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Publié par Edouard Boulogne

Le saccage de nos campagnes sucrières.

Yvan de Dieuleveult, qui préside encore pour quelques semaines aux destinées de l'usine de Gardel, et de ce qui reste de l'industrie sucrière, l'avait annoncé depuis mars 2009. "Si la crise sociale, si la prise en otage de l'usine Gardel, et par voie de conséquence de toute la filière canne-sucre-rhum, ne cesse pas, les conséquences économiques et sociales seront dramatiques".
Et de fait!
Il en va de même à la Martinique. Et l'un de nos correspondants de l'île soeur, Antoine de Panoue, nous le confirme dans ce billet à la fois savoureux et sarcastique, mais triste, comme émanant d'un vrai Martiniquais.
Les esquives et entrechats de France-Antilles, édition martiniquaise, pour n'avoir pas à dévoiler la réalité toute nue, sont nommées pour ce qu'elles sont. EB).


 ( La récolte de la canne à sucre, près de l'usine Sainte-Marthe, à St-François : févrie 1950).

Comme il fallait s'y attendre, les dégâts des désordres sociaux du mois de février/mars à la Martinique n'en finissent pas 


Comment se fait-il que les fauteurs des désordres de février/mars (parmi lesquels des politiques et non des moindres) aient pu ignorer la réalité martiniquaise au point d'ignorer qu'en empêchant la coupe de la canne aux dates habituelles ils compromettraient obligatoirement la récolte ?

Deux explications : 

a) où bien "ces messieurs" ont sciemment décidé de saboter la campagne sucrière pour semer un peu plus de difficultés dans ce secteur vulnérable qu'est l'agriculture afin de pouvoir dénoncer la pauvweté, la pwofitasyion, la méchanceté des békés esclavagisse et l'État fwacé kolonial ?

b) ou bien "ces messieurs", fonctionnaires et donc bureaucrates pensionnés à vie (quel que soit leur propre rendement et, bien entendu, que soit l'avenir de la Martinique et le devenir du pép mahawrtniquais) ignorent tellement la réalité agricole de cette Martinique dont ils prétendent défendre les intérêts qu'ils croient que le sucre pousse en sachet sur les rayons des magasins pwofiteuws de la gwande distwibution qui est entwe les mains des békés esclavagisses...

Le résultat toutefois est là... Et cette chère Lisa David va accuser les agwhiculteuws pwofiteuws d'encaisser des subventions européennes, sans se douter - l'innocente enfant - que ce sont précisément les comportements comme celui du kolektif du 5 février qui ruinent l'agriculture et conduisent obligatoirement à sa prise en charge par la collectivité...

Quant à France-Antilles, prudent comme l'un des 4 serpents des armes de la Martinique, il évoque à peine  et le plus discrètement possible, presque comme une hypothèse surprenante, cette catastrophe annoncée par tous les vrais Martiniquais qui savent que la coupe de la canne se fait à une période donnée pour des raisons connues de tous, et que trop de retard expose à un appauvrissement de la richesse en sucre sur deux campagnes au moins, celle en cours, et la suivante dont la récolte se fera obligatoirement sur des cannes plus jeunes en raison du départ de la repousse des cannes coupées avec retard.

Les fortes précipitations du début mai ont altéré la qualité de la récolte, indique France-Antilles. Tiens ! Tiens ! Mais en mai, normalement, la récolte de la canne est déjà très avancée. Que faisaient tant de cannes dans les champs, au mois de mai ?

Comme d'habitude, France-Antilles se veut rassurant : cela n'aura pas de répercussion pour le consommateur. Bravo ! bravo ! c'est ce qui s'appelle du journalisme d'investigation. Le sucre pousse tout seul, et personne ne subira le moindre préjudice. Il n'y a pas de planteurs,  pas de coupeurs, pas de transporteurs, pas de sucrerie, pas de circuits commerciaux, rien que des innocents qui pensent seulement au prix auquel ils vont payer leur kilo de sucre, se figurant que l'économie fonctionne comme ils écrivent leurs articles, c'est-à-dire au p'tit bonheur des slogans convenus et sans se préoccuper du fond des choses.

Si on veut parler des choses sérieusement, aucune surprise donc. Sauf peut-être pour France-Antilles ?

"Galion : douche froide pour les planteurs de canne

A. B. France-Antilles Martinique 18.07.2009

 Bien que le tonnage de sucre produit soit inférieur aux attentes, Philippe André (à droite), directeur de la société d'économie mixte du Galion, assure que cela n'aura pas de répercussion sur les prix de vente du sucre local ni sur la disponibilité du produit. (Fernand Bibas/France-Antilles)
Derniers coups de coutelas aujourd'hui pour la campagne sucrière qui s'achève sur une note d'amertume pour les planteurs : les fortes précipitations de début mai ont altéré la qualité de la récolte.
90 000 tonnes de canne collectées et 5500 tonnes de sucre produites au lieu des 6500 escomptées. Tel est le bilan de fin de parcours dressé par Philippe André, le directeur de la société mixte de production sucrière de l'usine du Galion. Une récolte limitée imputable « aux fortes précipitations de début mai qui ont appauvri la richesse en sucre de la canne » , expose-t-il.
Ce mauvais résultat est d'autant plus ressenti que la récolte 2009 s'annonçait très prometteuse. « Le coefficient de richesse en sucre était de 9,5 lorsque nous l'avons mesuré fin avril, alors que le standard est de 8 » , précise le directeur. En fin de campagne - et après les intempéries de mai - le coefficient chutera à 6,25.
Autre revers : la campagne sucrière s'achève aujourd'hui avec un mois de retard. La fin était initialement prévue entre le 15 et le 20 juin. Certes, il y a eu le coup d'arrêt de 3 semaines lié aux inondations de mai, mais ce n'est pas tout. « Nous devions démarrer la campagne le 27 février, mais ce n'est que le 17 mars qu'elle effectivement commencé, à cause de la grève » , rapporte Philippe André.
C'est donc sur une note d'amertume que seront donnés les derniers coups de coutelas aujourd'hui. Malgré tout, le directeur se veut rassurant : « Notre coût de revient a augmenté mais cela n'aura pas d'incidence pour le consommateur. Le prix du sucre ne changera pas » . Il assure également que « tous les Martiniquais pourront s'approvisionner en sucre local sans problème » .
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C
Bien que relativement anciens,certains chapitres du livre de M. René Dumont:"Cuba est-il socialiste?" éclairent sur l'irresponsabilité, en illustrant les conséquences  catastrophiques, d'un certain "idéalisme" appliqué à l'agriculture et à l'économie d'une région, au mépris des réalités naturelles, et de l'expérience concrète des Hommes. La nature ne fait pas encore la grève des saisons et le monde vivant ne pourrait survivre sans s'y soumettre. Mais sans doute  était-ce une "servitude" de trop pour le LKP...                                                                                                           Chantal Etzol 
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J
C'est ce que l'on peut nommer LE SUCRE AMER !Jean-Claude HALLEY
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