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Publié par Edouard boulogne

 

Femmes musulmanes : l'Islam peut-il évoluer?


Nous reproduisons ci-dessous un article paru ce 5 novembre dans le journal catholique "La Croix".

Il évoque un colloque qui s'est tenu ces jours derniers à Barcelone, où des femmes musulmanes ont tenté de montrer que les scandaleuses discriminations ismamistes à l'égard des femmes ne sont pas consubstantielles au Coran et à l'Islam.

L'auteur de l'article insiste sur le fait que les différentes intervenantes au colloque ne résident pas en terre musulmane où leurs prestations sont, actuellement, impossibles, impensables.

La réflexion de ces personnes s'inscrit dans la perspective appelée de ses voeux, récemment dans son discours de Ratisbonne, par le pape Benoit XVI, pour qui la violence n'est pas compatible avec l'essence de Dieu pour quelqu'un qui s'efforce de marier la réflexion religieuse et la recherche rationnelle.

Pour positive que s'annonce une telle recherche, voulue également par le grand pape Jean-Paul II, il ne faut pas se bercer d'illusions. Et peut-être ne faudrait-il pas abdiquer, de la part des chrétiens, la démarche apologétique et prosélytique.

Convertir au christianisme doit demeurer, selon nous, une ambition qui doit être ausi douce et intelligente que ferme. "Allez et préchez à toutes les nations"! disait le Christ.

Encore faudrait-il que les chrétiens redécouvrent la force, la valeur, la grandeur et la Bonté de leur foi.

Nous publierons très prochainement un autre texte qui montre la difficulté de la tâche à entreprendre.

Edouard BOULOGNE.








Des musulmanes repensent la place des femmes dans l'islam.



Des fidèles de nombreux pays musulmans ont débattu durant trois jours des lois discriminatoires envers les femmes. Ce courant féministe, qui compte aussi des hommes, reste minoritaire

En Occident, on connaît le féminisme, on ignorait encore qu'il puisse exister un féminisme islamique. Et pourtant, c'est la deuxième année que des femmes de plusieurs pays musulmans se réunissent en Espagne pour un congrès international sur ce thème, à l'initiative de l'Association islamique de Catalogne.

Des participants, femmes et hommes venus d'Iran, du Pakistan, du Soudan, de Malaisie, d'Algérie, de Tunisie, du Sénégal et d'Afrique du Sud se sont retrouvés à Barcelone pour partager leur expérience et débattre de la charia et des lois discriminatoires envers les femmes. « Le mouvement féministe islamique est né d'un mouvement intellectuel à l'intérieur de l'islam, critique à la fois de la modernité occidentale et de la tradition issue des textes, explique Abdennur Prado, espagnol, converti à l'islam et l'un des principaux organisateurs de cette rencontre.

Ces dernières années des collectifs de femmes musulmanes se sont organisés pour lutter contre la discrimination et revendiquer leurs droits dans le cadre de l'islam dans des pays aussi différents que la Malaisie, le Nigeria ou le Pakistan. Tous ces mouvements avaient en commun le “féminisme islamique” qui peut se définir comme la revendication des droits de la femme musulmane dans le cadre de l'islam », poursuit Abdennur Prado.

"Aider à balayer les vieilles pratiques"
Certes, ce mouvement est encore minoritaire dans le monde musulman. Les figures du mouvement sont toutes des intellectuelles, militantes, écrivains, enseignantes vivant à l'étranger ou ayant eu l'expérience de la vie dans un pays occidental. Margot Bardan, américaine, spécialiste du féminisme et de l'Égypte, insiste sur le fait que ce mouvement est un phénomène global, sans frontières, né dans des États nations. « C'est un nouveau mode de pensée qui doit aider à balayer les vieilles pratiques. » Ces femmes, dit-elle, revendiquent « une transformation de l'islam, une nouvelle façon de le penser ».

Si les féministes islamiques admettent que la situation des femmes musulmanes est différente selon les pays, tout comme l'interprétation du Coran peut elle aussi varier selon les pays d'origine, toutes ont en commun de revendiquer la compatibilité de l'islam avec l'égalité des sexes et le respect des droits de l'homme. À condition que l'on cesse d'imposer une lecture machiste du Coran.

« Il faut une nouvelle lecture des textes car ils n'ont pas été modernisés, explique Ndeye Andujar, espagnole convertie à l'islam. La solution est une lecture analytique du Coran qui montre que l'islam n'est pas une société patriarcale qui doit soumettre la femme à l'autorité de l'homme. C'est pourquoi nous dénonçons la lecture patriarcale qui en est faite et la manipulation d'un texte » qui, selon elle, porte en lui les fondements de l'égalité homme-femme.

"Tuer au nom de l'honneur n'a rien d'islamique"
« Il faut rendre l'islam à l'islam », ajoute Margot Badran. C'est ce que tente de faire Shaheen Sardar Ali, juriste pakistanaise, seule femme musulmane professeur de droit islamique en Grande-Bretagne. Après un long travail de recherche en tant que juriste, elle a dénoncé les lois Houdid, toujours en vigueur au Pakistan. Celles-ci exigent qu'une femme victime d'un viol produise les témoignages de quatre hommes qui corroborent les faits, donc doivent avoir été témoins. À l'opposé, une femme peut être accusée d'adultère, et même être condamnée, pour avoir dénoncé un viol qu'elle ne peut pas prouver !

Ces lois n'ont, dit-elle, rien à voir avec l'islam, mais elles sont maintenues car présentées par les islamistes les plus fondamentalistes comme islamiques et, à ce titre, elles ne peuvent pas être changées. Dans ce cas, Shaheen Sardar Ali estime que l'islam est utilisé au Pakistan comme « un instrument de vengeance personnelle, une dynamique de pouvoir ». « De même, ajoute-t-elle, tuer au nom de l'honneur n'a rien d'islamique. »

Pour avoir contesté ces lois, alors qu'elle faisait partie du premier gouvernement du président Pervez Moucharraf, elle a été menacée, accusée d'apostat. « Si je n'avais pas mené mon argumentation dans le cadre de l'islam, je n'aurais jamais été capable de défendre mon point de vue, mon argumentation n'aurait pas été considérée comme légitime. » D'où la nécessité pour les femmes musulmanes de connaître le Coran. « Le comprendre nous place dans la position de pouvoir contre- attaquer », poursuit Shaheen Sardar Ali. Ce que les femmes iraniennes en Iran ont compris et qui leur a permis de contester des dispositions légales qu'elles jugent non conformes aux textes du Coran mais provenant d'une interprétation machiste et erronée de celui-ci.

Reste aux féministes islamiques à convaincre leurs coreligionnaires. Un combat de longue haleine quand dans de nombreux pays musulmans les femmes sont confrontées à des difficultés économiques et sociales qui relèguent au second plan la lutte des féministes islamiques.

Agnès ROTIVEL, à Barcelone

Aperçu généré le 11/03/2007 à 15:12:21


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