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Publié par Edouard Boulogne

Questions à M.Nicolas Sarkozy, Président de la République.




Monsieur le président,

Je me propose aujourd'hui de vous parler, simplement, sans amphase, mais librement.

D'autres que moi, par exemple M.Amédée Adélaide, M.Christian Martin, d'autres encore,  vous ont adressé, sur ce blog et ailleurs, des lettres ouvertes, détaillées, argumentées sur la situation de la Guadeloupe en ce premier semestre de l'année 2008. Je reprends pleinement à mon compte leurs arguments, leurs doléances.

Mon propos aujourd'hui est plus limité, et plus circonstanciel

La Guadeloupe (mais aussi la Martinique) est en difficulté.

Je ne veux pas parler des difficultés, déjà anciennes, dues à notre insularité, à l'étroitesse de notre marché économique, ni même des efforts réalisés, pas toujours avec le succès désirable, qui nous mettraient en parité parfaite avec les départements de le France hexagonale.

Je veux parler de l'exploitation par une minorité séparatiste violente (il en existe aussi en métropole, et pas seulement en Corse) de ces problèmes.

Cette minorité s'appuie sur les ambitions d'une partie influente de la classe politique, en désaccord sur ce point avec la grande majorité de nos populations (comme l'a montré le referendum de 2003 sur un changement de statut), pour paralyser, et ruiner nos départements antillais (pour mieux attribuer ensuite le mal vivre, à la politique de l'Etat, au colonialisme et autres croquemitaines).

En janvier-février  dernier, jamais la Guadeloupe n'a été en grève générale. Elle a été bloquée, en général, par le soi-disant LKP, façade en réalité d'un syndicat révolutionnaire, aux méthodes fascistes : l'UGTG.

La supercherie est évidente quand on considère que le porte-parole du LKP, M.Elie Domota, ("nou pa ka fè politik" = nous ne faisons pas de politique!), est aussi le secrétaire général de l'UGTG, dont le programme "syndical (en 2008) est la destruction délibérée de l'économie guadeloupéenne (c'est dans le texte).

Pour des raisons que j'ignore, le ministre chargé de gérer "la crise" du point de vue de l'Etat a cru bon de ménager le LKP, donnant l'impression même de reprendre à son compte certains arguments de ce "collectif" qui est pourtant tout sauf syndical.

Le ministre a oublié qu'on ne soupe pas avec le diable, ou alors avec de longues cuillères.

Les résultats du blocage de la Guadeloupe sont là : faillites, dépôts de bilan des entreprises se multiplient. Les rapports sociaux se sont tendus, une ambiance de méfiance tend à se généraliser, qui n'existait pas auparavant. Tout cela est attisé par une véritable mainmise des sympatisants de l'UGTG, fort bien organisés,et de longue date, sur les principaux médias, et notamment sur le service public de RFO, en toute impunité.

Vous avez eu l'idée d'une concertation pour tenter de mettre les choses à plat, et de repartir d'un meilleur pied. Je veux parler des Etats Généraux, idée diversement appréciée, mais qui, au moins partait d'une louable intention, à condition que tous y participent dans un esprit de dialogue et d'échange.

Or, dès le début, le LKP, par la voix d'Elie Domota s'est refusé à tout dialogue.

Ces gens - là ne connaissent qu'un langage celui de l'invective, qu'une méthode celle de la violence et de l'intimidation.

Or, les mois ayant passé, et désireux de vous rendre sur place par un geste d'amitié, et pour vous rendre compte de l'état d'avancement des travaux, voici que pour vous accueillir le LKP (UGTG!) annonce la reprise du blocage de la Guadeloupe, le recours à la grève, et aux hostilités.
Voici que l'on peut lire, ce matin 18 juin 2009, dans le quotidien France-Antilles la nouvelle suivante :

"L'annonce, mardi, par un communiqué de la CGTG, d'une grève de vingt-quatre heures reconductible à partir de lundi 22, avait mis la puce à l'oreille. Hier matin, Max Evariste, secrétaire général de FO, a enfoncé le clou lors d'une conférence de presse des délégués syndicaux de la CGRR : les syndicats membres du LKP lancent une nouvelle semaine d'action, à partir de lundi, avec, en point d'orgue, un vaste défilé à Pointe-à-Pitre samedi.Nicolas Sarkozy, président de la République, arrive - normalement - le 26, dans le cadre des états généraux... Cette visite n'est sans doute pas étrangère à cette nouvelle mobilisation, le LKP n'ayant jamais caché le désintérêt - pour ne pas dire l'hostilité - qu'il porte aux états généraux".

