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Publié par Edouard boulogne





Le hasard d'une recherche sur Internet m'a fait tomber sur Le petit Journal de Montmain, et sur d'intéressants témoignages qu'il publie, de personnes présentes à l'un des Léwozs donnés sur sa propriété d'Anse Bertrand par Lilian Thuram.

Les personnes qui témoignent s'interrogent : Lilian Thuram était-il d'accord avec les manifestations de racisme, (notamment du fait d'un animateur de RFO-Guadeloupe. Rappelons la condamnation par le CSA, après plainte de l'architecte Michel Corbin, d'une émission de janvier 2006, B.World connexion, consacrée à l'intellectuelle raciste Ama Mazama, et dirigée par Brother Jimmy, grand admirateur de Thuram. Notons aussi que la mise en garde du CSA a été totalement passée sous silence en Guadeloupe, sur RFO, mais même sur RCI, malgré la présence sur cette antenne du grand éditorialiste matinal (et antiraciste) Thierry Fundere. Seul un entrefilet de 5 lignes dans une petite rubrique de 3ème page de France-Antilles, et quelques articles du Scrutateur, en en fait mention), où a-t-il été intimidé par les vociférateurs?

La question reste posée. Et, aujourd'hui je n'ajouterai pas d'autres commentaires.

Edouard BOULOGNE.


Lisez plutôt :

Numéro 382, du 31 juillet 2006



LILIAN THURAM,
CHANTRE DU RACISME ANTIBLANCS ?


Ma charmante amie Jade, qui aime la Guadeloupe et les Guadeloupéens autant que moi, m'envoi un message assez désespéré. Étant définitivement à l'abri de toute tentation raciste, elle a été particulièrement choquée par une réunion tenue à Anse-Bertrand, en l'honneur de l'un de ses enfants, Lilian Thuram. Sous prétexte d'honorer le valeureux footballeur, qui vient de prendre une retraite glorieuse, un présentateur de R.F.O Guadeloupe haranguait la foule avec des propos d'un racisme antiblancs exacerbés. Ma gentille et sans doute naïve amie, se demande si Thuram était complice de cette manifestation de haine indépendantiste.
Mais voici son message :

Paul,

J'aimerais partager un ressenti et le faire savoir.
Hier, samedi, nous étions au Léwoz de Lilian Thuram, à Anse-Bertrand. 6.000 personnes étaient présentes, tous les médias étaient aux postes.
Thuram était assis devant le podium, avec son fils, ses amis et famille et Gallas (son coéquipier à Chelsea).

Des artistes défilaient depuis 20 heures, une nouvelle tendance musicale (mais pour moi ce n'est pas de la musique), le SLAM, composé d'un texte accompagné par un gwoka, occupait le podium. Un animateur, qui fait de la radio et une émission sur télé Guadeloupe, présentait tous ces artistes.

À propos de ce Slam, un sentiment étrange nous a envahis, en raison des propos des textes, comme, par exemple, une Guadeloupéenne qui dénonçait le racisme subit par les Nègres en Métropole. Un petit aperçu de ces propos :
"Il ne faut pas que les Nègres trempent leurs visages dans le lait ou se marient avec des Blanches et les Négresses ne doivent pas faire d'enfants avec des Blancs, car ils sont Nègres et resteront Nègres et seront toujours méprisés par des blancs." Ce Slam s'appelle Coups-Leurres (coups pris par les Blancs) et leurres (le fait de devenir métis n'est, à son sens, qu'un leurre).

L'animateur, très engagé pour ces textes, devant cette foule qui ne manquait pas de soutenir ce genre de propos, fit la promotion d'un livre du roi des Belges, Léopold II, en lisant un passage en direct - le plus dur bien sûr !!! - sur la domination blanche dans les colonies africaines.
Ces propos d'une extrême violence psychologique ne peuvent que maintenir la haine raciale dans une communauté déjà très marquée où la mémoire du passé est encore très fraîche !

