« Mon but était de raconter une histoire sur des personnes réelles, mais en sublimant cette réalité et en adoptant un point de vue émotionnel. » Voici par quels mots Florian Henchel Von Donnersmarck présente son film. Nous sommes en 1984, à Berlin-Est dans une société grisâtre, stagnante, silencieuse où la toute puissante Stasi et son ombre-même pèsent sur chaque Allemand. Gerd Wiesler (Ulrich Mühe), officier dans l’organisme tentaculaire, fait très bien son métier. Il intimide, confesse, force, égare, casse, broie les malheureux « suspects » qui lui sont livrés avec une telle économie de conscience qu’il sera choisi par ses supérieurs pour une mission particulière : surveiller l’écrivain de théâtre Dreymann ( Sebastian Koch) afin de trouver ou de créer des charges contre lui, prouvant sa dissidence. Gerd comprend vite qu’il s’agit pour le ministre de la Culture Bruno Hempf d’avoir le champ libre pour récupérer la compagne de Dreymann Christa Maria Sieland (Martina Gedeck), qu’il convoite. Wiesler commence la surveillance du couple, il les épie jour et nuit, branché qu’il est sur la vie de « ces autres » par sa table d’écoute… il est transfusé de la vie de « ces autres ». Lui qui n’a ni ami, ni tendresse, lui à qui il ne reste qu’un immense regard bleuté, découvre l’amour liant le couple, l’amitié unissant le groupe des artistes résistants, la musique, la passion de la création, l’ouverture au monde, et les engagements exigés par la vérité …. A la suite du suicide d’un ami très proche, Dreymann décide d’écrire dans le magazine ouest-allemand, « Der Speigel », un article exposant le désespoir qui ravage les Est-Allemands et les conduit, bien souvent, au suicide. Gerd Wiesler cache « la trahison » de Dreymann, puis s’immisce dans la vie des deux artistes, pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être, alors que le piège de la Stasi s’est refermé sur leur couple démantibulé. Les choses vont très vite, les yeux bleutés de Gerd retrouvent leur vivacité et son visage est à nouveau mobile d’émotions alors que son destin est maintenant définitivement lié à celui de Dreymann, de l’Allemagne qui s’éveille et de son cœur, qui bat enfin. Une admirable musique de Gabriel Yared accompagne la création des acteurs, et leur permet même de trouver le rythme et la tonalité juste. Sébastien Koch en interprétant au piano la « Sonate pour un homme bon » l’a dit.
Ce film est parfait. Un grand film dont rien ne pourrait être retranché et où les grands rendez-vous de l’Homme sont honorés « La Vie des Autres » a reçu le prix du meilleur film étranger aux Oscars de cette année, juste récompense.
Marie Deval.
Titre original: Das Leben Der Anderen Genre: Drame Durée: 2h17 Pays: Allemagne Réalisé par: Florian Henckel Von Donnersmarck Avec: Martina Gedeck, Ulrich Mühe, Sebastian Koch, Ulrich Tukur, Thomas Thieme, Hans-Uwe Bauer, Volkmar Kleinert, Matthias Brenner, Thomas Arnold, ...
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Né à Pointe-à-Pitre en 1942, de famille blanche-créole, arrivée à Marie-Galante en 1658, de grands parents originaires l'un de la région parisienne, l'autre de Rouen en Normandie, j'ai bénéficié d'une formation juridique, et philosophique (
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