Il m'apparait, monsieur le président de la République que les choses sont claires. Et voici les quelques questions que je me pose, ainsi que de nombreux parmi mes compatriotes des antilles.

Je vous les adresse par la même occasion.

1. Sommes-nous encore dans un département français, où les libertés de circuler, de travailler quand on en a la possibilité,  (comme tout de même 78 à 80% de nos concitoyens), ou le désir (comme..... beaucoup de ces concitoyens) sont garanties?

2) Ce droit à la liberté du travail est-il un droit de l'homme, et est-il garanti par la Constitution?

3)Les jeunes de Guadeloupe, dont la préparation au baccalauréat a été si perturbée durant cette année scolaire vont-ils être pénalisés,  impunément, en pleine période d'examen, par les terroristes de l'UGTG?

4) N'appartient-il pas à l'Etat d'assurer la sécurité des citoyens, le libre exercice de leurs droits par ces citoyens, et notamment pour parodier le général de Gaulle en mai 68 : celui d'enseigner pour les enseignants, d'étudier pour les étudiants, de travailler pour les travailleurs?

Vous n'êtes pas sans avoir remarqué, monsieur le président de la République, que le nouveau "mouvement" du prétendu LKP (et très réel UGTG) coïncide avec votre venue dans notre département.
Et donc :

5) Est-il acceptable, pour votre personne, en tant que chef de l'Etat, et pour la France tout entière que vous représentez, d'être traité de façon si irrespectueuse, et comme par dessus la jambe, par un Domota dont les plus indulgents des Guadeloupéens en dehors des sectateurs de sa bande, pensent qu'il n'est qu'un vieil adolescent immature (même irrespect à l'égard du père, même gouaille insolente, même toupet sans limite, tant qu'il n'a pas rencontré l'autorité bienfaisante - pour tous - et la poigne libératrice, au fond bien désirée)?

M. le président, cher Nicolas Sarkozy, en qui, il y a deux ans, tant de Français avaient placé leurs espoirs,  je vous prie de bien vouloir prendre en considération ces quelques remarques et questions qui émanent, au-delà de ma personne, de bien nombreux de ces très vieux Français de la Guadeloupe, toutes races, tous milieux confondus.

Il appartient au chef de l'Etat de s'élever au-dessus de la désinformation qui fuse de toute part depuis quelque temps.

Mais, sans doute, ne vous apprends-je rien, et verrons-nous bientôt sous notre beau ciel de la France tropicale, luire à nouveau, grâce à une action généreuse, ferme et lucide, la lueur de l'espérance.

Edouard Boulogne.
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brigitte 23/06/2009 21:02

merci  pour ce blog que je découvre;je viens d'apprendre que Jego est débarqué, enfin.M Boulogne bravo.

