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Publié par Edouard boulogne

Une semaine à la loupe, par Henri Pauvert.


1. Petite révolution dans les PMV.



Née sous l'Empire romain (IIème siècle avant J.C. : Caïus Gracchus avait fait installer des bornes sur les voies romaines pour indiquer les distances), la signalisation routière a longtemps été statique. Les panneaux à message variable (PMV) sont apparus il y a une trentaine d'années et fournissent, en temps réel, des informations aux automobilistes. En Autriche, les défenseurs de la cause féminine ont réussi à imposer jupe et queue de cheval sur les pictogrammes des passages piétons. Il est étonnant que les socialistes français, spécialistes de la féminisation à outrance des mots, n’aient pas pensé à l’imposer en France. C’est un point très important qui n’a pas été abordé par Ségolène Royal lundi dernier lors de l’émission de TF1 "J’ai une question à vous poser" et qui ne figure pas dans son pacte présidentiel !

2. Le catalogue 3 Suisses des bonnes intentions "Royal" !

Ségolène Royal a prononcé un discours programme accompagné de 100 propositions et a proposé aux Français un "pacte présidentiel". Elle a voulu rassurer son électorat traditionnel tout en cherchant un équilibre entre droits et devoirs pour échapper à l'accusation de conservatisme. L'exercice a parfois viré au catalogue de bonnes intentions auquel se sont ajoutés plusieurs moments d'émotion. Ségolène Royal s'est d'abord attachée à rassurer les foyers modestes, les retraités, les jeunes, les enseignants, et même les chefs d'entreprises dont les dirigeants de PME. Après avoir tapé sur les nantis lors de son meeting parisien, comme Nicolas Sarkozy, elle chasse sur les terres d’en face. Face à cette panoplie de promesses on attendait le chiffrage de ses largesses. Il faudra attendre... Même si elle a abordé le poids "insoutenable" de la dette publique, comme les autres candidats, elle distribue...

3. Taxation de l’exil fiscal.

Suite à la proposition de Dominique Strauss-Kahn et la décision de Johnny Hallyday de s’expatrier en Suisse pour des raisons fiscales, Ségolène Royal trouve "intéressante" l'idée d'un impôt "citoyen" sur l'exil fiscal. Cette idée est une des mesures démagogiques mise en avant par les socialistes et qui fait plaisir à certains Français mais dont la portée réelle est minime. En effet la France fait partie de l’Europe et a donc signé le Traité de Rome qui garantit le libre choix du lieu de séjour ou d'établissement. De plus elle a signé des conventions fiscales qui empêchent la double imposition. La France taxe cependant tous les revenus de source française au taux forfaitaire résiduel de 15%. La seule marge de manoeuvre de Ségolène Royal reste d’augmenter le taux de ce prélèvement. Mais alors comment faire la différence entre une personne qui fuit le système fiscal français et celle qui s'expatrie professionnellement ? Au final, la France se sera "débarrassée" de ses riches. Mais le nombre de riches étant limité, il ne faut pas craindre les conséquences des expatriations sur la démographie car les vides seront vite comblés par l'immigration des pauvres !

