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Publié par Edouard Boulogne

 Une semaine à la loupe.

  1. Qui soutient les actions radicales et quel est le pouvoir de la justice ?

Le gouvernement affiche une grande fermeté et juge les violences inacceptables. A gauche, en revanche, le ton est plus compréhensif. La gauche radicale n’hésite pas à soutenir publiquement toutes les formes d’action, voire à appeler de ses vœux une grève générale comme aux Antilles (où il s'agissait moins d'une grève générale que d'un blocage général. Note du Scrutateur) et comme le voudrait le Nouveau Parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot. Le PS quant à lui, renvoie dos à dos les comportements de certains patrons et les actions des salariés. Martine Aubry expliquait récemment "nous ne comprenons pas, nous n’excusons pas, mais nous disons aussi qu’il y a des moments où des gens n’en peuvent plus". Depuis le début des débordements, les confédérations syndicales demeurent très silencieuses sur les revendications de leurs bases. Les confédérations syndicales restent très discrètes sur le sujet car ce n'est pas leur rôle de dénoncer ou de revendiquer ces actions. Côté justice et selon le code pénal, la séquestration est un crime passible de vingt ans de prison. La peine tombe à cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende si la personne est relâchée avant sept jours de séquestration et si elle n’a pas subi d’atteinte physique. Lors de la séquestration, il faut immédiatement demander à la préfecture l’intervention de la police. Mais les autorités refusent le plus souvent de le faire de peur d’envenimer la situation. Elles préfèrent mandater un médiateur. De même l’entreprise doit obtenir d’un magistrat l’autorisation d’assigner les salariés pour les obliger à évacuer les lieux et à relâcher le ou les séquestrés. Le juge peut aussi assortir l’assignation d’une astreinte, une amende dont le montant est à sa discrétion. Mais l’entreprise hésite à faire appel à la justice.

  1. Certains patrons profitent-ils de la crise ?

La liste des plans sociaux s’allonge de jour en jour. C’est ainsi que Volvo a annoncé la suppression de 1.500 postes, Bic 600 personnes dans le monde et Nexans prévoit 1.000 postes en moins. Les syndicats affirment que ces groupes le font pour plaire à leurs actionnaires. Mais la réalité semble plus complexe. La violence de la crise fait que les entreprises qui survivent sont celles qui s’ajustent le plus rapidement leurs forces vives. Cependant, il semble que les grands groupes licencient plus facilement que les PME qui attachent plus d’importance à leur capital humain.

  1. Des indicateurs pour guetter la reprise.

La crise continue à faire de gros dégâts et tout le monde cherche des signes avant-coureurs d’une reprise de l’économie. Quelles pistes peut-on suivre ? 1. Les prix des matières premières : Ce sont des indicateurs avancés de l’activité. Les cours des matières premières, quand ils sont orientés en hausse, signifient qu’il y a plus de demande, donc plus de production. 2. Le recul des stocks : Les dernières enquêtes de l’Insee montrent que les stocks de produits finis commencent à se réduire depuis février. Ce sont les premiers signes d’un rebond de l’activité. Même si elle est faible, la demande existe et les entreprises devraient recommencer à produire, ce qui est positif. 3. Plus de crédit : La situation est loin d’être revenue à la normale mais plusieurs signes d’amélioration se montrent. Selon la dernière enquête de l’Association française des trésoriers d’entreprise, les difficultés d’accès au financement semblent plus faciles et les marges des emprunts bancaires diminuent, du fait des baisses de taux opérées par les banques centrales. Les grandes entreprises auraient moins de mal à se refinancer sur le marché obligataire. 4. L’anticipation des directeurs d’achat dans l’industrie : Il faut scruter le moral des patrons et les anticipations des directeurs d’achat sur leurs carnets de commande, car les prémices d’une reprise viendront d’abord de l’économie réelle, et donc de l’industrie. 5. La consommation des ménages : Selon l’Insee, les dépenses des ménages français en produits manufacturés ont bondi de plus de 1% en mars. Sur l’ensemble du trimestre, la hausse atteindrait 0,9% lié principalement aux ventes d’automobiles, dopées par la prime à la casse. 6. Le retour des profits pour les entreprises : Plusieurs banques américaines ont dernièrement publié des profits. La publication de résultats positifs dans les entreprises de plusieurs pays donnerait une bouffée de confiance aux investisseurs et indiquerait qu’elles réussissent à mieux "sauver les meubles" dans la tourmente actuelle, ce qui laisse espérer un ralentissement des licenciements. 7. Des séances de Bourse consécutivement positives : Une série de plusieurs jours de hausse à Wall Street serait un bon indicateur du rétablissement de la confiance en l’avenir. 8. Le développement de l’immobilier aux États-Unis : Les crédits immobiliers semblent repartir ce qui indiquerait la fin du marasme et une certaine stabilisation de la situation. Un signe encourageant se trouve dans le stock des logements neufs à vendre qui continue de reculer. 9. Le redressement des grands pays émergents : Les exportations se sont accrues en Chine pour retrouver le niveau de juin 2008. Ce rebond concerne aussi Singapour, de même que l’Inde ou la production industrielle a augmenté en mars pour le deuxième mois consécutif, ce qui ne s’était pas produit depuis l’été dernier. Autant d’indicateurs qui semblent montrer que le point bas est déjà passé dans cette zone, sauf pour le Japon. Globalement rien de très bon ne peut être espéré en 2009, mais les attentes se focalisent sur 2010. S’il est difficile de parler de signes positifs, on peut tout de même trouver des signaux moins défavorables. L’espoir fait vivre…

  1. François Bayrou moins batailleur !

Après le cuisant échec du Modem aux élections européennes, François Bayrou affirme qu’il tachera d’être moins batailleur. Si son "algarade" avec Daniel Cohn-Bendit ne lui a pas été bénéfique, il devrait sans doute éviter de vouloir être l’unique opposant au gouvernement. Sa contre-performance aux européennes peut aussi s’analyser par le fait qu’il ne propose rien de positif si ce n’est contrer le Président de la République. Les Français se souviennent-ils que comme éphémère ministre de l’éducation nationale, il n’a pas brillé par ses réformes. 2012 est proche mais aussi lointaine. François Bayrou a 3 ans pour nous démontrer ce qu’il est capable de proposer aux Français mieux que la gesticulation dont il fait preuve depuis plus de 3 ans.

  1. 2009 : Année des faillites d'entreprises !

Selon Euler Hermes SFAC, le nombre de défaillances d'entreprises dans le monde devrait croître de 35% cette année. La France ne sera pas épargnée par cette tendance et devrait croître de 25%. L'augmentation de défaillances s'est étendue à l'ensemble des entreprises sans distinction de taille. De plus on constate une augmentation importante du nombre d'entreprises qui emploient plus de 100 salariés. Cela devrait avoir des conséquences importantes sur l'emploi. 2009 devrait montrer une explosion des défaillances d'entreprises dans les secteurs du commerce de détail, de l'immobilier, du bâtiment et surtout de l'industrie de l’automobile et aussi des biens intermédiaires. Si l’on ne voit aucune amélioration réelle avant la fin de l'année 2009, il faut espérer que les mesures du plan de relance et de soutien aux entreprises produiront des effets en 2010 et suivantes...


Henri Pauvert.

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