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Publié par Edouard Boulogne

La crise aux Antilles : une arnaque. 

Par Moncef Guitouni.





  • Question : Quelle est votre lecture des conflits qui ont secoué la Guadeloupe et la Martinique en ce début d’année ?
  • Réponse : Nous avons vu l’affrontement de syndicats et de patrons sur une terre où ils sont tous immigrés : c’est stupide. Les Noirs comme les Blancs sont arrivés un jour dans ces îles, des terres d’accueil pour des groupes humains. Au lieu de se mettre ensemble pour les protéger et les transmettre intactes aux générations futures, car elles n’appartiennent à personne, elles sont devenues des lieux d’affrontement. Ces îles sont des mères d’affection et d’amour pour des populations ingrates ! ce que je dis ici est valable sur la terre.
  • Q : Quoiqu’il en soit, la situation d’affrontement est bien la réalité d’aujourd’hui.
  • R : Le temps est arrivé pour tous les noirs de se libérer de la mémoire du passé, du complexe de la vengeance,. S’ils continuent à se voir petit, ils seront toujours de cette dimention.
  • Q : Comment y parvenir ?
  • R : Il faut inscrire dans l’éducation des enfants un programme de libération , rendre les enfants citoyens, comme nous l’avons fait au Canada quand nous avons décidé de changer la vision de la femme faible et petite. Nous touchons là à des problèmes d’égalité. Par l’éducation, la connaissance, il faut annuler le sentiment d’esclavage et de racisme. Chacun doit être regardé comme un être humain qui a droit à la justice, au respect et à l’appartenance.
  • Q : Pour l’heure, la crise est bien là…
  • R : Cette crise est une arnaque. On a laissé croire aux gens qu’ils sont plus riches qu’ils ne le sont, qu’ils peuvent consommer plu et être les égaux des riches. C’est une politique dangereuse qui déshabille l’être humain de son identité, car on lui fait croire que par la consommation, il est un être humain.
    En outre, manipuler les émotions est coupable : parler d’esclavage, de devoir recupérer des droits, d’usurpateurs réveille un sentiment de soufrancequi est vrai dans le passé mais qui n’a plus cours aujourd’hui. La vraie révolution aurait été de reprendre le pouvoir sur la consommation, sur l’éducation, sur la transmission, l’appartenance, les relations inter-personnelles, ect. Et il est temps de parler de peuple des Antilles au lieu de races.
  • Q : Et maintenant ?
  • Après ces crises, je constate que le peuple des Antilles françaises est plus insécure qu’avant, plus angoissé. Il hésite à se lancer une nouvelle fois. Il y a une grande diminution de la confiance face à l’avenir. Ces périodes de flottement sont symptomatiques des après-crises. Celà a été le cas après mai 1968 en France, au Québec dans les années 1980 : les gens avaient des espoirs, des passions, des rêves, et la chute a été brutale. Or, les êtres humains sont capables de fonctionner, pas de résister à la pression. D’où l’accroissement des départs, des dépressions, etc. Pour sortir de cet abattement, il faut des actions concrètes, d’où l’importance de la qualité des leaders. Si on ne détruit pas les entreprises, il n’y a pas crise, si les pauvres ne sont pas endettés, il n’y a pas crise.
    Il faut en outre éviter de vendre le rêve de l’indépendance : il a été vendu ailleurs, et bien des gens ont été déçus. Vendre aux populations de la conscience et de la connaissance vaut toujours mieux que de vendre des rêves.

    ( Photo : une image, hier, de Gaby Clavier, l'un des bras droit d'Elie Domota. Etrange "bon Samaritain" pour reprendre la comparaison d'un ecclésiastique à la "pensée" glauque.  Une préfiguration de la Guadeloupe de demain? Awa! Gwadloupeyens, an nou litté!).

Sur le site de INTERENTREPRISES.COM.

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Dan 25/07/2009 07:56

Il est temps de se retrousser les manches et construire ce pays!Eduquer nos enfants dans un esprit d'initiative et d'entreprise, que la notion de créativité soit aux programmes scolaires dès la maternelle!Eduquer dans un sentiment de fierté d'être ce que nous sommes de part notre histoire, notre présent pour un meilleur futur.La dignité humaine est plus que jamais à l'ordre du jour! L'avenir ne peux plus se résumer au statut de fonctionnaire moyen ou assistés notoires.Il est temps de se demander comment faire pour rendre nos îles prospèrent et notre peuple libre en tous sens et en tous lieux.Mettre fin à cette bourgeoisie de m'as-tu vu? qui nous nivèle vers le bas et accentuent racismes sociaux et ethniques.Cela n'empêche que tôt ou tard les entrepreneurs véreux toutes origines confondues devront rendre des comptes.Ces crises ont eu le mérite de crier tout haut ce que nous savions en silence.Les mafieux se sont eux mêmes dénoncés au grand jour.Il est temps d'avancer, nou pli fo, nou pa pè lé profitè!Sé pou péyia nou ka vnsé ! pou ich nou!Ent! 

Vidal 22/07/2009 17:00

Comme c’est bien écrit, les mots me manquent, plaise à Dieu que les Antillais qui ont encore une raison, suivent vos propos d’une grande sagesse et suivent votre exemple, quelque soit la couleur de leur peau, ce qui n’est pas un handicap en soi