4. Pourquoi ne doit-on pas envisager un gouvernement d'union nationale ?

Les médias et un candidat, qui souhaite être le deuxième homme, parlent de l'impérieuse nécessité d'avoir un gouvernement d'union nationale. Ce qui est possible en Allemagne ne l’est pas en France pour plusieurs raisons :
 Nous avons connu des cohabitations droite-gauche, gauche-droite et nous avons vu le résultat. Chaque camp se surveille et le pays recule.
 Nous avons une culture de l’affrontement : les riches contre les pauvres, les salariés contre les patrons, les petits contre les grands, ceux du sud contre ceux du nord, les Parisiens contre les provinciaux, les îliens contre les continentaux, les noirs contre les blancs, et j’en passe…
 L’appel aux talents de tous bords et personnes de la société civile est louable mais qui dirigera ?
 Notre constitution prévoit que le président nomme le Premier ministre. Comment peut-on croire qu’une cohabitation entre deux personnages de sensibilité si opposée puisse tenir longtemps ! On se souviendra de la guerre entre Valérie Giscard d’Estaing et Jacques Chirac en 1976 alors que leurs idées étaient plus proches que celles entre, par exemple, François Bayrou et Dominique Strauss Khan !
 Qu’adviendra-t-il de la France quand l'union nationale aura capotée ? Que pourront proposer nos politiques pour sortir de cette impasse ?
 Dans la situation dans laquelle se trouve la France, pouvons nous prendre un tel risque ?
François Bayrou travaille son intérêt personnel. Il joue du brouillage identitaire des deux camps pour tenter de se frayer un chemin tout en sachant que sa stratégie suppose d’avoir un système proportionnel pour fabriquer des coalitions différentes (retour à la 4ème République). Or les législatives qui suivraient son élection seraient basées sur une élection au suffrage universel majoritaire à deux tours. La bataille électorale se développerait entre les deux partis de gouvernement. Son Premier ministre serait UMP, PS ou une personne de la société civile avec une majorité parlementaire suivant le bon vouloir des Français. Alors nous aurions à nouveau une cohabitation avec tous les problèmes déjà rencontrés !

5. La croissance française en berne.

L’INSEE vient d’indiquer que la croissance a été de 2% en 2006 qui n'augure rien de bon pour le "millésime" 2007. La France est l’avant dernier pays parmi les douze de la zone euro juste devant le Portugal ! Les candidats qui comptaient sur la croissance pour financer leurs promesses vont devoir réviser leurs plans. La situation de la France en termes de richesses produites se dégrade. Selon l’OCDE, la France ne profite pas de la croissance mondiale car les Français ne travaillent pas assez ! Ce que l’on attendrait des candidats, ce ne sont pas des promesses ou des distributions de "monnaies de singe", mais des plans pour relancer la croissance et remettre la France dans le peloton de tête des pays européens.

6. Ya ka, faut qu’on.

Lors de l’émission de TF1 lundi dernier, Ségolène Royal a fait une bonne prestation. Comme diraient nos jeunes, "elle a assuré" ! Mais derrière le coté show compassionnel que pouvons nous retenir de ces 2 heures ++ de débat ? Les "oui-oui", "gagnant-gagnant", "donnant-donnant", "merci-merci", et les justifications de ses compétences n’apportent rien au débat…
Ségolène Royal se pose en réceptacle de nos désirs "d’avenir" mais n’apporte pas de solutions aux problèmes de la France. Elle va dans le sens du vent et approuve tous les Français. Son pacte présidentiel ressemble plus à un catalogue de bonnes intentions et elle se positionne, sans le vouloir, en gestionnaire d'un ordre du jour et d’un calendrier de propositions. Bref elle ferait une bonne "Première ministresse" !

7. L’inflation de députés.

La loi organique qui donne aux îles du Nord le statut de territoire d’Outre-mer, entraîne l’augmentation du nombre de députés de 577 à 579 ! Les députés représentent 64 millions de Français, 1 député pour 110.000 Français. Le parlement européen comprend 789 députés et une population de plus de 500 millions, 1 député pour 633.000 Européens. Cherchez l’erreur !

8. Le beurre sans l’argent du beurre !

Pour 2006, Total annonce 12,6 milliards d’€uros de profits. La presse et les politiques crient au scandale et la gauche, qui veut faire payer les riches, parle de prélèvements fiscaux sur les résultats. Les profits de Total sont dus à sa bonne gestion et au prix du pétrole. Ceux-ci sont réalisés pour près de 90 % à l'étranger. Peut-on croire qu’une multinationale, même "citoyenne" puisse accepter de payer, sans réagir, un super impôt sur des résultats qu’elle ne réalise pas dans le pays qui la taxe ! La délocalisation de son siège dans un autre pays européen entraînerait une levée de boucliers, des mots "exotiques", mais surtout une perte totale de recettes fiscales.

Henri Pauvert.
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