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  • : 07/03/2007

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Commémoration de l’esclavage : ce sera le 10 mai.



I)Une commémoration souhaitable.

Pour la commémoration de l’esclavage c’est donc la date du 10 mai proposée par le Comité pour la mémoire de l’esclavage qui a été retenue, contre celle du 23 mai préférée par le groupe d’associations fédérée par monsieur Serge Romana.
Je suis de ceux qui pensent que l’essentiel est que cette commémoration ait lieu, quelle qu’en soit la date. Certes, il peut paraître injustifiable d’appliquer, rétrospectivement, à des faits qui se sont déroulés il y a des siècles, dans un tout autre contexte mental que celui qui règne présentement, la qualification de « crime contre l’humanité » (qui est apparue, rappelons-le, en 1946, au Congrès de Nuremberg, au procès des crimes du nazisme). Mais que les jeunes Français d’aujourd’hui connaissent leur histoire sous tous ses aspects (sans exceptions certes, il faut le rappeler, en ces temps de « repentance » généralisée, donc aussi les actes positifs et généreux, nombreux !), sans doute cela est-il utile et comporte-t-il même une certaine grandeur, digne de notre pays.

II)Agacements.

 La démarche du Président de la République manque cependant de clarté et de cohérence aux yeux de nombreux observateurs.
Passons sur le ton guindé, compassé, ineffablement compassionnel, de cet homme vieillissant et sous influence.
Il faut, en revanche se demander si le président Chirac est bien logique, lorsqu’après avoir demandé au Conseil constitutionnel d’abroger l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la présence française outre mer, au motif que ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire, où plus précisément de fixer, en la matière les bornes du légitime et de l’illégitime, aujourd’hui,  devant un aréopage de personnalités politiquement et historiquement « correctes », estime que « l’esclavage doit trouver sa juste place dans les programmes de l’école primaire, du collège et du lycée ». N’est-ce pas là un « fait du prince » qu’on n’attendait pas d’un si grand « républicain » ?
Il y aurait donc des aspects positifs de la colonisation dont on ne devrait pas parler dans les manuels d’histoire (à moins qu’on ne nie qu’ils aient tout simplement pu exister, comme l’autre soir dans l’émission d’Arlette Chabot, le disait Stéphane Pockrain, et aujourd’hui à l’Elysée le président de la région Guadeloupe : M. Lurel), et d’autre part les effets négatifs dont il faudrait parler, et plutôt deux fois qu’une !
 Autre sujet d’agacement, souvent éprouvé, mais n’avoué que par un petit nombre : cette revendication de « fils d’esclaves », par des personnalités gavées d’honneurs et de biens (« sans argent l’honneur n’est qu’une maladie » ! ! ! comme disait le Petit Jean des Plaideurs de Racine).
L’esclavage était-il un ordre aristocratique ? Etait-il un état si méritoire qu’on devrait s’en réclamer des siècles plus tard afin qu’un peu du prestige de l’ancêtre rejaillisse même sur ses descendants qui en seraient les plus dépourvus ?  Ainsi d’un duc et pair !
L’on comprendrait, en revanche,  le descendant de tel nègre marron qui aurait tenté de secouer un joug détestable, ou le descendant d’un  Delgrès, ou de Solitude.
Mais l’esclavage ne fut qu’un état détestable, qui doit être stigmatisé par tous (avec toutes les précisions nécessaires sur le danger de l’anachronisme en histoire). Il fut le résultat de la collaboration des négriers blancs européens acheteurs d’esclaves et d’Africains qui pratiquaient ce négoce depuis des siècles , et qui le pratiquent encore à l’intérieur de l’Afrique contemporaine.
Alors le titre de « descendant d’esclave », ne serait-il pas, sinon pour les naïfs, du moins pour les roués un procédé d’intimidation pour en tirer quelque profit, politique, financier, ou de notoriété ? Reconnaissons que la question mérite d’être posée.
Il faudrait que le public qui est visé par ce discours compassionnel se remémore la leçon de la fable du Corbeau et du renard : que « tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute ».

Edouard BOULOGNE.