Vidal 21/06/2009 18:27

Mon cher Edouard Boulogne, concernant notre Président de la République et la (les) question (s) que vous lui posez je ne veux pas vous décourager, cependant si vous avez parcouru mon blog il y a un billet ou je pose la question de savoir qui est en réalité Nicolas SARKOZY, est-il l’homme qu’il veut bien être ou nous faire croire qu’il est. Dans son livre « Témoignage » ou, en réalité n’est-ce qu’une façade ? Un trompe l’œil ?  
Je vous cite ce qui est écrit au verso de son livre.  Construire ensemble. J’aime construire, agir, résoudre les problèmes. Je crois que tout se mérite et qu’au final l’effort est toujours payant. Voilà mes valeurs. Voilà pourquoi je fais de la politique, voilà ce qui justifie, à mes yeux, de vouloir conquérir les plus hautes responsabilités. Voilà ce que je viens vous dire.
Vous allez avoir l’occasion de juger sur place, à vous de faire en sorte qu’il vous entende, qu’il vous écoute, dans le cas contraire tout ce qui est écrit dans son livre ne peut être que de la poudre aux yeux. (La bise avant les élections et ensuite circule il n’y a plus rien à voir) N’oubliez pas c’est les yeux dans les yeux que l’on dialogue valablement et que l’on se fait entendre
Si par malheur Sarkozy se déni vis-à-vis des écrits de son livre vous pouvez lui rappeler ses soi-disant valeur, en envoyant vos réactions sur : www.lelivredenicolassarkozy.com Le problème c’est que vous risquez d’avoir une réponse de l’un de ses garde chiourmes mais pas de Sarkozy lui-même
Cordialement, Christian-Bernard Vidal    

dany lacaze 20/06/2009 22:02

Mr BOULOGNE?Merci pour cette lettre qui est le reflet d'une grande partie de la population. Vous avez trouvé les mots justes, souhaitons qu'elle soit lue et entendue par N. Sarkozy,Que pouvons nous faire pour rendre cela possible??? je ne vous cache pas que je suis décue, profondément déçue !!!

chantal etzol 19/06/2009 14:50

Pour que cet Appel soit entendu de notre Président,n'ayons pas peur de RESISTER,nous,guadeloupéens; d'exprimer clairement et publiquement notre total désaccord avec les agissements d'une minorité d'activistes enragés. Ainsi que la plus grande fermeté,la plus grande fidélité dans notre attachement aux valeurs que représente notre nation. Et que nous voulons défendre pour les conserver et les transmettre à nos enfants. Qu'eux aussi puissent vivre LIBRES; dans l' Egalité de leurs droits à l'enseignement,à l'éducation,à la santé; et dans la Fraternité de la Nation devant tous les obstacles,les difficultés imprévues,les "coups du sort" que nous aurions bien du mal à vaincre seuls,sur ce petit coin de terre.Qu'il reste pour tous,et pour nos enfants, un "petit coin de France", aux portes de l'Amérique.                                                                   Chantal Etzol

olindi 19/06/2009 02:12

Le fait que le Président garde Yves Jégo au gouvernement m'inquiète. Ce dernier ne m'inspire aucune confiance. Il n'arrête pas de parler de nouveau modèle de gouvernance pour la Guadeloupe et de justifier l'action du LKP. Je souhaite me tromper, mais j'ai l'impression que N. Sarkozi le laissera en place pour faire le sale boulot, c'est à dire nous imposer un changement de statut qui débarrasserait la France du boulet que nous sommes devenus.Bravo en tout cas pour votre courrier auquel j'adhère à 100%.

Nithila+Mireille 18/06/2009 20:39

Souhaitons que lui aussi ne soupe pas avec le diable !

Alain Gaudart 18/06/2009 19:12

Bravo Edouard pour cette lettre qui traduit fidèlement, j'en suis certain, les sentiments d'une grande majorité de la population guadeloupéenne qui a maintenant compris quels étaient les véritables objectifs du LKP, et surtout de son leader de l'UGTG. Pourvu que tu sois entendu!Alain

Lamothe Valérie 18/06/2009 19:10

Comme bien souvent dans vos articles , on retrouve ce que nous sommes très nombreux à penser mais bien trop peu à exprimer !Je ne pense pas qu'il soit possible au LKP de recommencer son blocage , trop de personnes qui le suivaient ont souffert et commencent à ouvrir les yeux , espérons que cette fois ils seront lucides et ne suivront pas !Sinon , on ne peut qu'espérer que maintenant le gouvernement est enfin décidé à réagir et fera régner l'ordre public que l'on nous a tant promis , il est absolument impossible de revivre cette prise d'otages !