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Publié par Edouard boulogne

Une semaine à la loupe (10/03/07).


1. La discrimination professionnelle des femmes.


Le 8 mars dernier était la journée internationale de la femme, une initiative heureuse mais la femme ne vaut-elle pas mieux qu’une journée par an ! Doit-on se donner bonne conscience un jour par an ? La femme et l’homme, sont des êtres humains à égalité et à part entière. Aucun des deux ne doivent être discriminés. Une étude menée par le réseau Grandes écoles au féminin auprès de 7.000 diplômés de grandes écoles indique que les femmes cadres continuent d’être l’objet de discriminations professionnelles. L’étude révèle que les discriminations commencent tôt et s’accroissent au fil du temps. Concernant les salaires l’écart est de 10% à l’embauche pour atteindre 27% au-delà de 35 ans. L’étude montre aussi que les femmes cadres travaillent autant que les hommes et que seules 4% mettent leur carrière entre parenthèse pour s’occuper de leurs enfants. L’accès à des postes de dirigeants ou la présence aux comités de direction bien que se développant reste encore en dessous des normes. Bien qu’aussi carriéristes que les hommes, les femmes sont conscientes qu’elles doivent fournir plus d’efforts pour réduire l’écart avec leurs collègues hommes. En Allemagne une loi a été votée le 18 août dernier qui permet à toutes les personnes s’estimant victime de discrimination sur leur lieu de travail de saisir la justice. Cette loi prévoit que l’accusé fera la preuve de son innocence. En France, la HALDE et l’ANPE (la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité et l’Agence nationale pour l’emploi) ont signé le 9 février un accord pour une "action concertée contre toutes les discriminations prohibées par la loi".

2. "Ayez confiance" !

La confiance ne se décrète pas, elle se construit. Chaque jour l'actualité se lit au détour de la confiance que les Français portent aux acteurs de l'économie que sont l'entreprise et l'État. La confiance hoquette au gré des nouvelles que nous distille la presse ou en fonction de notre capacité à nous lever du bon pied. Pour inspirer confiance à l'ensemble des individus, l'entreprise et l'État doivent d'abord avoir confiance en elles. La confiance se perd ou se gagne. Une étude d’Ipsos constate que les 3/4 des jeunes de 15 à 30 ans déclarent aujourd'hui qu'ils "aimeraient travailler dans la fonction publique s'ils en avaient l'opportunité" car la garantie de l'emploi est leur principale motivation. Il est urgent de rétablir la confiance qui permettra à nous, concitoyens, de croire dans l’avenir et le développement de notre pays. C’est le challenge de notre futur président de la République.

3. La France face à son destin !

La France fait face à d’importantes difficultés économiques. Nous sommes le pays de la zone euro qui a le déficit le plus élevés et le plus faible taux de croissance. Or, pas un des candidats n’est en mesure de financer ses importantes et nombreuses promesses électorales. Celles-ci nécessitent une importante hausse des impôts ou des réformes fondamentales qui concernent les dépenses, voir les deux à la fois. Comment pourront-ils s’affranchir de la dette colossale que la "maison France" traîne depuis des décennies ?