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Commentaires

Je serais heureux d'avoir votre avis sur la critique que j'ai écrite sur France Antilles du Mardi 20 mai 2007.
Celle ci est loin de ressembler à toutes les autres que j'ai pu lire, plutôt élogieuses et même plus!!
Merci de votre attention
Marc Mottet
commentaire n° : 1 posté par : Mottet le: 03/06/2007 16:52:46
Merci, cher monsieur, de m'avoir envoyé par courriel, le texte de votre article dans France Antilles du 20 mai, que je n'avais pas lu. Je le reproduis ci-dessous pour les lecteurs du Scrutateur qui auraient été dans le même cas et je le frai suivre d'un court commentaire.



Un peu plus de modestie Monsieur Jean Claude Barny

"Comme beaucoup de téléspectateurs, j’ai regardé le premier épisode de ce téléfilm avec intérêt.
C’est effectivement la première fois que le sujet est traité en France, et je suis au regret de le dire, s’il avait été fait par un metteur en scène américain, il aurait eu une autre envergure.
Je fais référence au film Amistad qui m’a réellement fait vibrer grâce à la présence exceptionnelle de cet acteur d’origine africaine, et dont j’ai malheureusement oublié le nom.
Notre histoire de France, est une manne extraordinaire de sujets de films. Mais j’ai le regret de constater que la plupart d’entre eux, sauf rares exceptions, ont été réalisés de façon médiocre.
Pour ce qui concerne « Tropic Amer », je n’ai pas aimé le jeu des acteurs. Ils récitent leur texte. Et pire encore, ils ont tous un accent parisien particulièrement mal venu qui dénature l’ambiance de l’époque. Auraient-ils appris  la langue durant le transport ?
J’ai même eu l’impression qu’ils ne connaissaient même pas le créole ??
Les héros sont ternes et dépourvus de réalisme.
Les blancs sont tous ou crétins ou méchants, voire les deux, les noirs sont tous bons et malheureux.
Pour moi, tous les personnages sont caricaturés et maquent totalement de naturel.
Pourquoi ne pas avoir utilisé des acteurs Africains, non métissés, au physique plus proche de la réalité d’antan ?

Pourquoi revenir sur un passé en déformant la réalité, en occultant volontairement une part de la responsabilité des noirs dominants vendeurs d’esclaves ?

Pourquoi ne pas plutôt dénoncer l’esclavage toujours perpétré contre les Haïtiens et les Soudanais en 2007 ?

Enfin, je crains fort, malgré tout, que ce film, ainsi traité, n’attisent certaines rancoeurs, déjà bien installées dans nos départements d’outremer, et dont nous nous passerions bien volontiers. Pourquoi attiser les haines ?
Dommage, je m’attendais à mieux.
Je serais étonné que les choses évoluent autrement dans les épisodes à suivre. Mais Je les regarderai quand même".


Réponse :


Je n'avais pas dû acheter Fr Ant ce jour là et votre article m'avait échappé.
Je vous félicite pour la pensée que vous exprimez, et plus encore d'avoir osé l'exprimer.
Sachez qu'elle est plus répandue que vous ne pouvez croire, y compris parmi les Antillais de couleur, qui n'osent pas toujours la formuler  dans les médias, soit parce que l'occasion ne leur est pas donnée, soit parce qu'ils sont tout de même gênés aux entournures pour des raisons psychologiques que l'on peut, évidemment, comprendre.
Ce qui fait que je méprise un certain nombre de nos "professeurs de vertu", que j'appelle les charognards du malheur, c'est que, sous prétexte d'histoire (et que nous sommes éloignés de l'histoire dans "Tropics amers"!), ils jouent sur certaines ambivalences de l'âme des Antillais, toutes teintes de peau comprises, y compris les blancs créoles, pour faire carrière, faire du pognon, régner en cultivant le ressentiment (sentiment redoutable et toujours négatif).
Sachez, monsieur, que si vous avez des idées ou sentiments à exprimer qui pourraient être censurées ailleurs, mon blog se tient à votre disposition pour remédier à ce déplorable état de fait que je connais trop bien.
Cordialement
E.Boulogne.
réponse de : Edouard Boulogne (site web) le: 04/06/2007 00:10:07

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    "Vide est le discours de ce philosophe par qui aucun mal n'est soigné chez l'homme. En effet, de même que la médecine n'est d'aucune utilité si elle ne chasse les maladies du corps, de même la philosophie n'est pas non plus utile, si elle ne chasse pas le mal de l'âme". 

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