Note du Rédacteur, information prise sur http://fr.wikipedia.org/wiki/ :
Léopold II, roi des Belges (Louis Philippe Marie Victor), Prince de Belgique, Duc de Saxe, Prince de Saxe-Cobourg-Gotha, Duc de Brabant, Empereur personnel du Congo de 1884 à 1908, (9 avril 1835 - 17 décembre 1909), a succédé à son père, Léopold Ier, sur le trône belge en 1865. Sa mère était Louise d'Orléans. N'ayant pas de fils, c'est son neveu, Albert Ier, qui lui succéda à sa mort.
Le monarque fut surtout connu pour avoir eu sa propre colonie privée, l'état indépendant du Congo, sur lequel il exerça sa souveraineté de 1884 à 1908. Les Congolais furent forcés de récolter le caoutchouc, produit très demandé à l'époque. Cette colonie privée permit au roi de s'enrichir considérablement. Nombre de bâtiments et de monuments bruxellois furent construits par le "roi-bâtisseur" grâce à cet argent tiré de l'exploitation des ressources du Congo. À la suite d'une campagne internationale menée par les Britanniques, notamment Edmund Dene Morel, dénonçant le traitement brutal et inhumain des populations locales par les coloniaux, ajoutée au rapport Casement, la position du Roi devint intenable. Il finit par céder la souveraineté du Congo à la nation belge. Le gouvernement belge renomma le territoire Congo belge.

Nous étions venus pour nous détendre, écouter un bon Léwoz avec des amis antillais et nous nous sommes retrouvés face à un semblant de meeting indépendantiste, qui d'ailleurs à surpris et même choqués nos amis antillais.
En tant que Blancs, nous sous sommes sentis mal durant toute cette partie du soi-disant spectacle, car nous attendions le Léwoz avec impatience, mais... Nous n'étions pas encore au bout de nos surprises quand l'animateur vedette nous présenta, sur scène, un rescapé de mai 67 (manifestations de Pointe-à-Pitre) qui prit une balle d'un policier Blanc et nous donna son témoignage sur ces événements.

Note du Rédacteur, information prise sur http://fr.wikipedia.org/wiki/ :
Le 27 mai 1967, la Guadeloupe se relève à peine du passage du cyclone Inès, en septembre 1966. Des ouvriers du bâtiment se mettent en grève pour demander une augmentation. Les négociations, qui se tiennent depuis le début mai, n'aboutissent pas. Une rencontre est programmée pour le vendredi 26 mai, à la Chambre de Commerce, entre le syndicat CGTG et le patronat, emmené par Brizard. Les ouvriers demandaient 2 % d'augmentation. Les négociations échouent. La situation dégénère. La foule, massée devant la CCI se révolte. Des CRS arrivent, une émeute éclate. Coups de crosses de fusil, pierres, gaz lacrymogène, bouteilles, conques de lambi sont échangés. Les CRS tirent. L'une des premières victimes fut Jacques NESTOR, militant du GONG, très populaire à Pointe-à-Pitre. D'autres tombent, parmi lesquels Pince-Maille, Taret. Rapidement, les affrontements s'étendent à toute la ville.
Jusqu'à récemment, les services officiels faisaient état de huit morts. Le nombre exact de morts resta longtemps secret. Ce n'est qu'en 1985 qu'on sut que le nombre était d'au moins 87 morts. Les jours qui suivirent donnent lieu à une vague d'arrestations, notamment parmi les militants du GONG, qui sont emprisonnés, inculpés, et envoyés en métropole pour atteinte à l'intégrité du territoire national.

Sur ce... Nous sommes partis sans voir le Léwoz, il était 0 heure 30.

Je ne sais pas si Thuram se rendit compte de ce qui se passait et la portée des propos que nous avons entendu, mais il était là... Assis comme tout bon V.I.P et Galas était derrière moi, noyé dans le public ( peut-être était-il gêné ?). Je souhaiterais faire parvenir ce message aux oreilles de Thuram, qui milite contre TOUTE forme de racisme, car je me demande s'il s'est rendu compte de ce qui se disait.

En conclusion, ce genre de choses est dangereux comme le style de Diam's, ce sont des porte-parole d'une génération qui entretient cette forme de racisme et peut même parvenir à soulever un mouvement de révolte. Quand 6.000 à 8.000 personnes entendent un leader qui cautionne de tel propos et fait chauffer une foule avec des sentiments qui peuvent amener à la haine raciale !
Heureusement tout s'est bien passé mais un public lassé, déçu et des touristes, venus assister à ce spectacle, nous ont paru très déconcertés, comme nous, ils n'étaient pas venus pour cela.

Parle haut et fort de ce à quoi j'ai assisté !

Ton amie affectueuse,
Jade.

Après cette déclaration, de la jolie Jade, qui a le mérite du vécu et de la sincérité, j'ai quand même plusieurs remarques à faire.

