Parlons un peu des Présidentielles! par Edouard Boulogne.

Publié le par Edouard boulogne

Parlons un peu des présidentielles.


La campagne électorale se poursuit. On jase beaucoup en ce moment sur la spectaculaire montée dans les sondages de François Bayrou. Les socialistes sont exaspérés, car Ségolène est en péril. A l’UMP, on n’est pas plus heureux, car au cas d’un face à face au 2ème  tour entre François et Nicolas, ce dernier ne serait pas assuré du succès.

Et moi, dans tout cela. ?

J’avoue mon agacement. Dans cette campagne, je ne trouve pas mon compte. J’ai la malchance en effet (à moins que ce ne soit une chance) d’être d’une génération qui a connu le général de Gaulle. Le grand Charles avait ses défauts, évidemment, et à la mesure de sa stature (grande). Mais tout de même, quel grand homme!  Comme ne dirait pas Djack Lang !

Par comparaison, évidemment….. ! ! ! ! !

Et puis je m’attache davantage aux projets, aux idées, qu’aux postures, aux gesticulations, aux effets de tribune.

Ségolène ? Hélas ! Une gaffeuse de première force, une silhouette, point désagréable, certes ! mais il y en a d’autres, et leur place n’est pas à l ‘Elysée, du moins pour cette seule qualité. On en a soupé des personnages fabriqués par les médias. Surtout on en plus qu’assez avec le socialisme, notamment sous sa forme bobo (bourgeois-bohême, gauche caviar), que  la « dame » incarne à merveille.

François Bayrou ? Je lui suis reconnaissant pour son engagement pour le « Non » au referendum scélérat de Michaux-Chevry, sur le statut de la Guadeloupe, il y a deux ans ?
Mais l’objet du scrutin d’avril-mai 2007, n’est pas le même.
Et notre homme a un programme trop vague, il joue un peu trop bien sur la partition des candidats démagos. « Ni droite, ni gauche » ? Il n’y aurait qu’un monarque pour jouer avec crédibilité ce rôle difficile, peu compatible avec le régime politique qui est présentement le nôtre, et dont le statut n’est pas remis en cause.
Et puis ce qu’il propose, sa fameuse « troisième voie », son retour au scrutin proportionnel, son appel aux majorités « d’idées » chères au défunt Edgar Faure, tout cela sent un peu trop sa 4ème République, dont de Gaulle nous a heureusement libéré jadis. Sur le problème de l’euthanasie (important, et auquel je consacrerai un article dans les jours qui viennent), il vient de faire des déclarations allant dans le sens des lobbies qui veulent faire sauter le verrou protecteur d’un des principes majeurs de notre civilisation, le respect sacré de la vie humaine, lui Bayrou, ce grand chrétien en paroles, (comme chacun sait )! Non, je ne crois pas, en conscience pouvoir voter, à la grande élection, pour ce descendant de feu le MRP, l’inconsistant parti français de la démocratie chrétienne.

Alors Nicolas ? Pourquoi pas ! Et pourtant je ne suis pas porté par un enthousiasme débordant. Certes, quelques-unes de ses propositions sont intéressantes et m’agréent : notamment son désir de rompre avec l’assistanat généralisé, fruit du socialisme à la française, ou le rappel de l’existence d’une identité française, qui n’est pas compatible avec une immigration incontrôlée, et sans mesure.
Mais sont-ce des convictions profondes, qu’il serait désireux de mettre en œuvre effectivement ? ou des déclarations électorales de circonstances ?
Et puis Nicolas sur l’euthanasie vient de dire la même chose que Bayrou (et que Ségolène !).

Je voterai (peut-être) pour lui au 2ème tour, contre la socialiste. Mais rien n’est acquis. J’appartiens à ce groupe de Français dont le vote est dit, par les instituts de sondage, « flottant ». Non parce que nous serions tous inconsistants, et condamnés par notre inculture à nous déterminer au dernier moment, en fonction de manipulations de dernière heure, de mouvements de menton, ou de modulations vocales particulièrement séduisantes, mais peut-être au contraire (en ce qui me concerne du moins) parce que nos voix ne sont la propriété de nul leader de « droite » ou de « gauche ».
Personnellement je n’ai jamais adhéré à aucun parti politique, je n’ai jamais été « en carte », ayant particulièrement savouré, il y bien des années, cette boutade Paul Valéry   "Pour adhérer, il n’y a que les huîtres et les sots ». Mais, chers amis, il ne s’agit que d’une boutade !

 Le Pen ? Nul conformisme, nul « politiquement correct », ne me fera dire le contraire de ma pensée. Il est le contraire d’un imbécile. On ne s’ennuie jamais en l’écoutant. Il ne correspond pas à la caricature qu’on a fait de lui, celle d’une brute inculte et sanguinaire. Une fois sur deux il dit des choses pleine de bon sens.
Une fois sur deux seulement, malheureusement.
Trop souvent il se laisse aller à de regrettables excès, à des provocations parfaitement inutiles. Jean-Marie Le Pen n’est pas un candidat réel au pouvoir suprême, sinon il eut choisi un discours plus responsable. C’est un esthète qui jouit de la politique, qui se déguste en parlant . Mais ce n’est pas d’un tel esthétisme que la France a besoin présentement, dans la crise qu’elle traverse !
Jean-Marie n’est pas mon homme, même si j’ai jadis protesté contre l’interdit du sol guadeloupéen qui lui fut intimé par des manifestations de force, parfaitement tolérées, en 1986, par le gouvernement Chirac, Mitterrand présidant.
Je ne le regrette pas, tant me répugne encore le spectacle écœurant de ces centaines de petites frappes marxo-lenino-trostkistes, vociférant et gesticulant à l’aéroport du Raizet.

Alors, Philippe de Villiers ? Pourquoi pas, puisque, semble-t-il, il a réuni les signatures nécessaires au dépôt de sa candidature. J’aurai l’occasion d’en reparler à propos du livre remarquable qui vient de lui être consacré par Eric Branca, et Arnaud Folch : « Le Mystère Villiers » (éditions du Rocher).
Mais de Villiers est un « petit » candidat, son infrastructure électorale est trop insuffisante pour lui permettre, me semble-il, d’être au deuxième tour. N’oublions pas qu’au premier tour, cependant, on choisit, et que c’est au second qu’on élimine. Ne nous laissons pas intimider par la grosse ficelle (énorme !) du « vote utile ».
Faisons les nous compter, c’est à dire nous craindre, la seule force qu’ils connaissent, et qui leur tient lieu d’estime.

Mais au second tour ? S’il s’agissait d’un face à face Bayrou-Royal, je ne pourrais que voter (comme dirait Chirac), « blanc ». A moins que dans l’enveloppe (car l’abstention n’est pas mon fort) je ne glisse un préservatif, (geste hautement symbolique) comme je l’ai déjà fait, en d’autres occasions.

On me dira que la blague est un peu faible, qu’elle fait plutôt potache.
Et alors ?
D’abord, elle introduit, au moment du décompte des voix, un peu de gaîté dans l’esprit des scrutateurs (petit « s », s’il vous plaît !), dont la vie est assez triste les soirs d’élections.
Et puis les potaches, je les connais , par nécessité professionnelle(et aussi par plaisir). Si j’espère leur faire passer quelque chose d’un peu consistant, quelquefois, il n’est pas impossible qu’ils m’influencent aussi, pas toujours à mon insu !

Edouard Boulogne.

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