4. En matière industrielle, quel est le rôle de l’état ?

Le métier de l’Etat est de veiller à ce que les entreprises industrielles et commerciales bénéficient d’un environnement social, fiscal, universitaire et réglementaire le plus adéquat face à la concurrence mondiale. Le rôle de l’Etat n’est pas de gérer des entreprises ou plus exactement de les faire gérer par de grands commis qui, sont certainement très compétents pour manager les grandes organisations publiques mais ont que très rarement la compétence pour diriger nos grands groupes industriels ou financiers. Il suffit de se souvenir des catastrophes qu’ont été les nationalisations et la gestion calamiteuse de certains grands groupes : Le Crédit Lyonnais, Bull, et j’en passe ! Le rôle de l’Etat n’est pas plus de décider des grandes orientations stratégiques des groupes industriels. L’État est un piètre stratège. Outre le fait qu’il n’est pas fait pour jouer un rôle direct, son comportement va souvent à l’encontre d’une stratégie de conquête. Au nom du patriotisme économique, l’Etat a souvent pris des positions qui ont été néfastes pour les entreprises qu’il voulait défendre. Quelques rappels : Opposition au rachat d’Arcelor par Mital, on connaît la suite. Mariage de Suez et Gaz de France non réalisé à e jour, alors qu’il avait été annoncé en grande pompe il y a un an ! Mariage calamiteux entre la Snecma et Sagem, deux sociétés qui n’ont aucune stratégie commune, aucun produit voisin puisque le rapprochement entre des moteurs d’avion et des téléphones n’avait aucun sens. Guerre des chefs et des gouvernements aux effets calamiteux qui aboutit aux problèmes que rencontre EADS avec sa filiale Airbus et qui ne sont pas terminés puisque les candidats à l’élection présidentielle s’en mêlent. Plus loin de nous, chacun se souviendra des nationalisations de 1981 qui ont coûté des sommes colossales : Dédommagement des actionnaires au moment des nationalisations et manque à gagner lors des privatisations. Tout cela aboutit à creuser la dette de la France, c’est-à-dire une part non négligeable des 1.100 milliards d’€uros du déficit. Alors l’état devrait revenir à ses missions régaliennes qui sont d’apporter aux entreprises le meilleur environnement de travail possible. Certes, des choses ont été faites, la mise en place de l’agence d’innovation industrielle, les pôles de compétitivité, les crédits d’impôts pour la recherche, mais beaucoup reste encore à faire : réduction des charges sur les salaires, non-intervention dans les décisions de Management, et bien d’autres...

5. "Tout ce que vous dites pourra être retenu contre vous" !

L'espace privé disparaît au profit de l'espace public. La transparence nous dépasse. Les nouvelles technologies et la manière de les utiliser donnent une audience gigantesque à des informations, parfois fausses souvent tronquées, qui étaient jusqu’à maintenant réservées à des petits groupes de personnes. Internet, les blogs, les mini caméras, les téléphones portables, bref l'hyper communication fait de tous des citoyens reporters que nous ne pouvons contrôler. Nous devons faire attention à tout ce que nous disons ou faisons, pas seulement aujourd’hui mais hier et avant hier, car sinon "Tout ce que vous dirons pourra être retenu contre nous".

6. Le psychodrame d’Airbus.

Les responsables Allemands d'EADS ont eu recours à une forme de chantage pour arracher des concessions en faveur de leurs usines. Il paraît légitime que les candidats à l’élection présidentielle se préoccupent de l’avenir d’Airbus et de ses salariés. Mais il ne faut pas qu’ils laissent croire que le rôle des politiques est de se substituer aux dirigeants qui ont la charge et la responsabilité de définir la stratégie industrielle de l’entreprise. Comment obtenir des syndicats ce que l’on n'a pas obtenu des actionnaires ? Airbus vit au rythme d'un psychodrame permanent. Depuis moins d'un an, l'avionneur a connu trois patrons sans que le plan de restructuration ait donné lieu à de véritables discussions. Airbus ne réglera pas ses problèmes sans qu’elle soit mise à l'abri des poussées nationalistes et du patriotisme économique de ses actionnaires. Il est urgent de remettre à plat son capital et de mettre fin au système ingérable de manettes à doubles commandes franco-allemande. Cette magnifique société mérite mieux que l’image qu’en donne les 2 gouvernements et les actionnaires privés qui rechignent à remettre de l'argent au pot. C’est au patron d’industrie de gérer l’entreprise et aux politiques d’assurer un environnement économique favorable à sa prospérité : A chacun son métier !

7. Go-go gadjetotrouvaille !

Depuis le 1er mars, chacun peut calculer son propre indice des prix. L’Insee a mis en ligne un simulateur personnalisé d’inflation accessible à tous : Une révolution ou un moyen de négocier une augmentation de salaire. Un gadget, rien de plus ! A partir d’un logiciel mis en ligne sur le site de l’INSEE, chacun peut calculer son propre indice, en fonction de sa structure de consommation, donc son propre "panier de ménagère". Quel est l’intérêt d’un tel calcul ? Permettre à chaque ménage de comparer sa propre situation avec celle du Français moyen ! Un intérêt cependant, permettre de mieux comprendre comment l’indice des prix est fabriqué.

Henri Pauvert.

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