--- Premièrement, si j'en crois la définition du mot Léwoz :

Les soirées Léwoz : Langage musical d'origine africaine né lors de la traite des Noirs, le gwoka est la musique traditionnelle de la Guadeloupe. Elle se joue principalement sur des ka accompagnés du tibwa, des cha-cha, du siyak ...
Après une rude semaine passée dans les champs à couper, amasser et charroyer les cannes à sucre, les Nègres se regroupaient le samedi soir sur l'habitation pour chanter et danser au rythme des ka afin d'oublier, l'espace d'une nuit, leurs difficiles conditions de vie. C'est ainsi que naquirent les soirées léwoz.

L'emploi de ce terme, pour qualifier la manifestation d'Anse-Bertrand, donnait un peu la coloration de ce qui allait suivre.

--- Anse-Bertrand, commune voisine de Port Louis, était le fief des indépendantistes dans les années 80. Bien que la raison et la conscience des nécessités l'aient emporté dans les esprits des habitants du Nord de Grande-Terre, il semble évident que leurs cœurs ne se seraient pas transformés en si peu de temps. La lecture d'un écrit de Léopold II, de Belgique, sans doute le pire colonialiste que l'on ait connu, puisque même les autres colonialistes ont dû lui demander de se calmer, ne pouvait que soulever leur juste colère. L'organisateur de cette soirée devrait nous expliquer quelle est l'actualité d'un tel texte et son intérêt pour les habitants de la Guadeloupe.

--- La radio et télévision nationale R.F.O, comme sa cousine corse, fait le lit des indépendantistes, dans tous les départements d'outre-mer où elle est représentée. De même que France Inter diffuse les émissions les plus extrémistes de gauche du panel médiatique des radios de langue française. Nous retrouvons-là, le fameux problème des intellectuels de gauche, que je ne cesse de dénoncer.
Un exemple : pas plus tard qu'hier au soir, dimanche, le journal télévisé de R.F.O Guadeloupe avait un invité pour parler de façon impartiale des événements du Liban. Qui était celui-ci ? Je suis convaincu que vous n'y auriez pas pensé : le consul de Syrie en Guadeloupe !

--- Lilian Thuram, que je ne connais pas personnellement et dont j'ignore les opinions politiques, me semble d'autant plus suspect qu'il a des liens privilégiés avec le gouvernement de droite actuel (et surtout son Président). Quand on sait la passion qu'on toujours eu les gouvernements successifs pour les indépendantistes, auxquels ils déroulent volontiers le tapis rouge, cela ne plaide pas en sa faveur.
Le compte-rendu de la manifestation d'Anse-Bertrand, par le journal télévisé déjà cité, m'a appris que Thuram était l'organisateur et le producteur du spectacle. Il est donc complètement exclu qu'il ait pu être la victime innocente d'un piège tendu par de vilains indépendantistes.
Ce ne serait pas la première fois que l'on ait à déplorer que la lutte contre le racisme, menée actuellement par des Noirs (ils préfèrent le mot "Nègres"), soit en réalité une violente agression raciste antiblancs, quand ils ne déversent pas, au passage, une partie de leur haine sur les Juifs.
Thuram un pilier du racisme antinoirs ? Pas de problème. Thuram un antiracistes tout court ? Cela reste à démontrer, la réunion d'Anse-Bertrand ne plaide pas en faveur de cette thèse.

Tout cela dit, la féroce répression des manifestations de mai 67, à Pointe-à-Pitre, n'est pas à l'honneur du général De Gaulle. Mais, comme dirait mon ami Jean-Dominique : "S'il n'y avait que cela !..."
Un an plus tard, en mai 68, le courageux défenseur de l'intégrité du territoire courrait se réfugier à Baden-Baden, près de son ami Massu, parce qu'une poignée d'étudiants français mettaient à sac les Champs-Élysées.



DROIT DE REPONSE :


Un ami Guadeloupéen, "exilé" à la Réunion, Ruddy, nous fait remarquer que la première partie de la chanson (?) de la jeune afro-antillaise Delphine II, est inspirée du premier couplet de "Black and White", une chanson de Serge Gainsbourg :

Une négresse
Qui buvait du lait
Ah ! Se disait-elle,
Si je le pouvais
Tremper ma figure
Dans mon bol de lait
Je serais plus blanche
Que tous les Anglais !


