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Publié par Edouard boulogne

L’Islam : une religion de paix ?

Il y a de la violence dans le monde. Enoncer ce fait n’a évidemment rien d’original ; c’est un truisme tout à fait plat.
Extirper cette violence, ou du moins la canaliser, a été, est la tâche des vrais philosophes (hélas ! la corporation des philosophes a aussi ses traîtres, ses brebis galeuses !).

Est-ce aussi la finalité de la religion ? Mais laquelle, puisqu’il y a des milliers de religions d’inégale importance tant du point de vue quantitatif, que de leur valeur théologique ou philosophique ?
Ce petit article, qui n’est pas une thèse sociologique sur le phénomène religieux ne prétend pas répondre à cette question.

Il veut seulement réfléchir un moment sur le déchaînement que provoque dans le monde musulman un cours propos, tenu en Allemagne, devant un public très relevé d’universitaires, par le pape Benoît XVI, il y a quelques jours.

Le christianisme et la violence.

A première vue, il y a au moins une religion qui a, inscrite dans ses gènes, ou dans ses fondations spirituelles les plus profondes, une volonté de paix, c’est la religion chrétienne. « Aimez votre prochain comme vous-même », dit la Bible, et dans les Evangiles les paroles, injonctions, supplications concernant la paix, l’amour, ne se comptent pas. « Aimez même vos ennemis », « si l’on vous frappe sur la joue droite, tendez la joue gauche », etc, etc !

Pourtant, même les chrétiens, parmi lesquels je me range, ont péché plus souvent qu’à leur tour contre la loi d’amour.
Une certaine intelligentsia, violemment anti-chrétienne, nous le rappelle à l’envi. Et s’il ne faut pas, par fausse humilité, se laisser accuser de crimes inventés par des ennemis parfois de mauvaise foi, il ne faut pas non plus se voiler la face. La chrétienté elle-même a eu parfois la main lourde, et le glaive acéré !

Mais c’est parce qu’elle n’était pas assez chrétienne. Le christianisme n’est pas un parti politique conçu comme une machine de guerre en vue triompher d’un ennemi. En tant que religion il est une organisation, un grand corps dont l’ambition est la conversion de ses membres, avec l’aide de la grâce divine, au principe spirituel dont Jésus a été le prophète et l’exemple.
Tâche difficile et qui rencontre toutes sortes d’obstacles, le manque d’intelligence, l’orgueil, la cupidité, les ambitions toutes terrestres qui ne tardent pas à persuader un très grand nombre de l’utilité de l’Eglise, non pas comme d’une grande fraternité, un corps mystique, mais au contraire comme d’une puissante machine de pouvoir et de conquête.

Jamais toutefois au cours de ses deux mille ans d’histoire, l’Eglise ne s’est réduite à cette machine apostate.
Dans les périodes les plus sèches de son parcours, vaille que vaille, les saints et les martyrs, de grands papes ou évêques, de grands théologiens ont sauvé l’essentiel, empêché de chavirer la barque de Pierre. Des hommes d’Eglise, des papes même, des princes se réclamant du christianisme ont pu recrucifier leur maître, leur forfait était cependant jugés comme il le méritaient à l’aune des paroles fondamentales.

Oui, si la chrétienté a parfois été violente, c’est par infidélité au Christianisme. Comment lutter pour empêcher les risques permanents de trahison, le détournement de sacré que constitue le viol et le crime à « motivations religieuses »?

Benoit XVI s’est posé la question, publiquement, dans une conférence, nous dit-on, d’une grande profondeur théologique et philosophique.
Il se l’est posée aussi, sur un plan religieux plus général, mettant en cause la notion de « guerre sainte » (djihad) chez les musulmans.
N’y aurait-il pas lieu de réexaminer le contenu de cette notion dans une perspective de paix et d’une meilleure entente entre les hommes dans un monde où le pire est toujours à craindre ?

L’Islam et la violence. 


Or les propos du pape n’ont pas été reçus comme une invite à la réflexion en vue de l’amélioration de l’ordre des choses. A travers le monde musulman ce ne sont que cris protestations, églises caillassées, chrétiens pourchassés, persécutés.
L’on exige du pape des excuses immédiates. A Paris le doyen de la grande Mosquée, Dalil Boubakeur, un modéré pourtant, suggère l’inculture du pape en matière d’Islam, puisqu’il confondrait celui-ci « qui est une religion, avec l’islamisme qui est une idéologie ».

Il est possible pourtant de se poser des questions sur la nature profonde de l’Islam, comme religion.

Il est permis, par exemple de s’interroger sur le sens de cette sourate (sourate = chapitre) du Coran :

« O vous qui croyez ! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les chrétiens. Il s sont amis les uns des autres. Celui, parmi vous, qui les prend pour amis est des leurs ». (Sourate de la Table servie).

Ou encore (sourate de l’Immunité) : « Que Dieu anéantisse juifs et chrétiens ! Ils sont tellement stupides ! ».

Précisément parce que nous sommes « stupides » nous aimerions qu’on nous explique le vrai sens (sûrement caché !) de ces sourates qui nous inquiètent, au cours d’un dialogue, de quelque bon colloque, où les armes seraient les concepts et l’argumentation, de préférence à l’injure, au cimeterre, voire au kalachnikov.

Benoit XVI demande ce dialogue, cette réflexion. On connaît la réponse.

Lisons encore ce « hadith » de la « Sunna »(Hadith : recueil des actes et paroles de Mahomet qui complètent le Coran ; Sunna : c’est l’orthodoxie musulmane, sa tradition) : « Vous combattrez les juifs, au point que si l’un d’eux se cache derrière une pierre, elle dise : O serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi ; tue-le ! ».

Ou encore cette sourate coranique des Femmes, qui ne va pas inquiéter que les admirateurs de Ségolène Royal :

« Les hommes ont autorité sur les femmes,
En vertu de la préférence
Que Dieu leur a accordée sur elles,
A cause des dépenses qu’ils font
Pour assurer leur entretien ; (….)
Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité
Reléguez les dans des chambres à part et frappez-les.
Mais ne leur cherchez plus querelle
 Si elles vous obéissent ».

Lisons et méditons encore cette autre sourate de Mohamed, pendant qu’il est encore temps :
« Ne faites pas appel à la paix
Quand vous êtes les plus forts ».

J’ignore, à cette heure les développements que prendront ces jours qui viennent les réactions aux propos modérés et interrogatifs du pape.
Il est possible finalement, que dans un souci d’apaisement, il aille plus loin que le regret, déjà formulé ce jour sous forme d’un communiqué,  d’avoir peiné les croyants musulmans (regrets que récusent les fanatiques, exigeant l’agenouillement du successeur de Pierre).

Quoiqu’il en soit, il aura rendu service au monde en permettant à chacun de prendre conscience de la difficulté qu’il y a, déjà, dans le monde à émettre une opinion, ou une critique qui ne convienne pas aux nouveaux janissaires de l’islamisme (ou de l’Islam ? Car la distinction « Islam-islamisme ne suffit pas, elle mérite d’être passée au crible de la raison philosophique. Et c’est cela précisément que ne veulent pas ces messieurs).
Wait and see ! Dieu seul est grand !

Edouard Boulogne.






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