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Publié par Edouard boulogne

Injures à Mahomet ?


Les évènements consécutifs à la publication au Danemark de caricatures du prophètes Mahomet provoquent, à juste titre, de l’inquiétude. Les deux articles que j’ai publiés sur ce blog, ont également suscité de l’intérêt, et je crois utile de reproduire ci-dessous des extraits d’un communiqué, daté du 6 février 2006, consacré à ce problème. Communiqué qui est signé de monsieur Bernard Antony, président de l’AGRIF (Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et Chrétienne, 70, Boulevard St-Germain. 75005, Paris).

COMMUNIQUE :

Considérations pour voir la réalité en face et savoir raison garder.

« Chrétiens, nous sommes, par principe fondamentalement opposés à tout procédé de dérision, à toute insulte, à tout mépris, à l’égard des personnes et des symboles sacrés des autres religions, conscients que ce n’est pas ainsi que l’on peut leur faire découvrir l’amour et la charité du Christ.
Les caricaturistes de Mahomet n’avaient certainement pas ce souci.
Mais l’immense déferlement de l’indignation islamique, les approbations qu’il rencontre, les amalgames, les haines, les violences qu’ils suscitent sont inacceptables.
Pour les chrétiens, le Christ est Dieu. Lorsque le journal « Libération » a publié en juillet 2005 le misérable dessin de Willem présentant le Christ sur la croix affublé d’un préservatif, la seule, l’unique réaction a été celle que j’ai conduite devant les Tribunaux en tant que président de l’AGRIF.
Le tribunal de Paris a débouté l’AGRIF, en novembre 2005, au nom du droit au blasphème. Je n’avais prononcé aucune « fatwa » contre Willem et « Libération », ni appelé, pas plus en ce cas que dans d’autres, à quelque violence que ce soit. Des manifestations pacifiques eussent cependant été légitimes ne serait-ce que pour inviter au respect des Chrétiens sans qu’il soit même utile de considérer qu’ils constituent la majorité de notre peuple ».
Le communiqué de l’AGRIF évoque ensuite le manque de réaction de solidarité du cardinal Barbarin et des évêques de France, des autorités religieuses juives et musulmanes. Ce silence a été assourdissant. Et le communiqué poursuit :
« Il est vrai que comme l’a dit M.Douste-Blazy, les chrétiens, eux, sont « habitués »(sic). Habitués en effet, presque tous à supporter sans mot dire tout ce qui ne les atteint pas dans leur confort, dans leur quiétude et leur tiédeur.
Les musulmans eux, ne réagissent pas de la même façon. Sans doute, le droit à la différence.
Pourtant pour les musulmans, le prophète Mahomet n’est qu’un homme. Allah dans le Coran ne l’invite-t-il pas à s’en souvenir : « Dis : je ne suis qu’un humain comme vous » (Sourate XVIII-110 et WLI-6).
Voilà pourquoi, respectant cela, l’Islam ne veut généralement pas d’images du Prophète, de crainte qu’on ne finisse par les adorer. On conviendra que les caricatures danoises n’entraînent sans doute pas un tel risque ! Bien sûr, Mahomet n’est qu’un homme mais pas n’importe quel homme !
Comme Moïse il est un prophète qui n’a guère hésité à exterminer ses ennemis et les incrédules. Dire cela est totalement islamiquement correct, conforme à ce que les musulmans apprennent dans les livres majeurs que sont le Hadith, et le Sira la biographie du prophète écrite par leurs historiens principaux, Ibn Ishaq et Al Tabari.
Ce ne sont pas des caricaturistes danois athées, ni des chrétiens hostiles, qui le décrivent, guerroyant, massacrant, s’emparant du butin matériel et humain, mais encore une fois, Ibn Ishaq, et Al Tabari.
Ainsi Mahomet dirige-t-il à Médine l’égorgement de tous les hommes de la tribu juive des Banu Qurayzah, puis il attribue à ses hommes les femmes et les enfants. Il emporte pour lui une jeune femme, qu’il est pressé de « connaître » avant même d’arriver à la maison et qu’il va garder comme épouse. C’est Saffiya, qui vient d’assister à la mise à mort de son mari, de ses frères et de son père, le rabbin de la tribu.
Alors, est-il vraiment si monstrueux, si injurieux, si contraire à sa biographie musulmanne de dessiner le prophète un peu sévèrement ?
Sans doute est-il historiquement faux, et donc diffamatoire de l’affubler d’une bombe.
En effet, les bombes n’existaient pas au VII siècle et Mahomet et ses hommes n’utilisaient avec efficacité que les armes blanches, tout comme d’ailleurs les guerriers exterminateurs de Moïse, de David, de Salomon et comme Judith, et comme Esther.
Le Christ, lui, ne mania que les cordes pour fustiger les marchands du temple.
Que les musulmans n’apprécient pas les caricatures danoises, on peut, certes, les comprendre. Mais on ne peut pas pour autant accepter les appels au meurtre, les manifestations de haine anti-chrétiennes et anti-occidentales. Il est inadmissibles que les Etats musulmans se coalisent pour imposer chez nous leur conception de la liberté, très surveillée, de la presse.
Et que dire de ce qui se passe à nouveau au Liban ?
Au désespoir des musulmans modérés, l’Islam ne manifeste-t-il pas, en ce moment, que son idéologie est, aujourd’hui comme hier, celle de l’Oumma (la communauté islamique) rassemblée pour le Jihad (la guerre sainte), celle du monde divisé en « dar el islam » (le territoire de la soumission) et « dar el talam » (le territoire de la guerre).
N’est-il pas en effet comme le rappelle sans cesse le très médiatique Tarik Ramadan un système politique et social qui « n’entre pas vraiment dans l’acception du mot religion ».
 Nous, chrétiens, nous pouvons certes admirer la ferveur et la foi des musulmans, mais nous n’acceptons pas que l’Islam fasse demain de nous et nos enfants des « dhimis » (sujets tolérés avec des droits limités et des astreintes particulières) comme c’est le cas pour tous les non-musulmans en pays d’Islam quand on ne les persécute pas comme en Arabie Séoudite, en Indonésie, au Soudan, au Nigéria et ailleurs.
Quand donc, les membres du dit « Conseil Français du Culte Musulman » qui manifestent tous en ce moment leur totale solidarité avec l’oumma, oseront-ils réclamer alors pour les non musulmans les droits et les libertés qu’ils revendiquent si fortement en Occident ?

Edouard Boulogne.



Le 6 février 2006.



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