D'autre part, il nous invite à écouter le Slam de cette chanteuse, pour juger de la fidélité du commentaire que nous en a fait Jade :
http://www.dailymotion.com/video/x7yja_des-coupsleurres


Et Ruddy affirme :


Personnellement, j'interprète les propos de la slameuse de la manière suivante :
Ce n'est pas parce qu'un individu noir s'unit avec un individu blanc, qu'il en tirera forcément une quelconque ascension sociale, ou que les enfants métis issus de cette union échapperont au racisme et aux discriminations (il y a en effet encore des gens de couleur, notamment des noirs, aussi bien à la Réunion où je vis, qu'aux Antilles, qui le pensent, si vous ne le saviez pas, je vous l'apprends).
À aucun moment, la slameuse ne préconise de ne pas s'unir avec un blanc (ou avec une blanche).


Mon cher Ruddy, je ne doute pas que ton interprétation du texte soit la bonne, mais, d'une part :
--- Jade n'a pas pris des notes sur place et n'a tenté que nous faire part du malaise que la chanson a provoqué en elle ;
--- D'autre part, il y a beaucoup de points qui restent litigieux, dans ce léwoz, même si on excluait cette chanson.

Pour montrer que Jade n'a pas été la seule choquée par cette soirée, voici un autre compte-rendu, tout à fait indépendant, que Jade a découvert, après m'avoir écrit, sur un forum :


Bonjour,

À mon plus grand étonnement, j'ai subi le racisme en Guadeloupe !
J'étais au léwoz organisé par Lilian Thuram, à Anse Bertrand, quand j'ai eu le droit aux propos déplacés, voire xénophobes, du présentateur (qui apparemment a un passé qui concorde avec ses propos) et des personnes qui se sont emparées du micro. Moi qui étais venue à une représentation de gwoka, j'entendais des choses qui me blessaient au plus haut point !
En plus le léwoz était organisé en commémoration de l'abolition de l'esclavage ! Et leurs propos étaient similaires aux propos lepénistes !
J'ai été déçue par le comportement de Thuram qui n'a fait aucune référence aux propos qui l'ont précédé quand il a eu le micro. En effet, le présentateur a lu un texte de Léopold II, roi belge, de je ne sais quelle année, où il traitait les noirs de moins que rien ; ça n'était pas actuel et hors de propos.
J'ai vécu avec des Antillais pendant mes vacances, ils m'accompagnaient à cette occasion, ils étaient mal à l'aise pour moi. Je sais que ce n'est pas une généralité, ils ne sont pas tous racistes ; ce qui me gêne c'est que les indépendantistes profitent des manifestations publiques de divertissement pour faire leur propagande et que les personnes publiques, adulées et respectées comme Thuram, approuvent ce qu'ils disent. Qui ne dit mot consent ! De plus, en tant qu'organisateur, il savait quelles personnes auraient le micro en main, entre autres des indépendantistes.
Thuram se dit "pro noir" d'après les dires des Antillais, mais je crois qu'il dévie sur le "anti blanc" ; lui qui n'est jamais en Guadeloupe ! Il leur fait plus de mal que de bien !
Car la Guadeloupe est à l'abandon, sale, pas entretenue, les touristes inexistants à part sur les trois plages touristiques ! Rien à voir avec ce que j'ai vu sur les photos d'il y a 10 ans !
Je comprends que les extrémistes montent quand il y a une crise économique et sociale, mais à ce que je sache Thuram n'est pas dans la misère !
Moi, qui étais fière de cette île, je ne peux avoir que de la compassion à présent !

http://www.routard.com/comm_forum_liste_messages/debut/0/forum/23.htm



Je ne peux que saluer le courage de cette déclaration de Claire, faite sur deux forums antillais. Je m'y suis essayé en mon temps et j'ai vite compris, qu'à quelques rares exceptions près, les jeunes Antillais, vivants à Paris, ne communiquent que par des excommunications et des injures. La plupart d'entre eux ne connaisse pas la Guadeloupe, ce qui ne les empêche pas d'avoir des idées très arrêtées sur elle et de transposer leur malaise des banlieues métropolitaines, dans notre archipel où la situation n'est absolument pas la même. Heureusement, des Guadeloupéens vivant en France métropolitaine, et même souvent nés là-bas, découvrent la Guadeloupe, pendant leurs vacances et constatent la réalité des choses. Aucun de ceux avec lesquels j'ai discuté, n'accepterait de revenir s'installer ici. Leur européanisation les excluant définitivement des modes de vie et de pensées (et surtout de leurs rapports avec le travail) de leurs parents restés sur place.
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Aperçu généré le 11/03/2007 à 13:29:25

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