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Publié par Edouard Boulogne

Une semaine à la loupe. 




1.  Un inespéré retour de la croissance.


Le ministre de l'Économie madame Christine Lagarde a annoncé jeudi au micro de RTL que l'économie française était "sortie du rouge" avec une croissance de son PIB de 0,3% au deuxième trimestre 2009. Contrairement à toutes les prévisions, ce chiffre constitue une énorme surprise. De plus l'annonce d'une croissance française positive s'ajoute à d'autres signaux encourageants qui ont été perçus ces dernières semaines comme la remontée du moral des entrepreneurs et la hausse de la production industrielle. Si le ministre s’est réjouit de cette croissance, et bien que la France se distingue clairement de ses voisins, madame Lagarde ne pavoise pas et reste très prudente sur la suite des événements.


2. 
La rentrée présidentielle.


Après un peu plus de trois semaines d’un certain repos relatif dans la propriété familiale de son épouse au cap Nègre, Nicolas Sarkozy a effectué ce mardi une rentrée politique marathonienne qui contraste avec discrétion qu’il a montrée tout au long de ses vacances. Un agenda très dense doit l’occuper dans les prochains jours avec un rendez-vous très attendu à l'Élysée avec les dirigeants des grandes banques françaises sur la question des bonus. De même, les 38 ministres et secrétaires d'État de l'actuel gouvernement devraient accueillir quelques nouveaux collègues avec le mini ajustement annoncé depuis le début de l'été et qui a été reporté à la rentrée. La reprise économique devrait lui permettre de s'enorgueillir d'un léger mieux de la situation qui risque de rester cependant préoccupante dans d’autres domaines, notamment celui du chômage. De plus, une montagne de dossiers brûlants attend le chef de l'Etat et son gouvernement. Le premier dossier brulant concerne la taxe carbone et la contribution climat-énergie que Bercy tente d'inscrire dans le projet de budget 2010 alors que le sujet fait polémique jusque dans les rangées de la majorité. Autre sujet de taille: c’est la définition des priorités du grand emprunt national qui doit être lancé début 2010 avec un objectif de limiter le nombre de projets à une dizaine au plus. Le Président de la République devra poursuivre également le suivi des réformes en cours et notamment celles qui concernent l'emploi car le gouvernement s'attend à une forte hausse du chômage en septembre et les syndicats annoncent une rentrée difficile. Christine Lagarde a annoncé sur RTL qu’elle va lancer la suppression de la taxe professionnelle, le Premier ministre devant rendre son arbitrage à la fin de ce mois-ci. Autre sujet très sensible, le partage de la valeur ajoutée dans l'entreprise et les discussions entre patronat et syndicats sont prévues en septembre. Elles porteront sur le développement des outils d'intéressements et de participation pour les salariés de même que la gouvernance d'entreprise. Enfin, un sujet soulevé par la commission européenne reste important à traiter et concerne la question de la retraite des mères de famille. Xavier Darcos, le ministre du travail doit recevoir le président de la Caisse nationale d'assurance vieillesse avant de lancer des consultations visant à trouver un consensus sur la majoration des trimestres accordée aux mères de famille. Plus politique et très important, le chef d'Etat travaillera avec ses conseillers et ministres concernés pour préparer l'organisation des élections régionales de 2010, sujet hautement important.


3. 
Paris, modèle d’un système bancaire sain !


Le Président de la République a fermement tancé les banquiers français lors de sa rencontre avec eux. Il leur a demandé des efforts supplémentaires pour financer les entreprises et les ménages. De même il leur a imposé des mesures supplémentaires pour encadrer les rémunérations des opérateurs de marché souhaitant "plus de transparence, plus de contrôle, plus de responsabilité" afin "que les comportements irresponsables puissent être sanctionnés". Il leur a aussi demandé de se montrer "irréprochables" pour que la France se pose "en modèle" dans la perspective du G20 de Pittsburgh fin septembre. Dans un discours au ton un peu solennel, il a déclaré "l'opinion publique n'acceptera pas qu'après la crise que nous avons connue, le monde redevienne comme avant. Elle n'acceptera pas la spéculation qui n'enrichit que quelques uns en faisant prendre des risques à tous". Et il a ajouté que "le gouvernement ne travaillera pas avec les banques qui ne respecteraient pas ces nouvelles règles". Souhaitons que du G20 émerge une approche mondiale saine de la finance.


4. 
Malgré la crise, le Président continue ses réformes.


Avec le retour de l'Etat dans l'économie, l'ajournement de la réforme des lycées et la prudence qu’il a montré vis-à-vis des enseignants-chercheurs et de l'hôpital, Nicolas Sarkozy n’abandonne pas ses réformes. Un certain nombre de textes ont été adoptés cet été qui montre que le train des réformes se poursuit. Si une de ses principales promesses de campagne ne pourra pas être tenue, "travailler plus pour gagner plus", il semble s’attacher à tenir bon sur ses autres promesses comme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite, la baisse de la TVA sur la restauration (objectif atteint), la réforme de la taxe professionnelle, et le travail dominical. Tous ces chantiers comportent une part importante de risque qu’il accepte même s’il doit bousculer sa majorité. A tout cela, il faut ajouter les mesures d'urgence nécessaires face à la crise et de nouveaux chantiers qu’il s’est défini et que sont la justice, les collectivités territoriales et le débat sur l'âge de la retraite. Certes, toutes ces réformes ne sont pas des opportunités positives pour lui, mais elles sont nécessaires et même indispensables car la France a trop vécu sur ses acquis du passé sans prendre en compte la mesure des changements obligatoires qui auraient du être mis en chantier il y a bien longtemps.


5. 
Les conséquences de la dispense de préavis.


Sauf dans le cas d’un licenciement pour faute grave ou lourde, le salarié qui quitte une entreprise suite à son licenciement a droit à une période de préavis qui dépend de la convention collective du secteur. Il arrive que le salarié soit dispensé d'exécuter son préavis par l’employeur. Dans ce cas, il ne peut subir aucune diminution du salaire et avantages qu'il aurait perçus s'il avait continué de travailler jusqu'à la fin de son préavis, y compris les congés payés qu'il aurait acquis pendant la période de préavis. Ainsi, l'employeur doit aussi lui verser une indemnité compensatrice de même que ses droits aux jours de RTT (réduction du temps de travail) qu'il aurait acquis s'il avait exécuté son préavis.


6. 
Pas de crise dans l’espace.


Les investissements publics mondiaux devraient se situer autour de 70 milliard de dollars d’ici à 2012 pour les programmes spatiaux selon le cabinet Euroconsult. Mais la crise devrait amener les gouvernements à faire le tri dans les dépenses spatiales bien que l’investissement public soit une arme utilisée pour soutenir l’économie. Aussi le cabinet, spécialisé dans ce secteur pense que le nombre de satellites lancés devrait s’accroitre d’environ 38% pour les dix prochaines années. La répartition était en 2008 et devrait rester à 47% pour les applications militaires et à 53% pour les applications civiles, dont 35% pour les vols habités. On peut penser que l’Europe représentera environ 15% du total investit.


Henri Pauvert.  

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