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen qui espère bien renouveler sa qualification de 2002 et gagner au second. Ils se battent pour participer à la valse à deux temps du 2ème tour. Nicolas Sarkozy semble faire la course en tête et entraîner les 3 autres candidats à courir derrière lui pour le rattraper en focalisant leurs idées et orientations sur les siennes avec stratégies convergentes.

6. Mais qui connaît Monsieur Besson ou Madame Royal !

Comment ne pas être mal à l'aise à la lecture du livre d'Eric Besson, l’ex-économiste du PS, qui nous explique aujourd'hui tout le mal qu'il faut penser de Ségolène Royal. Eric Besson a été secrétaire national à l’Économie du PS et donc promis à un grand avenir dans un parti qui le respectait. Il n’était pas d’accord sur le chiffrage du programme de la candidate alors il a démissionné. Rien à dire de particulier jusque là, sauf que Ségolène Royal, qui ne manque jamais une bonne occasion de ne pas se taire, à une question des journalistes, a dit devant les caméras de télévision : "Qui connaît Monsieur Besson"?. Alors ce Monsieur Besson a écrit un brûlot parce qu’il ne veut pas que Ségolène Royal devienne présidente de la République. "La France", dit-il dans son pamphlet, "ne peut s’offrir cinq ans d’errements et d’immobilisme. Elle ne s’en remettrait pas". Eric Besson est un affectif alors que Ségolène Royal ne fait pas de sentiment ni "dans la dentelle". Nous verrons qui est le plus connu à la fin du premier puis du second tour.
7. La position du candidat souverainiste Philippe de Villiers.

Philippe de Villiers est drôle, percutant, tonique et volubile dans ses meetings. Il se définit comme le représentant d’"une droite patriotique de gouvernement". Il s'est trouvé un slogan : "le patriotisme populaire". Pour le président du MPF, la France est victime d'une "immigration massive et incontrôlée", d'une "islamisation rampante", d'un esprit d'initiative "brisé par Bruxelles", et d'une "mémoire brisée" par la repentance. Il a incarné le non de droite à la Constitution européenne. Il est aussi un de ceux qui ont lancé la fronde contre la directive Bolkestein et il fustige une Europe qui mêle "ce qu'il y a de pire dans le libre-échangisme comme dans le socialisme bureaucratique". Il propose, pour 2007, aux Français "un vote d'espoir". Son programme pour les présidentielles tient en 100 propositions visant à "remettre de l'ordre en France" et à ranimer "une France qui s'enfonce, perd de sa souveraineté et de sa vitalité". Il prône "une nouvelle Europe avec les patries plutôt qu'avec la Turquie" une France rurale plutôt que techno", "la famille plutôt que le mariage homo", "la suppression des 35 heures au nom du pouvoir d'achat" et "l'immigration zéro plutôt que l'immigration choisie ou subie" avec un "arrêt des flux migratoires". Selon lui, il faut "résoudre le problème avec de la fermeté chez nous et de la générosité en amont". Il se dit également favorable à un "service patriote obligatoire", destiné à devenir un "creuset civique" pour les jeunes Français. Concernant la justice, il souhaite que la peine de mort demeure "un affichage symbolique, au sommet de l'échelle des peines". Il critique aussi le fait que les peines de perpétuité sont rarement appliquées.

8. Royal, Sarkozy, Bayrou dans un mouchoir de poche.

La situation est inédite, 3 candidats se positionnent pour remporter le second tour. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont désormais dans l'urgence de prendre leur distance avec François Bayrou. Ce dernier plane sur un petit nuage et ses électeurs rêvent d’un second tour Bayrou- Royal ou Bayrou- Sarkozy. François Bayrou fait sa récolte à droite évidemment, mais en grande partie à gauche. Le vote utile censé garantir l'accès au deuxième tour à Ségolène Royal et à Nicolas Sarkozy joue aussi pour François Bayrou. Menacé de tous côtés, Nicolas Sarkozy doit muscler son premier tour avec un discours plus droitier. Ségolène Royal, quant à elle, doit récupérer la gauche des Européens convaincus qui est sous le charme de François Bayrou, sans maltraiter ses électeurs dont elle aura besoin au second tour si elle veut battre Nicolas Sarkozy. L’équation n’est pas facile à résoudre.

Henri Pauvert.

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Brigitte CORREZE 01/04/2007 04:56

Comme dit Claude Imbert à la fin de son éditorial dans l'hebdomadaire LE POINT du jeudi 29/03/07:..."La France a vingt ans pour embarquer enfin dans une Europe aux nouveaux parapets. Seule nef de nos espérances."